GALLES DE CHINE
La galle de Chine, importée récemment en Angleterre, et dont M. Morson, de Londres, a bien voulu m’envoyer une assez forte quantité, est d’un gris blanchâtre, d’où il me paraît certain que la première ne doit sa couleur brunâtre qu’à son ancienneté. Elle est d’ailleurs entièrement couverte d’un duvet blanc, velouté; elle a la même substance translucide et cornée, et la même astringence, sans goût aromatique ou résineux. D’après M. Pereira, ces galles sont ordinairement revêtues àl’interieur d’une matière d’apparence crétacée et contiennent desdébrisde pucerons; leur forme est très-sujette à varier, quelques-unes étant arrondies et presque unies ; mais la plupart offrent des protubérances ou des cornes semblables à des andouillers de cerf (Voir fig. 715 et 716).
J’ai donné (!) une figure grossière de l’arbre qui fournit la galle de Chine, tirée du Pen-tsao, et quelques détails fournis par des commerçants anglais, qui ne suffisent pas pour en reconnaî-
tre le genre, ni même la famille. M. Decaisne, avait pensé que cet arbre pourrait bien être le Distylium racemosum de Zuccarini (2), grand arbre de la famille des Hamamélidées dont les feuilles sont légèrement piquées par un puceron et produisent une galle velue, qui paraît semblable à celle du ou-pey-tse. Le temps ne m’ayant pas permis de faire copie de la tigure donnée par Zucca-
(1) Guibourt, Mémoire cité.
(?) Zuccarini, Flora japonica.
Fig. 717. — L’arbre qui fournit la Galle de Chine, d'après le Pen-tsao.
DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
rini, je présente ici {fi g. 717) celle tirée du pen-tsao, telle qu’elle m a été communiquée par le professeur Pereira. Le nom qui se trouve au haut de la figure, à droite, contre la grappe de fleurs, est yen-fou-tsze ; celui qui est de côté, h gauche, contre les galles, est ou-pei-tse ou woo-pei-tsze , qui paraît être le nom particulier de la galle; le troisième nom, placé au bas de l’arbre, est fou-mvb.
[Depuis, M. Schenk (1) et M. Ilanbury (2) ont montré que c’est sur une térébinthacée, 1 c/ihus semi-ulata, que viennent ces galles, produites par le puceron décrit par Doubleday sous le nom d ' Aphis chinensis. On cite également 1 e Rhus japonica Siebold, comme donnant le même produit (3).]
Baume de la Mecque.
L’arbuste qui produit ce suc résineux portait chez les Grecs le nom de paXaap,ov, et les trois substances qu’il fournit au commerceétaient connues sous ceux de Oro6aXaagov(suc de baumier), SûXoëaXcragov(bois de baumier), et Kap7roëaXffaaov(fruit de baumier). Chez les Latins, le Baume portait simplement le nom de Balsarnum, comme étant la seule substance qui le méritât, par l’excellence de son odeur et de ses propriétés. Ce n’est qu’après la découverte de l’Amérique et lorsque diverses parties de ce vaste continent nous eurent donné les baumes d'Inde, de Tolu, du Pérou , de Copahu, etc., qu’il devint nécessaire d’ajouter une désignation spécifique au baume de l’ancien monde, et alors on lui donna les noms de Baume de Judée, Baume de la llecque, Baume de Ctfléad, Baume du Caire, etc., des différentes contrées ou villes qui le fournissaient au commerce. Aujourd’hui, cependant, que les chimistes sont convenus de ne donner le nom de baume qu’aux composés résineux naturels, pourvus d’acide benzoïque ou cinnamique, le baume de la Mecque est menacé de perdre son nom primitif pour prendre celui d ' oléo-résine ou de térébenthine de Judée, de la Mecque, etc., à l’exemple des autres produits végétaux formés comme lui de principes résineux rendus plus ou moins fluides par la présence d’une huile volatile.
L’arbuste au baume de la Mecque appartient au genre Balsamodendron (tribu des Burséracées) dont voici les caractères: Fleurs polygames; calice campanulé à 4 dents persistantes; corolle à 4 pétales insérés sous un disque annulaire, pourvu de 8 glandes.
(1) Bucbner’s Repertorium fur Pharmacie , 3e série, t. V, p. 2G, 1850. D’après Pnarmac. Journ., t. X, p. Iï8.
(2) Hanbury, Noies on ckinese materia vxedica ( Pharm . Journ., 2e série, t. IF, p. 421).
(3) D’après Flückigor, Pharmacognosie, Berlin, 18G7, p. 149.