‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 2)Chapitre 61 sur 162 · OPHIDIENS. — COULEUVRE VIPÉRINE · texte numérisé non relu

OPHIDIENS. — COULEUVRE VIPÉRINE

d’écaillcs(ordinairement 9) beaucoup plus grandes que celles du cou et du dos. Les écaillés sont carences, c’est-à-dire, relevées d une arête au milieu; celles de dessus le cou sont blanchâtres ou jaunâtres, et lui forment un demi-collier qui tranche avec la couleur de deux grandes lachesnoires triangulaires sur la partie postérieure de la tête, et de deux taches semblables en arrière du cou. Le corps est cendré avec des taches noires sur le dos, devenant plus larges le long des flancs. Du reste, il en existe beaucoup de variétés qui diffèrent par leur couleur. Celle couleuvre, comme toutes ses congénères, vit exclusivement d’animaux vivants, tels que insectes, vers, mollusques, poissons, oiseaux, petits quadrupèdes, etc. Jamais elle ne mange de fruit dans les jardins, ni ne vient sucer le lait des vaches, comme le préjugé en a

été répandu. Elle nage avec une grande facilité, et grimpe avec agilité sur les arbres pourj aller surprendre les jeunes oiseaux. Elle est inoffensive pour les animaux dont elle ne peut se nourrir, ne cherche à les mordre que lorsqu’elle est très-irritée, et sa morsure n’est pas dangereuse. On peut l’élever en domesticité; on la mange dans quelques pays, et l’on en prépare des bouillons qui ont été recommandés contre les scrofules, les rhumatismeset les maladies de la peau. Elle pond de f5 à 40 œufs dans des trous sur le bord des eaux, dans le fumier, dans les meules de foin; ils sont ovales, gros comme le doigt, attachés en chapelet, et éclosent au milieu de l’été.

La couleuvre vipérine ( Tropidonotus viperinus ; Coluber viperinus, Latr.) est longue seulement de oOcentimètres, d’un gris brun, avec une suite de taches noires qui forment un zigzag le long du dos, et une autre de taches plus petites sur les côtés; le ventre est tacheté en damier, de noir et de grisâtre; les écailles sont carénées. Cet animal habite la France et peut se rencontrer dans les environs de Paris. 11 est vivipare comme la vipère, et sa grande ressemblance avec ce dangereux reptile lui a valu son nom. On peut l’en distinguer à la forme de sa tète qui, de même que celle

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de la couleuvre commune, est ovale-oblongue, obtuse en avant (/ ig • 839), couverte de grandes plaques carénées; à l’absence des crochets venimeux et à sa queue plus longue et moins brusquement rétrécie.

Le serpent 'l’Escuiapc est une espèce de couleuvre beaucoup plus grande [E lapliis Æscu/apii ; Coluber Æsculapii, Shaw), qui habite l’Italie, la Hongrie et l’Illyrie. Il est brun en dessus, jaunepaille aux flancs et en dessous, à écailles du dos presque lisses. C’est lui que les anciens ont représenté dans leurs statues du dieu de la médecine.

Les SBHPENTS venimeux par excellence, ou a crochets isolés, ont une structure très-particulière dans leurs organes de manducation. Leurs os maxillaires supérieurs sont très-petits, portés sur un long pédicule, et très-mobiles : il s’y fixe une dent aiguë, percée d’un petit canal, qui donne issue à une liqueur secrétée par une glande considérable située sous l’œil. C’est cette liqueur qui, versée dans la plaie par la dent, porte le ravage dans le corps des animaux, et y produit des effets si funestes. Celte dent se cache dans un repli de la gencive, quand le serpent ne veut pas s’en servir, et il y a derrière elle plusieurs germes destinés à la remplacer lorsqu’elle se casse dans une plaie. L’os maxillaire supérieur ne porte pas d’autres dents, en sorte que, dans ces serpents, on ne voit, dans le haut de la bouche, que les deux rangées de dents palatines, qui sont aiguës et recourbées en arrière, conformation nécessaire pour retenir et faire avancer la proie, souvent très-volumineuse, qui pourrait s’échapper par le manque de points d’appui et de force des mâchoires. (Voy. la fg. 837.)

