FAMILLE DES MYRTACÉES
Famille indispensable à connaître, à raison des produits qu’elle fournit au commerce, à la vie domestique et à la médecine. Elle renferme des arbres et des arbrisseaux généralement aromatiques, dont les feuilles sont opposées ou alternes, très-entières, souvent persistantes, marquées de points translucides comme celles des Aurantiacées. Les fleurs présenlent un calice tubuleux, adhérent à l’ovaire, surmonté d’un limbe à 4, 5 ou 6 divisions. La corolle est formée de 4, 5 ou 6 pétales insérés sur un disque, à la gorge du calice, et alternes avec ses divisions ; les étamines sont généralement très-nombreuses, le plus souvent libres, d’autres fois différemment réunies par leurs filets, ou polyadelphes. L’ovaire, qui est infère ou semi-infère, est quelquefois uniloculaire; mais il présente le plus souvent de 2 à 6 loges à ovules
(I) Vauquelin, Ann. chim., t. XLIIt, p. 271.
MYRTACEES.
fixés à l’angle central et pendants. Le style est simple. Le fruit varie suivant les tribus de la famille; mais il est le plus souvent pluriloculaire et polysperme. Les graines sont dépourvues d’endosperme.
De Candolle a divisé les Myrlacées en cinq tribus :
1re tribu, chamælauciées : Calice à S lobes; corolle à S pétales; 20 étamines libres ou polyadelphes, le plus souvent en partie stériles. Fruit sec, uniloculaire, monosperme, indéhiscent ou incomplètement bivalve. Arbrisseaux de l’Australie, offrant le port de bruyères, ayant peu d’intérét pour nous.
2e tribu, i.eptospermées ; Étamines indéfinies, libres ou polyadelphes. Fruit sec, pluriloculaire, à déhiscence loculicide ou septicide. Cette tribu nous offre les Melaleuca, les Eucalyptus, les Metrosideros et les Leptospermum, arbres ou arbrisseaux de l’Australie ou des îles environnantes, à feuilles étroites, ponctuées et aromatiques; plusieurs eucalyptus donnent une manne que nous avons déjà mentionnée (1) et des huiles essentielles très-odorantes ; Y Eucalyptus resinifera fournit en outre un suc rouge, très-astringent qui est une des espèces de kino
du commerce. Mais la description en sera réunie à celle des sucs astringents dus à la famille des légumineuses.
3e tribu, myrtées: Étamines indéfinies, libres. Fruit charnu à 2 ou plusieurs loges souvent monospermes par avortement. Arbres ou ar-
(1) Voyez t. II, fiy. 378.
Fig. G40. — Ce goyaver.
DICOTYLÉDONES CAL1CIFLORES.
brisseauxà feuilles opposées et ponctuées, répandus dans toutes les régions chaudes du globe, où ils produisent, tantôt des fruits alimentaires très-estimés, à cause de leur saveur très-parfumée, acidulé et sucrée, tels que les goyaves (fig. 640) ( Psidium ), les jamboses ( Jambosa ), les nèfles îles îles Maurice ( Jossinia ); d’autres fois des fruits très-aromatiques, connus sous le nom de piment, très-usités comme épices. C’est également à cette tribu qu’appartient le giroflier dont les fleurs non développées sont si généralement connues sous le nom de girofles ou de clous de girofle.
4° tribu, barringtoniées : Étamines nombreuses, souvent monadelphes. Fruit charnu, à épicarpe coriace, à une ou plusieurs loges, monoou oligospermes. Feuilles alternes, non ponctuées. Arbres croissant en Asie et en Amérique, entre les tropiques. Les genres Barringtonia , Stravadium, Gustavia, Fœtidia, appartiennent à cette tribu.
5° tribu, lécytidées : Anthères très-nombreuses, monadelphes, formant d’une part un urcéole très-raccourci, à anthères fertiles, et de l’autre une lame pétaloïde portant des .anthères stériles et recouvrant le pistil. L’ovaire est demi-infère, pluriloculaire et pluri-ovulé. Le fruit est sec ou charnu, indéhiscent ou s’ouvrant par un opercule. Arbres de l’Amérique, à feuilles alternes, non ponctuées, à stipules nulles ou caduques, remarquables par la grosseur ou la forme de leurs fruits, que je vais décrire succinctement, afin de n’y plus revenir.
Couroupita «le la Guyane, Couroupita guianensis (I). Arbre trèsélevé des forêts de la Guyane, dont les fleurs sont grandes, à 6 pétales dont 2 plus grands, d’une belle couleur rose et d’une odeur très-suave. Le fruit, nommé vulgairement boulet de canon, est sphérique, de la grosseur de la tète d’un enfant, quelquefois du poids de b kilogrammes : il présente, vers les deux tiers de sa hauteur, un rebord circulaire qui marque l’endroit où le tube du calice cessait d’êire soudé à l’ovaire; mais il est indéhiscent. Le péricarpe est peu épais, formé d’un épicarpe ligneux, d’un mésocarpe pulpeux et d’un endocarpe mince et osseux, divisé intérieurement en 6 loges qui sont remplies d’une pulpe acidulé, non désagréable, mais qui, dans son état sauvage, ne paraît pas être recherchée comme aliment. Les semences sont remplies par un embryon dont la radicule, très-grosse et courbée en cercle, entoure 2 cotylédons foliacés et chiffonnés; elles ne sont d’aucun usage, de sorte que jusqu’à présent cet arbre, qui est un des plus beaux de l’Amérique, offre peu d’utilité.
Quatelé ,|e Guyane, marmite «le singe, Lecythis grandiflora d’Aublet, pareillement son Lecythis zabucajo et le Lecythis ollaria, L., qui paraît être le zabucajo de Pison (2). Ces différents arbres portent des fleurs semblables à celles du couroupita; mais leurs fruits consistent en une capsule ligneuse, très-épaisse, en forme d’urne pourvue, vers le milieu de la hauteur, d’un bourrelet plus ou moins proéminent et à six angles plus ou moins marqués; au-dessus de ce bourrelet, la capsule
(1) Aublet, t. II, p. 708 ; de Tussac, Flore des Antill., t. II, p. 45, fig. 10 et ! 1.
(2) Pison, Bras., p. 05.
MYRTAGESK.