SÉNÉ
REDOUL.
ARGUEL.
Noix de galle.
Louche.
Gélatine.
Précipité blanc trèsabondant.
Sulfate de fer.
Couleur verdâtre.
Précipité bleu trèsabondant.
Couleur verte et précipité gélatineux très-abondant.
Emétique.
Précipité blanc trèsabondant.
Oxalate d’ammoniaque.
Précip. très-abondant.
Précipité très-abondant.
Trouble.
Ch/orurede baryum.
Très-trouble.
Deutochlorure de mercure.
Rien d’abord.
Précipité blanc.
Chlorure d’or.
Rien, puis trouble brunâtre.
Réduction instantanée; précipité pourpre noirâtre.
Réduction lente; précipité jaune métallique.
Nitrate d'argent.
Précipité jaunâtre très-abondant .
Précipité jaunâtre passant au noir.
Potasse caustique.
Rien. Odeur de lessive.
Précipité gélatineux très-abondant, rougissant à l’air ; odeur de petite centaurée.
Précipité gélatineux, transparent.
Plusieurs personnes assurent que Ton falsifie le séné avec les feuilles du baguenaudier ( Colutea arborescens, L.), delà famille des Légumineuses également. Ces feuilles ont effectivement la forme obovée du séné à larges feuilles; mais elles sont beaucoup plus tendres ou plus minces, plus vertes et d’une saveur amère trèsdésagréable; enfin elles ne sont pas rétrécies à la base, et n’offrent pas à l’extrémité la petite pointe roide qui termine les feuilles du séné obtus. Du reste, ces feuilles paraissent être purgatives comme celles du séné.
LÉGUMINEUSES. — CASSE
Casse ou fruit du caueflcier.
Cassia Fistula. L. Le caneficier (fig. 671) est un grand et bel arbre qui appartient au même genre que le séné. Ses feuilles sont formées de 4 ou 6 paires de folioles ovées, sous-acuminées et glabres. Ses fleurs sont disposées en grappes lâches, et sont
i formées d’un calice à 5 divisions, d’une corolle à 5 pétales jaunes et inégaux, de 10 étamines inégales, dont les trois supérieures sont difformes et stériles, et d’un ovaire stipité qui devient une gousse cylindrique et ligneuse, longue de 15 à 50 centimètres et de 25 millimètres de diamètre. Cette gousse est d’ailleurs brune et unie, formée de deux valves non déhiscentes, réunies par deux sutures longitudinales; elles offrent dans leur intérieur un grand nombre de chambres formées par des cloisons transversales solides, et contenant une pulpe noire, douce et sucrée, ainsi qu’une 1 semence horizontale, elliptique, rouge, polie, aplatie et assez dure.
• ’ Ce fruit est tellement différent de celui du séné, que plusieurs botanistes ont cru devoir en former un genre différent : c’est
DICOTYLÉDONES CALIC1FLORES.
ainsi que Persoon nommait laçasse Cathcirtocarpus Fistula, et Wildenow Bactyrilobium Fistula ; mais M. Colladon et De Candolleen ont formé seulement une section du genre Cassia.
Le caneficier paraît originaire de l’Éthiopie, d’où il s’est répandu en Égypte, dans l’Arabie, dans l’Inde et l’archipel Indien. On croit qu’il a été transporté en Amérique; mais il y croît en si grande abondance et cette partie du monde offre tant d’autres espèces analogues, qu’on peut l’v regarder comme indigène.
Quoi qu’il en puisse être, la casse, qui venait autrefois du Levant, nous arrive aujourd’hui d’Amérique presque en totalité, et l’on ne remarque véritablement aucune différence entre les produits de l’un et de l’autre continent. On doit choisir la casse récente, pleine, non rnoisie et non sonnante ; pour lui conserver ces propriétés, il faut la garder dans un lieu frais, mais non humide.
On emploie la casse en pulpe et en extrait; la pulpe entre dans l’élecluaire catholicum et dans le lénitif ; c’est un purgatif doux, mais venteux.
