‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 2)Chapitre 62 sur 162 · IG · texte numérisé non relu

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trc de la femelle, où le vipéreau, roulé sur lui- môme, atteint la taille de 8 à 1 1 centimètres avant de paraître au jour. &

On doit au célèbre Fontana des observations sur le venin de la vipère, contenu, ainsi que nous Lavons vu, dans deux glandes qui communiquent par un canal avec les deux crochets mobiles de Fanimal.

Ce venin a une consistance qui tient le milieu entre celles de l’huile d’ofive et d’une solution dégommé arabique; il n’est ni acide, ni alcalin, et n’a pas de saveur bien marquée ; il jaunit par la dessiccation et se concrète à la manière du mucus ou de l’albumine; il se conserve pendant longtemps sans altération dans la cavité de la dent, séparée ou non de l’os qui la supporte, et il est dangereux d'être blessé par les crochets d’une vipère morte.

[Le prince Lucien Bonaparte a analysé le venin de la vipère et en a isolé un principe spécial, appartenant à la catégorie des alcaloïdes, qu’il a nommé éckidninie ou vipérine ; cette substance est gommeuse, neutre, soluble dans l’eau froide, précipitée par l’alcool, mais pouvant ensuite se redissoudre dans l’eau. Cette propriété la rapproche de la ptyaline : mais elle se distingue de ce dernier produit parce qu’elle est précipitée par le sulfate de sesquioxyde de fer (1).]

Le venin de la vipère est innocent pour quelques animaux, tels que la vipère elle-même, l’orvet, la sangsue et le colimaçon. Parmi les autres animaux, il n’est constamment mortel que pour ceux de petite taille, qui servent de nourriture ordinaire au reptile; un chat résiste quelquefois et un mouton échappe très-souvent à ses suites. L’homme éprouve, à la suite d’une morsure de vipère, des accidents formidables, qui se terminent souvent par la mort, à moins qu’on n’applique à temps les moyens curatifs que l’expérience a fait connaître.

Ces symptômes sont ordinairement une douleur aiguë dans la partie mordue, qui devient gonflée, luisante, rouge, chaude, violette, puis livide, froide, et comme insensible, la douleur et l’inflammation se propagent le long des gros troncs nerveux et des vaisseaux lymphatiques; les yeux rouges et ardents versent des pleurs en abondance ; bientôt se manifestent des lipothymies, des nausées, de la gastralgie, de la dyspnée, de la cardialgie, des vomissements bilieux, une sueur froide et colliquative, de’ la tympanite, des tranchées aiguës, une vive douleur lombaire, un relâchement du sphincter de l’anus, une sorte de paralysie du col de la vessie, et par suite des selles et des évacuations d’urine involontaires. Alors aussi le pouls est petit, serré, concentré, inter-

(1) L. Bonaparte, Gaz. tosc. delle sc. medico-fis., p. 109, 1843. D’après Gervais et Van Benened, Zou'.oyie niédicale , I8è9, I, page 171.

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