C I STI NÉES
Violette tricolore, OU Pensée.
Herbe <lela Trinité, Viola tricolor , L. Car. spéc. : stigmate urcéolé, couvert de poils fasciculés, à ouverture grande et munie d’un labelle ; style atténué du sommet à la base ; capsule obscurément hexagone ; 3 pétales inférieurs à onglet barbu; éperon cour t et obtus; semences oblongues-ovales. Racine sous- fusiforme. Tige triangulaire diffuse. Feuilles oblongucs incisées ; stipules pinnatifides .
La pensée vient naturellement dans les champs de l’Europe, de la Sibérie et de l’Amérique septentrionale. Elle présente de très-grandes variations dans la forme de ses feuilles, dans la couleur et la grandeur de ses fleurs, suivant les lieux où elle croît, et scs variétés cultivées ont encore été modifiées presque à l’infini. Les deux variétés principales, pour nous, sont celles qui portent en France les noms de pensée sauvage et de pensée cultivée. La première, dite Viola tricolor arvensis, croît dans les champs, les terres cultivées et les jardins. Sa tige est rameuse, redressée, glabre, haute de IG à 22 centimètres. Ses fleurs sont axillaires et portées sur des pédoncules plus longs que les feuilles ; les pétales sont à peine plus longs que le calice, d’un blanc jaunâtre mélangé de violet pâle ; la capsule est globuleuse, glabre, s’ouvrant en 3 valves et remplie d’un grand nombre de petites semences blanches. Toute la plante a une saveur mucilagineuse non désagréable, et est employée comme dépurative.
La pensée cultivée (Viola tricolor hortensis) diffère de la précédente par l’ampleur et la beauté de ses pélales, dont les deux supérieurs sont d’un violet foncé et velouté, et les trois autres d’un jaune vif, taché de violet à l’extrémité, et de lignes rougeâtres à la base ; la culture les a d’ailleurs parés des dessins les plus riches et les plus variés. Il y a une variété de pensée dont les pétales sont entièrement teints d’un violet pourpre foncé, et servent à faire un sirop d’une couleur magnifique, mais inodore. La pensée tricolore croît aussi naturellement dans les Alpes et les Cévennes : on la récolte pour le commerce de l’herboristerie, où elle remplace la fleur de violette ; elle conserve mieux sa couleur que celle-ci, quoiqu’elle la perde également lorsqu’elle reste exposée à la lumière du soleil ou à l’humidité.
FAMILLE DES CISTINÉES.
Les cisles et les hilianlhèmes, qui composent principalement la famille des Cistinées, sont des herbes ou des arbrisseaux, à feuilles oppo-
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sées entières, accompagnées ou dépourvues de stipules. Leurs fleurs sont généralement terminales, grandes, élégantes, pourvues d’un calice à o sépales persistants, dont deux extérieurs plus petits. La corolle est à 5 pétales réguliers, hvpogynes, sessiles, étalés en rose, contournés en sens opposé des sépales du calice, et très-caducs. Les étamines sont nombreuses, libres, à anthères biloculaires; l’ovaire esta 5 ou 10 loges dans les cistes, à une seule loge dans les hélianlhèmes, surmonté d’un style et d’un stigmate. Le fruit est une capsule à 5 ou 10 loges dans les cistes, il 5 ou 10 valves septifères; ou bien uniloculairp, à 3 valves et à 3 trophospermes pariétaux dans les hélianlhèmes. Les semences sont nombreuses, petites, pourvues d’un embryon plus ou moins recourbé ou roulé en spirale, dans un endosperme farineux.
Les cistes et les hélianlhèmes haLitent pour la plupart le bassin de la Méditerranée. Je ne citerai que deux espèces du premier geni'e à cause du produit résineux qu’elles fournissent au commerce, où ce produit est connu sous le nom de ladanum.
Ladanum «le Crète.
Cette substance exsude spontanément, sous la forme dégouttes, des feuilles et des rameaux d’un arbrisseau de l’île de Candie, nommé Cistus creticus. Autrefois on récoltait le ladanum en peignant la barbe des chèvres qui broutent les feuilles du ciste ; mais aujourd’hui on l’obtient en promenant sur les arbrisseaux des lanières de cuir attachées ensemble et disposées comme les dents d’un peigne. On racle ensuite ces lanières avec un couteau, et l’cn renferme la résine dans des vessies, où elle acquiert plus de consistance.
Le ladanum ainsi obtenu est rare dans le commerce. J’en ai cependant vu une masse de 12 à 13 kilogrammes renfermée dans une vessie. Il était noir, solide, mais tenace et peu sec. Sa cassure était grisâtre, noircissant promptement à l’air; il se ramollissait avec la plus grande facilité sous les doigts, et y adhérait comme de la poix. 11 développait alors une odeur toute particulière, très-forte et balsamique. Un morceau de ce ladanum conservé dans mon droguior a perdu beaucoup de son poids, en raison surtout de l’eau qu’il contenait. Maintenant il est très-sec, poreux, assez léger, d’une cassure grisâtre permanente. Il te ramollit moins facilement dans les doigts, et y adhère un peu moins. Son odeur est toujours forte, et présente une analogie assez grande avec celle de l’ambre gris. Il se fond très-facilement et entièrement par l’action de la chaleur.
Lailannm d’Espagne. J’ai reçu, sous ce nom, un ladanum mas if, noir, coulant et s’arrondissant un peu comme de la poix noire, dont il n’offre pas cependant la cassure nette et vitreuse. Il ressemble plutôt au storax noir, dont il se distingue par son odeur semblable à celle du ladanum de Crète. On dit que ce ladanum est obtenu en Espagne, en faisant bouillir dans l’eau les sommités du Cistus ladanifarus, L.
Le ladanum ordinaire du commerce est bien différent de ceux que je viens de décrire. 11 est tout à fait sec, dur et formé en rouleaux que