LÉGUMINEUSES. — BAUME DE SAN SALVADOR
parfaite du baume, sont des indices assez certains de sa bonté.
Le baume du Pérou noir a été le sujet de recherches de M. Stolze(l), mais c’est M. Frémy principalement qui nous a éclairés sur la nature des principes qui le constituent.
D’après M. Frémy, le baume de San-Salvador (du Pérou noir) est principalement formé d’une résine, d’une huile liquide à laquelle il donne le nom de cinnaméine et d’un acide cristallisable que l’on avait pris jusqu’à lui pour de l’acide benzoïque, mais qui est de l’acide cinnamique.
Pour analyser le baume de San-Salvador, M. Frémy le dissout dans de l’alcool rectifié, puis il y ajoute un soluté alcoolique de potasse, laquelle forme avec la résine un composé insoluble qui se précipite. Le cinnamate de potasse et l’huile restent en solution. On y ajoute de l’eau qui précipite l’huile môlée d’un peu de résine ; on purifie la première en la faisant dissoudre dans le naphte et évaporant dans le vide. L’huile ainsi obtenue est liquide, peu colorée, presque inodore (2), pourvue d’une saveur âcre, plus pesante que l’eau qui la dissout à peine. Elle tache le papier comme une huile grasse ; elle se volatilise cependant à une température élevée, mais en se décomposant partiellement à la manière des huiles grasses. Cette huile, ou cinnaméine , est composée, suivant M. Frémy, deC34H-1 * 308, ou, suivant M. Mulder, de C56H2808. Cette dernière formule, dont le quart est de CuH702, a l’avantage de mieux représenter les rapports qui existent entre la cinnaméine, l’essence d’amandes amères (Cl4H602) et l’acide benzoïque (Cl4H604). En effet, quand on traite la cinnaméine par l’acide nitrique ou le suroxyde plombique, on la convertit en essence d’amandes amères , et quand on la traite par le chlore, on la convertit en chlorure de benzoïle que l’eau décompose en acides chlorhydrique et benzoïque.
On trouve maintenant en Angleterre un baume blanc »ie Son Sonate obtenu par expression du fruit, de sorte que M. Recluz était à peu près bien» informé quand il a dit qu’on retirait le baume de Pérou noir des semences de l’arbre. La substance qu’on obtient ainsi n’est pas du baume du Pérou noir ; elle n’a même aucun rapport avec le baume blanc de Ruiz, ni avec aucun autre vrai baume retiré par incision du tronc des Myrospermum. C’est une substance qui a l’aspect d’un miel nébuleux, blond jaunâtre et grenu, et qui provient du mélange du corps gras contenu dans l’amande avec la petite quantité de résine balsamique enfermée dans deux lacunes du mésocarpe. Cette substance présente l'o-
(1) Stolzc, Journ. de chim. méd., t. 1, p. 137.
(2j 11 manque alors quelque chose A l’analyse de M. Frémy : c’est de faire
connaître le principe auquel est due l’odeur si forte et si caractérisée du baume.
DICOTYLEDONES CALICIFLORES.
(leur de mélilot des semences. Elle est fort peu soluble dans l’alcool froid, et beaucoup plus soluble dans l’éther, qui laisse, après son évaporation, une matière beaucoup plus grasse que résineuse. M. Stenhouse, en traitant le baume blanc de Son Sonaté par l’alcool chaud, en a retiré une substance résineuse indillérente, incolore, facilement cristall isable, à laquelle il a donné le nom de myroxocarpine. Elle lui a paru composée de C'48H 330 6 (I).
f Indigo.
L’indigo est une matière colorante que l’on retire des feuilles d’un certain nombre de plantes appartenant presque toutes à un genre de la famille des Légumineuses, qui a été nommé à cause
de cela indigofera. Les principales espèces qui en fournissent sont : 1° Vindigofera argentea , ou indigotier sauvage, qui fournit le plus beau, mais en petite quantité ; H°Yindigofera disperma, ou Gualimala; 3° Vindigofera anil, ou l’an il ( fi g . 701) ; 4° Vindigofera tinctoria, ou l’indigotier français, qui le donne moins beau que les autres espèces, mais en plus grande quantité, ce qui est cause de la préférence qu’on lui accorde pour la culture. (Edward.)
Le genre lndigofera appartient à la tribu des Lotées, de la sous-famille des Papilionacécs. Lè calice està cinq dents aiguës; l’étendard est arrondi ; les ailes sont de la longueur de la carène, qui est gibbeuse ou éperonnée de chaque côté; les étamines sont diadelphes; le style est filiforme et glabre. Le légume est cylindroïde ou tétragone, droit ou falciforme, bilvalve, polysperme ou monosperme par avortement, séparé par des étranglements entre cha-' que semence. Les semences sont ovoïdes, tronquées aux deux extrémités, ce qui leur donne une forme à peu près cubique.
(2) Voir John Stenhouse, Sur la myroxocarpine. ( Pharmac . Journ. t. X, p. 299.)
