‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 2)Chapitre 66 sur 162 · GRENOUILLES · texte numérisé non relu

GRENOUILLES

Les batraciens, à un seul genre près, manquent d’ongles aux doigts. Leurs œufs sont couverts d’une simple membrane ; le mâle dispose la femelle à les pondre par des embrassements très longs et, dans plusieurs espèces, ne les féconde qu’à l’instant de leur sortie. Toutefois il y a aussi des espèces vivipares.

On a divisé les batraciens en trois familles sous les noms de B. anoures , urodèles et branchifères. Les premiers n’ont ni queue ni branchies à l’état parfait, et sont pourvus de qualremembres, ex. : les grenouilles et les crapauds ; les seconds ne perdent que leurs branchies, conservent leur queue et acquièrent des membres, par exemple les salamandres ; les troisièmes conservent toujours leursbranchies et leur queue qui, amincie et aplatie latéralement, leur donne une forme générale analogue à celle depoissons qui seraient pourvus de membres ; tels sont Vaxolot du Mexique, les protées et les sii'ènes. Les naturalistes maintenant retirent les cécilies serpents nus de l’ordre des ophidiens et en forment une quatrième ou famille de batraciens.

Les grenouilles (fi g. 830) ont quatre jambes et point de queue

dans leur état parfait ; leur tête est aplatie, leur gueule très-fendue; leur langue est molle el ne s’attache pas au fond du gosier, mais au bord de la mâchoire inférieure et se reploie en dedans ; la mâchoire supérieure est garnie tout autour d’un rang de petites dents fines, et il y en a une rangée transversale interrompue, au milieu du palais. Leur corps est effilé et couvert d’une peau lisse ; leurs pieds de devant n’ont que quatre doigts ; ceux de derrière, qui sont très-longs et pourvus de cinq doigts palmés, leur permettent de faire des sauts considérables sur terre, et de nager avec vitesse dans l’eau. Leur squelette est dépourvu de côtes; une plaque cartilagineuse à fleur de tête tient lieu de t\ mpan et fait reconnaître l’oreille par dehors. L’œil a deux paupières charnues et une troisième cachée sous l’inférieure, transparente et horizontale. Le mâle a de chaque côté, sous l’oreille, une poche à membrane mince qui se gonfle d’air quand il crie.

Ci g. 850. — Grenouille

Fig. 8ol. — Tèie et pattes.

10^ batraciens.

L inspiration de l’air ne se fait que par les mouvements des muscles de la gorge, laquelle, en se dilatant, reçoit de l’air par les narines, et en se contractant, pendant que les narinessont fermées au mo\en de la langue, oblige ce fluide à pénétrer dans le poumon. L expiration, au contraire, s’exécute par les muscles du 1 as-\ entre ; aussi, quand on ouvre le ventre de ces animaux vivants, les poumons se dilatent sans pouvoir s’affaisser, et, si l’on en iorce un à tenir la bouche ouverte, il s’asphyxie, parce qu’il ne peut plusrcnouveler l’air de ses poumons.

Les embrassements du mâle sont très-longs. Ses pouces ont un renflement spongieux qui grosssit au temps du frai et qui l’aide à mieux serrer sa femelle. Il féconde les œufs au moment de la ponte. Ces œufs tombés au fond de l’eau y restent quelques jours, après lesquels ils montent à sa surface. Nommés alors frai ou sperniole, on les employait autrefois comme rafraîchissants. Un y distingue une infinité de points noirs qui sont les germes, entourés chacun d’une matière glaireuse analogue à l’albumen de 1 œuf. Peu à peu ces points noirs grossissent, s’allongent et sortent de leur enveloppe : à cet élat on les nomme têtards. Dans les premiers temps le têtard reste encore logé dans la liqueur glaireuse, qui a beaucoup augmenté de volume en absorbant de l’eau, et qui nage au milieu de la masse de liquide comme un nuage; il en sort seulement de temps en temps pour se fortifier par l’exercice : enfin il s’en sépare tout à fait.

Le têtard ressemble d’abord à un petit poisson et ne peut vivre que dans l’eau. Sa tête est très-grosse, et son corps, dépourvu de membres, se termine par une queue comprimée qui, dans les jours suivants, s’allonge beaucoup. Sa bouche n’est encore qu’un trou à peine perceptible, et ses branchies ne consistent qu’en un tubercule placé de chaque côté à la partie postérieure de 'a tête. Bicnlôt ces appendices s’allongent et se

divisent en lanières; les yeux se dessinent à travers la peau. Un peu plus tard, les branchies se ramifient (fi g. 852) et les lèvres se

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