GOMME-GUTTE
couleur orangée. Suivant l’analyse faite par M. Christison, cette substance est composée de:
Résine jaune, obtenue par l’éther et desséchée G8,8 71,5 72,9
Gomme soluble ou arabine 20,7 18,8 19,4
Fibre ligneuse, etc G, 8 5,7 4,3
Humidité 4, G ind. ind.
Composition peu diüérente de celle de la gomme-gutte de Siam.
(■oiniiie-gutte du commerce en canons OU en bâtons {pipe
Ccimboge, Engl.). Ainsi qu’il a été dit tout à l’heure, cette substance parait tirée des royaumes de Siam et de Camboge, et elle est importée de Chine en Angleterre par la voie de Singapore ; mais d’après les renseignements fournis à M. Christison, par M. J. B. Allan, il paraît qu’il en vient aussi de Bornéo, qui est envoyée par les Malais à Singapore, où les Chinois la purifient et la façonnent pour les marchés européens. La plus belle sorte de gommegutte se trouve sous la forme de rouleaux de 3 à 6 centimètres de diamètre, dont les uns ont été roulés à la main, pendant que la matière était encore ductile, tandis que les autres ont emprunté leur forme cylindrique à des tiges de bambou dans lesquelles la substance gommo-résineuse a été coulée, ainsi que l’indique l’impression de fibres longitudinales et parallèles dont est marquée sa surface (1). Elle est d’un jaune orangé, tirant un peu sur le fauve, quelquefois pâle et laiteux, le plus souvent assez foncé; mais, par suite du frottement des morceaux, elle est souvent recouverte à sa surface d’une poussière d’un jaune verdâtre, ou d’un jaune doré, ce qui est aussi la couleur de sa poudre. Elle a une cassure conchoïdale, très-line, unie, sub-luisante, et une demi-opacité uniforme. Enfin tout indique que c’est une substance d’une grande homogénéité, qui n’a pu être amenée à cet état que par une préparation très-soignée. Elle est complètement inodore et d’une saveur presque nulle d’abord, suivie d’une légère âcreté dans l’arrière-bouche. Il suffit de la toucher avec de l’eau ou de la salive, pour en former aussitôt une émulsion homogène, d’un jaune magnifique.
D’après M. Braconnot, la gomme-gutte traitée par l’alcool lui
(I) Quelquefois les cylindres sont creux ou repliés sur eux-mêmes et adhérents. Plusieurs de ces tubes ou cylindres peuvent aussi être soudés ensemble et former des pains ou gâteaux irréguliers, de 1000 à 150 i grammes, dans lesquels on peut encore voir le reste des cavités très-aplaties II parait que, dans ce cas, la masse est habituellement enveloppée dans de grandes feuilles qui paraissent appartenir à une plante bombacée ou malvacée; mais je n’ai pas été à même de voir ces feuilles.
DICOTYLÉDONES TIIALAMIFLORES.
cède 0,80 de résine, et laisse 0,20 d’une gomme presque entièrementsoluble dans l’eau. La résine fondue est rouge, transparente, insipide, et donne une belle poudre jaune. Elle est soluble dans les alcalis qu’elle neutralise; elle est décolorée parle chlore, qui s’y combine et forme un composé dans lequel la présence du chlore ou de l’acide chlorhydrique ne devient sensible que par la destruction du composé au feu (1).
En extrayant la résine par le moyen de l’éther, M. Christison est arrivé à des proportions un peu différentes de résine et de gomme, et qui, d’ailleurs, ne sont pas toujours les mômes. Deux
analyses lui ont donné : '
i. ii.