LEGUMINEUSES. — INDIGO.
Les feuilles sont imparipinnées, rarement à une seule paire de pinnules, et quelquefois unifoliées.
Les indigotiers sont indigènes aux Indes et au Mexique, d’où ils ont été propagés dans les deux Amériques et aux îles. Il paraît que la manière d’en retirer l’indigo et celle d’appliquer cette couleur aux tissus ont été très-anciennement connues dans l’Inde ; mais ces procédés ont été ignorés en Europe jusque vers le xvie siècle, que les Hollandais commencèrent à faire connaître l’importancede l’indigo. Néamoins l’usage en fut restreint jusqu’au milieu du siècle suivant. Alors sa supériorité sur tous les autres produits tinctoriaux fut généralement reconnue ; on cultiva les indigotiers au Mexique et dans les îles, et avec assez de succès pour faire oublier l’indigo de l’Inde. Enfin, depuis un certain nombre d’années, les Anglais ont fait recouvrer à l’indigo de l’Inde son ancienne réputation, et maintenant ils pourraient à eux seuls en approvisionner toute l’Europe.
La plante qui fournit l’indigo est bisannuelle, mais elle est ordinairement épuisée dès la première année. On la sème tous les ans au mois de mars ; deux mois plus tard on en fuit une première récolte, deux mois après une autre, et quelquefois une troisième et une quatrième dans le courant de la même année, selon le pays. Mais la première coupe est la meilleure, et les autres vont en déclinant : au Mexique et dans les îles on en fait ordinairement trois ; dans l’Amérique méridionale on en fait deux au plus, la première ne pouvant avoir lieu que six mois après l’ensemencement de la terre.
On coupe la plante avec des faucilles et on la dispose par couches dans une très-grande cuve appelée trempoir ; on en remplit cette cuve aux trois quarts, et l’on charge la plante de poids, pour l’empêcher de surnager l’eau que l’on verse ensuite dessus, de manière à ce qu’elle en soit surpassée d’un pied environ. On laisse fermenter le tout jusqu’à ce qu’on voie se former sur la surface de la liqueur une écume irisée; alors on soutire l’eau et on la laisse couler dans une autre cuve inférieure nommée batterie. Là on l’agite fortement pendant quinze ou vingt minutes, à l’aide de quatre ou cinq grandes perches disposées en bascules sur un des côtés de la batterie, et munies à leur extrémité d’une auge sans fond. Lorsque la liqueur, de verdâtre et de trouble qu’elle était d’abord, devient bleue et se caillebotte, on y ajoute une certaine quantité d’eau de chaux, qui facilite beaucoup la précipitation de la matière colorante et qui préserve la liqueur de la putréfaction. On laisse reposer, on décante l’eau, on lave le précipité, on le met égoutter sur des toiles; après quoi on en remplit de petites caisses carrées en bois munies d’un fond de toile, et l’on
Guibourt, Drogues, Ge édition. -1 • 'U. dl
482 DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
en achève la dessiccation en suspendant ces carrés à l’ombre.
L’indigo, considéré sous le rapport du commerce et. par ses propriétés physiques, est une substance sèche, d’une couleur bleu foncé, qui varie cependant du bleu au violet et au bleu cuivré. Il est facile à casser, d’une cassure uniforme et très-fine. Une de scs propriétés les plus caractéristiques est celle de prendre un éclat cuivré par le frottement de l’ongle. On préfère celui qui prend le plus d’éclat par ce moyen, qui est le plus léger et d’une belle nuance bleu violet foncée.
On distingue les sortes d’indigo par le nom du pays qui les fournit. Ainsi, on a l’imligo de l’Inde, qu’on distingue en Bengale, Madras, Coromandel, etc. ; l’indigo Giiatimala, OU indigo flore, qui est le plus estime; l’indigo de la Louisiane, et d’autres encore.
L’indigo flore est le plus léger de tous; il a une belle couleur bleu violet. L’indigo du Bengale est celui qui s’en rapproche le plus. L’indigo de la Louisiane est plus compacte, plus foncé, et a une cassure cuivreuse ; il doit fournir beaucoup à la teinture, i
Les Indigofera ne sont pas les seules plantes qui puissent four- i nir de l’indigo; le Nerium tinctorium , L. ( Wrightia tinctoria , R. Br.), arbre très-commun dans l’Inde, en contient une grande quantité : pour l’en extraire, on traite les feuilles à chaud au lieu de les traiter à froid ; mais du reste on agit de même.
