LÉGUMINEUSES. — NOIX DE BEN
sont les seulesqui fructifient, et voici la manière dont s’opère cette fructification : après la fécondation, tous les organes floraux tombent, laissant l’ovaire à nu (I), porté sur un torus qui bientôt s’allonge en se recourbant vers la terre, de manière à y faire pénétrer l’ovaire : et ce n’est que lorsque celui-ci est parvenu à une profondeur de 5 à 8 centimètres, qu’il commence à grossir de manière à former une gousse longue de 27 à 36 millimètres, épaisse de 9 à 14, un peu étranglée au milieu. Cette gousse est formée d’une coque blanche, mince, veineuse, réticulée, renfermant ordinairement deux semences d’un rouge vineux à l’extérieur, blanches à l’intérieur, très-huileuses et d’un goût de haricot. On en fabrique, dit-on, du chocolat en Espagne, où V Avachis a été apportée de l’Amérique. On cultive aussi cette plante dans le midi de la France et enltalie,àcausede l’huile qu’elleconlientetdontses semences fournissent près de 50 pour 100. MM. Payen et Henri fils en ont donné l’analyse. [Diverses régions en font un commerce considérable : dans les Indes orientales, Madras, qui est la place principale, en a fourni jusqu’à 425,000 kilogrammes en une année. La Sénégambie et le Congo en envoient annuellement 80,000 kilogrammes à Marseille, Bordeaux, Nantes et au Havre : les colonies anglaises de Sierra-Léone et de la Gambie environ 30,000 kilogrammes.
Cette huile, plus fluide que celle d’olive, presque incolore, et d’un goût non désagréable quand elle est obtenue à froid, a fourni trois acides distincts du groupe des acides gras : l’acide arachique, bouillant à 9o° et ayant pour formule C4oH4o04; l'acide hypogéique (C3'1 2 30:,004), bouillant de 34° a 35°, enfin l’acide palmitique (C32H3204) (3).] -f-
Semencc de ben, dite noix de ben.
Cette semence était connue des Grecs, qui la nommaient (îaXavoç (xups^txr), et des Latins, qui l’appelaient glans unguentaria. Ils la recevaient d’Égypte et d’Arabie, comme nous le faisons encore à présent; il est en conséquence surprenant que l'arbre qui la produit n’ait été bien connu que dans ces dernières années. Cela tient surtout à ce qu’il existe une autre espèce de ben, très-répandue dans un grand nombre de pays, et qui a été prise pour la véritable, ce qui a détourné les botanistes de rechercher celte dernière.
Le genre Moringa , auquel appartient la semence de ben, se dis-
(1) Suivant Endlicher, les fleurs fertiles sont privées de calice, de corolle, d’étamines, et se composent seulement de l’ovaire sous-sessile, terminé par un stigmate terminal un peu dilaté.
(2) Payen et Henry fils, Journ. de shim. me'd., t. I, p. 431 .
(3) Voir, pour les détails, Flückiger, Ueber die Erdnuss ( Archiv der Pharmacie, CLXXXV1I, p. 70-84).
Guuiourt, Drogues, 6' édition.
38G DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
tingue des autres légumineuses par des caractères si tranchés, qui plusieurs botanistes ont pensé à en former une petite famille par: ticulière, dans laquelle le calice est à 5 divisions sous-égales imbriquées pendant l’estivation; la corolle est à 5 pétales péri gynes, oblongs-linéaires, dont 2 postérieurs un peu plus longs ascendants, imbriqués pendant l’estivation. Les étamines sont ai nombre de 10, insérées sur un disque cupuliforme revêtissant 1; base du calice; elles sont presque libres par la base, monadelphes vers le milieu des filets, distinctes au sommet, les postérieures plus longues; elles sont alternativement fertiles et stériles les anthères sont uniloculaires. L’ovaire est uniloculaire, à 3 pla centas pariétaux, nerviformes, portant des ovules nombreux, unisériés et pendants. Le fruit est une capsule siliquiforme, à 3 oi à plusieurs côtes, uniloculaire, trivalve, contenant au centre de; I valves une seule série de semences séparées par des renflement; fongueux du péricarpe. Les semences sont trigones-arrondies i pourvues ou dépourvues d’ailes sur les angles. L’embryon es I droit, privé d’endosperme; les cotylédons sont charnus, laradicuh j très-courte et supère, la plumule polyphylle.
Semence «le ben ailée, Moringa pterygosperma , G ær In. ; hyperan \ thera Moringa, Willd.; Anoma Morunga, Lour. L’arbre qui produit j la noix de ben ailée ( fig . 681) croît aux îles Moluques, dans la Co- ! chinchine, dans l’Inde, à Geylan et dans les Antilles, où il a pro- I bablement été introduit. Il est de grandeur médiocre, avec de; I rameaux étalés et des feuilles bi-ou tripinnées avec impaire. Le; . folioles sont opposées, pétiolées, ovales, très-entières, glabres e très-petites. Le fruit est jaunâtre à l’extérieur, long de plus d( 30 centimètres, épais de 23 millimètres environ, triangulaire, stri( i longitudinalement, formé par la réunion de 3 valves épaisses, i chair blanche et légère, renfermant au centre et dans autant de cavités, qui cependant communiquent entre elles, 12 à 18 semence; : rangées sur une seule ligne longitudinale. Ces semences sont noi- ] râtres à l’extérieur, grosses comme de gros pois, arrondies, trian gulaires et pourvues de 3 ailes blanches et papyracées. L’épi- | sperme est très-blanc à l’intérieur, fragile et un peu spongieux l’amande en est blanche, huileuse et très-amère. Elle pourrai fournir de l’huile par expression ; mais elle n’a pas été appliqué» i à cet usage, et ce n’est pas elle qui constitue la semence de bei i du commerce.
On connaît une autre espèce de Moringa à semences ailées dont le fruit, aussi long que le précédent, est presque cylindrique ou sous-octogone, bien qu’il paraisse s’ouvrir également en 1 i valves. C’est le Moringa polygona, DC.; Y Hyperanthera decandra 1 Willd.; Y Anoma Moringa , Lour.