LÉGUMINEUSES. — GENÊT DES TEINTURIERS
mouchetures dont j’ai parlé, empêcheront toujours qu’il soit employé pour les meubles de prix. Le bois du Brésil, dit de coiurbaril, que les ébénistes emploient à faire de si beaux meubles, est du Gonzalo-alvès, produit par 1 ’Astronium fraxinifolium, de la famille des Térébinthacées.
Indépendamment des bois précédents qui, en raison de leur application à la teinture ou à l’ébénisterie, forment le sujet d’un comme ce
Fig. 660. — Bois de courbaril.
plus ou moins important, on trouverait dans les légumineuses de notre pays ou dans celles que la culture y a naturalisées, des bois qui pourraient être employés aux mêmes litres; tels sont, parmi les bois bruns, ceux du faux ébénier ( Cytisus laburnum) et du robinier faux-acacia ( Robinia pseudo-acacia), et parmi les bois jaunes ou rouges, le féxier à trois épines ( Gymnocladus triacantlios), le Caragana arborescens , le Virgilia lutea , le Sophora iaponica, etc. ^
Genêt des teinturiers.
Genista tinctoria , L.; tribu des Lotées. Car. gén.: calice campanulé, à deux lèvres, dont la supérieure à deux dents et l’inférieure il trois; corolle papillonacée, à étendard réfléchi en dessus, à deux ailes oblongues et divergentes, et à carène pendante ne recouvrant pas entièrement les organes sexuels. 10 étamines monadelphes; ovaire ovale ou oblong, à style relevé et ù. stigmate velu d’un côté. Légume comprimé, ovale ou oblong, contenant une ou plusieurs graines.
Le genêt des teinturiers, nommé aussi genestroie, ne forme le
plus souvent qu’un petit arbuste, haut de 35 à 60 centimètres, divisé dès sa base en rameaux nombreux, effilés, striés, glabres, garnis de feuilles simples, lancéolées, presques sessiles, légèrement ciliées sur le bord. Les fleurssonl assez petites, jaunes, disposées, au sommet des rameaux, en grappes longues de 5 centimètres. Le calice et les légumes sont très-glabres.
La genestrole croît sur les collines, dans les pâturages secs et sur le bord des bois. Elle passe pour purgative et émétique, surtout ses graines, mais elle est inusitée. Elle a été très-usitée dans la teinture en jaune, mais elle est aujourd’hui remplacée par la gaude. En 1820, M. Marochetti, médecin russe, l’a préconisée contre la rage; mais les essais qui en ont été faits en France n’ont pas été favorables à son efficacité.
Parmi les autres espèces du même genre qui pourraient être employées aux mêmes usages, il faut citer :
Le genêt purgatif, Genista purgans , Lam., dont les feuilles sont simples, linéaires-lancéolées, pubescentes; calices et légumes velus; 50 à 60 centimètres de hauteur.
Le genêt herbacé, Genista sagittalis, L.; divisé dès la base en rameaux herbacés, longs de 14 à 22 centimètres, chargés d’ailes foliacées, sous-articulés, et pourvus de feuilles simples, ovéeslancéolées.
Le genêt commun ou genêt à balais, Genista scopona , Lam. ; Cytisus scoparias , Link; arbrisseau haut de 100 à 160 centimètres, à rameaux effilés, très-flexibles, marqués de deux angles saillants ; à feuilles inférieures péliolées et trifoliées, les supérieures simples, presque sessiles, ovales-lancéolées. Les fleurs sont grandes, d’un jaune d’or. Elles sont pédicellées et solitaires dans l’aisselle des feuilles supérieures, formant, par leur rapprochement, une sorte de grappe.
Le genêt d’Espagne, Genistajuncea, Lam. ; Spartiumjunceum , L.; arbrisseau de 2m,5 à 3 mètres, à rameaux nombreux, junciformes, münis d’un petit nombre de feuilles éparses, lancéolées, glabres, et terminés par une grappe de fleurs jaunes, grandes et odorantes. Cette espèce croît naturellement sur les collines sèches, en Italie, en Espagne et dans le midi de la France. On la cultive dans les jardins.
Alélilot officinal.