Rosine séchée à 204 degrés centigrades 74,2 71,6
Gomme soluble ou arabine, séchée à 101) degrés 21,8 24,0
Humidité chassée par une chaleur de 132 degrés 4,8 4,8
Gomme-gutte du commerce, en masses OU en gâteaux [cake ccimboge , Engl.). Il ne faut pas confondre cette sorte inférieure de gomme-gutte avec les masses formées par l’agglutination des cylindres de la première sorte, quoiqu’on les trouve souvent réunies dans une même caisse. La gomme-gutte en gâteaux est en masses informes, du poids de 1000 à 1500 grammes, et qui paraissent très-variables en qualité, de sorte qu’il est difficile d’en donner une description générale ; mais voici les caractères de celle que je possède. Elle est en masse informe, non celluleuse, et d’une teinte brunâtre très-marquée. Les parties voisines de la surface ont une cassure assez brillante, plutôt esquilleuse que conchoïdale, et une transparence plus marquée que dans la première sorte de Camboge; tandis que, au contraire, les parties centrales ont une cassure tout à fait terne et cireuse. Elle renferme quelques débris de branches et de pétioles, qui ne me paraissent pas tous appartenir au végétal qui la produit ; mais l’action de l’eau iodée ne m’y a pas fait découvrir d’amidon. Elle forme avec l’eau une émulsion jaune très-gluante, et qui me paraît être plus gommeuse que celle provenant de la première sorte.
Cette gomme-gutte me paraît différer de celle que M. Christison a analysée sous le nom de cake camboge, et encore plus d’une autre sorte tout â fait inférieure que les Anglais nomment coarse camboge (2). Voici le résultat de ces analyses:
(1) Ann. Chim., t. LXVI1I, p. 33.
(2) En dehors de toutes les sortes plus ou moins impures de gomme-gutte, j’ai trouvé une fois, dans une caisse de gomme-gutte, une bien singulière substance
GUTTIFÈRES. — GOMME-GUTTE.
Résine.. .
Arabine. .
Fécule .. .
Ligneux. .
Humidité
Cake camboge.
Coarse
camboge.
(moyenne'.
Cl, 4
Gomme-gutte «lu Garcinia cambogia. — Je ne puis passer complètement sous silence cet arbre qui a été regardé pendant si longtemps comme la source de la gomme-gutte du commerce. Cet arbre est le Mangostana cambogia de Gærtner, le Cambogia gutta de Linné, le Coddampulli de Rheede, le Carcapulli d’Acosta. Son véritable nom indien paraît être Ghorka ou Corcapulli et son nom cingalais Ghoraka , quoique, suivant Roxburgh , le ghoraka de Ceylan ne doive pas être confondu avec celui de l’Inde; celui-ci ayant les fleurs terminales et solitaires, et celui de Ceylan les ayant axillaires, les fleurs mâles sous-ternées et pédonculées, et les fleurs femelles sous-sessiles.
Le çorca-pulli de l’Inde (fîg. 735) est un grand et bel arbre dont le tronc peut avoir 3 et 4 mètres de circonférence ; les feuilles sont lancéolées ; les fleurs terminales, sous-sessiles et solitaires, peu nombreuses; l’ovaire est arrondi, à 8 côtes et couronné par 1 stigmate à 8 lobes. Le fruit est une baie arrondie, de la grosseur d’une orange, jaune à maturité, h huit côtes obtuses, et partagée intérieurement en 8 loges membraneuses, renfermant chacune une semence brune, oblongue, contenue dans une double enveloppe et enfoncée dans une substance pulpeuse. La chair de ce fruit est un peu acide et se mange. L’écorce du tronc, étant incisée, laisse découler un suc laiteux qui reste long-
que je désignerai sous le nom de résine ronge «le gomme gnlle. Cette substance forme un pain aplati du poids de 130 grammes, enveloppé dans une feuille de plante monocotylédone. Elle est opaque, d’un rouge assez vif, vue en masse, et d’une odeur forte, peu agréable. A l’intérieur, elle est marbrée et présente trois sortes de matières : 1° la matière résineuse rouge et opaque, qui communique sa couleur à la masse; elle a une cassure luisante, donne une poudre rouge-orangée, et exliale, quand on la pulvérise, une odeur de citron, bien différente, par conséquent, do celle présentée par la masse entière; 2° une matière ayant l’apparence de petites taches noires disséminées, mais formée d’une résine vitreuse et d’une couleur brune foncée ; 3° une troisième matière mélangée à Ig première, sous forme de larmes ou de fragments brecciformes. Cette dernière a une cassure terne et cireuse et une couleur blanchâtre ou quelquefois jaunâtre. Lorsqu’on mouille la surface cassée, avec de l’eau ou de la salive, la dernière substance est la seule qui prenne l’aspect d’un lait jaune et opaque, comme la gomme-gutte. Il me semble possible que cette matière soit une résine séprrée de la gomme-gutte, pendant la purification que je suppose qu’on lui fait subir, et qu’elle se trouve en excès de celle qui peut rester émulsionnée dans le suc purifié,
Guib ourt, Drogues, Ge édition. T. lit. 3 9
DICOTYLÉDONES TIIALAMIFLORES.
