‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 3)Chapitre 54 sur 176 · Fœniculum piperitum, DC · texte numérisé non relu

Fœniculum piperitum, DC

Voici les contradictions ou l’obscurité qui existent encore entre les espèces de De Candolle et celles de M. Mérat et que j’ai désiré pouvoir détruire: 1° le fenouil officinal de M. Mérat est très-certainement le fenouil doux de Gaspard Bauhin; dès lors pourquoi M. Mérat en a-t-il fait une espèce séparée? 2° le fenouil officinal de M. Mérat me paraît être tout aussi sûrement celui d’Allioni, qu’Allioni lui-même fait synonyme du fœniculum dulce des frères Bauhin : comment alors De Candolle a-t-il séparé le Fœniculum officinale d’Allioni du Fœniculum dulce, pour le joindre au Fœniculum vulgare? Pour m’éclairer à cet égard, j’ai prié M. Chardin, il y a plusieurs années, de me procurer les diverses espèces ou variétés de fenouil que l’on peut trouver dans le commerce; voici celles qu’il a bien voulu me remettre :

1° Fenouil vulgaire d’Allemagne. Fruit entier, très-rarement divisé, cependant privé de son pédoncule, ovoïde-elliptique, long de 4 millimètres, large de moins de 2, surmonté de 2 styles courts, trèsépaissis à la base. Ce fruit est très-souvent droit; mais souvent aussi il est courbé en arc d’un côté, par l’oblitération partielle ou par l’avortement d’un des carpelles. Il a une teinte générale d’un gris foncé; mais, à la loupe, il présente 8 côtes linéaires un peu blanchâtres, dont deux doubles et plus grosses que les autres, et 8 vallécules assez larges, noirâtres et à un seul canal oléifère. Il présente, lorsqu’on l’écrase, une odeur de fenouil forte et agréable, et il possède une saveur fortement aromatique, piquante et menthée.

Ce fenouil est, sans aucun doute, le Fœniculum vulgare germanicum de G. Bauhin ; je donnerai plus loin les caractères de la plante.

2° Fenouil Acre d’Italie. Fruit presque semblable au précédent, mais d’une couleur beaucoup plus claire ; tout à fait glabre, à côtes blanchâtres étroites et à vallécules verdâtres offrant un canal oléifère développé. Un assez grand nombre de fruits sont pourvus de leur pédoncule et sont entiers ; mais un grand nombre d’autres sont divisés en 2 méricarpes qui paraissent alors un peu amincis en pointe par le haut et un peu élargis par leurs 2 côtes marginales. Ce fruit écrasé présente une odeur forte qui se rapproche de celle de cajeput; il a une saveur un peu âcre, non amère, très-aromatique, accompagnée d’un sentiment de fraîcheur.

Ce fruit me paraît être le Fœniculum vulgare italicum, semine oblongo, gustu acuto de G. Bauhin n° 2; n’ayant pu le faire lever, je ne puis

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c dire s’il a quelque rapport avec le Fœniculum piperitum de De Candolle. il

I 3° Fenouil doux majeur. — C’est le fenouil ordinaire du commerce i: et le véritable fenouil officinal. On le nomme vulgairement fenouil de > Florence ; mais je pense que celui que nous employons vient des envi- | rons de Nîmes. Il est long de 10 millimètres, quelquefois de 15, large de 3, de forme linéaire, quelquefois un peu renflé à la partie supé- H rieure; il est pourvu de son pédoncule qui forme presque toujours un angle marqué avec l'axe du fruit; il est toujours entier, cylindrique 0 par conséquent, pourvu de 8 côtes, dont deux doubles, toutes carénées au sommet, élargies à la base, laissant à peine apercevoir la vallécule.

Le fruit est, à proprement parler, cannelé; il est quelquefois droit ; mais le plus ordinairement il est arqué d’un côté par l’avortement d’un des carpelles. Il est d’un vert très-pâle et blanchâtre, uniforme; il possède une odeur douce et agréable qui lui est propre, devenant plus forte par la friction, mais restant toujours pure et très-agréable; il présenle une saveur très-aromatique, sucrée, fort agréable également.

Ce fruit est le Fœniculum dulce de G. Bauhin, avec les différents synonymes indiqués. C’est également le Fœniculum dulce , majore et albo semine de J. Bauhin. |

y 3° Fenouil doux mineur d’Italie. Fruit long de 6 à 7 millimètres» épais de 2 et plus, quelquefois entier, droit ou recourbé, comme le précédent; mais le plus ordinairement séparé en 2 méricarpes. Les côtes sont blanches, carénées au sommet, mais plus étroites que dans l’espèce précédente, et laissant apercevoir la vallécule renflée par le canal oléifère. Ce fruit écrasé dégage une odeur forte et franche de fenouil ; il présente une saveur très-agréable également de fenouil sucré.

II ressemble beaucoup, à la première vue, au fenouil âcre d’Italie; mais, indépendamment des caractères précédents qui l’en distinguent, il est plus large et d’une couleur générale plus pâle ou plus blanchâtre.

Ce fenouil se rapporte très-bien au Fœniculum mediolanense , C.B. et au Fœniculum dulce vulgare simile de J. Bauhin (i).

5° Fenouil amer «le mîmes. Ce fruit est plus petit que tous les précédents et presque semblable au carvi. Il est long de 3 à 4 millimètres, très-rarement de 5; il est entier ou ouvert, droit ou arqué, d’un vert brunâtre assez prononcé. Les côtes sont étroites, filiformes, d’un blanc verdâtre ; les vallécules sont assez larges, d’un vert foncé, et offrent quelquefois l’apparence d’un second canal oléifère. Le fruit présente en masse une odeur de fenouil vert, qui devient beaucoup plus forte lorsqu’on l’écrase. 11 a une saveur amère manifeste, jointe à un goût aromatique et fort de fenouil.

La grande ressemblance de ce fenouil avec le carvi m’avait fait penser que ce pouvait être la 4° espèce de G. Bauhin ; mais les caractères de la plante ayant détruit celte supposition, il ne reste plus qu’à se demander si ce fenouil est celui mentionné par G. Bauhin sous le nom de Fœniculum sylvestre.

Indépendamment des fenouils précédents, qui m’ont été remis par M. Chardin, j’ai vu un jour chez un droguiste un fruit nommé fenouillet,

(1) J. Bauhin, Hist III, p. II, pag. 4.

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