I.KGUMINI-ÜSUS
2° Je possède une aulre écorce de barbaiimâô qui présente tous les caractères extérieurs de la précédente , mais dont la surface interne est unie, lisse et dépourvue de fibres, et la saveur faiblement astringente, non amère , et pourvue d’une certaine âcreté. Celte écorce , malgré sa grande ressemblance avec la première , est certainement d’espèce différente.
3“ Une troisième espèce de barbatimâo , que l’on trouve assez facilement dans le commerce, a été rapportée du Brésil par Guillemin , avec l’indication qu’elle provient de la province de Saint-Paul et qu’elle est produite par Yacaciu o.d string eus. J’en ai reçu pareillement un autre échantillon , de la part du docteur Ambrosioni de Fernainbouc , sous les noms de harbntimâo de minas , stryplmodendron harbatiina.o. Cette origine , qui s’accorde avec la précédente , me paraît en assurer l’exactitude.
Cette écorce est souvent roulée , épaisse de A à 6 millimètres , couverte d’une croûte grise foncée , très rugueuse et même tuberculeuse ; le liber est dur, compacte , fibreux à l’intérieur, et sa coupe , opérée à l’aide d’une scie fine , est aussi dure et aussi compacte que celle de la première sorte. Mais sa couleur est moins rouge et sa surface intérieure présente des fibres longitudinales grossières, blanchâtres, pouvant s’enlever sous forme de lames. La saveur de cette écorce est astringente et fortement amère.
A“ Enfin, je possède une dernière espèce de barbatimâo , représentée dans l’ouvrage cité plus haut (vol. II, tab. 30, fig. 6 à 11). Celte écorce est régulièrement cintrée , couverte d’un périderme gris ou gris rougeâtre, profondément crevassé. Le liber est composé de fibres droites, très fines et serrées, et d’une teinte rosée. La surface intérieure est unie, très finement rayée et d’une teinte grise rosée. La coupe transversale est terne et rougeâtre; la saveur est modérément astringente. Cette écorce est inférieure en qualité à la précédente et à la première décrite , que je regarde comme les seules vraies écorces de barbatimâo.
Les écorces de barbatimâo sont employées au Brésil pour la guérison radicale des hernies, et pour un autre usage rapporté par Pison , qui est loin d’être tombé en désuétude et qui leur a valu les noms A'écorces de jeunesse et de virginité.
Le genre geoffrcea ou geo/frnya, dédié par Jacquin au célèbre auteur de la Matière médicale, appartient, avec le genre andira, qui en diffère très peu , à la tribu des geoffrées de la sous-fainille des papillona-
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cées. Les arbres qui composent ces deux genres s’éloignent des autres légumineuses par leur fruit , qui est un drupe semblable à celui des amygdalées , de la famille des rosacées ; nous en parlerons tout à l’heure sous le nom A’angelin, qu’on leur donne au Brésil.
Deu.x écorces surtout sont citées pour appartenir à ce genre et pouravoir été employées comme vermifuges : ce sont celles nommées geoffroyo.jamaicensis et surinamensis, produites par les andira inermis et andira refusa de Kunth et Humboldt ; mais les car actères qu’on a donnés à ces écorces sont si différents , qu’il est difficile de les reconnaîtr-e parmi celles que le commerce peut nous fournir-.
ïîcorce de geoffrée de la Jaiiia'iqiie ( andira inemiis II. B. ; geoffroya inermis Swartz ; ivild cabbage-iree Engl. ; bois palmiste des Antilles). Murray, dans son Apparatus medicaminum (t. VI, p. 9.5), mentionne deux écorces de geoffréc de la Jamaïque ; l’une de coulcur très pâle, d’une saveur peu raai-quée, mais pr-oduisant des effets violents, tels que déjections fluides, tranchées, nausées, défaillances, etc. ; l’autre, qui entre dans la pratique habituelle médicale des îles de l’Amérique, est d’une couleur plus obscur-e, comparable à celle du cassia lignea. Cette même écorce est grise au dehors, d’après Chamberlain, d’une couleur- de rouille de fer en dedans, grisâtre h sa surface interne, ayant quelque ressemblance extérieure avec la cascarille. Enfin Mur-ray décrit ainsi l’écorce du geoffroya inermis qui lui avait été donnée par Wi'ight: Morceaux convexes, longs d’un pied, de diaraètr-e variable, ayant quelquefois plus d’une ligne d’épais.seur. Certains mor-ceaux sont entièrement gris ou d’une couleur de fer de chaque côté ; mais d’autres sont rougeâtres à l’extérieur et plus ou moins profondément à l’intérieur ; leur textur-e est fibreuse et médiocrement tenace ; leur saveurest mucilagineuse et insipide ; leur odeur- est désagréable et mr peu nauséeuse.
