‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 3)Chapitre 173 sur 176 · MAGN0L1ACÉES. — ÉCORCE DE WINTER · texte numérisé non relu

MAGN0L1ACÉES. — ÉCORCE DE WINTER

nant chacun par un style très-court, au sommet duquel est un stigmate oblong et latéral.

Le fruit présente, sous la forme d’une étoile, la réunion de 6 à 12 capsules épaisses, dures , ligneuses, brunâtres, renfermant chacune une semence ovale, rougeâtre, lisse et fragile, qui contient ellemême une amande blanchâtre et huileuse. Tout le fruit a une odeur très-analogue à celle de l’anis, mais plus douce et plus suave. 11 est stimulant etstomachique.

Les liquoristes en font un grand usage. On en retire aussi par la distillation une huile volatile liquide , un peu plus légère que beau et d’une odeur très-agréable.

Le bois de Y Illicium onùatum paraît participer de l’odeur du fruit, et beaucoup d’auteurs ont pensé qu’il produisait le bois d’anis du commerce; mais celui-ci vient d’Amérique, où il est tiré très-probablement de YOcotea pickurim, IL B. (I).

On trouve à la Floride deux autres espèces ù' Illicium ( Wicium flonclanum , et Illicium parviflorum), dont les fruits aromatiques peuvent être substitués à l’anis étoilé de la Chine.

IScorce «le Winter.

Cette écorce a pris son nom de celui de John Winter, commandant de vaisseau, parti avec Drake, en 1577, pour faire le tour du monde, et qui, obligé par la tempête de séjourner au détroit de Magellan , abandonna le chef de l’expédition , et revint en Angleterre en 1589, apportant avec lui cette écorce, dont il fit usage, comme d’épice, durant la traversée. Il crut pouvoir attribuer à son emploi la guérison du scorbut dont son équipage fut attaqué, et lui donna par là une sorte de célébrité.

C’est Charles de l’Écluse, généralement connu sous le nom de Clusius, qui a décrit le premier cette écorce et qui lui a donné

(I) Voir t. II, p. 392.

DICOTYLÉDONES THALAMIFLORES.

le nom qu’elle porle. C’est donc à sa description qu’il faut recourir pour éclaircir les doutes que l’on peut élever sur l’origine de la substance qui porte aujourd’hui le nom d’écorce de Winter. D’après la description de Clusius (1), l’écorce de Winter est assez semblable à de la cannelle commune, tant pour la substance que pour la couleur; mais elle est plus épaisse que la cannelle, d’une couleur cendrée ou brune à l’extérieur, rude au loucher comme l’écorce d’orme, quelquefois comme disséquée à l’intérieur et enlr’ouverle par des gerçures nombreuses, à la manière de l’écoree de tilleul ; quelquefois aussi elle est très-solide et dure , d'une odeur non désagréable , mais d'une saveur très- âcre , qui brûle la langue et le palais non moins que le poivre. A cette description se trouve jointe la figure d’une écorce trèsépaisse et compacte, reçue de Londres, en 1605, qui se rapporte évidemment à la dernière partie de la description et à notre écorce de Winter actuelle.

D’après un capitaine de navire, nommé Scbalde de Wert, dont Clusius rapporte une lettre écrite en 1601, l’arbre qui produit celte écorce croît sur toute l’étendue des terres qui bordent le détroit de Magellan. 11 est toujours vert et pourvu de feuilles aromatiques; il est très-élevé, et son tronc, acquérant quelquefois deux ou trois fois la grosseur du corps de l’homme, peut fournir plusieurs fortes planches de 2 pieds 1/2 de largeur. Solander lui donne également 50 pieds d’élévation; mais, d’après Georges Forster, cet arbre est d’une grandeur très-variable, sa hauteur variant de 6 à 40 pieds, suivant les lieux et le sol où il croît. Cet arbre a été nommé par Solander W inter ana aromatica , par Murray Wintera aromatica ; mais le nom Drimys Winteri qui lui a été donné par Forster est le seul admis aujourd’hui. 11 présente des feuilles simples, oblongues, obtuses, épaisses , persistantes, très-glauques en dessous; des pédoncules axillaires ou presque terminaux, simples, uniflores, réunis en faisceau, un calice à 2 ou 3 sépales; une corolle à 6 pétales oblongs; des étamines nombreuses, très-courtes, épaissies au sommet, portant chacune deux anthères adnées, à loges latérales écartées et presque séparées; le pistil se compose de 4 à 8 ovaires dressés, terminés chacun par un stigmate sous forme de point. Le fruit se compose de 4 à 6 baies uniloculaires renfermant plusieurs semences.

Maintenant il me reste à dire que les échantillons d’écorces de différents Drimys , que je possède sont tellement différents de l’écorce de Winter du commerce, qu'il en résulte pour moi

(l) Clusius, Exotic., p. 75.

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