Toutes ces espèces venimeuses, dont on connaît bien la reproduction, font leurs petits vivants; on les divise en deux genres principaux, les crotales et les vipères.

Les crotales (fi g- 840) son tcélèbrcs, entre tous lesautres serpents

Fig. 840. — Crotale (tête;. Fig. 841. — Crotale (queue).

venimeux, par l’atrocité de leurvenin. Ils ont, commelesboas, des plaques transversales simples sous la queue; mais ce qui les distingue le mieux, c’est rinslrumcnl bruyant qu’ils portent au bout delà queue (fig. 841), et qui est formé de cornets écailleux emboîtés lâchement les uns dans lesautres, qui résonnent quand l’a-

OPHIDIENS. — VIPERE COMMUNE.

nirnal rampe ou quand il remue la queue. Toutes les espèces viennent d’Amérique, et sont d’autant plus dangereuses que la contrée ou la saison sont plus chaudes; mais leur naturel est en général tranquille, et ils ne mordent que lorsqu’ils sont provoqués ou que la faim les y pousse.

Les ti-i£onocépliales sont aussi dangereux que les crotales, et ont comme eux une petite fossette arrondie derrière chaque narine ; mais ils manquent de l’appareil écailleux et sonore de la queue, dont les écailles peuvent être doubles ou simples. Le plus connu est le trigonocéphale jaune des Antilles , qui atteint 2 mètres et plus de longueur, vit dans les champs de cannes, où il se nourrit de rats ; mais il fait aussi périr beaucoup de nègres.

Les vipères ont été confondues par Linné avec les couleuvres, comme ayant les plaques ventrales simples, et celles de la queue presque toujours doubles; mais elles ont dû en être séparées ù cause de leurs crochets à venin. Elles se distinguent, d’un autre côté, des crotales et des trigonocéphales, par l’absence des fossettes derrière les narines. Voici, du reste, les caractères principaux auxquels on peut les reconnaître.

Reptiles de l’ordre des ophidiens ou des serpents, à mâchoires supérieures mobiles et armées de deux crochets à venin , tète raccourcie, élargie postérieurement, couverte en dessus d’écaillcs granulées ou de plaques; dessous de l’abdomen couvert de gl andes plaques entières et transversales; queue ronde, conique, pointue, garnie en dessous d’un double rang de plaques disposées par paires. On peut les diviser en plusieurs groupes, tels que les vipères propres, les najas , les élaphs, les oplocéphales , les langahas, etc.

L’espèce la plus redoutable pour nous, parce qu’elle habite la

Fig. S 42, — Vipère commune.

L rance et toute 1 Europe tempérée, est la vipère commune ( I ipeva as/ns (ftg. 842). Lorsqu’elle a pris tout son accroissement, elle

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est longue de 65 centimètres et épaisse de 22 à 24 millimètres, par le milieu du corps (l); seulement la femelle est plus volumineuse quand elle approche du moment de mettre au jour ses vipéreaux. La vipère a. la tète déprimée ou aplatie supérieurement, plus large à la partie postérieure que le cou, qui est rétréci. Elle présente à l’avant une espèce de mufle un peu retroussé, formé par un repli de la peau, et elle a une forme générale triangulaire, quoique arrondie aux angles. Elle diffère en cela de la couleuvre, qui a la tôle ovoïde, non aplatie, et terminée en avant par un contour émoussé et arrondi.

