‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 3)Chapitre 68 sur 176 · GRENADIER · texte numérisé non relu

GRENADIER

Couleur du macéré

Jaune pur.

Brun foncé.

Gélatine

Action nulle.

Précipité très-abondant.

Acétate de plomb

Louche et précipité peu sensible.

Précipité jaune , trèsabondant et cohérent; liqueur entièrement décolorée.

Sulfate de fer

Action nulle.

Couleur noire très-intense.

Q FAMFLLE DES COMBRÉTACKES.

Petit groupe formé de genres séparés des élæagnées et des onagraires de Jussieu, et que l’on divise en deux tribus qui conservent leurs premières affinités avec ces deux familles. Ainsi la tribu des terminaliées, qui doit son nom au genre Terminalia, séparé des élæagnées, est caractérisée par un calice à 5 lobes caducs, sans corolle et portant 10 étamines sur deux séries; par un ovaire infère, uniloculaire, à plusieurs ovules pendants; par un fruit drupacé, uniloculaire, monosperme et indéhiscent, souvent ailé; enfin par un embryon cylindrique ou ellipsoïde, privé d’endosperme, à cotylédons foliacés, tournés en spirale.

La tribu des combrétées, dont le principal genre est le G. Combretum, retiré des onagraires, présente un calice à 4 ou 5 lobes; une corolle à 4 ou 5 pétales; 8 à 10 étamines en deux séries; un fruit infère souvent ailé, 2 cotylédons épais, irrégulièrement plissés.

Les arbres de cette famille se recommandent généralement par leur bois dur et très-compacte, par leurs écorces astringentes, propres au tannage et à la teinture, et par leurs fruits astringents et à amande douce et huileuse, dont plusieurs sont connus depuis très-longtemps sous le nom de myrobalans ou, par corruption, myrabolans et myrobolans (1), mais dont l’origine n’est peut-être pas exactement déterminée.

(1) Ce nom est dérivé de gOpov onguent ou parfum , et de (iâXavoç, gland ou fruit , soit que les myrobalans, de môme que les baies de myrte, les noix de cyprès

COMBRÉTACÉES. — MYROBALAN.

On connaît dans le commerce cinq fruits du nom de myrobalans , qui sont distingués par les surnoms de citrins , chébules , indiens, bellerics et emblics. Ces derniers, très-différents des autres, appartiennent à la famille des Euphorbiacées et ont été décrits tome II, p. 340. Les autres appartiennent à la section du genre Tertninalia, dont les fruits sont dépourvus d’ailes, ou au genre Myrobalanus de Gærtner.

Sly rohalan cilrin. Ce fruit se présente sous trois formes principales : 1° Jaune et ovoïde anguleux [fig. 646). Drupe desséché, d’une forme ovoïde, également aminci en pointe mousse à ses deux extrémités. Il est ordinairement marqué de 5 arêtes saillantes, longitudinales, entre

lesquelles paraissent 5 côtes arrondies plus ou moins marquées ; il varie en longueur de 2,5 à 3,5 centimètres, très-rarement 4, et en diamètre de 1,5 à 2 centimètres; il est luisant à sa surface et d’une couleur qui varie du jaune pâle et verdâtre au jaune brunâtre. A l’intérieur, il est formé d’une chair desséchée, le plus souvent caverneuse, d’une couleur verdâtre et d’une saveur très-astringente. Au centre se trouve un noyau ovoïde, plus ou moins pentagone, ligneux et tellement épais, que la loge où se trouve l’amande a tout au plus 3 millimètres de diamètre, et souvent moins. L’amande est presque linéaire, recouverte d’une pellicule rouge, blanche à l’intérieur, et formée de 2 cotylédons roulés autour de la radicule. Ils ont une saveur huileuse, un peu âpre, finissant par devenir amère. La substance du noyau présente une grande quantité de très-petites cellules rondes, qui sont remplies d’un suc jaune et transparent comme du succin.

2° Verdâtre et piriforme [fig . 647), Myrobalanus citrina, Gærtn., tab. 97. Ces myrobalans sont allongés en poire par l’extrémité pédonculaire; ils ont une couleur plutôt verte que jaune; une chair verâdtre plus dure, plus compacte et beaucoup moins caverneuse que dans la première variété; enfin leurs 5 côtes intermédiaires sont souvent aussi anguleuses

et d’autres astringents, aient été usités autrefois pour la composition de pommades cosmétiques; soit que ce nom leur ait été donné à cause de la confusion qui a pu exister entre eux et la noix de ben. Pline, en effet (liv.XII, cliap. xxi), paraît comprendre sous la même dénomination myrobalanus, la semence de ber. et les myrobalans.