J’ai reçu, quant h moi, sous le même nom de cabbage-tree bark ou à’écorce de bois palmiste (1) , deux substarrees totalement différentes. L’une m’a été envoyée de Londres par M. Pereira ; elle est longue de 50 centimètres , lat-ge de 5,5 à 8 centimètr-es , épaisse au plus de 2 mil-
(1) Voici l’explication de ces noms : Il existe, comme on le sait, dans les Antilles, un palmier très élevé et très élégant, du genre areca, auquel on donne le nom de chou palmiste ou de cabbage-tree , parce que son bourgeon terminal, qui est tendre et succulent, représente à peu près la forme d’un chou , et est un aliment très recherché des habitants qui sacrifient la vie do l’arbre pour se le procurer. D’un autre côté , ce palmier, comme tous scs congénères , a le tronc formé de fibres ligneuses longitudinales et parallèles , colorées , plus serrées vers la circonférence qu’au centre , et séparées par un tissu cellulaire blanchâtre. Or le bois des andirn , tout en étant formé de
limèircs, couverte d’un périderinc noir, très mince et adhérent, avec des plaques lichenoïdes d’un gris blancliâlro. L’ccorce elle-même, ou mieux le liber, est gris, compacte, tout composé de lames ou de feuillets fibreux, denses et serrés, que l’on ne peut rompre en les pliant transversalement. Cette écorce a une odeur faible et cependant persistante (1) , térôbinthacée , et une saveur à la fois térébinthacée , amère et astringente, mais au total peu marquée. Je suis persuadé , aujourd’hui , que cette écorce n’apparlicnt pas aux andira.
L’autre écorce a été reçue anciennement de Haïti , par M. Richard , et j’en ai reçu depuis de semblable, sous le même nom d’e'corce de ■palmiste , venant de l’île de Cuba. Elle est en morceaux longs de 35 centimètres environ, cintrés ou demi-roulés; épais de 3 h 5 millimètres, couverts d’un périderme mince, gris, uni ou peu crevassé dans les écorces plus jeunes , épais , fongueux et presque blanc , dans celles qui sont plus âgées. Quelquefois l’écorce , par suite d’altération , est noire à l’intérieur ; mais quand elle est saine , elle présente sous le périderme une couleur de rouille assez vive. La surface interne est toujours un peu noirâtre. La texture est assez lâche et grossière , plus grenue que fibreuse vers l’extérieur, plus fibreuse à l’intérieur. Elle se divise facilement sous les doigts et plus encore sous la dent; elle est tout à fait inodore et presque insipide.
Cette écorce se trouve figurée dans l’ouvrage de M. Schenk [Pharm. waarenk., vol. II, tab. 18, lig. 1, 2 et 3) comme étant celle du geofproya surinamensis. L’origine bien certaine de celle que je viens de décrire me fait dire que c’est une erreur.
lîcorcc rte geoiïrcc rte Surinam ; andira rctusa H. B. Bondt décrit ainsi cette substance : Écorce plate, longue de plus d’un pied, large de quelques pouces , pesante et d’une épaisseur notable. Elle est couverte à l’extérieur de lichens gris qui, séparés, laissent voir Un épiderme rouge ou pourpre noirâtre mêlé de gris. Sous l’épiderme, l’écorce est filamenteuse, lamclleusc, d’une couleur de rouille, avec des stries et des taches brunes foncées. La section transversale est brillante
couches ligneuses concentriques, comme appartenant aux dicotylédones, présente, dans la disposition longitudinale et presque parallèle de ses libres , et dans sa couleur alternativement pâle et plus foncée, une assez grande ressemblance avec le bois des palmiers : c’est donc là ce qui a valu à ces arbres, et surtout à celui des Antilles, le nom de bois palmiste, ou, en anglais, de cabbcige-tree. Seulement, pour distinguer l’andira de l’areca, les Anglais ajoutent au premier la qualification de wild ou de bastard, et disent cabbage-tree, ou bastard cabbage-tree.