temps visqueux à l’air, mais qui se présente enfin sous forme de larmes d’un jaune de citron clair, presque sans odeur ni saveur, d’une nature résineuse très-apparente, et non susceptible de
Fig. 735. — Gomme-gutte.
former une émulsion sous le doigt mouillé. Cette substance ne peut donc pas être confondue avec la gomme-gutte du commerce. Suivant l'analyse qu’en a faite M. Christison, elle est composée de :
Résine GG
Arabine 14
Huile volatile 12
Fibre corticale 5
Perte 3
Cette substance diffère de la vraie gomme-gutte par la présence de l’huile volatile et par la nature de sa résine qui est moins soluble dans l’éther , et d’une couleur jaune plus pâle et non rouge ni orangée. Enfin, d’après les expérimentations de M. Cbristison, elle ne paraît pas être purgative à la dose de 15 grains, quantité trois fois plus forte que celle à laquelle la résine de gomme-gutte peut être utilement employée.
GUTTIFÈRES. — CALABA.
Gomme-résine du Xci n t hoc h y m u s pictorius. ■ — lloxburgh cl M. Royle ayant exprimé l’opinion que cet arbre produisait une espèce de gomme-gutte, M. Christison a été désireux de vérifier cette assertion sur un échantillon dû à l’obligeance de Mme Walker. Le suc concret de cet arbre diffère encore plus de la vraie gommegutte que celui du Corca-pulli. Il forme de petites larmes d’un vert grisâtre ou d’un vert jaunâtre pâle, transparentes comme de la résine, et ne pouvant se réduire en émulsion par le frottement du doigt mouillé. Elle est assez dure, se ramollit à la chaleur et ne peut être pulvérisée que par un temps froid. Un essai d’analyse, fait avec une très-petite quantité de matière, a donné environ 0,765 de résine; 0,176 de gomme soluble et 0,059 de fibres ligneuses.
Résine de mani. — Cette résine est produite par le Mani ( Moro nobea coccinea, Aubl.), grand arbre de la Guyane; elle en découle sous forme d’un suc jaune très-abondant, qui noircit et se solidifie à l’air. Les créoles l'emploient pour goudronner les barques et les cordages et pour faire des flambeaux. Elle varie de forme suivant la manière dont elle a été obtenue : celle qui a découlé naturellement de l’arbre est en morceaux très-irréguliers, secs et cassants, grisâtres à l’extérieur, noirs et brillants à l’intérieur, insipide et d’une odeur faiblement aromatique ; celle qui a été obtenue par incision et qui a été renfermée, avant son entière
I solidification, par masses de 500 à 1000 grammes, dans des feuilles de palmier, est d’un noir un peu jaunâtre, moins sèche, plus fusible, plus aromatique que la première. Elle brûle avec une flamme très-blanche et très-éclairante, sans répandre ni beaucoup d’odeur ni beaucoup de fumée. Celte résine existe chez quelques droguistes qui la vendent comme résine caragne.
Calaba ou galba «i«*s Antilles, Calophyllum Calaba, Jac. — Cet arbre, nommé aussi Bois-Marie à Saint-Domingue, et Ocuje â Cuba, s’élève â une hauteur de 7 à 40 mètres. Ses feuilles sont ovalesobtuses, très-entières, lisses, douces au toucher, remarquables par leurs innombrables nervures latérales, très-fines, très-serrées, droites et parallèles, presque perpendiculaires à la nervure médiane. C’est pour exprimer l’aspect agréable de ces feuilles que Linné a formé le nom de Calophyllum (de xaXov cpuXXov), qui veut dire belle feuille. Les fleurs sont disposées en petites grappes opposées et axillaires, sur les jeunes rameaux; elles sont très-petites, odorantes, hermaphrodites et mâles sur le môme individu. Le calice a 2 sépales, et la corolle 4 pétales; les étamines sont nombreuses, libres ou polyadelphes par le bas. Lefruil est un drupe sphérique, du volume d’une grosse cerise. Il est formé d’une première enveloppe charnue, peu épaisse, se ridant par la des-
DICOTYLÉDONES THALAMIFLORES.