DICOTYLEDONES CALICIFLORES.

et aussi proéminentes que les autres; le noyau et l’amande sont semblables. Ces myrobalans ressemblent par leur forme aux chébules; ils en diffèrent par leur couleur verdâtre et par leur volume qui est moins

Fig. 647. — Myrobalan citrin verdâtre.

considérable : cependant j’en possède un long de 43 .'millimètres et épais de 24, qu’on prendrait, sauf sa couleur, pour un myrobalan chébule.

3° Brunâtre et ovoïde-arrondi (fig. 648). Ces myrobalans sont ovoïdes, plus ou moins arrondis, plus ou moins atténués en pointe aux deux

Fig. 648. — Myrobalan citriu brunâtre.

extrémités, sans angles bien marqués (1). 11 est possible qu’ils aient été primitivement jaunes ; mais ils sont actuellement d’un brun très-foncé, et quelques-uns paraissent noirs. A l’intérieur,leur chair est très-brune, presque noire, quelquefois dure, compacte et luisante, le plus souvent très-caverneuse. Le noyau et l’amande sont semblables à ceux des précédents.

Dans le commerce, ces myrobalans sont vendus comme bellerics ou comme chébules, suivant leur forme: ils sont bien différents des premiers, et ont plus d’analogie avec les citrins qu’avec les chébules.

(I) Voici quelques-unes de leurs dimensions : arrondis, I9mm sur 21,24mmsur 28, 27mm sur 35 j allongés, lSmm sur 32, 22mm sur 40.

COMBRÉTACÉES. — MYROBALAN.

Myrobalan chébule {fig . 649), Myrobalanus chebula, Gærtn. Ces myrobalans sont longs de 30 à 40 centimètres, épais de 18 à 20, presque toujours allongés en poire, d’une manière très-marquée, par l’extrémité pédonculaire; ils sont souvent manifestement pentagones, d’autres fois à 10 angles aigus presque réguliers, mais toujours très-rugueux,

Fig. 649. — Myrobalan chébule.

rudes au toucher, et d’une couleur brune, rarement un peu jaunâtre, le plus souvent noirâtre. Ils sont très-pesants et formés d’une chair desséchée, noirâtre, dure, compacte, à cassure luisante et comme résineuse; ils sont pourvus d’une saveur astringente moins forte que celle des myrobalans citrins. Le noyau ligneux et l’amande ont les mêmes dimensions relatives que dans celui-ci ; l’amande m’a paru plus douce.

Myrobalan indien {fig. 650). Ce myrobalan e$t beaucoup plus petit que les précédents, car sa plus forte grosseur est celle d’une olive: il a la forme d’une poire comme le myrobalan chébule; il est tout à fait noir, ridé, très-dur, brillant et compacte dans sa cassure ; on voit au

Fig. 650.— Myrobalan indien. Fig. 651. — Myrobalan belleric.

milieu une ébauche du noyau, et la place de l’amande est vide; sa saveur est astringente et aigrelette. Par la ressemblance frappante de ce myrobalan avec le précédent, il est évident que ce n’est que le même fruit cueilli bien avant sa maturité, et différant du myrobalan chébule, comme, par exemple, le cerneau diffère de la noix.

Myrobalan belleric {fig. 65 1), Myrobalanus bellerica , Gærtn. Cette espèce de myrobalan a la grosseur d’une muscade, plus ou moins. II est ovale ou presque rond, sphérique ou légèrement pentagone ; mais alors

môme on le distingue des autres myrobalans en ce que ses angles sont arrondis et que sa surface n’est pas rugueuse ; toujours aussi il se termine d’un côté en une pointe très-courte qui se confond avec le pédoncule. 11 n’est pas luisant, et est, au contraire, d’un gris rougeâtre mat et cendré; à l’intérieur sa chair est brunâtre, légère, poreuse et friable. La coque ligneuse qui es! dessous est bien moins épaisse que dans les autres myrobalans, et son amande, qui est arrondie ou pentagone, selon la forme du noyau et du fruit, a un goût de noisette assez agréable.

Le myrobalan belleric a des caractères tellement tranchés qu’il a été facile d’en déterminer l’origine. L’arbre qui le produit est le Tani de Rheede (t), et le Terminalia bellerica de Roxburgh (2). Ses feuilles sont pétiolées, ovales, entières, fermes, unies, longues de 16 centimètres, ramassées vers l’extrémité des branches, de même que dans les autres* espèces du genre. Les fleurs sont petites, d’une odeur très-désagréable, disposées en épis axillaires simples, ne portant que des fleurs mâles, avec une seule fleur femelle par le bas. Le fruit n’est nullement usité en médecine, mais les semences sont mangées comme des noisettes. L’écorce de l’arbre, étant incisée, laisse découler une grande quantité d’une gomme insipide, semblable à la gomme arabique et complètement soluble dans l’eau.

