LÉGUMINEUSES. — POIS POUILLEUX
cloisons celluleuses, et chaque loge conlient une semence cornée, ronde, aplatie, large de 25 à 30 millimètres, épaisse de 18 à 20, brune et chagrinée a sa surface, entourée, sur plus des deux tiers de sa circonférence, par un hile circulaire sous la forme d’une bande noire, d’autant plus remarquable que la couleur brune de l’épisperme s’affaiblit et blanchit dans toute la partie qui touche le hile. Cette semence porte vulgairement le nom d 'œil de bourrique , à cause de la ressemblance avec l’œil de l’âne ; mais elle représente encore mieux celui d’une chèvre.
Petit pois pouilleux, Stizolobium, Browne; Mucuna pruriens , DC. ; Dolichos pruriens, L. (fig. 680). Cette plante est répandue dans l’Inde et aux îles Moluques, tout aussi bien qu’aux Antilles. Ses tiges sont très-longues, volubiles, munies de feuilles à 3 folioles, dont les deux latérales sont très-rétrécies par le côté interne, à cause de la proximité de la foliole terminale. Les Heurs sont disposées en longues grappes pendantes : elles sont formées d’un calice campanulé, bilabié; d’un étendard court, droit, à peine relevé, coloré en rouge ; de deux ailes beaucoup plus longues, d’un violet pourpre, enfermant la carène et le tube des étamines. Les gousses sont indéhiscentes, à peu près longues et grosses comme le doigt, non plissées transversalement, plus ou moins recourbées en S, munies d’une suture tranchante, et toutes couvertes de poils roussâtres, brillants, qu’on ne peut toucher sans éprouver à l’instant des démangeaisons insupportables aux mains et au visage. Ces gousses sont divisées intérieurement en 3 ou 4 loges obliques, dont chacune renferme une semence ayant la forme d’un petit haricot, brun et luisant ; le bile est uni, latéral, très-court, entouré par un rebord proéminent, qui a la dureté et la blancheur de l’ivoire.
Les botanistes se fondent sur la présence ou l’absence de plis transverses du péricarpe, pour diviser le genre Mucunaon deux sections, Zoophthalmum et Stizolobium. 11 me semble qu’un caractère plus important pourrait être tiré de la forme des semences, de la grandeur du bile et de la présence ou de l’absence de la caroncule qui entoure le hile. Dans tous les cas, deux semences aussi différentes que celles des deux pois à gratter doivent appartenir à deux genres différents. Le premier devra porter le nom de Zoophthalmum, et le second celui de Stizolobium. pp
'f- Arachide ou pistache de terre.
Arachishypogœa, L. ; Mundubi , Marcgr. (I), tribu des Pbaséolées? Cette plante ( fi g . 681), dont la fructification est des plus singu-
(1) Marcgrave, lira?., p. 37.
384 DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
Hères, croît ou est cultivée dans tous les pays chauds, en Afrique, dans les Indes orientales, en Amérique, en Italie et en Espagne. Elle est annuelle, herbacée, velue et touffue. Quelques-uns de ses rameaux s’élèvent droit, tandis que d’autres sont couchés sur la
Fig. 681. — Arachide.
terre. Les uns et les autres sont pourvus de feuilles accompagnées de 2 stipules à la base, et formées de 2 paires de folioles, sans impaire. Les fleurs sont toutes hermaphrodites, d’après Turpin et Poiteau, polygames suivant Endlicher. Elles naissent 2 à 2, quelquefois en plus grand nombre, dans l’aisselle des feuilles; elles sont sessiles; mais le calice, qui renferme l’ovaire à sa base, est pourvu d’un tube filiforme, long de 5 h 8 centimètres, ayant toute l'apparence d’un pédoncule surmonté d’un calice à quatre divisions profondes. La corolle est jaune orangée, veinée de rouge, composée d’un étendard recourbé en arrière, de deux ailes conniventes et d’une carène recourbée. Les étamines sont au nombre de 10 et diadelphes, mais l’étamine libre est oblitérée et stérile. Le style part du sommet de l’ovaire, traverse dans toute sa longueur le tube du calice, et s’élève en dehors un peu au-dessus des étamines; le stigmate est capilé.
Toutes les fleurs portées sur les tiges droites avortent; celles placées sur les tiges couchées, ou qui sont peu éloignées de terre,