La tôle de la vipère ( fîg . 8-43 à 845) a en tout 27 millimètres de long, 16 à 18 millimètres de large à la partie postérieure, 9à 11 millimètres a la hauteur des yeux, et 5 à 6 millimètres seulement de largeur à l’extrémité du museau. Cette extrémité est couverte par six écailles un peu plus grandes que les autres, ou petit ;s plaques, ont les latérales sont percées par les narines. Entre celle extré-

mité et les yeux se trouvent plusieurs rangs d’écail les ordinairesarrondies et imbriquées, dont plusieurs sont noirâtres et forment une ou plusieurs taches en cet endroit. Chaque œil se trouve surmonté par une plaque allongée et saillante, qui lui sert comme de sourcil, et entre ces plaques s’en trouvent cinq autres dont celle du milieu est la plus grande; mais aucune de ces plaques n'est comparable pour la grandeur à celles de la couleuvre ; leur nombre est plus considérable, et tout le reste de la tête est couvert de petites écailles ovoïdes, imbriquées.

(1) Voir sur la vipère la thèse de M. Léon Soubeiran soutenue à la Faculté d& médecine de Paris en 1855 {De la vipère , de son venin et de sa morsure ). On consultera aussi avec fruit le très-intéressant mémoire de M. Yiaud Grand- Marais ( Études médicales sur les serpents de la Vendée et de la Loire -Inférieure, Nantes, 1867-G9), où les caractères zoologiques des serpents de la région, les symptômes produits par la piqûre des vipères, le mode de traitement des accidents qui en résultent sont exposés avec de précieux détails.

OPHIDIENS. — VI PEU ES. jC|

Le fond de la couleur de la vipère est variable, et il y a des '■pores blanchâtres, grises, noirâtres, jaunâtres et rou-'eâtres • nous cette teinte générale est interrompue par des laches°ui.i ont

"pn,e|eTeptne.r S1,'ar“é’ V" pCUvenl encore scr'ir * caracléri-

Ainsi, sur le sommet de la lêleelen arrière des veux, on trouve toujours deux taches linéaires noirâtres qui 's'écartent d'avant en

é, , ,1S0US forme (le v> et 9"' comprennent enlre elles, et plus i ai i icie encore, une tache ronde assez étendue, qui est la nremieie des taches souvent disposées on zigzag que l’on observe lou le long, „ dos (I). Pareillement on arrière de chaque œil et sur la même ligne horizontale, sc trouve une longue tache linéaire I est a première des taches arrondies et isolées qui se trouvent

doi'ihlo 7î dUS ll'",CS' E"fln' lcs pla<|ues ''onlrales et les plaques

coc ma , ™!"eUC S°h d’Une l0inle unif0™e p'“s ou moins tonctt, mais toujours ardoisée.

Los vipères changent de peau tous les ans, au printemps et uuolcp dois en automne. Sous la peau écailleuse quelles quittent il

belle Te î'"ne a"lre lo"le. formée> fI>“ Paraît d'abord bien plus ■elle que I ancienne, et qui sc ternit ensuite à mesure qu'il s'en 'orme une autre par-dessous. '1" U » en

Les veux de la vipère sont très vifs, et son regard est fixe et me naçanl; sa langue est renfermée dans une gaine d où elle sort '"'S<|UC I animal est irrité. Alors ,1 la darde et la rettoe par d mouvements successifs et très-rapides. Elle est linéaire bifide i X remué, et semble être une arme menaçante; mais elle ne ni que pas et n a rien de venimeux. Elle sert probablement à h p e pour attraper de petits insectes, quoique sa nouTit re pr T mpale consiste en mulots, taupes, lézards, grenouilles cranaml -alamandres et jeunes oiseaux. Elle ne mange pas en captivité’ cl, de même que beaucoup d'autres reptiles, elle peut su, morte, ’■ ira jeune de plusieurs mois, et môme, dit-on, de plusieurs innées Les v, pores passent tout l'hiver engourdies, le plus souvent ré, ' mes en société et entrelacées les unes dans les autres sous des

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trouve aussi des vipères qui sont presque noires. Fontainebleau. On

Guibol’iit, Drogues, 6-' édition .

RLPTILES.

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