BERBÉRIDÉES. — ÉPINE- VI1NETTE
[On extrait de ces rhizomes une substance résineuse, qui paraît en être le principe actif et qu’on a nommé podophyllin. C’est une poudre de couleur brune ou jaunâtre ; insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool, d’une saveur désagréable ; sans odeur bien particulière. Cette poudre purge à la dose de 5 à 10 centigrammes; aussi l’appelle-t-on en Amérique calomel végétal. M. Oberlin en a retiré deux résines particulières et de la berbérine (1).]
FAMILLE DES BEHBÉltlDÉES.
Herbes ou arbrisseaux à feuilles alternes, accompagnées de stipules souvent persistantes et épineuses. Fleurs ordinairement jaunes, en épis ou en grappes; calice à 4 ou 6 sépales, accompagné extérieurement de plusieurs écailles ; pétales en nombre égal et opposés aux sépales ; étamines en même nombre, également opposés aux pétales; anthères sessiles ou portées sur un filet, mais offrant toujours deux loges dont chacune s’ouvre de bas en haut par une sorte de panneau. Ovaire uniloculaire renfermant plusieurs ovules. Fruit sec ou charnu, uniloculaire, indéhiscent. Semences contenant un embryon droit au milieu d’un endosperme charnu. Celle famille, composée d’un petit nombre de genres, fournit à la pharmacie le berbéris ou épine-vinette, dont nous employons les fruits ou les semences. La racine sert à la teinture.
Berbéris, ou épine-vinette.
Berberis vulgaris , L. ( fi g . 771). Arbrisseau haut de 2 à 3 mètres, divisé en branches rameuses, armées d’épines simples ou tripartites. Ses feuilles sont assez petites, ovales-oblongues, rétrécies en pétiole à la base, glabres, bordées de dents très-aiguës et presque épineuses. Elles sont pourvues d'une saveur acide agréable. Les Heurs sont petites, jaunâtres, pédonculées , disposées en grappes simples et pendantes, qui sont entourées à leur base d’une rosette de 8 à 10 feuilles d’inégale grandeur. Elles ont une odeur désagréable et comme spermatique. Elles sont à 6 pétales et à 6 étamines insérées entre deux glandes â la base de chaque pétale. Lors de la fécondation, les étamines, qui sont cahées dans la concavité des pétales, se redressent l’une après l’autre pour venir répandre leur pollen sur les tigmate. Ces étamines présententd’ail leurs une irritabilité analogue à celle de la sensitive; lorsqu’on irrite le filament par le contact d’une aiguille, elles se rejettent sur le pistil; l’électricité et lachaleur d’un verre ardent produisent le même phénomène, d’après Eœhlreuter. Les insectes qui vont
(1) Voir, pour les détails sorte Podophij/lum pcltatum, Bentley, New Amei'ican remedies ( Pharm . Journ ., 2e série, 111, -i5Gj.