siccation ; facile à détruire par le temps, et laissant à nu un noyau sphérique, obscurément trigone à la partie supérieure, jaunâtre, ligneux, mais très-mince. Sous cette enveloppe ligneuse s’en trouve une seconde d’un tissu beaucoup plus lâche et rougeâtre, lisse et lustrée à l’intérieur. Au centre se trouve une amande jaune ou rougeâtre, arrondie, formée de deux cotylédons droits, épais et oléagineux, pouvant fournir une grande quantité d’huile par expression.
En incisant l’écorce du tronc et des branches du calaha, on en obtient un suc résineux verdâtre, d’une odeur forte, non désagréable, qui s’épaissit à l’air en acquérant une couleur verte foncée, mais qui y reste très-longtemps gluant et tenace. Ce suc résineux est employé comme vulnéraire aux Antilles, sous le nom de baume de Marie.
Je possède quelques autres fruits de calaha qu’il est difficile de rapporter aux espèces admises par les botanistes, la description des fruits manquant à ces espèces. Le premier fruit est celui figuré par Gærtner (1), sous le nom de Calophyllum inophyllum , avec la seule différence que le noyau ligneux jaunâtre est plus épais que dans la figure, quoique toujours moins épais que l’endocarpe intérieur, spongieux et rougeâtre. L’amande est turbinée, avec un petit tubercule radiculaire à la base. Le noyau est ovoïde, un peu pointu aux deux extrémités, non trigone et non sphérique comme dans le Calophyllum calaba ; chacune des deux parties de l’endocarpe est beaucoup plus épaisse que dans ce dernier. Le fruit est aussi plus volumineux.
Le second fruit me paraît appartenir au Bitangor maritima de Rumphius (2). Il consiste en une capsule ligneuse, jaunâtre, sphérique et de la grosseur d’une petite pomme, n’offrant à l’extérieur que quelques débris d’une pellicule blanchâtre, assez mince, représentant la partie charnue des fruits précédents. La coque ligneuse est très-mince; l’endocarpe spongieux et rougeâtre est très-épais à l’une des extrémités du fruit et sur les côtés; mais il est très-mince vers l’autre extrémité, de manière que la loge séminifère, au lieu d’être centrale, touche à cette extrémité. La semence manque.
Le troisième fruit présente, à l’état sec, le volume d’un petit œuf de poule ; il contient, sous un épiderme grisâtre, une pulpe épaisse, jaunâtre et mélangée de fortes fibres ligneuses, longitudinales et anastomosées, qui persistent après la destruction du parenchyme. La coque ligneuse que l’on trouve dessous est blanchâtre, compacte, assez épaisse. L’endocarpe intérieur est gros-
(1) Gærtner, Tab. XLIIf.
(2) Rumphius, Amb. II, tab. 11.
GUTTIFÈRES. — TACA.MAQUE DE BOURBON.
sièrement fibreux, et d’une épaisseur égale à la coque ligneuse. La surface interne de la loge est unie. L’amande a la grosseur et la forme d’une olive récente, avec un petit tubercule radiculaire à la base. Ce fruit, au contraire des précédents qui sont inodores, est pourvu d’une odeur analogue à celle du vétiver, mais qui lui a peut-êtreété communiquée. Il porte, dans le droguier del’École de pharmacie, le nom de Tacamahaca de Bourbon . Je possède un quatrième fruit conformé comme le précédent, mais noir, de la grosseur d’une petite prune et inodore.
