‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 3)Chapitre 98 sur 176 · LÉGUMINEUSES. — FÈVE DU CALABAR · texte numérisé non relu

LÉGUMINEUSES. — FÈVE DU CALABAR

Ces graines ont de 2 centimètres à 2 centimètres 5 de long sur I à 1,5 de large : elles sont réniformes, marquées d’un hile en forme de rainure qui s’étend sur tout le bord convexe. L’épisperme dur et coriace a une couleur brun chocolat, il est

Fig. 678. — Fève de Calabar.

rugueux sur toute la surface, sauf sur le sillon du hile, qui est d’ailleurs sur ses bords d’un brun plus clair. L’amande est formée d’un embryon à deux cotylédons gros, durs et friables, laissant entre eux un assez grand intervalle.

C’est presque exclusivement l’amande qui contient le principe toxique, que M. Yée a appelé éserine, du nom d ’éseré sous lequel les naturels désignent la fève d’épreuve.

C’est une substance incolore lorsqu’elle est complètement pure, mais qu’il est difficile d’obtenir sans une teinte rosée, que lui donne l’action de l’air et des eaux mères alcalines. Elle cristallise en lames minces rhombiques, fondant à 59°, et se décomposant au-dessous de 150°. Elle est soluble dans l’éther et le chloroforme, plus encore dans l’alcool, beaucoup moins dans l’eau. Sa dissolution aqueuse bleuit le tournesol, rougi par un acide : à l’air elle s’altère et se colore en rouge. Elle forme avec les acides des sels qui, sous l'influence des alcalis, au contact de l’air, prennent une couleur rouge bien marquée. Cette substance instillée dans les paupières, en dissolution aqueuse, contracte très-énergiquement la pupille, et produit à très-petites doses des symptômes d’intoxication (1).

Avant le travail de M. Yée, MM. Jobst et Hesse avaient désigné sous le nom de physostigmine une substance active, mais qu’ils n’avaient point obtenue à l’état de pureté.]

Pois à gratter ou pois pouilleux.

On donne ce nom vulgaire aux gousses de plusieurs plantes légumineuses, recouvertes de poils piquants qui, en s’introduisant

(l) Vée, loc. cit.

DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.

dans la peau, y causent une démangeaison insupportable. Deux espèces sont particulièrement connues.

Gros poix pouilleux ; œil de bourrique, Z OOphthalmum,

Browne ; Mucuna urens, DC. ; Doliehos urens , L., tribu des Phaséolées. Cette plante est très-commune dans les Antilles et dans l’Amérique méridionale. Ses tiges sont fort longues et volubiles.

Fig. 679. — Pois à gratter. Fig. 680. — Petit pois pouilleux.

Ses feuilles sont composées de 3 folioles ovales, lancéolées, pétiolées. Les fleurs sont jaunes, tachées de pourpre, disposées en grappes longuement pédonculées. Les gousses (fig. 679) sont déhiscentes, longues de 10 à 15 centimètres, larges de 5 à 6, comprimées, renflées à l’endroit des semences, plissées transversalement, et couvertes de poils caducs, roux, fins, durs et piquants, qui causent une grande démangeaison en s’attachant à la peau. A l’intérieur, ces gousses sont séparées en plusieurs loges par des

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