OPHIDIENS. — VIPÈRES
miltcnt, convulsif , lu peau acquiert lu. pâleur jaunâtre de lu cire, et un Seing noir , liquide et, sanieux découlé de la plaie en apparence gangrenée. Si un ensemble d’accidents aussi graves n’est pas bientôt calmé par les forces de la nature ou par les secours de l’art, ils s’augmentent encore, et les parties du corps envahies par l’œdème se couvrent de phlyctènes, qui annoncent le prochain développement d’un sphacèle précurseui^de la mort. La première précaution à prendre, lorsqu’un homme a été mordu par une vipère, est, lorsque la disposition des parties le permet, d’établir une ligatureau- dessus de l’endroit blessé, et d'appliquer immédiatement une ventouse à pompe sur la plaie, pour en faire soitii le venin avec le sang ; mais, à défaut de cet instrument, il faut que le patient lui-même, si personne ne consent à le faire, suce la plaie avec persévérance: car cette opération est absolument sans danger pour l’opérateur, pourvu qu’il n’ait pas d’excoriation aux lèvres ou dans la bouche. La succion opérée, si bien faite qu’on le suppose, ne dispense pas de recourir ensuite à la cautérisation et à l’usage interne de l’ammoniaque, seul remède trouvé efficace; l’expérience ayant appris que la thériaque, l’orviétan, la poudre de vipère et tous les autres arcanes de l’ancienne polypharmacie, sont complètement inefficaces pour arrêter les effets du terrible venin.
Les expériences de Fontana ont démontré que le venin de la vipère, si dangereux lorsqu’il est porté dans le sang par une plaie faite à la peau, pouvait être introduit impunément dans la bouche et dans l’estomac, pourvu que la surface de ces organes fût sans excoriations, et l’ona pu supposer que l’innocuité du poison dans ce cas, provenait de ce qu’il était digéré, c’est-à-dire altéré dans sa nature par l’action du fluide digestif. Mais, indépendamment de ce que 1 application inoffensive du venin de la vipère sur la conjonctive de l’œil et sur la membrane pituitaire d’une grenouille,, avait antérieurement démontré que l’action du suc gastrique n’entrait pour rien dans ce phénomène, les expériences de M. Claude Bernard (1) sur le curare, poison très-analogue à celui de la vipère, paraissent démontrer que cette innocuité des venins dans l’estomac est dû seulement à la propriété que possède sa membrane muqueuse de repousser ces poisons, et de les tenir en dehors de l’économie, jusqu’à ce qu’ils soient sortis de la cavité intestinale.
La vipère est très-commune dans nos départemenls méridionaux ; on la prend avec de petites pincettes de bois et on la garde dans des tonneaux ou dans des boîtes garnies ’de son et
j ues. Paris, l£57.
(I) Claude Bernard, Leçons sui' les substances toxii.
REPTILES
percées de quelques Ircus. Elle peut vivre ainsi très-longtemps sans manger, à cause du peu de mouvement qu’elle se donne alors cl de la perte extrêmement petite qu’elle fait par la transpiration. Lorsqu’on veut en faire usage, on la saisit avec des pincettes près de la tète, on coupe celle-ci avec des ciseaux, et on la reçoit dans un vase rempli d’alcool, afin de la faire mourir et d’en éviter la morsure, qui serait encore dangereuse. On dépouille le corps de# sa peau, on rejette les intestins et l’on fait sécher le reste, ou bien on l’emploie récent et coupé par morceaux pour en faire des gelées ou des bouillons, auxquels on a attribué les propriétés restaurante, sudorifique, aphrodisiaque, etc., accordées également autrefois à la poudre de Opère. La vipère sèche entre dans la thériaque.
La Vipère a m moi» yte (fipera ammodytes) {[y. 84G) se distingue très-nettement des autres espèces par son museau prolongé en pointe molle. Elle habite les lieux arides et pierreux de l’Europe centrale : on la trouve en France, dans le Dauphiné.
Petite Vipère ( Pelias berus , Merrcm ; 1 7ipera chersea , L.) (fi g. 847).
Celte vipère vit en Ilalie, dans lcsCévcnncs,lcsCorbièrcs, les Pyrénées, dans la France centrale, et se retrouve en Flandre, en Belgique et en Angleterre. Elle est moins grande que la vipère commune ; sa longueur est de 58 à GO centimètres; sa couleur est brunâtre ou roussâlre,et sa tôle ovale triangulaire recouverte d’écaillcs granuliformes, au centre desquelles se trouvent, entre les yeux, trois plaques rapprochées en triangle.
Les najas sent des serpents venimeux très-rapprochés des vi-