La guède, youède, ou pastel {Isatis tinctoria, L., tétradynamie siliqueuse, famille des Crucifères), fournit aussi de l’indigo. Pendant la grande guerre continentale, la France étant privée de produits coloniaux, on a essayé d’extraire cet indigo, et quelquesuns de ces essais ont eu lieu à la pharmacie centrale des hôpitaux civils. On y a traité le pastel de la manière précédemment exposée, et l’on a observé les mêmes phénomènes; seulement on a été obligé d’ajouter une plus grande quantité d’eau de chaux pour opérer la précipitation de la matière bleue : il s’en est suivi que la grande quantité de carbonate de chaux formée, jointe à la matière verte de la plante, qui s’est précipitée également, a tellement étendu la couleur bleue, que l’indigo ainsi préparé n’a pu soutenir la concurrence avec celui du commerce ; mais on a pu, i en traitant cet indigo, alternativement par la potasse, qui dissout la matière verte, et par l’acide chlorhydrique, qui décompose et dissout le carbonate de chaux, en obtenir de l’indigo très-pur, identique en tout aux meilleurs indigos exotiques; seulement la quantité en était peu considérable.
On emploie en Chine, depuis un temps immémorial, pour la teinture en bleu, une plante de la famille des Polygonées, ! nommée Polygonum tinctorium. Cette plante, ayant été introduite
LEGUMINEUSES. — INDIGO.
en France, devint l’objet d’un certain nombre de recherches, à la suite desquelles, en 1839, la Société de pharmacie de Paris proposa un prix pour l’extraction de l’indigo du Polygonum tinctorium. Ce prix fut remporté par Osmin Hervy, préparateur à l’école de pharmacie, qui périt bientôt après, victime du plus funeste accident (1). Il résulte de son mémoire et de celui de MM. Girardin et Preisser (2), qu’il serait possible, dans des circonstances données, et si cela devenait nécessaire, d’extraire de l’indigo du Polygonum. Je passe sous silence plusieurs autre, s plantes qui en contiennent également, mais en trop petite quantité pour qu’il soit possible d’en tirer un parti utile.
L’indigo du commerce, considéré chimiquement, ne doit pas être regardé comme un principe immédiat des végétaux. C’est une pâte colorante dont une grande partie, à la vérité, est formée d’nn principe immédiat particulier, mais qui contient en outre une résine rouge, soluble dans l’alcool, une autre matière rouge verdâtre soluble dans l’eau, du carbonate de chaux, de l’alumine, de la silice, et de l’oxyde de fer en assez grande quantité. Ce n’est qu’en épuisant l’indigo flore successivement par les différents agents capables de dissoudre ces corps (3), qu’on obtient le principe immédiat pur, ou V indigo tine, dont alors voici les propriétés :
Il a une couleur bleu violet superbe; il est inaltérable à l’air; chauffé dans un vase clos, il se fond et se volatilise, partie décomposé.
(1) Le 30 décembre 1840, Hervy, préparant de l’acide carbonique liquide dans un des laboratoires de l’école, fut renversé par l’explosion de l’appareil; il avait les deux jambes brisées. Il est mort le 3 janvier suivant, emportant les regrets des professeurs et des élèves, ses condisciples et ses amis. '
(2) Girardin et Preisser, Journal de pharmacie de 1840.
(3) L’indigo Guatimala a fourni à M. Gbevreul :
Par l’eau.
Par l’alcool.
Par l’acide chlorhydrique.
Résidu non dissous.
Ammoniaque
Matière verte
Indigo blanc, peu. . .
Extractif
Gomme
Matière verte
Résine rouge
Indigo bleu, peu. . .
Résine rouge
Carbonate de chaux.
Peroxyde de fer. . ..
Alumine
Silice
Indigo bleu
Berzelius a signalé dans les indigos du commerce la présence d’un brun d'indigo, soluble dans les alcalis, qui paraît avoir de l’analogie avec l’acide urique, et ceile d’un rouge d'indigo, qui est probablement le même corps que la résine rouge de M. Chevreul.
DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
partie non altéré, sous la forme de belles vapeurs pourpres qui se condensent en aiguilles cuivrées : chauffé avec le contact de l’air, à la chaleur strictement nécessaire à sa sublimation, l’indigotine se volatilise entièrement et sans décomposition.
L’indigoline est une substance azotée, dont la composition est de C16H5Az02. Elle est tout à fait insoluble dans l’eau , l’alcool, les alcalis et les acides faibles. L’acide sulfurique concentré la dissout et forme ce qu’on nomme le bleu en liqueur , que Berzélius considère comme formé de deux acides analogues à l’acide sulfo-vinique, et qu’il nomme acide sulfo-indigolique et acide hyposul fo-indigotique . 11 se produit aussi un composé pourpre insoluble dans la liqueur acide étendue, mais soluble dans l’eau pure, qui a reçu le nom d’acide sulfo-purpurique.
L’indigotine, traitée par un mélange d’acide sulfurique et de bichromate dépotasse, donne naissance à un composé oxygéné nommé isatinc, cristallisable en prismes rhomboïdaux, d’une couleur aurore foncée et très-éclatante, et dont la composition égale C16H5Az04.
Ce corps, découvert par M. Laurent, a été transformé par lui en une foule de composés chlorés, bromés, iodés, sulfurés, etc.