Melilotus of/îcinalis, Willd. {fi g. 661). Tribu des Lotées. Car.gén.: calice tubuleux à 5 dents; carène simple à ailes plus courtes que l’étendard ; légume plus long que le calice, coriace,' mono-ou oligosperme. — Car. spéc.: tige dressée, rameuse; rameaux très-
LÉGUMINEUSES. — MÉL1L0T OFFICINAL.
ouverts; folioles lancéolées-oblongues, obtuses, à dentelure lâche, à stipules sétacées ; dents du calice de la longueur du tube ; étendard brun, strié ; ailes égalantla carène ; légume disperme, obové, lanugineux-rugueux ; style filiforme, de la longueur du légume; semences inégalement cordiformes.
Le mélilot officinal est commun en France, dans les champs ' cultivés. Sa racine est pivotante et bisannuelle; ses tiges sont hautes de 35 à 70 centimètres, un peu étalées à leur base, ensuite redressées, garnies de feuilles ternées dont la foliole terminale est pédicellée et éloignée des deux autres . Ses fleurs sont petites, d’un jaune pâle, nombreuses, pendantes et disposées en longues grappes dans les aisselles des feuilles supérieures. 11 leur succède des légumes ovoïdes, ne contenant le plus souvent qu’une seule graine.
Le mélilot n’a qu’une faible odeur à l’état frais; mais il acquiert par la dessiccation une odeur plus forte et très-agréable, ce qui le rend propre à aromatiser le foin auquel il se trouve mêlé, et à le rendre plus agréable aux bestiaux.
On doit à M. Chatin l’observation Fig. 66 1. — Mélilot officinal, que, sur les marchés de Paris, on
vend souvent, au lieu de mélilot officinal, le Melilotus arvensis , Willd. Le premier est en bottes longues de 30à 35 centimètres, formées de rameaux assez uniformes et privées de plantes étrangères. Les bottes du second ne dépassent pas 20 ou 25 centimètres, et sont mélangées d’un grand nombre de plantes étrangères qui ont été coupées en même temps. Le mélilot des champs est d’ailleurs un peu moins aromatique.
En 1820, M. Yogel avait cru reconnaître dans la fleur de mélilot la présence de l’acide benzoïque; mais, comme il admettait le même acide dans la fève tonka,le fait devenait douteux, au moins pour moi, qui avais reconnu antérieurement quele principe aromatique de la fève tonka était un principe particulier, non acide, auquel j’avais même donné le nom de coumarime. Depuis cette époque, plusieurs pharmaciens (MM. Chevalier, Thubeuf, Cadet, Guillemette) ont obtenu le principe aromatique du mélilot, soit en distillant les fleurs avec de l’eau, soit en les traitant par l’alcool, et
DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
ont reconnu son caractère non acide et son identité avec la coumarime de la fève tonka (1).
Séué (feuilles et fruits).
Le séné provient de plusieurs arbrisseaux du genre Cassia, delà décandrie monogynie de Linné, des dicotylédones polypétâles périgynes de Jussieu et de la famille des Légumineuses. Il y en a plusieurs espèces qui varient par la forme de leurs feuilles, ce qui est cause que G. Bauhin et d’autres botanistes, à son exemple, les avaient distinguées en Senna alexandrina foliis acutis, Senna italien foliis acutis, et Senna italica foliis oblusis. Linné les réunit sous le seul nom spécifique de Cassia Senna; mais les bolanistes modernes ont compris de nouveau le besoin de les séparer. Beaucoup ne distinguent encore que les deux espèces de Bauhin ; cependant celle à feuilles aiguës présente plusieurs sous-espèces ou variétés qu’il est nécessaire de décrire séparément, en raison des produits différents qu’elles fournissent au commerce.
Première espèce : Cassia obovata , Colladon ( fig . 662). Sous-arbrisseau de 35 à 50 centimètres d’élévation, garni de feuilles stipulées, pétiolées, à 6 rangs de folioles opposées. Le pétiole n’est muni d’aucune glande ; les folioles sont elliptiques-obovées, ouob- <#ordées, c’est-à-dire en forme d’œuf ou de cœur dont la pointe est tournée vers le pétiole, et elles sont terminées à leur extrémité par une petite pointe brusque. Elles sont minces, vertes, semblables pour les nervures, la saveur et l’odeur à celles de l’espèce suivante. Ses fleurs sont portées sur des grappes axillaires, au moins aussi longues que les feuilles ; elles offrent un calice à 5 sépales, une corolle à 5 pétales inégaux, 10 étamines libres et inégales, 1 ovaire stipité ; le fruit, auquel on donne vulgairement le nom de follicule, est un légume membraneux, plat, étroit, très-arqué, d’unecouleur noirâtre, contenant de 6 à 8 semences, semblables pour la forme à celles du raisin, et surmontées chacune, àl’extérieur, d’une arête saillante. Cette espèce de séné croît naturellement dans la haute Égypte, dans la Syrie, en Arabie, dans l’Inde, au Sénégal; elle a été cultivée longtemps dans plusieurs parties de l’Europe méridionale, et surtout en Italie, d’où elle a pris le nom d e séné d’ Italie. Ses feuilles passent pour être moins purgatives que les suivantes, et les fruits ou follicules sont tout à fait rejetés. La plante se trouve parfaitement représentée par Nectoux(2).
