CUCURBITACÉES, POTIRON
par 3 stigmates épais, bilobés, granuleux. Les fruits portent des noms différents, suivant leur forme, qui varie d’une manière singulière. On nomme gourde des pèlerins celui qui est formé de deux ventres inégaux séparés par un étranglement; cougourde celui qui n’a qu’un ventre terminé par un col oblong ; gourdemassue on gourde- trompette celui qui est formé par un ventre peu marqué, terminé par un long col souvent recourbé. Tous ces fruits contiennent, sous une enveloppe dure et ligneuse, une chair spongieuse, blanche et insipide. Les semences sont grises, d’apparence ligneuse, plates, elliptiques, entourées d’un bourrelet élargi sur les côtés et échancré au sommet. L’amande, blanche et huileuse, était une des quatre grandes semences froides.
Potiron.
Cucurbita maxima, Duch. Car. gén : Heurs monoïques. Fleurs mâles à calice campanulé, quinquéfide; corolle soudée au calice, campanulée et à 5 lobes à estivation induplicative; 5 étamines insérées à la base de la corolle, triadelphes, rapprochées en colonne. — Fleurs femelles : calice ové, à limbe supère, quinquéfide; corolle des fleurs mâles, portant des anthères stériles ; ovaire infère, à 3 ou 5 loges; style trifîde ; stigmates bilobés. Baie polysperme. Semences ovécs, comprimées, entourées d’une marge renflée. '
Le potiron a les feuilles très-amples, en cœur arrondi, assez molles, couvertes de poils presque sans roideur. Les corolles sont jaunes, évasées dans le fond et à limbe rabattu en dehors. Les fruits sont très-gros, de forme sphérique aplatie, avec des côtes régulières et des enfoncements à la base et au sommet. Il y en a plusieurs variétés dont la plus ordinaire, le gros potiron jaune , pèse de 13 à 20 kilogrammes, et l’on en a vu de 30 kilogrammes ; la chair en est jaune, ferme, juteuse et savoureuse lorsqu’elle est cuite. Les semences sont larges, elliptiques, entièrement blanches et entourées d’un bourrelet non échancré.
Le ffiraumon, Cucurbita pepo , Duch., est une autre espèce dont les feuilles sont rudes et piquantes. Les fleurs sont en forme d’entonnoir. Les fruits sont allongés de la base au sommet, variables dans leur volume et leur couleur, souvent très-volumineux. Les semences sont semblables aux précédentes.
Le turbanturc, Cucurbita piliformis, Duch., également employé pour la table, paraît n’ôtre qu’une variété du précédent ; mais le
pâtisson, artichaut il’Hspayni* OU bonnet «l’électeur, CuCUrbltO.
melopepo , Duch., est une espèce différente. On connaît encore d’autres fruits du même genre à chair dure, non comestible,
DICOTYLÉDONES CALIC1FLORES.
mais faciles à conserver et très-agréables à la vue par leur forme et leurs couleurs variées : telles sont les fausses oranges et les fausses coloquintes, Cucurbita aurantia, Willd. ; les cougour- «lettes ou fausses poires, Cucurbita OVigera, L., etc.
J’ai cherché à savoir quelles étaient véritablement les quatre semences cucurbitacées qui formaient anciennement les quatre grandes semences froides. J’ai trouvé que c’était celles de :
Concombre,
Melon,
Citrouille-pastèque, Courge en massue,
Cucumis satious , L.
— melo, L.
— citrullus, DC.
Lagenaria vulgaris clavata, DC.
Ma is, à Paris, le nom de citrouille étant donné au giraumon, et celui de courge au potiron, on a fini par substituer aux deux dernières semences froides celles de giraumon et de potiron. De là vient que du temps de Baumé on ne distinguait plus dans le commerce que deux sortes de semences froides, savoir, les grosses , qui étaient celles de la citrouille ou du potiron, et les petites , qui comprenaient celles de melon ou de concombre. Il en est encore de même aujourd’hui.
iiamlirobe des Antilles.
Fevillea cordifolia , Poir. Car. gén. : fleurs dioïques. Fleurs mâles à 6 étamines distinctes, alternes avec les pétales et offrant en outre, d’après Jussieu, 5 étamines stériles. Anthères biloculaires, didymes. — Fleurs femelles : tube du calice campaniforme soudé avec l’ovaire, limbe libre à 5 divisions. Corolle à 5 pétales presque distincts, accompagnés de 5 lamelles alternes (étamines stériles ?). Ovaire semi-infère, tri loculaire, surmonté de 3 styles distincts, bifides au sommet. Baie charnue, triloculaire, à écorce mince, indéhiscente, marquée, vers la partie moyenne, d’un bourrelet circulaire, linéaire, indiquant la limite de l’adhérence du calice, et portant, sur l’étendue du bourrelet, 5 vestiges des lobes du calice. Les semences sont peu nombreuses, comprimées, fixées à la base des loges; elles sont privées d’endosperme et sont composées en entier d’un embryon droit, à cotylédons épais et huileux, à radicule très-courte et infère.
Les Fevillea se distinguent des autres Cucurbitacées par leurs étamines libres, par leurs styles distincts, par la disposition de l’embryon, par le petit nombre et l’insertion des semences ; enfin par leurs vrilles qui sortent de l’aisselle môme des feuilles, au lieu de naître sur le côté. Aussi plusieurs botanistes en forment-ils une petite famille séparée, sous le nom de nhandirobées. L’espèce dont il est ici question, le Fevillea cordifolia ( fig . 637), croît dans les Antilles, où elle porte les noms d'avila et de noix de serpent. Les feuilles sont dépourvues de