‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 3)Chapitre 42 sur 176 · OMBELLIFÈRES. — RACINE DE CAROTTE · texte numérisé non relu

OMBELLIFÈRES. — RACINE DE CAROTTE

presque toujours à maturité, en emportant chacun la moitié du calice. Ces méricarpes, en se séparant, restent suspendus à la partie supérieure d’un support commun simple ou dédoublé, nommé carpophore, et ils sont toujours marqués à la partie extérieure de 5 côtes, qui forment la moitié des tO nervures primitives du calice. Les intervalles qui séparent les côtes saillantes du fruit portent le nom de vallécules. On y observe souvent des vaisseaux résinifères nommés bandelettes ( vittœ , DC.), dont le nombre et la disposition servent aussi à la distinction des genres. Chaque semence du fruit présente un endosperme volumineux, charnu, corné et souvent huileux. L’embryon est droit, homotrope, petit, situé à la partie supérieure de l’endosperme.

M. de Candolle a divisé la famille des Ombellifères en trois sousfamilles fondées sur la forme différente de l’albumen, et ensuite en dix-sept tribus déterminées par la forme extérieure du fruit. Voici seulement les trois sous-familles.

Ort nos per mes : Endbsperme plan du côté interne. Exemples : les genres Sanicula , Seseli, Archanyelica , Siler, Cuminum , Thapsia, Oryngium, etc.

Campylospermes : Albumen offrant du côté interne un sillon longitudinal, par suite de l’introflexion des bords du fruit. Exemples : les genres Caucalis, Scandix , Anthriscus , Chœrophyllnm, Conium, Smyrniwn, etc.

Cœuosperues : Albumen recourbé en dedans de bas en haut. Exemple : le genre Coriandrum.

Les Ombellifères sont en général des plantes actives, riches en huiles volatiles et en résines, que l’on trouve répandues dans toutes leurs parties et principalement dans leurs racines et dans leurs fruits, dont un très-grand nombre sont usités. Quelquefois aussi elles sont pourvues d'un suc très-délétère, comme le sont les différentes plantes qui portent le nom de ciguë, l’œnanthe safranée et plusieurs autres. Ce sont elles également qui fournissent la plupart des gommes-résines usitées en pharmacie, telles que l’assa-fœtida, lesagapénum, le galbanum, la gomme ammoniaque et l’opoponax. Je traiterai de ces derniers produits après avoir parlé d’abord des racines d’ombellifères alimentaires et médicinales, des feuilles ou plantes alimentaires ou vénéneuses, et des fruits aromatiques les plus usités.

Racine (le carotte.

Daucus Carotta, Jj. Cette plante, si intéressante comme plante potagère, croît naturellement partout, dans les champs; mais la racine en est grêle, ligneuse, dure, non sucrée, et pourvue d’une saveur âcre et aromatique; les tiges sont chargées d’aspérités et s’élèvent de GO à 100 centimètres. Les feuilles sont amples, légèrement velues, deux ou trois fois ailées, â folioles très-divisées; les ombelles sont blanches ou un peu rougeâtres, touffues, pour-

DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.

vues d’un involucrepinnalifide.Lesfruitssont très-petits, arrondis, mais ordinairement séparés en deux carpelles aplatis du côté interne, et recouverts de l’autre de longs poils rudes, blancs, visibles à la simple vue et qui les font paraître hérissés. Ils ont une faible odeur herbacée qui, par la trituration, devient forte et térébinthacée. La saveur en est amère, âcre et camphrée.

Celte plante, cultivée dans les jardins potagers, a éprouvé une transformation complète, quant â sa racine, qui est devenue grosse, charnue, sucrée, propre à la nourriture des hommes et des animaux. On en retire assez facilement du sucre cristallisé identique avec celui de la canne et de la betterave, et, si nous n’avions pas cette dernière racine, on est fondé à croire que la carotte pourrait la remplacer.

[En outre elle contient, d’après MM.Frôhc et Sorauer (1), de la pectine, de l’amidon, de la mannite, de l’asparagine, de l’acide malique, des huiles grasses, une huile essentielle, de la potasse et de la chaux, du chlore et de l’acide phosphorique, enfin la substance résineuse cristall isable jaune-rouge ou rouge violacée, à laquelle on a donné le nom de carottine , et qui n’est peut-être qu’une substance incolore, teinte en rouge ou jaunâtre par une matière colorante.] ~-f-

Panais cultivé.

Pastinaca sativa, L, Plante haute de 100 à 130 centimètres, dont la tige, droite, ferme et cannelée, est garnie de feuilles ailées, à folioles ovales, assez grandes, dentées, un peu lobées et incisées. Les fleurs forment une ombelle de 20 ou 30 rayons; elles sont formées d’un calice à peine visible, entier; d’une corolle à 5 pétales égaux, entiers, roulés en dedans; de5 étamines et d’un ovaire infère chargé de 2 styles courts, réfléchis, à stigmates obtus. Le fruit est comprimé, elliptique, formé de deux méricarpes aplatis, blanchâtres, avec une teinte rougeâtre; ils sont écliancrés au sommet, pourvus, du côté extérieur, de 3 côtes dorsales aplaties, et encadrés tout autour par une membrane marginale. Du côté interne, la surface est plane, avec deux tissures en forme de croissants.

La racine de panais cultivé est bisannuelle, pivotante, charnue, blanchâtre, d’une saveur un peu aromatique et sucrée. Elle contient 10 à 12 pour 100 de sucre. C’est un aliment sain et nourrissant , mais qu’il faut éviter de confondre avec la racine de

(1) Archiv. der Pharmacie , CLXXVI, 193. — Voir aussi Jahresbericht der Pharmacognosie de Wiggers et Huseman, 18G8. Pag. 94.

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