‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 2)Chapitre 60 sur 162 · OPHIDIENS · texte numérisé non relu

OPHIDIENS

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précédents, par un os tympanique immédiatement articulé au crâne, les deux branches de cette mâchoire soudées en avant, et celles de la mâchoire supérieure fixées au crâne et â l’os intermaxillaire. Cette disposition est cause que leur gueule ne peut se dilater comme dans la tribu suivante, que leur tôle est tout d’une venue avec le reste du corps, et qu’elle se confond facilement, â la première vue, avec leur extrémité postérieure, qui est obtuse et à peu près aussi volumineuse. Cette forme leur permet de marcher également bien en avant et en arrière, ce qui leur a valu le nom de doubles-marcheurs , ou d ’ amphisb'enes (1). Les anciens leur croyaient même deux têtes. Ils ne sont pas venimeux.

« Le second groupe, ou celui des serpents proprement dit, a l’os tympanique, ou pédicule de la mâchoire inférieure, mobile et presque toujours suspendu lui-même â un autre os analogue au mastoïdien {fig, 837), attaché sur le crâne par des muscles et

Fi". 837. Appareil venimeux du crotale (').

des ligaments qui lui laissent de la mobilité. Les branches de cette mâchoire ne sont aussi unies l’une à l’autre, et celles de la mâchoire supérieure ne le sont à l’intcrmaxillaire, que par des ligaments, en sorte qu’elles peuvent s’écarter et donner à ces animaux la faculté d’ouvrir leur gueule au point d’avaler des corps plus gros qu’eux.

« Leurs arcades palatines participent à celle mobilité, et sont armées de dents aiguës et recourbées en arrière; leur trachéeartère est très-longue ; leur cœur placé fort en arrière ; la plupart

(1) En grec, àp.çi<r6aiva : de àptçi;, des deux côtés, et de patvw, je marche.

I ) a) glande venimeuse; a1 son canal excréteur; b, glande sus-maxillaire ; c, glande sousmaxillaire ; e, e' temporal antérieur; f f, temporal postérieur; g, digastrique; i, temporal moyeu; q, ligament articulo-maxillaire ; r, muscle cervico-angulaire ; /, vertébro-mandibul*ii e ; u, costo-mandibulaire.

REPTILES

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n’ont qu’un grand poumon avec un petit vestige d’un second.

« Ces serpents se divisent en non venimeux et venimeux , et ceuxci se subdivisent en venimeux à plusieurs dents maxillaires , et venimeux à crochets mobiles et isolés.

« Dans les non venimeux, les branches des deux mâchoires ainsi que les branches palatines, sont garnies tout du long de dents fixes et non percées. Il y a donc quatre rangées de ces •dents dans le dessus de la bouche, et deux dans le dessous. »

Ceux d’entre eux qui ont les os mastoïdiens compris dans le crâne, l’orbite incomplet en arrière, la langue épaisse et courte, ressemblent encore aux doubles-marcheurs : ils ont été autrefois réunis avec les orvets, et portent le nom de rouleaux. Ceux des serpents non venimeux qui ont au contraire les mastoïdiens détachés, et dont les mâchoires peuvent beaucoup se dilater, ont l’occiput plus ou moins renflé et la langue fourchue et très-extensible. On en fait deux groupes principaux, les boas et les couleuvres , distingués par les plaques du dessous de la queue, qui sont simples dans les premiers, doubles dans les seconds.

C’est parmi les boas qu’on trouve les plus grands de tous les serpents ; car il y en a qui atteignent de 10 à 13 mètres de longueur, et qui, quoique non venimeux, sont à redouter à cause de leur force prodigieuse et de leur agilité. Tapis sous l’herbe ou suspendus parla queue aux branches des arbres, ils attendent le moment de s’élancer sur leur proie, qu’ils entourent de leurs plis et qu’ils serrent si fortement, que l’animal est bientôt étouffé et a les os broyés. Alors, après l’avoir enduit de sa bave et avoir énormément dilaté ses mâchoires et son gosier, le boa l’avale lentement. On assure qu’ils se nourrissent ainsi de chiens, de cerfs et même de boeufs qu’ils incitent plusieurs jours à avaler. Après un repas semblable, les boas demeurent immobiles, dans un endroit •écarté, jusqu’à ce que leur digestion, qui est fort longue, soit terminée. C’est alors qu’on peut les tuer avec le moins de danger.

Les couleuvres comprennent un nombre très-considérable de serpents dépourvus de crochets mobiles, venimeux, et dont les plaques de dessous la queue sont divisées par deux ou rangées par paires; on les divise en un grand nombre de groupes, sous les noms de pythons , cerbères , héterodons , humas, oligodons, couleuvres propres, acrochordes, etc. Je n’en mentionnerai que deux espèces de notre pays, la couleuvre à collier et la couleuvre vipérine.

La couleuvre à collier (Jropidonotus natrix ; Coluber natrix, L.) est très-commune en France, dans les prés qui bordent des eaux et sur la lisière des bois ; elle est longue de 7 à 14 décimètres, a la tête oblongue et ovale {fig. 838, déprimée, couverte d’un petit nombre

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