(1) Elle me paraît meme plus prononcée aujourd’hui qu'il y a quinze
31ü DICOTYLÉDONES CALICIFLOIIES.
et bigarrée ; la couleur du côté du bois est d’uii pourpre noirâtre marbré de points; la poudre a une couleur de cannelle. L’odeur de l’écorce sèche est nulle , la saveur est légèrement amère et un peu astringente.
Je possède depuis fort longtemits une écorce apportée de Santa-Fé de Bogota, qui se rapporte assez bien avec la description précédente : elle est large, régulièrement cintrée , épaisse de 3 millimètres, pesante et très compacte, quoique de texture fibreuse. Elle est couverte d’un épiderme assez uni, non fendillé, d’un gris blanchâtre, souvent recouvert de larges plaques cryptogarniques jaunes et d’apparence cireuse. En outre, la surface de l’écorce présente presque partout des élévations en forme de petits monticules , terminés par un bouton noir, constituant un lichen très analogue aux pyrantda Acb. L’écorce elle-même est d’un rouge brun fonce, et sa coupe transversale présente le poli du sautai rouge; elle est formée de feuillets fibreux, denses et serrés, dont les plus intérieurs se séparent facilement les uns des autres. Sa surface interne est très unie ; toute l’écorce a pris en vieillissant un aspect terne dû à une efflorescence blanche , très fine et cristalline , qui s’est formée non seulement à sa surface, mais encore entre chacun de ses feuillets ; elle a une saveur très amère et astringente.
Écorce inconnue rendue connue geoiïrojn. J’ai trOUVé à différentes fois dans le commerce , sous le nom de geoffroya surimmensis , une écorce bien différente des précédentes , et qui me paraît être celle que M. Schenk a fait figurer sous le nom de geo/froya jamaicensis ; mais elle n’appartient pas plus à l’une qu’à l’autre. D’ailleurs il faut c[ue j’aie vu quelque part ou reçu cette écorce sous le nom de sipipim, que j’ai ajouté dans le bocal qui la contient. Si cette donnée a quelque valeur, cette écorce serait produite par le bowdickia major de âlartius et serait une espèce d’alcornoque. Elle se présente sous trois formes principales :
A. Écorces plates ou cintrées, très minces ou épaisses de 1 à 3 millimètres , pourvues d’une croûte très mince , grise , fendillée , peu adhérente au liber et manquant très souvent. Le liber, privé de cette croûte, présente une surface rugueuse,' d’un gris foncé et souvent noirâtre ; mais il est couleur de paille à l’intérieur, léger et très fibreux. Jjorsqu’on le rompt transversalement, les fibres intérieures résistent et se séparent de la partie rompue sous forme d’un feuillet épais , consistant et satiné. La surface interne est unie , d’une couleur un peu plus foncée que l’intérieur; l’odeur est nulle; la saveur est d’une amertume assez marquée et désagréable. Cette écorce présente assez de ressemblance avec celle de simarouba pour que des personnes peu exercées puissent la confondre avec elle; mais elle est plus mince que le simarouba , d’un gris
plus Ibncé , formée de libres jilus fines, plus serrées et satinées, cl d’une amertume beaucou]) plus faible.
U. Écorces plates , é|)aisscs de 5 h 10 millimètres , pourvues d’une croûte très mince , rougeâtre , mais couverte d’un enduit crétacé. Cette croûte est peu adhérente et mancjue par places très souvent ; la surface extérieure du liber, laissée à nu , est presque noire ; la couleur intérieure est celle du bois de chêne , plus foncée du côté de la croûte que de celui du centre; la surface interne est plus foncée que les couches qu’elle recouvre. L’écorce possède une texture autant grenue que fibreuse, de sorte qu’elle se rompt facilement, à l’exception de la couche interne qui se sépare sous la forme d’une lame fibreuse et satinée , comme dans les premières écorces ; la saveur est à peu près nulle.
C. Éücorces du tronc , ne différant des précédentes que par leur épaisseur qui varie de 12 à 20 millimètres , dont un tiers environ appartient à la croûte extérieure , qui est d’un gris rougeâtre , blanchâtre cependant à sa surface, profondément sillonnée dans le sens de sa longueur. Les autres caractères sont semblables.
