GALLES DE CHINE
semblables au mastic. Cette galle paraît être la même que la petite galle de pistachier figurée par Lobel (1).
Cette galle jouit d’une grande célébrité en Chine, non-seulement comme substance propre à la teinture, mais encore comme un puissant astringent dont les médecins savent tirer parti dans un grand nombre de maladies. La description de cette substance et de ses propriétés a été empruntée par Duhalde au célèbre livre chinois le Pentsao (2). Geoffroy (3) l’a très-bien décrite également, et il paraît qu’on la recevait alors par la voie du commerce; mais, depuis longtemps, il n’en restait plus que des échantillons brisés et inconnus dans les droguiers, lorsque le commerce anglais l’introduisit de nouveau en Europe,, où elle peut être appelée à partager les divers emplois de la noix de galle, des bablahs, du libidibi, du cachou, du gambir et des autres astringents d’un ; arrivage facile.
D’après Duhalde, la grosseur des ou-poey-tse varie depuis celle
d’une châtaigne à celle du poing; la plupart sont d’une forme ronde ou oblongue (/?</. 7 12 et 713); mais il est rare qu’ils se ressemblent entièrement par la configuration extérieure ; leur cou-
(1) Lobel, Adversaria, p. 412.
(2) Pen-tsao ou pun-tsao cong mou, ou herbier chinois en 52 livres. — Duhalde, Description géographique et historique de la Chine , Paris, 1755, t. III, p. 496. — Grosier, Description de ta Chine, t. 1, p. Cil.
(5) Geoffroy, Mémoires de l'Académie des sciences, année 1724, p 320.
Galle de Chine OU ou-poey-tse.
Fig. 712. — Galle de Chine.
Fig. 713. — Galle de Chine.
DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
leur est d’abord d’un vert obscur, qui jaunit ensuite. Alors cette coque, quoique ferme, devient très-cassante. Les paysans chinois ( recueillent les ou-poey-tse avant les premières gelces. Ils font mourir les insectes que les coques renferment en les exposant pendant quelque temps à la vapeur de l’eau bouillante.
J’ai donné (1) la description des différentes galles de Chine i que j’ai en ma possession: Tune, que j’avais depuis longtemps c sans la connaître, et qui se trouve ici représentée (flg. 714), paraît résulter du développement monstrueux d’un bourgeon, retenant encore à sa base des vestiges d’écailles imprégnées d’un
Fig. 714. — Galle de Chine. Fig. 71 S. — Galle de Chine. Fig. 716. — Galle de Chine.
suc gommeux. Dès sa base, ce bourgeon se trouvait partagé en trois ou quatre branches, dont chacune produisait une galle; $ mais, de ces galles, il n’en reste qu’une enlière et une petite partie d’une seconde. La galle entière, à partir du pédoncule, ) s’élargit rapidement en forme d’éventail, et se sépare en deux i parts inégales, sur lesquelles paraissent des points proéminents, qui indiquent d’autres divisions moins marquées, ou d’autres 3 parties plus complètement soudées et confondues. Cette galle, » étant récente, devait être couverte d’un duvet jaunâtre, qui per- ü siste dans les endroits creux, tandis que les parties proéminentes sont devenues brunes et polies par le frottement. La substance de la gallea plus d’un millimètre d’épaisseur ; elle est blanchâtre, r translucide et si gorgée de suc, qu’elle présente, quand on la coupe, l’apparence d’une gomme résine desséchée. Elle possède un goût très-astringent, sans aucune odeur ni saveur résineuse.
( 1 ) Guibourt, Rev. scient., . XXIV, p. 418.
TÉRÉDINTIIACÉES.