‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 3)Chapitre 56 sur 176 · OMBELLIFÈRES. — GOMMES-RÉSINES · texte numérisé non relu

OMBELLIFÈRES. — GOMMES-RÉSINES

L’asa-fœtida esl quelquefois en larmes détachées ; mais le plus ordinairement il est en masses considérables, brunes rougeâtres, parsemées de larmes blanchâtres, demi-transparentes. Souvent aussi il est en masses très-impures et mélangées d’une grande quantité de terre ou de petites pierres ; il faut alors le rejeter de l’officine du pharmacien. Lorsqu’on casse le bel asafœtida, la nouvelle surface, qui est ordinairement d’une couleur peu foncée, rougit promptement à l’air. Il répand une odeur alliacée forte et fétide, et possède une saveur amère, âcre et repoussante. Il est beaucoup plus soluble dans l’alcool que dans l’eau et donne une huile volatile alliacée, à la distillation.

M. Théodore Lefèvre, droguiste à Paris, a bien voulu me remettre, il y a quelques années, une collection de drogues médicinales de l’Inde, au nombre desquelles se trouvait un échantillon d’asa-fœtida assez remarquable. Cet asa-fétida, renfermé dans une boite de fer-blanc, présentait une odeur d’une fétidité repoussante, infiniment plus forte que celle de l’asa-fœtida du commerce (I); de plus, il formait une seule masse d’une couleur de miel foncé, ne rougissant pas à l’air, uniformément entremêlée d’une grande quantité de fragments coupés de l’écorce striée de la tige, et sans aucune parcelle de terre ; de sorte que je suis convaincu que cet asa-fœtida s’est écoulé sous forme de stalagmite le long de la tige, et qu’il a été récolté en enlevant à la fois, avec un couteau, l’écorce et le suc résineux. Au surplus, les anciens auteurs, et Théophraste en particulier (2), ont mentionné deux sortes d’asa-fœtida ; Tune tirée de la tige, surnommée caulias , et l’autre extraite de la racine, nommée rhizias ; la chose n’est donc pas nouvelle.

Pelletier a trouvé que Y Asa-fœtida était composé de :

Résine 05, CO

Gomme 19,44

Bassorine 11,66

Huile volatile 3,60

Malate acide de chaux et perte 9,30

La résine YY Asa-fœtida jouit de propriétés particulières, e! entre autres de celle de se colorer en rouge par l’action de la lumière et de l’air réunis. C’est elle, comme on le voit, qui communique cette propriété à Y Asa-fœtida.

[D’après les dernières recherches de M. Iilasiwetz et Barth, elle

(1) D’après Kæmpfer, un gros d’asa-fœtida récent répand plus de puanteur que cent livres de celui qui est vieux et sec.

(2) Théophraste, Denat. plant. , lib. VI, cap. m.

DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.

contient nn acide très-soluble et cristal Iisable, l’acide férulique, qui sous l’action de la potasse donne de l’acide proto-catéchique , de l’acide oxalique, carbonique et des acides gras (1). Quanta l’huile essentielle, c’est un liquide jaune ayant l’odeur très-prononcée d’ Asa-fœtida ; elle est composée de carbone, d’hydrogène et de soufre, et a été regardéecomme un sulfure d’allyle (2).].

L’ Asa-fœtida est un puissant antihystérique. Il entre dans les pilules de Fuller. On l’emploie beaucoup dans la médecine vétérinaire. On assure que, malgré ses qualités si désagréables pour les Européens, qui l’ont nommé stercus diaboli, les Orientaux s’en servent pour assaisonner leurs mets. On ne doit pas être surpris, dit Geoffroy, quand on pense que l’odeur du citron, qui nous plaît tant aujourd’hui, était en exécration chez la plupart des anciens; et que notre ail ordinaire, dont l’odeur a beaucoup de rapport avec celle de Y Asa-fœtida, paraît insupportable aux uns et très-agréable aux autres, qui le prodiguent dans tous leurs mets. Il y a longtemps qu’on dit qu’il ne faut pas disputer des goûts.

Sugapénum OU gomme séraphique.

Cette gomme-résine a de l’analogie, par son odeur, avec l’asafœtida, et vient de la Perse comme ce dernier. Elle est ordinairement en masse et rarement en larmes. Dans l’un et l’autre cas le sagapénum est mou, demi-transparent, mêlé d’impuretés et de semences brisées d’ombellifère. Il ne différerait guère du galba-num mou que par sa couleur plus foncée, si ce n’était son odeur et sa saveur qui sont celles de l’asa-fœtida affaibli et très-désagréable. D’un autre côté, il diffère de l’asa-fœtida par ses propriétés plus faibles, et parce qu’il ne se colore pas en rouge par le contact de l’air et de la lumière.

Le sagapénum s’enflamme facilement et brûle en répandant beaucoup de fumée. La résine y domine sur le principe gommeux, et il fournit de l’huile volatile à la distillation. Il entre dans la thériaque et l’emplâtre diachylon gommé.

Gomme-résine ammoniaque.

Cette substance, nommée communément gomme ammoniaque , était connue des anciens. Suivant Dioscoride, elle découlait d’une espèce de férule qui croît dans la Libye Cyrénaïque, non loin du

(1) Voir Illasiwetz, Recherches sur l’huile d'asa-fœtida. Ann. dcr Chemie und Pharmacie , LXXI, et Journal de Pharmacie et de Chimie, 3e série, XVII.

(2) Illasiwetz et Barth, Bulletin mensuel de lu Soc. chimique de Paris, octobic, 1806.

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