Résine tacaniaque «le Bourbon. Cette résine, nommée aussi baume vert et Baume Marie, découle par des incisions du Culophyl lum tacamahaca , Willd ., grand arbre de l’ile de la Réunion (Bourbon) auquel appartient sans doute le troisième fruit décrit cidessus. Suivant un ancien échantillon que j’en ai, cette substance forme une petite masse cylindrique, portant à sa surface l’impression des feuilles de l’arbre ; vue en masse, elle paraît d’un vert noirâtre et opaque; mais elle est d’un vert jaunâtre et translucide dans les lames minces; son odeur, qui se trouve affaiblie par le temps, est analogue à celle du tacamahaca des Antilles et présente quelque chose de celle de la conserve d’ache. Elle ne se dissout qu’en partie dans l’alcool rectifié et laisse un résidu grumelé, blanc, assez considérable, de nature gommeuse et soluble dans l’eau. Le dernier résidu, qui est encore très-marqué, est forme de débris ligneux. J’ai décrit anciennement, comme Tacamaque de Bourbon , une substance que je tiens de M. Boutron-Charlard, mais qui est plutôt une sorte d’onguent préparé avec la résine que la résine elle-même. Cette substance, qui a été coulée, à l’état de fusion, dans un bocal de verre, est molle, gluante, se solidifiant lentement à l’air, d’une couleur vert-bouteille foncée, d’une odeur très-forte, onguentacée, qui, affaiblie à l’air, devient assez agréable et semblable à celle du fenu-grec. Elle ne se dissouL que très-imparfaitement dans l’alcool froid, davantage dans l'alcool bouillant, sur lequel surnage alors une substance grasse, fondue, qui est étrangère à la résine découlée de l’arbre. Elle ne se dissout pas entièrement dans l’éther et laisse un peu d’une substance floconneuse que je n’ai pas examinée.
ün trouve à Madagascar un arbre nomm éfouraha, qui paraîtêtre un calophyllum et qui pourrait bien être la source de la tacamaque angélique et du baume foeot, décrits pages oï29 et 530. Les débris d’une prétendue écorce trôs-mince, à fibres parallèles, trouvés dans le baume focot, ne sont en effet que des débris de feuilles de calophyllum.
DICOTYLÉDONES TflALAMIFLORES.
q Cannelle blanche.
Camélia alba, Murr. ( fig . 736). — La cannelle blanche vient des Antilles et surtout de la Jamaïque ; elle a longtemps été confondue avec l’écorce de Winter, ainsi que les arbres qui les produisent, et cette confusion a été commise par Linné luimême, lorsqu’il a nommé l’arbre à la cannelle blanche W inter ania Cannella et qu’il lui a donné pour synonyme le Cortex Cinteranus de Clusius. La confusion n’a véritablement cessé que lorsque Forster eut nommé l’arbre à l’écorce de Winter Brimys Winteri , et que Murray eut rendu à celui de la cannelle blanche son premier nom de Cannella alba.
Le cannellier blanc a d’abord été rangé dans la famille des gu l Libères ; mais il s’en distingue par des caractères assez tranchés pour qu’on puisse en former une petite famille distincte, sous le nom de Cannellacées. Ce petit groupe comprend quelques arbres d’Amérique, à feuilles alternes, très-entières, privées de stipules.
Le cannellier blanc, en particulier, a les fleurs disposées en corymbe terminal et pourvues des parties suivantes : calice persistant, à 3 folioles imbriquées, concaves ; corolle à 5 pétales hypogynes, oblongs, concaves ; étamines soudées en un tube renflé à la partie supérieure et portant 21 anthères, linéaires, parallèles, bivalves, fixées extérieurement, au-dessous du sommet; ovaire libre, enfermé dans le tube staminal, triloculaire; plusieurs ovules dans chaque loge, insérés à l’axe central ; style cylindrique ; stigmate exserte, à 2 lobes courts et obtus. Le fruit est une baie globuleuse, charnue, réduite à une ou deux loges par avortement; les semences sont noires, brillantes, globuleuses, avec un petit bec recourbé, superposées au nombre de 2 ou 3 dans chaque loge; l’embryon est renfermé dans le bec de la semence, petit, cylindrique, recourbé, pourvu de 2 cotylédons linéaires et accompagné d"un albumen charnu.
La cannelle blanche est en morceaux roulés de 1/2 mètre
Fig. 736. — Cannelle blanche.