‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 3)Chapitre 123 sur 176 · LÉGUMINEUSES. — BAUME DE TÛLU · texte numérisé non relu

LÉGUMINEUSES. — BAUME DE TÛLU

commun. Les filets d’étamines sont longtemps persistants. Le fruit est une gousse pédicellée, glabre, jaunâtre, linéaire, trèsaplatie et membraneuse sur toute la longueur, qui varie de 5,5 à 11 centimètres, excepté à l’extrémité, qui présente un renflement oblong, rugueux , ne contenant qu’une seule graine fauve et réniforme. Cet arbre croît au Pérou, où il porte le nom de quino-quino , et d’où les échantillons en ont été rapportés par Joseph de Jussieu.

11 parait varier par la forme de ses folioles, que Ituiz a décrites comme étant ovées-lancéolées et pointues, quoique l’extrémité en soit toujours un peu obtuse et incisée (1).

Suivant Ruiz, le baume de . quino-quino s’extrait par des incisions faites à l’écorce, à l’entrée du printemps , c’eslà dire quand les pluies sont courtes et fréquentes. Lors-

3 qu’on le reçoit dans des bouteilles, il se maintient liquide pendant quelques années, et, dans ce cas, on lui donne le nom de baume blanc liquide (2); mais quand on le renferme dans des calebasses, comme on le pratique communément à Carlhagène et dans les montagnes de Tolu , au bout de

(1) Le mirospermum peruiferum de Ruiz, dont malheureusement la description manque à la Flore du Pérou , croît dans les montagnes des Pnnatahuas, dans les bois de Puzuzu, de Muna, de Cuchero et autres lieux voisins du cours du Maragnon. Celui que M. Weddell a trouvé dans la Bolivie a les folioles conformes à la description de Ruiz, toutes étant oblongues-lancéolées, et terminées par une pointe mousse, divisée en deux par une petite échancrure. Le contour des feuilles est légèrement ondulé, et leur limbe, placé entre l’air et la lumière, paraîi tout criblé de points et de petites lignes transparentes, dirigées parallèlement aux nervures secondaires. Les plus grandes ont 44 millimètres de long sur 120 de large, et les plus petites ont 32 millimètres sur 15. (Cette plante a été nommée par Warscewitz M. roljiuiœ/'olium.

Le bois du même arbre, rapporté par M. Weddell, est aromatique, très-dur, compacte et d’une assez belle couleur rouge. Sa coupe horizontale présente un pointillé blanchâtre tiès-serré, et des lignes radiaires tiès-nombreuses, sans aucunes lignes concentriques; l'aubier est jaunâtre et peu épais; l'écorce est blanchâtre, inégale, crevassée, imprégnée de suc résino-balsamique.

(2) Ce baume du Pérou, blanc et liquide, n’est peut être jamais venu dans le commerce. D’après Lemery, ce qu’on donnait sous ce nom, de son temps, était du baume liquidambar.

DICOTYLEDONES CALICIFLORES.

quelque temps il se durcit comme une résine et prend ics noms de baume blanc sec ou de baume de Tolu, sous lesquels il est connu chez les pharmaciens et les droguistes.

Myrospermum Pereirœ , lî o vie, Myroxylon Sonsonatense, Klotzsch. — Cette espèce importante, qui donne le baume de Pérou noir , le vrai baume du Pérou du commerce, a été tout d’abord distinguée par Pereira qui en adonné une excellente description et de très-bonnes figures (1), et qui lui a laissé provisoirement lenom’de Myrospermum de Son Sonate, en raison de l’incertitude qui lui reste encore sur sa synonymie spécifique. A ne considérer, en effet, que quelques folioles, on pourrait les confondre avec celles du peruiferum de Kunth; à en prendre quelques autres, dont le rétrécissement final est plus marqué, on serait tenté de le rapprocher du toluiferum ; mais en considérant l’ensemble des folioles, leur consistance, leur grandeur et leur forme généralement ovale-elliptique, on est porté à les regarder comme le signe d’une espèce distincte, que Royle a, en effet, établie sous le nom de M. Pereirœ.

L’espèce ou variété dont le Myrospermum de Son Sonaté se rapproche le plus, est le M. balsamiferum de Pavon, figuré par Lambert; mais on trouve une différence très-sensible dans le fruit. Celui de Pavon est plus grand; la samare est très-rétrécie d’un côté, vers le pédoncule, élargie de l’autre, et la pointe du style est précédée d’une échancrure ou d’un sinus ; tandis que le fruit de Son Sonaté est plus petit, aminci presque également des deux côtés, vers le pédoncule, et que la pointe du style est précédée, du côté du pédoncule, par un élargissement très-sensible, dont le contour est convexe. En résumé, le Myrospermum de Son Sonaté ne ressemble complètement à aucun autre. C’est à cette espèce qu’il faut rapporter V H oitziloxitl d’Hernandez. D’après cet auteur, en quelque temps de l’année qu’on incise l’écorce de l’arbre, mais surtout à la fin de la saison pluvieuse, on en obtient ce noble baume d’Inde qu’on ne saurait assez louer, qui est liquide, d’une couleur jaune inclinant au noir, d’une saveur âcre, un peu amère, d’une odeur véhémente et cependant de la plus grande suavité. C’est elle aussi qui donne par l’expression de ses fruits le baume blanc de Son Sonate , qu’il ne faut pas confondre avec le baume blanc de Ruiz , obtenu par incision du M. peruiferum .

Myrospermum toluiferum, DC. ; Myroxylon toluiferum ou toluifera , Ach. Rich. et Ivuntb. — Arbre très- vaste, dont le bois du tronc est rouge au centre et pourvu d’une odeur de baume ou

()) Pereira, Vharmac. Journ., t. X, p. 230 et 2S0.

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