(1) Journ. de Pharm., t. XXI, p. 1??.
(2) Nectoux, Voyage dans la haute Égypte , pi. I. Paris, 1808.
LÉGUMINEUSES. — SÉNÉ
Deuxième espèce : Cassia acutifolia deDelile (1). Excluez toutes les autres synonymies. Cette espèce forme un arbrisseau de GO à 100 centimètres de hauteur. Sa tige est courte et ligneuse; ses rameaux sont droits et minces; les pétioles sont dépourvus de glandes, et portent de 3 à 6 paires de folioles, qui sont longues de 27 à 34 millim., larges de 7 à 14, et d’une forme lancéolaire, c’est-à-dire allongée et terminée insensiblement en pointe à ses deux extrémités. Elles sont assez fermes, rcides, d’une couleur vert pâle, un peu glauque à la surface postérieure, jaunâtre en dessus; on y remarque une nervure longitudinale très-apparente saillante à la surface postérieure, et de laquelle partent de G à 8 paires de nervures latérales, à peu près aussi apparentes sur l’une et l’autre face, égales entre elles, assez régulièrement espacées et dirigées vers le sommet de la feuille. Elles ont une saveur
un peu âpre, ensuite mucilagineuse et très-peu amère; leur odeur est assez marquée et nauséeuse. Les fruits sont tout à fait plats, longs de 40 à 33 millim., larges de 20 à 27, arrondis, très-peu arqués, lisses et sans arêtes saillantes au milieu, noirâtres au centre, verts sur le bord, renfermant de G à 9 semences. Ce séné
(1) Delile, Flot'. Ægypt., p. 75, tab. XXVII, f. 1. — Sennci acutifolia Dischoffana, Batka; C. lenitiva acutifolia, Bisclioft’.
Pour la synonymie des diverses espèces de Cassia officinales, consulter le mémoire de M. Batka sur les Cassia et le résumé dans Jahresbericht über die Forschritte der Pharmagnosic von Wiggers et Husemann, etc. I Jabrgang, I8GG, p. 142 et suiv.
Fig. 662. — Séné ( Cassia obovata).
Fig. 663. — Séné [Cassia œthiopiça).
362 DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
croît principalement dans la vallée de Bicharié,audelà de Sienne, sur les confins de l’Égypte et de la Nubie.
Troisième espèce ou variété : Cassia œthiopica, Guib (1 ) (fîg. 663); Cassia ovata, Mérat (2). A l’exemple de M. Mérat, je pense que ce séné doit être séparé du précédent, à cause de la constance des caractères qui le distinguent, et parce qu’il fournit une sorte commerciale abondante et toujours identique avec elle-même, qui est le séné de Tripoli; mais, au lieu de donner avec M. Mérat, comme représentant de cette espèce, le Cassia lanccolata de Colladon (3), je dis qu’elle est exactement représentée par le séné de Nubie de Nectoux (4). Ce séné s’élève au plus à la hauteur de 50 centimètres; ses pétioles sont pourvus d’une glande à la base, et d’une autre entre chaque paire de folioles. Les folioles sont au nombre de 3 à 5 paires ; elles sont pubescentes,ovales-lancéolées, longues de i6 à 20 millimètres, larges de 7 à 9, et par conséquent plus petites, moins allongées et moins aiguës que celles du Cassia acu tifolia. Les fruits sont plats, lisses, non réniformes, arrondis, longs de 25 à 35 millimètres, d’une couleur blonde ou fauve, et ne contiennent que 3 à 5 semences. Cette espèce croît principalement en Nubie, dans le Fezzan au sud de Tripoli, et probablement dans toute l’Éthiopie.