L’acide nitrique agit de deux manières différenles sur l’indigo; lorsqu’il est en petite quantité et étendu d’eau, il le convertit en acide indigotique cristallisable, incolore et volatil, dont la composition est CuH5Az010, que l’on représente plutôt par CuH4Az09+ HO, une mo- i lécule d’eau se trouvant remplacée , dans les sels, par une molécule d’oxyde métallique.
L’indigo, traité par dix à douze fois son poids d’acide nitrique con- i centré, donne naissance à un acide jaune, cristallisable, très-amer et détonant, nommé acide nitro-picrique , acide picrique , carbazotique , nitro-phènisique , amer de Weller , lequel se forme également par l’action de l’acide nitrique sur un grand nombre d’autres corps, tels que la salicine, la coumarine , la soie, etc. Cet acide cristallisé égale C12H5Az3 O14, 1 desquels HO sont remplacés, dans les sels, par M O. Ces sels détonent par l’action de la chaleur.
L’indigo bleu, mis en contact à la fois avec un alcali et avec un corps avide d’oxygène, tel que du miel, du glucose, du protosulfate de fer, : du sulfure jaune d’arsenic, etc., se change en un corps incolore ou verdâtre, nommé indigo réduit ou indigo blanc, qui est très-soluble dans les alcalis, et susceptible de s’oxygéner de nouveau à l’air, ce qui lui rend sa couleur bleue et son insolubilité. La manière la plus simple d’expliquer ces faits serait de supposer que l’indigo blanc est de l’indigo bleu désoxygéné , et de représenter sa composition par C16H5A zO; mais comme ce corps contient en plus HO, et que sa composition est en réalité C16H^6A z02. M. Dumas préfère le regarder comme de l’indigo hydruré; ce qui s’explique d’ailleurs facilement, en admettant que, dans la décoloration de l’indigo, c’est l’eau qui se trouve décomposée et qui cède, d’une part son oxygène au corps réductif, de l’autre l’hydrogène à l’indigo. Pareillement, dans la réapparition de l’indigo bleu au contact de l’air , l’oxygène ne ferait qu’enlever à l’indigo blanc 1 équivalent d’hydrogène.
On admet généralement que l’indigo existe dans les plantes à l’état
TÉRÉBINTHACÉES.
d’indigo blanc, parce que, en effet, il y est privé de couleur, et que le contact de l’air paraît indispensable à son extraction ; mais, comme l’a supposé Robiquet, il serait possible que le corps primitif qui existe dans la plante fût non-seulement incolore, mais encore privé d’azote, et que l’indigo se formât par la fixation des éléments de l’ammoniaque et d’une petite quantité d’oxygénc sur ce corps primitif (1). Quoi qu'il en soit, c’est sur la propriété que possède l’indigo d’être dissous après avoir été hydrogéné ou désoxygéné, qu’est fondée la manière de l’appliquer aux tissus de laine et de colon. On le met d’abord en contact, soit avec des matières végétales qui, par un commencement de fermentation putride, s’emparent de son oxygène, soit avec des sels métalliques au minimum, ou avec des sulfures, que l’on accompagne d’alcalis; de sorte que l’indigo, désoxygéné et dissous par ces différents moyens,
I donne un bain de teinture verte; cette couleur passe ensuite au bleu par exposition à l’air; en dernier lieu, on lave le tissu, et on le fait sécher.
L’indigo n’est employé en pharmacie que peur colorer quelques onguents. i
FAMILLE DES TÉRÉBINTHACÉES (2).
Arbres ou arbrisseaux souvent résineux, ayant les feuilles alternes, généralement composées, non stipulées. Les fleurs sont hermaphrodites ou unisexuelles, généralement petites et disposées en grappes. Chacune d’elles présente un calice composé de 3 à 5 sépales quelquefois soudés à la base ; la corolle, qui manque quelquefois, est régulière et se compose d’un nombre de pétales égal aux lobes du calice. Les étamines sont en nombre égal aux pétales et alors alternes avec eux, quelquefois en nombre double, ou très-rarement quadruple. Le pistil se compose .de 3 ou 5 carpelles distincts ou plus ou moins soudés, entourés à leur base d’un disque périgyne. Quelquefois plusieurs carpelles avortent et il n’en reste qu’un surmonté de plusieurs styles. Chaque carpelle est à une seule loge contenant tantôt un ovule porté au sommet d’un podosperme filiforme, tantôt un ovule renversé, ou deux ovules renversés et collatéraux. Les fruits sont secs ou drupacés, contenant généralement une seule graine, sans endosperme.
Aujourd'hui plusieurs botanistes regardent les Térébinthacées, telles qu’elles ont été définies par de Jussieu et De Candolle, comme un v groupe ou une alliance à laquelle on réunit d'abord les Rulacées,et qu’on divise ensuite en un assez grand nombre de familles. Mais je préfère suivre M. Richard, qui laisse ces deux groupes séparés, et qui divise celui des Térébinthacées en cinq tribus dont voici les caractères :
I. Anacardiées. Pétales et étamines insérés sur le calice ou sur un disque calicinal ; ovaire uniloculaire et monosperme; graine portée sur un podosperme basilaire; radicule repliée sur des cotylédons épais.
