‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 3)Chapitre 84 sur 176 · BOIS DE LÉGUMINEUSES · texte numérisé non relu

BOIS DE LÉGUMINEUSES

Bois d’aloès.

Ce bois n’a aucun rapport avec le suc d’aloôs, ni avec la plante liliacée qui le produit; il était connu des Arabes sous le nom d’Agalugin, dont les Grecs ont fait Agalloclion. Les Hébreux le nommaient ahalot, et c’est de là sans doute que vient son nom moderne d ’aloès, que d’autres bois mériteraient bien plus que lui, s’il lui avait été donné à cause de son amertume.

Le bois d’aloès vient des contrées les plus lonitaines de l’Asie, comme de la Cochinchine, delà presqu’île de Malacca, et il règne une obscurité d’autant plus grande sur son origine que plusieurs arbres de ces pays produisent des bois odorantset résineux qui sont également vendus comme bois d’aloès ou d'agalloche. Rumphius lui-môme n’a pas traité ce sujet avec toute la clarté désirable; voici cependant ce qu’on peut conclure de sa longue description :

La première espèce de bois d’aloès est nommée kilam ou lio-kilam par les Chinois, et calambac par les Malais; l’arbre qui la produit croît dans les provinces de Tsjampaa, de Coinam et dans la Cochinchine; il ne fournit ce bois précieux que dans quelques-unes de ses parties, et encore lorsqu’il languit par suite de maladie ou de vieillesse. Ce bois, de la meilleure qualité, est d’un brun obscur et cendré, strié par de longues veines noires; ou, quand il a été pris autour des nœuds, vergeté de veinules semblables; lorsqu’il est récent, il offre des parties tellement molles et grasses, que l’ongle peut y pénétrer; mais il durcit et devient plus dense avec le temps.

On rencontre une sorte d’agalloche d’un brun plus cendré, à fibres plus grosses, toujours strié longitudinalement par des veines noirâtres, et

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