Semences fl’Aiia;cUii.
ün emploie au Brésil , comme anthelmintiques , sous le nom d’eoiçjidin , les semences de plusieurs espèces à'andira , et spécialement celles des andira anthelmintica , vermifuge/. , stipulacea , rosea , racemosa. Les fruits de ces arbres sont ovoïdes, charnus d’abord , puis secs et ligneux, contenant une seule semence amylacée, pourvue d’un principe âcre auquel leur propriété anthelmintique doit être attribuée. L’espèce la plus usitée , dont les semences seules sont parvenues en France, paraît être \' andira rosea Benlh. {andira ibai-ariba Ae. Pison, qui n’est pas Yandwa racemosa de Lamarckj. Le fruit entier a la forme et la grosseur d’un œuf de poule, contenant , sous une enveloppe dure et épaisse, une amande ovoïde , un peu recourbée, grosse comme un œuf de pigeon, jaunâtre au dehors, blanche en dedans, ne possédant qu’une saveur amylacée suivie, après quelque temps, d’une âcreté sensible au bout de la langue. Cette semence est toujours privée de son enveloppe propre, qui est très mince et intimement soudée avec l’endos])crme.
Andira stipidacea Benth. (fig. 332). Le fruit de cette espèce est ovoïde-arrondi , jaunâtre à l’extérieur, long de 9 à 10 centimètres, large de 7 à 8, formé d’une enveloppe ligneuse, épaisse de 2 centimètres, et d’une semence ovoïde-aplatie , marquée de stries transversales , longue de 5 centimètres, large de 3,5 , ayant l’extrémité supérieure ,
312 DICOTÏLIÎDONJÎS CALICIFLOKES.
par laquelle elle élait suspendue , un peu recourbée , et ressemblant assez par sa forme h une très grosse sangsue 'ramassée sur elle-même. On donne à celte espèce le nom A' angelin-cnco , à cause de la ressem-
b'ig. 332.
blancc de son fruit entier avec le noyau osseux du diplothemiimi maritimum (famille des palmiers). Je dois ce fruit et le suivant à M. Gaelano Ambrosioni , médecin h Rio-Jomoso , au Brésil.
Andira anthelmintica Benlh. ; angelin amargozo (fig. 333). Fruit ovoïde , un peu terminé en pointe à l’extrémité supérieure ou aux deux extrémités, marqué de deux sutures à peine sensibles et non déhiscentes. Il est long de h à U, 5 centimètres, large de 2,5 à 3 , couvert d’un épicarpe noirâtre ridé par la dessiccation. Dessous l’épicarpe se trouve un mésocarpe ligneux , très lâche , jaune verdâtre , qui s’épaissit peu à peu en un endocarpe brun , soudé avec l’épisperme. L’amande est libre dans la cavité intérieure , ovoïde, pointue par l’extrémité supérieure, longue de 25 millimètres , large de 15. Aucune de ces semences ne m’a présenté l’amertume dont
üii les dit pourvues. Elles sont émétiques et dangereuses, prises à dose trop forte. La dose la plus forte de poudre que l’on doive administrer, d’après Pison, est de 1 scrupule (environ Andira incrmis. Le fruit de cette espèce, venu de Haïti , est presque rond , de la grosseur d’une petite noix , noirâtre , ridé et marqué de deux sutures peu sensibles; le péricarpe est ligneux, très mince et l’amande est arrondie. Aucun de ces fruits n’est déhiscent , contrairement au caractère observé dans le vouacopoua americana d’Aublct , devenu \' andira racemosa de Lamarck.
BOIS DE LÉGUMINEUSES, liols (l’Aloès.
Ce bois n’a aucun rapport avec le suc d’aloès , ni avec la plante liliacée qui le produit ; il était connu des Arabes sous le nom A'agalugin , d’où les Grecs ont fait agallochon. Les Hébreux le nommaient ahalol, et c’est de là sans doute que vient son nom moderne d’aloès que d’autres bois mériteraient bien plus que lui , s’il lui avait été donné à cause de son amertume.
