ŒUFS DES OISEAUX
exactement possible de leur pellicule intérieure, et on les fait sécher, pour ensuite les pulvériser et les tamiser; enfin on les
broie sur le porphyre à l’aide de l’eau, et l’on en fait des trochisques.
La pellicule de l'œuf est composée d’albumine coagulée, et probablement aussi d’un peu des principes fixes qui se trouvent dans la coquille. On lui attribuait autrefois la propriété de guérir la fièvre intermittente, étant appliquée sur le bout du petit doigt au commencement de l’accès. La fièvre ne guérissait pas; mais il paraît, d’après Lemery, qu’il en résultait une douleur assez ■\i\e, dont les causes et les ellets pourraient être examinés de nouveau.
Le blanc d œuf est composé, d’après les expériences de Bostock, d albumine 15,5; mucus 4,5; eau contenant quelques sels dt soude, 80,0 : total, 100,0. M. Couerbe, en abandonnant pendant un mois le blanc d’œuf à une température de 0° à 8 degrés, en a extrait un réseau membraneux non azoté, et qui diffère par conséquent de 1 albumine et de la fibrine. Ce principe, qu’il a nommé Ocnin, est insoluble dans l’eau, solide, blanc, incolore, soluble dans l’acide chlorhydrique (1).
Lt blanc d œuf sert à clarifier les sirops et un grand nombre d’autres liqueurs; cet usage est fondé sur la propriété que possède l’albumine, qui en forme la majeure partie, de se coaguler par la chaleur; de sorte que, lorsqu’on mêle le blanc d’œuf battu avec de l’eau et contenant beaucoup d’air interposé, à une liqueut en ébullition, ou près d’y entrer, les molécules albumineuses, en se solidifiant et en se contractant, forment comme un iéseau qui enveloppe 1 air et les impuretés de la liqueur, et les fait monter à sa surface.
La coagulation de l’albumine, parles liqueurs alcooliques et acides, et par le vin qui est un mélange des deux, opère le même effet et produit la clarification de ces liqueurs; la seule différence est que la matière coagulée, au lieu d'être portée ù la surface par I ébullition, en raison de la dilatation de l’air interposé tombe au fond du liquide clarifié.
Le jaune d’œuf contient de la vitelline , substance protéique se rapprochant de la fibrine par sa composition, de l’huile et une matière visqueuse brune, de nature complexe, qui se trouvent intimement mêlées à la première. [L’huile se compose d’oléine, de margarine, d’une petite quantité de cholestérine et de matière colorante. La matière visqueuse est très-intéressante; elle contient ii elle seule presque tout le phosphore de l’œuf : on
(l) Couerbe, Journal de pharmacie, t. XV, p. i07.
OISEAUX
peut en séparer une matière phosphorée particulière, et une substance analogue aux matières que l’on extrait du cerveau (I).] Lorsqu’on délaie un jaune d’œuf dans de l’eau, ses différents principes s’y divisent parfaitement et forment une liqueur jaune, émulsive, nommée lait de poule. Cette propriété du jaune d’œuf fait qu’on s’en sert comme d’intermède pour suspendre dans l’eau du camphre, des huiles ou des résines.
L’huile de jaune d’œuf est très-estimée pour la guérison des gerçures au sein. On l’obtient, soit par l’expression à chaud des jaunes d’œufs desséchés au bain marie, soit par l’action directe de l’éther sulfurique sur les jaunes d’œufs récents (2). Celte huile est d’une belle couleur jaune, d’une saveur très-douce, peu soluble à froid dans l’alcool, soluble en toutes proportions dans l’éther. Elle est composée, indépendamment de sa matière colorante, d’oléine, de margarine et d’une petite quantité de stéarine et de cholestérine. Ces trois dernières subslances s’en séparent en partie par le froid et lui donnent la consistance de l’huile d’olive figée.
Pour les voyages sur mer, et pour la mauvaise saison où les poules ne pondent que très-rarement, il est très-utile de pouvoir conserver les œufs dans leur état de fraîcheur. Le moyen d’y parvenir est d’obstruer d’une manière quelconque les pores de la coquille, par lesquels l’eau de l’intérieur s’évapore, et l’air de l’extérieur pénètre à l’intérieur. Un vernis résineux ou un léger enduit d’huile, de graisse ou de cire, produit ce résultat (3). On a aussi conseillé de remplir des vases de terre, lit par lit, avec des œufs et de la cendre. 11 paraît même qu’on peut, en déposant simplement les œufs produits dans le mois d’août, dans dés lieux frais et obscurs, les conserver assez bien pour les livrer au commerce, à mesure du besoin, pendant l'hiver. Mais le meilleur procédé de conservation consiste t\ remplir aux trois quarts d’œufs récents, dans le mois d’août, des pots en terre étroits et profonds, nommés pots de tannevanne . Chacun de ce$ pots peut contenir 200 œufs. On les place à la cave et on les remplit avec un lait de chaux préparé en faisant éteindre, pour chacun, environ 1 kilogramme de chaux vive dans suffisante quantité d’eau, et refroidi. On couvre chaque pot avec un couvercle de terre qui le ferme bien. La coquille des œufs ainsi conservés est beaucoup plus unie, plus compacte, et est devenue cependant mani-
(1) Voir sur la composition du jaune les très-intéressantes recherches de M. Gobley ( Journal Je pharmacie et de chimie , t. IX, 5 ; XI, 409 ; XII, 5).
