PASTEL
Cette plante croît naturellement dans les contrées méridionales et tempérées de l’Europe, maison l’y cultive aussi pour l’usage de la teinture. Elle est bisannuelle. Sa racine est un peu ligneuse et pivotante. Sa tige, haute de 60 à 100 centimètres, est simple inférieurement, ramifiée par le haut, garnie de feuilles dont les plus inférieures sont lancéolées et rétrécies en pétiole à la base, tandis que celles de la tige sont hastées et amplexicaules ; elles sont glabres ou un peu poilues, suivant que la plante est cultivée ou sauvage. Les fleurs forment à l’extrémité de la tige et des rameaux une panicule très-garnie. Les silicules sont pendantes, comprimées, oblongues, obtuses à l’extrémité, terminées en pointe du côté du pédoncule, indéhiscentes, uniloculaires et monospermes.
L’usage du pastel, comme plante tinctoriale, remonte à une époque très-reeulée; les anciens Bretons l’employaient pour se peindre le corps en bleu, et avant la connaissance de l’indigo en Europe le pastel était devenu un objet de culture et d’industrie très-importantes. J’ai exposé précédemment (page 482) comment, pendant la grande guerre continentale, on est parvenu à en extraire une certaine quantité d’indigo pour le commerce; mais dans les circonstances ordinaires, celui des Indigo fera obtiendra toujours la préférence, tant pour le prix que pour la qualité.
Fig. 736.
Pastel des teinturiers.
Hoquette cultivée.
Eruca sativa, Lamk.; B rassica eruca , L. (Bulliard, t. 313; Blackwel, t. 242). Cette plante est annuelle. Sa tige est simple, un peu velue, ramifiée à sa partie supérieure. Ses feuilles sont lyrées, vertes, presque glabres. Ses fleurs sont blanches ou d’un jaune pèle, striées par des veines brunes, semblables du reste à celles du Brassica Erucastrum ; mais les siliques sont bien différentes. Elles sont courtcmcnt pédonculées, rapprochées de la tige, courtes et épaisses, terminées par un ample style conique et ensiforme ; elles sont bivalves, biloculaires, et renferment des semences globuleuses, disposées sur deux séries.
La roquette croît naturellement en Espagne, en Suisse, en Autriche et dans le midi de la France. Il faut la cultiver sous le
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climat de Paris. Elle a une odeur forte et désagréable et une saveur âcre et piquante. On la regarde comme antiscorbulique et très-stimulante. Les Italiens l’aiment beaucoup, et l’emploient comme assaisonnement dans leurs salades.
Brassicœ. [Car. gén. : calice égal à la base ; A pétales à lame entière; 4 glandes sur le réceptacle, dont 2 entre les petites étamines et le pistil, et 2 entre les grandes étamines et le calice. Silique allongée, linéaire-cylindrique,subLétragone, souvent un peu comprimée par lecôté, s’ouvrant pardeux valveslongitudinalesconvexes, portant au milieu une nervure saillante et sur le côté des veines anastomosées; semences globuleuses, unies, disposées sur une sér ie. Cotylédons conduplicés, renfermant la radicule ascendante (O > ».]
Espèces principales :
I. Le cnou potager, Brassica oleracea , L. — Cette espèce est connue de tout le monde par l’usage général qu’on en fait comme aliment ; mais, cultivée depuis un temps immémor ial, elle a produit un si grand nombre de variétés, qu’il est difficile de reconnaître au milieu d’elles le type primitif et d’en donner les caractères. Tout ce qu’on peut dire du chou cultivé, c’est qu'il est pourvu d’une racine caulescente et charnue, qui donne naissance à une tige rameuse, glabre, haute de 35 centimètres à 2 mètres, garnie de feuilles glabres et d’un vert glauque, dont les inférieures sont amples, pétiolées, roncinées à leur base, plus ou moins sinueuses, tandis que les supérieures sont plus petites, entières et amplexicaules. Les fleurs sont assez grandes, jaunes ou presque blanches, disposées en grappes lâches et terminales ; lessiliques sont presque cylindriques. Les principales variétés sont :
i° Le chou yert ( Brassica oleracea acephala), dont les feuilles larges et vertes, écartées les unes des autres, ne pomment jamais. On en connaît un grand nombre de sous-variétés cultivées pour la nourriture de l’homme et des animaux.
2° Le chou bouillonné (Brassica oleracea bullata), dont les jeunes feuilles sont un peu rapprochées en têle, puis étalées, bouillonnées ou crispées : telles sont les variétés nommées chou pommé frisé , chou de Milan , chou de Hollande , chou pancalier , et la variété si curieuse nommée chou de Bruxelles ou chou à mille têtes , toute garnie le long de sa tige et des rameaux de petites têtes de la grosseur d'une noix.
3° Le chou pommé ou chou cahus [B rassLCu oleracea capitata ), dont la tige est raccourcie, et dont les feuilles concaves, non bouil-