(1) Robiquet, Jout'n. de pharm ., t. Xlt, p. 281.
(2) Voir L. Marchand, Des Térébinthacées et de ceux de leurs produits qui sont employés en pharmacie (Thèse d'agrégation) . Paris, 1809.
DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
— Genres Anacardium, Semecarpus, Mangifera, Pislacia, Astronium , Comoc/adia, Picramnia, Bhus, Schinus.
II. Spondiacéls. b pétales insérés sous un disque dentelé, entourant 1 ovaire ; 10 étamines ; ovaire quinquéloculaireou bi-quadriloculaire par avortement; loges uniovulées; drupe à noyau bi-quinquéloculaire ; cotylédons piano-convexes; feuilles imparipinnées. — Genres Spondias, Pouparlia.
III. Burséracées. 3 à 5 pétales insérés sous un disque calicinal ; étamines en nombre double des pétales; ovaire 2-o-loculaire, à loges bi-ovulées. Style simple ou nu!. Autant de stigmates que de loges à l’ovaire. Drupe à noyau bi-quinquéloculaire; cotylédons chiffonnés ou charnus; radicule droite, supère. — Genres Boswellia, Bulsamodendron , Elap/irium, Icica,Bursera, Marignia, Colophonia, Canarium , Bedwigia, Garuga.
IV. Amvridées. Fleurs hermaphrodites; 4 pétales imbriqués, 8 étamines; torus épais et proéminent ; ovaire uniloculaire, biovulé ; stigmate sessile, en tête; drupe à noyau charlacé, monosperme, indéhiscent; semence sans endosperme à cotylédons charnus, à radicule supère, trèscourte; feuilles composées, marquées de points transparents; péricarpe glanduleux. — Genre Amxjris.
V. Connaracées. 5 pé laies insérés sur le calice; 10 étamines ; 5 carpelles à un style, distincts, ou en nombre moindre par avortement; biovulés, monospermes par avortement. Semences élevées du fond du carpelle, souvent arillées, pourvues ou privées d’endosperme , à cotylédons foliacés ou charnus; radicule située au sommet ou près du sommet de la graine ; courte et épaisse ; feuilles composées, non ponctuées.
— Genres Connarus, Omphalobium.
La famille des Térébinlhaeées fournit un très-grand nombre de matières résineuses, plusieurs gommes-résines, un certain nombre de fruits alimentaires ou médicinaux, et plusieurs bois usités dans la teinture ou l’ébénisterie. Quelques espèces sont vénéneuses, ou pouvues d’un suc caustique.
Sumac des corroyé urs.
Roure des corroyeurs, Rhus coviavict, L. Tribu des Anacardiées. ('ar. gén. : fleurs souvent dioïques ou polygames ; calice monopbylle ù 5 divisions persistantes; corolle à 5 pétales ovales, étalés; 5 étamines à filaments très-courts; ovaire uniloculaire, pourvu de 3 styles très-courts ou de 3 stigmates sessiles. Le fruit est un drupe uniloculaire et monosperme.
Le sumac des corroyeurs croît naturellement dans les lieux secs et pierreux du midi de l’Europe. C’est un arbrisseau de 3 fi A mètres de hauteur, dont les rameaux sont revêtus d’une écorce velue. Les feuilles sont imparipinnées, à 5 ou 7 paires de folioles velues, à pétiole nu, un peu marginé au sommet; les folioles sont elliptiques et grossièrement dentées. Les fleurs sont petites, verdâtres, disposées en grappes serrées à l’extrémité des
TÉRÉBINTIIACÉES. — SUMACS.
rameaux ; les stigmates sont sessiles. Le fruit est un petit drupe aplati, brun verdâtre, d’un goût acide et très-astringent, contenant une semence de forme lenticulaire. Ce fruit était usité autrefois dans les cuisines comme assaisonnement. Les feuilles, séchées et pulvérisées grossièrement, servent au tannage et à la teinture. Du temps de Clusius, la province de Salamanque en faisait un commerce considérable.
| D Sumac «le Virginie, Rhus typhinum, L. Arbrisseau originaire de l’Amérique septentrionale, cultivé depuis longtemps en Europe pour l’ornement des jardins. Ses jeunes rameaux sont couverts d’un poil ras, épais, roussâlre et doux au toucher, ce qui les fait ressembler aux jeunes andouillers de cerf. Ses feuilles portent, sur un pétiole très-pubescent, 8 à IG paires de folioles avec impaire, glabres en dessus, pubescentes en dessous, lancéolées, très-aiguës, finement dentées en scie. Les fleurs forment des épis veloutés et rougeâtres au sommet des rameaux; les fruits sont rouges, arrondis, pressés les uns contre les autres, pubescents, d’une saveur acide et astringente très-marquée.