La casse a été analysée par Yauquelin, qui en a d’abord retiré pour 1,000 grammes (1):
Valves 351,55
Cloisons 70,31
Semences 132,82
Pulpe 445,32
La pulpe, traitée par l’eau froide, a laissé une matière paren- j chymateuse, noire et azotée, pesant sèche 28gr, 44. L’extrait s I: fourni par divers procédés :
Sucre 148,44
Gélatine (pectine) 31,25
Gomme 15,62
Glutine 7,92
Matière extractive amère 5,10
Eau 236,99
Autres espèces :
Petite eusse d’Amérique. Il y a vingt-cinq ans environ qu’unt maison de Paris reçut d’Amérique une sorte de casse qu’on aurai pu prendre d’abord pour de la casse ordinaire cueillie avant si maturité, mais qu’un examen plus attentif doit faire reconnaitrt
(1) Vauquelin, Ann. de c/iim., t. VI, p. 275.
LÉGUMINEUSES. — TAMARIN
comme une espèce, ou au moins comme une variété distincte. Cette casse est en bâtons longs de 33 à 30 centimètres, n’ayant t guère que 14 millimètres de diamètre; elle est d’un brun peu i foncé et grisâtre à l’extérieur, et est remplie d’une pulpe fauve, i d’un goût acerbe, astringent et sucré. Les valves qui forment le péricarpe sont beaucoup plus minces que dans la casse ordinaire, et le fruit est aminci en pointe aux deux extrémités, tandis que la casse ordinaire est arrondie par lesbouts. Cette casse a été examinée par Henry père (1) ; elle n’a pas reparu depuis dans le commerce. [D’après les données de M. Daniel Hanbury(2), il faut la rapporter au C. moscatha H. B. K. de la Nouvelle- Grenade. J
Casse «lu Brésil, Cassia brasiliana , Lam. L’arbre qui produit cette casse est un des plus beaux du genre. 11 croît au Brésil, dans la Guyane et dans les Antilles; ses gousses sont recourbées en sabre, longues de 30 à 63 centimètres, larges de 4 à 8 centimètres, en allant d’une suture à l’autre, comprimées dans l’autre sens, et offrant une surface entièrement ligneuse, rugueuse et marquée de fortes nervures. Une des deux sutures longitudinales offre deux côtes cylindriques très-proéminentes, et l’autre suture n’en offre qu’une seule; les cloisons sont très-rapprochées et très-nombreuses; la pulpe est amère et désagréable. Cette casse n’est pas usitée en Europe ; mais elle est employée comme purgative en Amérique.
Tamarinier et Tamarin.
Le tamarin est la pulpe du fruit du Tamarindus indica , L., bel arbre des Indes, de l’Asie occidentale et de l’Égypte, qui a été transplanté en Amérique.
Cctarbre (fig. 672) appartient à la famille des Légumineuses. Il est très-élevé ; son écorce est épaisse, brune et gercée ; ses rameaux sont très-étendus, ses feuilles alternes et pinnées. Ses fleurs sont roses, irrégulières, pourvues seulement de 3 étamines monadelphes, les 7 autres étant stériles et réduites â l’état rudimentaire, ce qui est cause que Linné a rangé le tamarinier dans sa triandrie. Le fruit est une gousse solide, longue de 11 centimètres, large de 27 millimètres, comprimée ou aplatie, inégalement renflée et recourbée en sabre ; il offre à l’intérieur, dans une seule loge centrale, 3 ou 4 semences rouges, luisantes, comprimées et irrégulièrement carrées ; enfin, entre l’endocarpe qui borne cette longue loge et l’épicarpe du fruit, se trouve une pulpe
(l) Henry père, Journ. de cliim. méd., t. 11.
(2 1 D. Hanbury, Note on Cassia rnoschata ( Phdrm . Journ. 2e se'rie, V, p. 348).