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CUCURB1TAGÉES. —
points glanduleux; elles sont cordiformes, acuminées, sous-dentées et quelquefois sous-trilobées. Le fruit entier a la forme d’une grosse coloquinte de 11 ou 12 centimètres de diamètre. L’épicarpe est mince, peu consistant, présentant sous l’épiderme un tissu marqueté, ou comme formé de petites pièces hexagones, ombiliquées, serrées les unes contre les autres. Bourrelet linéaire situé au-dessous de la moitié du fruit; l’intérieur du fruit est charnu, plein au centre, à 3 loges étroites rapprochées de la circonférence. Les semences sont au nombre de deux seulement (?) dans chaque loge ; elles sont larges de 5 ou 6 centimètres, irrégulièrement lenticulaires, amincies sur le bord. L’épisperme est épais, coriace, uni et comme velouté à sa surface; il est d’une couleur fauve ordinairement plus foncée à la circonférence, où ce changement de couleur simule une marge qui n’est pas distincte, en réalité, du reste du tégument. L’amande, formée par les deux lobes cotylédonaires, est plate, jaunâtre, huileuse, amère, fortement purgative. L’huile exprimée est amère, purgative, et, en raison de son abondance, usitée pour l’éclairage, en Amérique. La semence récente, broyée avec de l’eau, paraît être un remède éprouvé contre la morsure des serpents venimeux et contre l’empoisonnement par le mancenillier. C’est une des substances les plus utiles de la matière médicale américaine.
On trouve au Brésil plusieurs espèces de Fevillea dont les semences y sont nommées fèves de Saint-Ignace, d’après Martius, sans doute à cause de leur forte amertume. La plus intéressante à connaître est celle qui a été décrite par Margraff, sous le nom de ghandiroba ou nhandiroba (1); mais elle a été mal connue jusqu’ici des botanistes qui, tantôt lui donnant le nom de Fevillea trilobata (Linné), tantôt celui de Fevillea hederacea (Poiret) (2), ont eu le tort de s’attacher aux caractères variables des feuilles plutôt qu’à ceux du fruit et des semences. Ayant reçu ces dernières de M. le docteur Ambrosioni, de Fernanbouc, j’ai pu vérifier
(!) Marcgraff, Hist. bras., p. 4G.
(2) Non le Fevillea hederacea de l’atlas de Turpin, où l’on trouve figuré le Fevillea cordifotia de Poiret.
266 DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
l’exactitude de la description de Marcgraff, et en tirer un meilleur caractère spécifique.
Feviliea Marcgravii. Fruit ovoïde, obscurément triangulaire, à 3 loges contenant chacune 4 semences. Semences irrégulièrement lenticulaires (fig. 638), larges de 2,5 à 3,5 centimètres, dont le tégument, assez mince, est formé de trois couches distinctes. La première couche est jaunAtre, tendre, spongieuse, facile à détruire par le frottement; la couche mitoyenne est noirâtre, dure, très-mince, cassante, paraissant
Fig. 638. — Feviliea Marcgravii.
formée de fibres très-courtes, agglutinées, perpendiculaires à sa surface, ou rayonnant du centre de la graine à sa circonférence. Cette couche moyenne est en outre parsemée à l’extérieur de tubercules de même nature, qui viennent affleurer la surface de la première couche et y forment des taches ou des aspérités noirâtres. Ces tubercules persistent après la destruction de la première enveloppe, et, comme ils sont plus développés vers la circonférence qu’au centre, ils forment tout autour de la semence deux rangs de tubercules disposés comme les dents d’une roue. Ces deux rangées de tubercules sont séparées, sur l’arête de la semence, par une lame blanchâtre qui était également contenue sous la première enveloppe, et qui persiste plus ou moins après sa destruction, simulant alors une aile membraneuse tout autour de la semence. Celte lame blanchâtre pénètre, par l’arête, dans l’intérieur de la semence, séparant complètement en deux parties le lest noirâtre, et l’on voit alors qu’elle n’est qu’une continuation de l)enveloppe intérieure, qui est blanchâtre et fongueuse comme celle de l’extérieur ; et cette matière fongueuse, non-seulement remplit tout l’intervalle du lest noirâtre à l'amande, mais elle paraît aussi pénétrer entre les deux cotylédons, qui sont épais, huileux et d’un jaune foncé. Cette amande est plus épaisse et plus volumineuse à proportion que dans la première espèce, les différentes enveloppes dont je viens de parler étant au total fort minces, tandis que l’épisperme du nhandirobe des Antilles est au contraire très-épais.