Le sumac de Virginie peut servir aux mômes usages que le précédent; il découle de son écorce incisée un suc lactescent qui se concrète en une gomme-résine.
On cultive dans les jardins un autre sumac originaire de l’Amérique, nommé sumac glabre, Rhus glabrum, L., qui diffère du précédent parce que ses rameaux et ses feuilles sont glabres et ses fleurs verdâtres. On peut citer encore le sumac vernis, Rhus vernix, L., arbrisseau du Japon, qui fournitpar incision un suc laiteux qui se condense et noircit à l’air, et qui sert à faire un vernis noir, après avoir été dissous dans une huile siccative; le Rhus copallinum du Mexique, qui fournit une résine que l’on a cru être le copal dur ou animé dure du commerce, dont l’origine est bien différente, ainsi que nous l’avons vu; enfin, le Rhus metopium, L., arbrisseau de la Jamaïque, dont les feuilles ont deux paires de folioles avec impaire, dont les fleurs sont hermaphrodites, et dont l’écorce incisée laisse découler une gomme-résine purgative, émétique et diurétique, nommée hog-gum ou doctorgum. Cette gomme-résine est en larmes ou en masses demi-opaques, friables, d’un jaune assez prononcé, ainsi que le serait de la gomme ammoniaque teinte avec de la gomme-gutte. Elle est inodore et faiblement amère (1). O
Sumacs vénéneux.
Deux espèces de sumacs, peu distinctes l’une de l’autre, se (l) Voir, sur coproduit, Pharmaceutical Journ. , t. VII, p. 270, 1848.
DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
font remarquer par une forte qualité vénéneuse. Ce sont les Rhus radicans et toxicodendron (fig. 702), originaires tous deux de l’Amérique septentrionale, et cultivés depuis longtemps dans les jardins. Ces arbrisseaux ont des tiges nombreuses, faibles et flexibles, pouvant s’attacher aux arbres par des radicules qui s’enfoncent dans leur écorce. Leurs feuilles sont composées d’une
seule paire de folioles avec impaire. Les fleurs sont dioïques , disposées en petites grappes verdâtres dans l’aisselle des feuilles. Les fruits sont de petits drupes blancs , arrondis , a)rant presque l’apparence du poivre blanc. Le Iihus radicans a les folioles ovales, pointues,»
vertes, glabres, très-entières; le Rhus toxicodendron a les siennes pubescentes, anguleuses, quelquefois incisées.
Le loucher de ces deux plantes, et suivant beaucoup d’auteurs, la seule exhalation d’un principe âcre qui s’en dégage, suffit pour causer la tuméfaction et l’inflammation des paupières et du visage, et une cuisson brûlante des mains, suivie d’inflammation et d’éruption de petites vésicules pleines de sérosité. Mais ces propriétés dangereuses disparaissent par l’action du feu, et l’extrait des feuilles a pu être administré à des doses assez considérables sans produire aucune action délétère.
Fig. 702. — Sumac.
y Fustet.
Rhus Cotinus, L. Les tiges de cet arbrisseau sont hautesde 2 à 3 mètres, divisées en rameaux glabres comme toute la plante, garnis de feuilles simples, ovales, d’un vert gai et luisantes en dessus, d’un vert blanchâtre en dessous. Les fleurs sont petites, verdâtres, disposées au sommet des rameaux en panicules trèsrameuses, dont les divisions filiformes s’allongent beaucoup, quand les fleurs sont stériles, et se chargent de poils glanduleux et rougeâtres, qui leur donnent l’aspect de grosses houppes de duvet.
TÉRÉBINTHACÉES. — NOIX D’ACAJOU.
Le bois de fustet, tel que le commerce le présente ordinairement, est formé de souches et de branches tortueuses de 3 centimètres de diamètre environ; il est pourvu d’un aubier blanc, poreux, que les vers attaquent facilement, et d’un cœur assez dur, d’un jaune foncé, à la fois brunâtre et verdâtre. Les grosses souches, sciées et polies, offrent, comme la racine de buis, des dessins de couleurs variées, qui les font rechercher des tourneurs et des tabletiers; mais le plus grand usage du fustet I est pour la teinture. Il teint les étoffes en jaune orangé, mais qui est trop altérable pour être appliqué seul. On l’emploie toujours ), avec une autre couleur, qu’il modifie par le mélange de la sienne propre.
On trouve aussi du fustet provenant de troncs cylindriques et réguliers dépourvus d’aubier, et ayant cependant encore 9 centimètres de diamètre ; il est moins riche en principe colorant que -■■•le précédent.
Cire du Japon.
[On connaît sous ce nom une cire qui a paru depuis une douzaine d’années en Angleterre et dont on reçoit aujourd’hui des blocs considérables pesant environ 120 livres. Cette cire est blanche, à odeur légèrement rance. Elle se présente dans les collections sous forme de gâteaux circulaires de 4 à 4 pouces et demi de diamètre sur un pouce d’épaisseur, aplatis d’un Côté, convexes de l’autre. La surface est recouverte d’une sorte d’efflorescence cristalline. Elle est plus molle que la cire d’abeilles, plus soluble dansl’acool. Son point de fusion est, d’après M. Hanbury, compris entre 52° et 35° centigrades.