Quatrième espèce ou variété : Cassia lanceolata, Forsk. (5). Forskal (6) fait mention de trois espèces de séné : la première est son Cassia lanceolata foliis quinquejugis ; foliolis lanceolatis , pollicariis , breviter petiolatis ; glandula sessili supra basin petioli ; legum. non maturis linearibus , villosis, compressis, incurvis: cette espèce est celle que M. Fée a décrite sous le nom de Cassia elongala. La seconde est le Cassia medica petiolis non glandulosis, que M. Dehle pense être semblable au Cassia acuti folia. La troisième est un Senna Meccœ Lohajœ , foliis 5-7 jugis, lineari-lunceolatis, qui est ce que nous nommons séné de la pique ou séné moka; je la regarde comme une simple variété du Cassia lanceolata.
Indépendamment des arbrisseaux précédents, il y en a un, totalement différent, qui croît en Égypte et dont les feuilles se trouvent mêlées au séné du commerce. Cet arbrisseau est VArguel, Cynanchum Argel de Delile ( Solenostemma arghel , Hayn), de la pen-
(1) Cette plante est généralement regardée comme une simple variété de l’espèce précédente : c’est le Senna acutifolia genuina, Batka ; Cassia leniliva obtusi folia, Bischoff; C. lanceolata, Nectoux, etc.
(2) Mérat., Dict. mut. méd. et de tbérap. art. Sénés. Paris, 1834, t. VI, p. 311.
(3) Colladon, pl. XV, f. C.
(4) Nectoux, ouvrage cité, pl. II.
(5 ) Senna angusiifolia, Batka; Cassia ançusti folia, Vahl ; Cassia tnedicina/is , Bischoff.
(6) Forskal, Flore d'Arabie.
LÉGUMINEUSES. — SENE
tandrie digynie, et de la famille des Àsclépiadées. Ses feuilles (fig. 664) sont de forme variable, mais le plus souvent lancéolaires et de diverses grandeurs. Elles sont plus épaisses que celles du séné, peu ou pas marquées de nervures transversales, chagrinées à leur surface et d’un vert blanchâtre ; elles ont une saveur beaucoup plus amère que le séné, avec un arrière-goût sucré ; elles jouissent d’une odeur nauséeuse assez forte, et sont douées d’une propriété purgative, mais irritante, qui en rend l’usage peu sûr. Les fruits, que l’on trouve aussi quelquefois mêlés au séné, sont formés d’un vrai follicule (ou péricarpe sec s’ouvrant par une fente longitudinale); celui-ci est ovale, terminé par une pointe allongée et conique, blanchâtre, un peu épais, demi-solide, contenant un grand nombre de semences aigrettées.
Commerce de séné : séné «le la palte. D’après Rouyer (1), le commerce du séné se fait surtout par la voie de l’Égypte, où les Ababdeh, tribu d’Arabes qui habitent les confins de l’Égypte supérieure, se le sont approprié. Ce sont eux qui vont chercher le séné au delà de Syène, principalement dans la vallée de Bicharié, et qui le rapportent dans cette ville, où en est le premier entrepôt. Ils y apportent aussi l’arguel et le séné à feuilles rondes, qu’ils récoltent au-dessus et au-dessous de Syène.
On trouveàEsné, autre ville de la haute Égypte, sur la rive gauche du Nil, un second entrepôt destiné à recevoir tout le séné qui vient de l’Abyssinie, de la Nubie et de Sennaar , d’où il en arrive une quantité assez considérable parles caravanes qui amènent les nègres en Égypte. Ce séné est de la même espèceque celui qui croît dans la vallée de Bicharié ( Cassia acutifolia ); seulement les feuilles en sont plus petites et plus vertes , et les follicules plus courtes et plus étroites. Ce séné, qui appartient probablement au Cassia œtfiïopica, arrive ordinairement mondé de ses branches, et n’est mêlé ni de séné à feuilles obtuses, ni d’arguel, ce qui le fait estimer davantage. On dépose aussi à Esné tout le séné à feuilles obtuses que l’on recueille dans la haute Égypte.
Fig. 664.
— Séaé ( Cassia lanceolala).
(1) Rouyer, Ann. de chim. , t. LVI, p. 1G5.
