FAMILLE DES CRUCIFÈRES
Cette famille, l’une des plus grandes et des plus naturelles du règne végétal, se compose de plantes herbacées dont la plupart croissent en Europe. Leurs feuilles sont alternes, privées de stipules, entières ou plus ou moins profondément divisées. Leurs fleurs sont disposées en épis eu en grappes simples ou paniculées. Leur calice esL formé de 4 sépales caducs, dont deux, un peu extérieurs, sont dits placentaires , parce qu’ils répondent aux sutures du fruit et aux trophospermes; tandis que les deux autres, un peu intérieurs, mais quelquefois bossus à la base, ce qui les fait paraître extérieurs, sont latéraux ou valvaires, c’est-à-dire opposés aux valves du fruit. La corolle se compose de 4 pétales onguiculés, insérés sur le réceptacle, alternes avec les sépales. Les lames de ces pétales, étant étalées, forment la croix, ce qui a fait donner depuis longtemps aux fleurs le nom de cruciformes, ou aux plantes qui les portent celui de crucifères. Les étamines sont au nombre de six, dont deux plus courtes, écartées des autres et insérées uu peu plus bas, sont opposées aux sépales latéraux. Les quatre autres étamines sont plus longues, égales entre elles et rapprochées par paire§ qui répondent aux sépales placentaires. C’est sur ce caractère de six étamines, dont quatre sont plus grandes et semblent dominer les autres, qu’est fondée la téti adynamie de Linné. A la base des étamines, on trouve 6, 4 ou 2 glandes vertes et calleuses, diversement disposées. Le pistil est formé de deux feuilles carpellaires intimement soudées, formant un ovaire biloculaire, dont les ovules sont fixés à deux trophospermes suturaux, réunis par une lame de tissu cellulaire qui forme la cloison. Le style est simple, terminal et semble être une continuation de la cloison ; il est surmonté de 2 stigmates étalés ou soudés, répondant aux trophospermes. Le fruit est une silique ou une silicule ( voy . t. II, p. 14) ordinairement déhiscente, bivalve et biloculaire, mais d’autres fois indéhiscente; quelquefois aussi la silique est divisée en plusieurs loges transversales, et se sépare en articles dont chacun renferme une graine. La graine est foruiée d'un tégument moyennement épais, quelquefois entouré d’une aile membraneuse; l’eudosperme est nul; l’embryon présente, dans la disposition relative de ses cotylédons et de sa radicule, des différences qui ont servi de base à la division de la famille des Crucifères en cinq sous-familles. Tantôt, en effet, la radicule est recourbée de manière à venir s’appliquer sur le bord ou la commissure des co-