On attribue d’ordinaire cette cire au Rhus succedaneum , L. Thanberg nous apprend que les graines de cette plante, pilées et bouillies dans l’eau, puis soumises â l’action de la presse, donnent une huile concrète qui, en se refroidissant, a la consistance du suif et s’emploie au Japon pour la fabrication des chandelles. On a reçu en effet, dans un envoi récent de celte cire, des graines qui ressemblent tout à fait à celles du Rhus succedaneum. Cependant ces graines, mises à germer, ont donné non une plante à feuilles entières comme celles de cette espèce, mais à feuilles dentées en scie. 11 est donc probable qu’à côté du Rhus succedaneum, qui paraît évidemment l’origine d’une des cires du Japon, il y a d’autres espèces qui produisent une substance. analogue.]
Noix d’acajou.
Cassuvium pomiferum, L.; Anacardium occidentale, L., tribu des
490 DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
Anacardiées ( fig . 703). Arbre de moyenne grandeur, répandu dans presque toutes les contrées chaudes de la terre, comme aux îles Moluques, aux Indes, au Brésil, dans la Guyane et aux Antilles.
Fig. 703. — Noix d’acajou.
Ses feuilles sont simples, entières, ovales, un peu atténuées à la base, très-obtuses et échancrées au sommet. Ses fleurs sont disposées en panicules terminales, et sont accompagnées de bractées nombreuses. Le calice est partagé jusqu’à moitié en divisions aiguës; la corolle est à 5 pétales linéaires-lancéolés, trois fois plus longs que le calice et réfléchis au sommet ; les anthères sont au nombre de dix, soudées par la partie inférieure des filets, libres par le haut; de ces dix étamines, ordinairement une seule est exserteet pourvue d’une anthère biloculaire fertile ; les autres, plus courtes et renfermées dans la corolle, ne portent que des anthères atrophiées et stériles; l’ovaire est simple, uniloculaire, porté sur un torus charnu, qui remplit la partie non divisée du calice. Il est pourvu d’un long style latéral, terminé par un stigmate arrondi. Le fruit, provenant de l’ovaire développé, est composé d’un péricarpe en forme de rein, lisse et
TÉRÉBINTHACÉES. — ANACARDE.
grisâtre, qui, sous une première enveloppe coriace, présente des alvéoles remplis d’un suc huileux, visqueux, brun noirâtre, âcre et caustique ; ces alvéoles sont bornés à l’intérieur par une seconde membrane coriace, semblable à la première, et renfermant une amande réniforme, à deux lobes, blanche, huileuse, douce, bonne à manger et d’une saveur agréable. Cette amande est encore recouverte immédiatement par une pellicule rougeâtre.
Ce fruit, dans son état naturel, est suspendu par le plus gros de ses deux lobes à l’extrémité d’un corps charnu, présentant presque le volume et la forme d’une poire, et provenant du développement du lorus calicinal. On donne à cette partie le nom de pomme d’ acajou ; elle est acide, sucrée, un peu âcre, non désagréable.
La noix d’acajou n’est plus usitée. Si les médecins voulaient l’employer, ils ne sauraient trop avoir l’attention de prescrire s’ils désirent le péricarpe seul ou l’amande, ou les deux ensemble, vu les propriétés tout â fait opposées de ces deux parties. Le suc huileux du péricarpe a quelquefois été employé pour ronger les cors, les vieux ulcères, et pour dissiper les dartres.
La noix d’acajou n’est pas produite par l’arbre qui fournit le bois de même nom, si recherché pour les meubles. Celui-ci provient du Swietina Mahogoni, L., de la famille des Méliacées; mais c’est l’arbre à la noix d’acajou qui donne la gomme d'acojou dont il va être parlé.
Gomme d’acajou. — Cette gomme arrive en quantité assez considérable des divers pays où croîtle Cassuvium pomiferum,e t pourrait être utilisée pour les arts, en raison de la gomme soluble qu’elle contient.
Elle est en larmes stalactiformes, souvent très-longues, jaunes, transparentes, dures, à cassure vitreuse, et ressemblant au succin. Elle se dissout difficilement dans la bouche et s’attache fortement aux dents. Traitée à froid par 48 parties d’eau, elle s’y gonfle et s’y dissout en partie. La portion non dissoute présente les propriétés de la bassorine. La liqueur surnageante, qui passe facilement à travers un filtre, en raison de son peu de consistance, ne rougit pas le tournesol, se trouble par l’oxalate d’ammoniaque, et forme par l’alcool un précipité blanc, abondant, floconneux, que je regarde comme de Varabine, ou gomme soluble d’Arabie ou du Sénégal.
Anacarde orientale.