Le bois d’aloès vient des contrées les plus lointaines de l’Asie, comme de la Cochinchine et de la presqu’île de Malacca , et il règne une obscurité d’autant plus grande sur son origine que plusieurs arbres de ces pays produisent des bois odorants et résineux qui sont également vendus comme bois d’aloès ou d’agalloche. Rumphius lui-même n’a pas traité ce sujet avec toute la clarté désirable ; voici cependant ce qu’on peut conclure de sa longue description :
La première espèce de bois d’aloès est nommée kilam ou ho-kilam par les Chinois, et calamhac par les Malais; l’arbre qui la produit croît dans les provinces de Tsjamiiaa , de Coinam et dans la Cochinchine ; il ne fournit ce bois précieux que dans quelques unes de ses parties , et encore lorsqu’il languit par suite de maladie ou de vieillesse. Ce bois , de la meilleure qualité , est d’un brun obscur et cendré, strié par de longues veines noires ; ou, quand il a été pris autour des noeuds, vergeté de veinules semblables ; lorsqu’il est récent , il offre des parties tellement molles et grasses , que l’ongle peut y pénétrer ; mais il dureit et devient plus dense avec le temps.
On rencontre une sorte d’agalloche d’un brun plus cendré , à fibres plus grosses , toujours strié longitudinalement par des veines noirâtres, et marqué d’enfoncements ou de trous dans lesquels on trouve souvent un restant de terre. Ce bois, qui est plus léger que le précédent, a probablement été enfoui dans les marais afin de détruire les parties les plus ligueuses et d’augmenter la proportion de résine odorante. Ces deux sortes de bois ont une odeur agréable et fortifiante , analogue à celle des écorces sèches du citron ; ils se ramollissent sous la dent , en développant une légère amertume accompagnée d’àcreté , et la bouche s’en trouve toute parfumée; ils se ramollissent également par le frotteniciit sur une pierre polie, et leur ràpure y prend la forme de vermisseaux ou de crottes de souris. Tout bois d’aloès qui tourne à la
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couleur jaune ou blanchâtre, et qui porte dos taches noires d’cxsudalion résineuse , doit être considcré comme une espèce do {;aro ; aucun des bois qui offrent une forte amertume no doit être considéré comme du calambac ou du garo vrai , mais bien comme un faux bois de ces deux espèces.
llumphius n’a pu voir l’arbre qui produit le calambac ; mais cet arbre a été décrit par Lourciro, dans sa Flore de Cochinchine, sous le nom d'aloexyhim agalloelium ; il appartient à la décandiie monogynie do Linné , à la famille des légumineuses et à la sous-famille ou tribu des cassiées.
La seconde espèce de bois d’aloés est nommée garo. Rumphius en distingue deux sortes principales, une de Coinam et l’autre de Malacca, dont il décrit et figure l’arbre sous le nom d'agallochum secundarhim malaccence. Cet arbre est Vaquilaria secundaria de de Candollc, de la petite famille des aquiiarinces ; il diffère pou de V aqiülaria agaltocha de Roxburgh et de Vaquilaria malaccensis de Lamarck, qui fournissent probablement les autres variétés de bois de garo mentionnées par llumphius.
Le bois de garo est jaunâtre , marbré de veines courtes et brunes ; ou d’un gris cendré avec dos veinules noires , et ressemblant presque au calambac , mais toujours plus dur et plus pesant. Les grands morceaux offrent cà et là des taches noires et résineuses; il s’enflamme moins facilement que le calambac, et dégage une odeur irritante qui tient quelquefois du benjoin.
Le bois de garo est nommé par les Chinois Ihim ou thn-hio elsock ou sou ; les Portugais le nomment pao de aguila. Ce nom, qui est dérivé à'agalugm, a été traduit à tort par lignum aquilœ et par lois d'aigle. Ainsi ce dernier nom n’est encore qu’une traduction altérée du mot arabe primitif.
llumphius décrit ensuite deux faux bois d’agalloche : il nomme le premier garo tsjampacca, et le croit produit par un arbre nommé depuis miehelia tsjampacca, et appartenant à la famille des méliacées; son odeur .sc rapproche de celle de la camomille et son amertume est très forte; l’autre est fréquent dans les îles Moluques et provient de ï'arbor excœcans ( excæcaria agallocha L., de la famille des euphorbiacées). Cet arbre est ainsi nommé parce que si , par malheur, en le coupant, le suc âcre et laiteux dont il est rempli tombe dans les yeux , on court risque d’en perdre la vue. Son bois est d’une couleur ferrugineuse, dur et fragile comme du verre, très amer, très résineux et s’enflamme avec une grande facilité. 11 a une si grande ressemblance avec le calambac, qu’on peut à peine l’cn distinguer, et plusieurs pharmaciens ont assuré à llumphius qu’il était envoyé en Europe comme bois d’agallüche.