(2) Henry et Guibourt, Pharmacopée raisonnée, p. I3G.
(3) Voir Violette, Expériences sur ta conservation Jes œufs ( Journal de pharmacie et de chimie, 4e série, X, 170).
REPTILES
lio
lestement, moins opaque, à cause de la continuité qui s’est opérée entre ses parties. Ces œufs ne peuvent pas être couvés, la coquille n étant plus propre a laisser pénétrer l’air dans l’intérieur. Lorsqu’on veut conserver les œufs pour les faire couver il faut les recouvrir d’un vernis résineux à l’alcool, que l’on dissout par le même menstrue, lorsque le moment est venu de les employer.
o TROISIÈME CLASSE
LES REPTILES
« Les repi des ont le cœur disposé de manière qu’à chaque contraction il n envoie dans le poumon qu’une portion de sang qu’il a reçu des f n erses parties du corps, et que te reste de ce fluide retourne aux parties sans avoir passé par le poumon, et sans avoir respiré.
" ,1l rt‘s|llte de Ià <Iue l’action de l’oxygène sur te sang est moindre que dans les mammifères, et que, si la quantité de respiration de ceuxci, ou tout le sang est obligé de passer par le poumon, s’exprime par unité, la quantité de respiration des reptiles devra s’exprimer par une ’raction d autant plus petite que la portion du sang qui se rend aux poumons, a chaque contraction du cœur, sera moindre.
« Comme c’est la respiration qui donne au sang sa chaleur, et à la libre musculaire sa susceptibilité pour l’irritation nerveuse, les reptiles ont le sang froid et les forces musculaires moindres, en totalité, que les quadrupèdes, et, a plus forte raison, que les oiseaux ; et quoique p!u- Sicuis sautent et courent fort vile en certains moments, généralement leurs habitudes sont paresseuses; ils n’exercent guère que les mouvements du ramper et du nager ; leur digestion est excessivement lente
létharX I PPayS °ldS °U lcmpéré8> ils Passent Presque tous l'hiver en <J?e nue di„, l "T™ ^ lrTS"pelH el nû paraî‘ Pas être aussi nécesanimale efvdMl prenueres c,asses à ^exercice de leurs facultés
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leur le cerveau ;
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longtemps La pelitesse des vaisseaux pulmonaires permet aux reptiles de suspendre leur respiration sans arrüier le cours du sang ; aussi pion-
Cuiiiolut, Drogues, 6e édition.
REPTILES
gent-ils plus aisément et plus longtemps que les mammifères et les oiseaux; les cellules de leurs poumons sont moins nombreuses, beaucoup plus larges, et ces organes ont quelquefois la forme de simples sacs à peine celluleux.
« Les reptiles, n’ayant pas de sang chaud, n’avaient pas besoin de téguments propres à retenir la chaleur, et ils sont couverts d’écailles.
« Les femelles ont un double ovaire et deux oviductes ; les mâles de plusieurs genres ont une verge fourchue ou double.
Les reptiles sont ovipares comme les oiseaux, mais aucun ne couve ses œufs: dans quelques genres, notamment dans les couleuvres, le petit est déjà formé et assez avancé au moment où la mère fait sa ponte ; dans quelques espèces, l’œuf se déchire à ce moment même, et le petit naît vivant.
Les reptiles sont actuellement distribués en quatre ordres de la manière suivante :
I. CHÉLONIENS. Pénis simple. Cœur à â cavités ; à ventricule unique incomplètement divisé par une cloison : côtes soudées à une carapace.
II . CROCOD1L1ENS. Pénis simple. Ventricules du cœur presque complètement séparés en deux par une cloison. Côtes nombreuses non soudées à une carapace.
Il L SAURIENS. Pénis bifide. Cœur à deux oreillettes et à un seul ventricule. Une ou deux paires de pattes, bien développées ou simplement représentées par les rudiments de l’épaule et du bassin. Un sternum.
IV. OPHIDIENS. Pénis bifide. Cœur à un seul ventricule. Pas de membres : pas de sternum.