Anacardium longifolium , Lam.; Semecarpus anacardium, L. (fig. 704.) Arbre des montagnes de l’Inde, à feuilles simples el-
DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
liptiques-oblongues, pourvu de fleurs petites, disposées en panieules axillaires et terminales; le calice est à cinq divisions aiguës, la corolle à cinq pétales oblongs, très-ouverts; les étamines sont au nombre de cinq, libres, égales, alternes et insérées
avec les pétales sur un disque ureéolé; ovaire unique, libre, uniloculaire, uniovulé, surmonté de trois styles terminaux. Le fruit est cordiforme , un peu aplati, porté sur un torus épaissi, qui peut être mangé impunément. Ce fruit, tel que le commerce l’apporte, est noir, lisse, cordiforme, et présente souvent à sa base son réceptacle entier, plus petit que le fruitlui-même, fortement ridé et durci par la dessiccation. On observe souvent en outre, à l’extrémité atténuée de ce réceptacle, un pédoncule ligneux, qui était le véritable pédoncule de la fleur. A l’intérieur, l’anacarde est entièrement disposée comme la noix d’acajcu : première enveloppe coriace et élastique; alvéoles remplis d’un suc oléo-résineux, noir, visqueux, caustique, d’une odeur fade (ce suc y paraît plus abondant que dans la noix d’acajou) ; seconde enveloppe coriace, semblable à la première ; amande blanche , douce au goût, encore recouverte immédiatement par une pellicule rougeâtre.
Comme on le voit, les différences entre l’anacarde et la noix d’acajou sont toutes superficielles ; et si une chose peut étonner, c’est que des arbres qui produisent des fruits aussi intimement semblables, diffèrent autant par leurs organes sexuels : aussi sontils séparés dans le système de Linné, l’anacardier ayant été rangé dans la pentandrie, et le pommier d’acajou dans l’ennéandrie ou la décandrie.
L’anacarde a les mêmes propriétés que la noix d’acajou; cependant elle paraît moins dangereuse prise à l’intérieur, et elle a été plus souvent prescrite comme purgative.
TÉRÉBINTHACÉES. — MANGO.
Fruit et semence île mango.
Mangifera indica, L. ; Mangifera domestica , Gærtn. (1). Le mango est un arbre des Indes orientales, qui a été propagé dans les Antilles, où il a formé un grand nombre de variétés. Il s’élève à la hauteur de 12 à 14 mètres. Ses feuilles sont simples, entières, oblongues-lancéolées. Les fleurs sont en panicules droites, et accompagnées de bractées. Le calice est à 5 divisions ; la corolle a 5 pétales plus longs que le calice ; les étamines sont au nombre de 5, alternes avec les pétales, soudées à la base ; il n’y en a qu’une seule exserte et fertile, les autres sont raccourcies et stériles. L’ovaire est libre, sessile, oblique, uniloculaire, à un seul ovule ascendant ; le style est latéral, courbé en arc, exserte, ter-
Fig. 705. — Prunier d’Espagne.
miné par un stigmate obtus. Le fruit est un gros drupe un'peu réniforme, très-variable dans ses dimensions, sa couleur et son goût, mais généralement très-recherché pour sa saveur parfumée,
(1) Gærtner, tab. 100.
DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
acidulé et sucrée. Le noyau est plus ou moins volumineux, comprimé, un peu réniforme, formé d’un endocarpe ligneux, tout couvert de fibres blanches et chevelues. La semence présente deux enveloppes complètes, membraneuses, tout à fait distinctes et isolées l’une de l’aulre ; la première, qui est un arille, puisqu’on trouve à l’intérieur le funicule qui conduit au hile, a la blancheur et la finesse d’une baudruche. Le tégument propre de la semence est lui-même formé de deux tuniques soudées : l’une, extérieure, blanche et, lustrée; l’autre, intérieure, d’un rouge foncé. L’amande est formée de deux cotylédons tournés en spirale et comme formés de pièces articulées. Cette amande présente un goût fortement astringent, et confient, suivant l’observation de M. Avequin, une forte proportion d’acide gallique libre, qu’on peut en extraire par un procédé beaucoup plus facile et plus expéditif que celui qui sert à extraire cet acide de la noix de galle (1).
On donne en Amérique le nom de prunier d’Espagne ( fig . 705), de mombin ou de myrobolan mombin, deux espèces de Spondias, qui sont les Spondias purpurea etlutea,L. Le premier surtout produit des fruits très-recherchés pour la table; ils sont ovales, revêtus d’une peau colorée de jaune et de pourpre, et sont formés, à l'intérieur, d’une chair parfumée, un peu acide et sucrée. Le noyau est volumineux, à 5 loges monospermes, tout hérissé de crêtes ligneuses à l’extérieur.
Pistachier et pistaches.
Pistacia vera, L., tribu des Anacardiées (fig. 706). C ar. gén. :
Fig. 706. — Pistachier.
fleurs dioïques. Fl. m. : calice petit à 5 dents; corolle nulle (1) Avequin, Journ. de pharm t. XVII, p. 421.