‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 2)Chapitre 97 sur 162 · HÉMIPTÈRES. — COCHENILLE DU MEXIQUE · texte numérisé non relu

HÉMIPTÈRES. — COCHENILLE DU MEXIQUE

mité de l’abdomen. Ces insectes, fort singuliers par leur mode de génération, vivent en société sur les végétaux qu’ils sucent avec leur trompe. Ils ne sautent pas et marchent lentement. Les deux cornes que l’on observe à l’extrémité de l’abdomen sont des tuyaux creux, d’où s’échappent souvent de petites gouttes d’une liqueur transparente et mielleuse, dont les fourmis sont trèsiriandes. Au printemps, chaque société ne se compose que de femelles aptères, ou n’ayant que des vestiges d’ailes, comme des nymphes. Ces pucerons produisent tous, sans accouplement préalable, des petits qui naissent vivants, sortant à reculons du ventre de leur mère. Plusieurs générations de femelles se succèdent ainsi jusque vers la fin de la belle saison, époque à laquelle, seulement, naissent des mâles qui fécondent la dernière génération produite par les individus précédents, et consistant en femelles non ailées et qui ne sont plus vivipares. Ces femelles produisent donc des œnls qui restent fixés tout l’hiver aux branches des arbres, et d'où sortent au printemps de nouveaux pucerons femelles, devant bientôt se multiplier sans le secours des mâles.

Le puceron du rosier est très-commun dans nos jardins; il est vert avec des antennes noires. Le puceron du chêne est brun et se fait remarquer par son bec plus de trois fois plus long que son corps. Le puceron du hêtre est tout couvert d’un duvet blanc, cotonneux. Les pucerons de l’orme cl des pistachiers, en piquant les leuilles ou les jeunes rameaux de ces végétaux, y produisent des excroissances vésiculeuses dont plusieurs ont été décrites au tome III, pages 498 et suivantes.

[Citons encore parmi les pucerons, qui s’attaquent aux plantes, le Philloxera vastatrix, récemment découvert par M. J. E. Planchon, sur les racines de la vigne, et qui paraît être la cause de la maladie qui détruit cette plante dans certaines parties delà Provence.]

Les «-ail insectes, qui forment la troisième famille des hémiptères, n’ont qu’un seul article aux tarses. Le mâle est dépourvu de bec et n’a que deux ailes ; son abdomen est terminé par deux soies. La femelle est sans ailes et munie d’un bec, les antennes sont filiformes et composées le plus souvent de onze articles. Plusieurs espèces de gallinsectes ont eu, ou ont encore une grande importance commerciale, à cause tic leur matière colorante rouge.

Cochenille du Mexique.

C occus cacti , L. Insecte hémiplère homoplère, de la famille des gallinsectes ; il n a qu un article aux tarses, avec un seul crochet au bout. Le mâle (ftg . 898) est dépourvu de bec, et n’a que deux

LES INSECTES

ailes qui se recouvrent horizontalement sur le corps ; son abdomen est terminé par deux longues soies. La femelle ( fig . 899) est sans ailes et munie d’un bec ; les antennes sont en forme de fil ou desoie, le plus souvent de onze articles.

La cochenille vit naturellement sur différents nopals du Mexi-

que, mais n’y acquiert qu’une qualité inférieure à celle que les habitants savent lui donner par la culture. A cet effet, ils plantent autour de leurs habitations les espèces de Cactus reconnues pour être les plus propres à la nourriture de l’insecte, et surtout le Cactus cochinillifer et le Cactus Opuntia , L., qui est nommé raquette dans nos jardins, à cause de la forme singulière de ses feuilles. Ils vont chercher les cochenilles femelles dans les bois, avant qu’elles aient fait leur ponte, et les déposent au nombre de dix à douze dans de petits nids de bourre de coco, qu’ils fixent sur les épines de Cactus. L’insecte y opère sa ponte et meurt ; mais, utile encore à sa famille, son corps desséché et changé en coque lui sert de rempart contre les agents extérieurs; et ce n’est qu’après cette sorte d’incubation, que, les œufs étant éclos, les petits se répandent par milliers sur la plante, s’y attachent et y subissent toutes leurs métamorphoses. A la dernière, les femelles prennent l’état d’immobilité de leur mère; les mâles acquièrent des ailes, s’approchent des femelles, les fécondent et meurent bientôt après. C’est à celte époque que l’on recueille les femelles, seules restées sur la plante, en les faisant tomber avec un pinceau sur un drap étendu à terre; mais on en laisse une certaine quantité qui produit une seconde génération, et celle-ci une troisième, que l'on récolte encore la même année. La cochenille de la première récolte est la plus estimée, et celle de la dernière l'est le moins. On la fait mourir en la plongeant pendant un instant dans

HEMIPTERES.

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