On trouve auprès des Cucurbitacées trois familles qui offrent avec elles de trop grands rapports pour qu’on puisse beaucoup les en séparer.
La première est celle des passiflorées dont le port et les feuilles pal-
PAPAYÀCEES.
matilobées rappellent les Cucurbilacées, mais qui en diffère par la présence de 2 stipules à la base des pétioles; par leurs vrilles axillaires; par leurs fleurs hermaphrodites dont la corolle est souvent accompagnée de lamelles étroites, très-nombreuses et plurisériées ; par leurs étamines dont les filets sont réunis en un tube soudé avec le support de l’ovaire, qui est libre et supère, à une seule loge, portant 3 ou 5 trophospermes pariétaux; enfin par leurs graines pourvues d’un endosperme charnu.
Les Passiflorées, dont les espèces innombrables habitent les forêts de l’Amérique intertropicale, sont recommandables par la beauté de leurs fleurs, et plusieurs par la bonté de leurs fruils ( Pasiiflora coccineci, rnaliformis, quadrangularis, etc.). Un assez grand nombre égale-
Fig. 639. — Papayer commun (*).
ment recèlent dans leurs racines, dans leurs liges ou dans leurs feuilles, des principes émétiques purgatifs ou narcotiques, mais sur la nature desquels on n’est pas suffisamment éclairé.
Les papayacées s’éloignent des végétaux précédents par leur tronc droit, cylindrique et pourvu de feuilles seulement au sommet, ce qui leur donne l’apparence de palmiers, tandis que leurs feuilles palmatifides
(’) 1, papayer mâle; 2, papayer feme'Ie; 3, grappe de fleurs mâles; 4, grappe de fleurs femelles ; 5, fruit ouvert.
DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
et leur suc laiteux les rapprochent des figuiers et des Artocarpus. Leurs fleurs sont monoïques ou dioïques, pourvues d’un calice très-petit. Les fleurs mâles ont une corolle gamopétale, longuement tubuleuse, pourvue à la gorge de 10 étamines placées sur deux rangs. Les fleurs femelles présenlent 8 pétales distincts et 1 ovaire libre, uniloculaire, à 5 trophospermes pariétaux chargés d’un grand nombre d’ovules. Le fruit mûr est une baie uniloculaire, contenant des graines nombreuses pourvues d’endosperme.
L’espèce la plus connue de cette famille est le papayer commun, Ccirica papaya, L., arbre des îles Moluques qui s’est propagé dans l’Inde, aux îles Maurice et de là aux Antilles (/?</. 639). Son fruit se mange cru ou cuit. Le suc laiteux de la tige est amer, dépourvu d’âcreté, chargé d’une si grande quantité d’albumine et de fibrine, que Vauquelin l'a comparé à du sang privé de matière colorante (1). Suivant ce que rapporte Endlicher, quelques gouttes de ce suc ajoutées à l’eau attendrissent en quelques minutes la chair des animaux récemment tués ou trop âgés, et le même effet peut être produit en enveloppant pendant une seule nuit la chair dans une feuille de papayer commun. Une autre espèce de papayer, Carica digitata , arbre élevé de 16 à 20 mètres, observé par le docteur Pœppig, proche des rives de l’Amazone, jouit, comme poison caustique d’une réputation égale à celle de l’upas des Javanais.
Les loasées sont des plantes droites ou grimpantes, à feuilles alternes, ou opposées, dépourvues de stipules, souvent palmatilobées et couvertes de poils rudes, ce qui leur donne une assez grande ressemblance avec les Cucurbitacées. La piqûre des poils est brûlante comme celle des orties. Les fleurs sont hermaphrodites ; l’ovaire est infère. Le fruit est une capsule couronnée par le limbe du calice ou à demi nue, uniloculaire, rarement charnue et indéhiscente, le plus souvent à 3 ou 5 valves portant chacune un trophosperme. Les semences sont endospermées. Ces plantes sont peu répandues et inusitées.