Enfin llumphius décrit un bois musqué qui est blanchâtre ou de couleur hépatique, avec des veines plus brunes, et qui est nommé par quelques personnes calambao blanc.
I^oici maintenant la description des bois d’aloès que j’ai trouvés dans le commerce ou dans les droguiors.
Bois cl’aloCs de l’École de iiliariiiaeic de Paris. Ce bois me paraît être le vrai bois de calambao, caractérisé par ses longues veines noires sur un fond de couleur plus claire. Ce n’est pas cependant le calambac le plus estimé de llumphius , qu’il dit être d’un brun obscur veiné de noir; mais c’est celui qui vient après , dont le fond est pâle et cendré , qui a la fibre grossière, qui est léger, caverneux , et qui, probablement, a été enfoui sous terre, poulie faire pourrir et en augmenter la qualité. Suivant toutes les apparences , ce
LÉGUMINKÜSÜS. 315
bois est fourni par Valoexyhtm auallochim Lour. : il présente une odeur forte, suiçjoneris; une saveur amère, acre et fortement parfumée ; il laisse une résine molle sous la dent , se ramollit également par le broiement sur le porphyre ; il brûle avec flamme et en répandant une odeur suave.
liois li’alnés oriliiiuirc liu comincree. Ce bois est d’une couleur grisâtre , et sa surface devient noire avec le temps. Sa pesanteur spécifique varie, et un morceau ayant été scié en deux, une des parts a surnagé sur l’eau ; l’autre, qui contenait un nœud, est tombée au fond. Sa saveur est amère, son odeur esta peu près celle de la résine animé; plusieurs morceaux offrent des excavations remplies d’une résine rouge. La coupe transversale y découvre un caractère particulier ; la surface est lisse et résineuse, mais parsemée d’une infinité de points blancs , qui doivent résulter do la déchirure des parois d’autant de tubes dont la direction suit celle du bois. Lorsqu’au lieu do scier entièrement le morceau, on laisse au centre une portion intacte, et qu’on la rompt, la partie rompue offre de ces tubes, qu’on peut apercevoir à l’aide de la loupe.
Ce bois est très probablement le garo de Rumphius , le hois d’aigîe des Portugais et de Sonnerat, et doit être produit par Vaquilaria secundaria ou malaccensis.
Bois (l’alocs eilriii. Je n’ai trouvé qu’une seule fois ce bois dans le commerce, mêlé au précédent, dont je le regarde comme une variété. Il a la forme d’un tronçon tout h fait noueux et contourné , pesant , d’une odeur qui tient un peu de celle de la rose , mais qui se rapproche encore plus de celle de la résine animé chauffée. Ce bois est d’un jaune assez pur, amer, et se broie sous la dent. La coupe transversale de la scie y produit une surface lisse , résineuse ou comme cireuse , d’une couleur orangée assez uniforme. Ce bois n’est pas caverneux dans son intérieur ; il parfume l’air quand on le brûle.
Bois d’aloes musqué. Ce bois a une couleur jaune sale , comme verdâtre : il est peu résineux, comparativement aux précédents, libreux, quelquefois spongieux, difficile à diviser sous la dent. 11 n’est nullement amer, et sa saveur est seulement un pou aromatique ; il a une odeur faible et comme musquée. J’ai pensé que ce dernier caractère pouvait être accidentel ; j’ai lavé ce bois plusieurs fois , et l’ai fait chaque fois sécher à l’étuve • il l’a toujours conservé. Il présente d’une manière bien plus marquée que le bois d’aigle le caractère des points blancs résultant de sa coupe transversale, et celui des tubes mis à découvert par la fracture partielle des morceaux ; mais cette différence peut tenir seulement h ce que ces tubes , étant moins remplis de résine, sont plus apparents. Il exhale, lorsqu’on le projette sur un fer chaud, qui ne doit pas être rouge , une odeur agréable, semblable à celle du bois d’aloès, mais moins forte; et pour peu que le fer soit trop chaud, cette odeur est couverte par celle du bois qui brûle.