364 DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
Lorsque la récolte du séné est terminée (on la fait à la maturité des follicules, vers le milieu du mois de septembre), on embarque sur le Nil tout celui qui a été amassé dans les magasins de Syène et d’Esné, pour le faire passer au dépôt général à Boulacq, auprès du grand Caire, où il vient tous les ans, de Syène, 7 à 8000 quintaux de séné à feuilles aiguës ( Cassia acuti folia), 5 à 600 quintaux de séné à feuilles obtuses [Cassia obovata), et 2000 à 2400 quintaux d’arguel;* et de la ville d’Esné environ 2000 quintaux de sénéde Scnna.dLr (Cassia œthiopica), et SOOquintaux de séné à feuilles obtuses. 11 y vient, en outre, par Suez et par les caravanes du montSinaï, 12 à 1500 quintaux de séné à feuilles obtuses, ce qui fait un total de 15 à 16000 quintaux brut de séné, qu’on verse tous les ans au dépôt de Boulacq. Lii,on monde le séné des corps
Fig. 665. — Séné de la palte.
étrangers et des branches ; on met à part les follicules, qui sont livrées séparément au commerce ; on concasse légèrement les feuilles des trois espèces, et surtout celles du séné obtus et de l’arguel, pour mieux les confondre entre elles, et l’on fait un mélange du tout. C’est ce mélange qui nous arrive sous le nom de séné de la palte , à cause d’un impôt nommé palte auquel il était autrefois assujetti. Il faut avoir soin, dans les pharmacies, de le monder de l’arguel, et des pétioles du séné, ou bûchettes , qui n’ont pas la môme propriété que les feuilles : alors il est très-estimé et présente les caractères des feuilles du Cassia acutifolia , qui en forment la plus grande partie (Voy. fuj. 665).
LÉGUMINEUSES. — SÉNÉ
Séné de Syrie ou d’Aiep (fig. 666). Ce séné, qui vient quelquefois directement de Syrie, offre les caractères des feuilles du
Fig. 66G. — Séné de Syrie ou d’Alep.
Cassia obovcita , tels qu’ils ont été donnés précédemment ; il est inutile de les décrire de nouveau.
Séné <iu Sénégal. Ce séné, dont le ministre de la marine a fait remettre une fois une certaine quantité aux hôpitaux de Paris, appartient à l’espèce du Cassia obovata, comme le précédent; il en diffère cependant par ses feuilles et ses follicules plus petites, et par la couleur glauque de toutes ses parties. Il a été essayé dans les hôpitaux : les feuilles ont été trouvées peu actives, et les follicules presque inertes (1).
Sôné «le Tripoli «l’Afrique (fig. 667). Ordinairement plus brisé que le séné palte, ce séné est composé de feuilles généralement plus petites, moins aiguës, un peu moins épaisses, plus vertes et d’une odeur herbacée. On n’y trouve ni follicule palte, ni séné ïi larges feuilles, ni arguel. On n’y voit que des débris de ses propres follicules, reconnaissables à leur petitesse et à leur couleur blonde; tous ces caractères, qui se rapportent à ceux du séné de Scnnaar mentionné par ltouyer, m’avaient fait supposer qu’une partie seulement de cette sorte était portée en Égypte, pour y être mêlée au séné palte, et que le reste était transporté par des caravanes dans la régence de Tripoli ; mais, d’après les renseignements qui ont été donnés à M. Poutet, de Marseille, par M. Melcbior Autran, ce séné est apporté à Tripoli par les caravanes qui viennent du Fczzan : il appartient au Cassia œthiopica.
(I) Journ. depharm., t. XIV, p. 70.
Séné Moka (fig. 668). Ce séné est en feuilles longues de 27 à 54 millimètres, très-étroites et presque subuiées (1); elles sont presque toujours jaunies par l’action de l’air humide; les follicules , qu’on trouve en petite quantité mêlées aux feuilles, sont linéaires, longues de 35 à 80 millimètres, larges de 16 à 48; peu courbées, semblables du reste aux follicules pal te par leur couleur verte à la circonférence, noirâtre au centre, et par leur surface unie.
Fig. 667. — Séné de Tripoli.
Séné île Tfiuie {fig. 669). Ce séné nous arrive par le commerce
anglais ; malgré son nom, sa grande ressemblance avec le séné moka m’avait fait supposer qu’il provenait aussi d’Arabie, d'autant plus que, suivant Ains-
lie (2), le seul séné naturel à l’Inde est^celui à feuilles obtuses.
(1) Ces feuilles sont souvent beaucoup plus étroites que la figure ne les représente.
(2) Ainslie, Mat. indica, I, p. 389.
LÉGUMINEUSES