Quant aux myrobalans cilrin et chébule, on se tromperait fort, si l’on croyait pouvoir attribuer toutes les variétés du premier, qui sont peutêtre des espèces distinctes, au erminalia Tcitrina de Roxburgh, et le dernier au Terminalia chcbula; le contraire serait, en partie au moins, plus près de la vérité.

M. Gonfreville, qui avait été envoyé dans l’Inde pour y étudier les procédés de teinture et les matières tinctoriales, a rapporté avec lui, sous les noms de :

Tanikai , des myrobalans bellerics ;

Kadoukai, des myrobalans citrins (première sorte);

Kadnkai-poo, des galles de myrobalan citrin ;

Myrablumse , des myrobalans chébules.

Secondement, dans la belle collection de Matière médicale de l’Inde que je dois à M. Théodore Lefèvre, droguiste à Paris, que j’ai déjà citée pour l’assa-fœlida, se trouvent, sous les noms de :

Nellie kai, des myrobalans emblics ;

Tanikai , des myrobalans bellerics;

Kadukai , des myrobalans citrins de la première sorte, très-bel

échantillon ;

Kaduka pou , des galles de myrobalan citrin.

On n’v trouve ni chébules, ni myrobalans indiens qui ne paraissent pas être originaires de l’Inde proprement dite, et dont l’arbre est inconnu jusqu’à présent. Quant aux myrobalans citrins de la première sorte, qui ont toujours été considérés comme les vrais citrins, et qui sont les plus communs dans l’Inde, l’arbre qui les produit est celui qui a été nommé à tort, par Roxburgh, Terminalia chebula, et tout ce qu’il

(1) Rheede, Mal., IV, tab. X.

(2) Roxburgh, Coron, plant., II, tab. CLXXXXVIII.

COMBRÉTACÉES. — MYROBALAN.

rapporte de cetteespèce doit leurêtre attribué. D’après la ressemblance des fruits, je présume que les myrobalans cilrins de la troisième sorte peuvent être attribués au Terminalia citrina, Roxb., et ceux de la deuxième sorte au Terminalia gangetica ; mais ce ne sont que des présomptions.

Galle de myrobalan citrin {fig. 652). Par suite de l’erreur commise par Roxburgh dans le nom de l’arbre au myrobalan citrin, la galle dont il est ici question est supposée produite par le même arbre

Fig. 652. — Galle de myrobalan citrin.

que celui qui donne le myrobalan chébule (1); mais elle appartient véritablement au myrobalan citrin, au milieu duquel onia trouve dans le commerce, et comme l’indiquent leurs noms indiens Kadukai et Kadukai poo (fleur de kadukai). Cette galle a été décrite par Samuel Dale et par Geoffroy, sous le nom de fève du Bengale, et Dale a pensé que ce pouvait être le myrobalan citrin lui-même devenu monstrueux par suite de la piqûre d’un insecte; mais il paraît qu’elle croît sur les feuilles de l’arbre, et sa forme de vessie creuse, semblable à celle des galles de l’orme et du térébinthe, indique qu’elle est produite par des pucerons. Telle que nous la voyons, elle est simple ou didyme, longue de 25 à 35 millimètres, généralement ovoïde, aplatie et ridée longitudinalement par la dessiccation ; d’une couleur jaune verdâtre de myrobalan citrin à l’extérieur, tuberculeuse et brunâtre à l’intérieur, toujours vide et privée d’insectes. Elle est fortement astringente et aussi bonne que la noix de galle, pour la teinture en noir (Roxb.).

Plusieurs fruits plus ou moins analogues par leur forme et leur structure intérieure ont reçu le nom de myrobalans. Tel est d’abord le myrobalan d’Amérique OU prune d’Amérique, produit par le Chrysobalanus icaco, L., de la famille des Rosacées, et qui présente en effet beaucoup de ressemblance avec le myrobalan citrin par son brou desséché et jaunâtre recouvrant un noyau décagone, uniloculaire et monosperme. Un autre fruit encore assez semblable est le myrobalan monbin, Spondias lutea, de la famille des Anacardiacées ; un troisième est le myrobalan d’Egypte ou datte du désert, Balanites œgyptiaca, Del., dont la classification est incertaine. Ce fruit, que l’on trouve sou-

(1) Les myrobalans chébules rapportés par M. Gonfrevilte sont en dehors de la nomenclature de cent substances de l’Inde ( Recueil de la Société libre d'émulation de Rouen, 1834). Us n’ont d’ailleurs pas de nom indien.

DICOTYLÉDONES CALFCIFLORES.

vent mêlé à la gomme arabique et à celle du Sénégal, a presque la forme et la figure d’une datte; sa chair, qui est d’abord âcre, trèsamére et purgative, devient douce et mangeable en mûrissant. L’amande fournit une huile grasse usitée en Nigritie. O

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