HYMÉNOPTÈRES. — FOURMI ROUGE
des larves et des nymphes d’une espèce plus faible, les transportent dans leur propre demeure et appliquent les insectes qui en proviennent à tous les travaux de leur communauté.
Toutes les fourmis ne sont pas pourvues d’aiguillon.
La fourmi fauve des bois ( Formica rufct, L.) (fi g. 886) est de ce nombre. L’individu neutre (fig. 887) est long de 8 millimètres,
noirâtre, avec une grande partie de la tête, le thorax et l’écaille ou le pédicule fauves. Elle forme dans les bois des nids en pain de sucre ou en dôme, composés de terre et de débris ligneux. Elle laisse échapper un liquide acide qui forme des traces rouges sur les fleurs bleues. Elle contient en outre une huile résineuse, âcre et odorante, qu’on peut obtenir, mélangée avec l’acide’ pai le moyen de 1 alcool; la teinture qui en résulte est Veau de magnanimité d Hoffmann, et passe pour aphrodisiaque.
L’acide libre des fourmis, ou V acide formique . a été pris par quelques chimistes pour de l’acide acétique. Mais, dès l’année 1777, Arvidson et Oehrn, chimistes suédois, en avaient démontré la nature particulière, qui a été confirmée depuis par Gehlen et par Berzelius. Doebereinera montré aussi que cetacide se formait par un grand nombre de réactions sur les principes organiques, et notamment lorsqu’on traite l’acide citrique, l’acide tartrique,’ le sucre, l’amidon, etc., par le peroxyde de manganèse et l’acide sulfurique. Cet acide, tel qu’on peut l’obtenir, est hvdraté, liquide, volatil, non ciistallisable ; la propriété qui le distingue le plus facilement de l’acide acétique est celle de réduire, à l’aide de l’ébullition, les oxydes et les sels de mercure et d’argent. Combiné aux bases et anhydre, il est formé de C2H 303. L’acide liquide contient un atome double d’eau en sus.
La fourmi rouge ( Myrmica , Latr.), qui habite aussi dans les bois, est pourvue d’un aiguillon, et pique assez vivement. Le pédicule de son abdomen est formé de deux nœuds; le mulet est rougeâtre, avec l'abdomen lisse et luisant, et une épine sous le premier nœud du pédicule, o
LES INSECTES
■f- Abeille domestique.
Apis mellifico , L. L’abeille est un insecte hyménoptère, principalement caractérisé par ses quatre ailes nues et transparentes; son corps velu, sa lèvre supérieure courte, ses antennes filiformes, moins longues que la tête et le corselet réunis; ses tarses postérieurs, dont le premier article est aplati en une palette carrée, concave sur une de ses faces. Cet insecte vit en sociétés nombreuses, composées de trois sortes d’individus, savoir : des neutres ou ouvrières, dont le nombre est de 15 à 20,000 et quelquefois de 30,000; d’environ G à 800 mâles, nommés vulgairement bourdons ou faux bourdons (1), et communément d’une seule femelle, dont les anciens faisaient un roi, mais que les modernes désignent sous le nom de reine.
Cette femelle (fig. 888, B) est plus grande et plus forte que les
Fig. 883. — Abeilles (*).
mâles, surtout lorsqu’elle est fécondée; elle a la tête triangulaire, un peu moins large que le corselet; les ailes courtes, l’abdomen
(1) Il ne faut pas confondre ces abeilles mâles avec les vrais bourdons, qui constituent une autre espèce d’insectes apiaires, beaucoup plus gros, vivant dans des habitations souterraines, en sociétés beaucoup moins nombreuses que les abeilles, mais composées de même d'ouvrières, de mâles et de femelles.
(•) La figure 503 D, indépendamment d’un certain nombre de cellules hexagones servant à contenir le miel, ou à recevoir les œufs qui produiront des ouvrières, représente une cellule beaucoup plus grande, à parois plus épaisses et scrobiculées, dans laquelle la reine dépose un œuf destiné à produire une femelle. Il n’y a qu’un très-petit nombre de ces cellules dans chaque ruche. Les cellules destinées aux mâles sont semblables à celles qui reçoivent les ouvrières ; elles sont seulement un peu plus grandes.