Dans mes deux premières éditions j’ai décrit ce bois sous le nom de bois d'aigle; je me fondais pour cela sur son défaut d’amertume , et sur ce que Lemery dit que le bois d’aigle diffère de l’agalloche en ce que celui-ci est amer, tandis que le premier ne l’est pas. Mais nous avons vu plus haut que le nom de bois d’aigle n’est qu’une traduction corrompue de l’arabe agalugin, et ne signifie pas autre chose, en vérité . que bois d'agalloclie. D’ailleurs Rumphius donne au garo ou bois d'aigle la même amertume qu’à
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l’agalloche ; le bois que nous examinons présentement ne paraît donc pas être du bois d’aigle. G’est probablement une des sortes de bois tmtsqné de Rumphius ; peut-être celle que quelques personnes nomment calambac
Bois de calambac faux. Ce bois est noueux , très pesant , compacte , onctueux et étonnamment résineux. 11 est à l’extérieur d’un brun rougeâtre uniforme ; mais la nouvelle section qu’y produit la scie offre une couleur un peu plus grise , marquée de taches noires , dues à un suc particulier extravasé ; c’est ce qu’on exprime en disant qu’il csi jaspé. Sa cassure transversale n’offre pas de tubes longitudinaux , ce qui tient peut-être à la grande quantité de résine dont tous ses vaisseaux sont gorgés ; il a une forte odeur de myrrhe et de résine animé mêlées ; son intérieur présente des excavations remplies d’une résine rougeâtre qui a quelque analogie avec la myrrhe ; il se réduit en poudre sous la dent et jouit d’une saveur amère ; il répand un parfum très agréable lorsqu’on le brûle ou qu’on le chauffe sur une plaque métallique. Ce bois existe dans les droguiers de la pharmacie centrale et de riiûtcl-Dieu de Paris. Je pense qu’il est produit par Vexcœcaria agallocha L.
Bois (le Brésil ou rtc Feriianibonc.
Cœsalpinia echinata Lamarck; iftiVapitanju Margr., lires. , p. 101. Uécaudric monogynie de Linné , famille des légumineuses , tribu des cæsalpiniées ou cassiées.
Cet arbre du Brésil est fort grand , fort gros , tortu et épineux. Son bois est recouvert d’un aubier blanc très épais , qu’on enlève avant de l’envoyer, ce qui en diminue le volume de la grosseur du corps d’un homme à celui de la jambe. Ce bois est dur, compacte, d’un rouge pâle et jaunâtre .à l’intérieur, devenant d’un brun rouge à l’air. 11 est inodore et presque insipide ; il colore à peine l’eau froide , donne un décodé rougeâtre peu foncé , et forme avec l’alcool une teinture rouge jaunâtre , beaucoup plus foncée qu’avec l’eau. Le soluté aqueux essayé par les réactifs donne les résultats suivants :
Précipitée par la (lélaline, la liqueur prend à l’air une couleur rouge de groseille magnifique.
L’oïun lui communique la même couleur ; l’ammoniaque y forme ensuite un précipité d’un rouge groseille vineux.
Potasse ou ammoniaque, la liqueur devient d’un rouge foncé.
Chlorure ferrique, couleur rouge-brune très foncée.
Sous-acétate de plomb , précipité bleu violet.
Sel d’étain, couleur d’un rouge de groseille vif.
Acétate de cuivre, couleur rouge de vin très foncé.
On emploie dans la teinture , concurremment avec le bois de Brésil , différents bois produits par d’autres espèces de cœsalpinia qui croissent dans diverses contrées de l’Amérique et de l’Asie. Ces bois , tous inférieurs en qualité à celui de Fernambouc, portent les noms de Sainte Marthe , Lima , Terre-Ferme , Nicaragua , Californie , Sappan, etc.
Le bots rtc Sainlc-Maribe est produit peut-être par le cœsalpinia brasiliensis L. Il arrive en grosses bûches ])Ourvues d’un aubier blanc, et remari|uables par des enfoncements très profonds , qui séparent l’aubier et nue partie du bois et donnent à sa coupe transversale une forme étoilée. 11 est moins foncé