ÜlCUTïLÉDOiMiS CALlCll'LOKliS
fibreuse et s’enlevant par lames. Dessous colle écorce, se trouve un aubier blanchâtre, peu épais, dur et compacte, et au centre un bois d’un g;ris rougcàire et un peu rosé , d’une texture fibreuse, et cependant fort dur et prenant un beau poli. Les fibres du bois sont très fines et régulièrement parallèles ; mais elles présentent une tor.sion sensible, ainsi que la tige, ce qui me ferait croire que l’arbrisseau est un peu volubile.
Le bois néphrétique présente une saveur faiblement astringente ; mis à macérer dans l’eau, il la colore tout de suite en jaune d’or, qui devient très foncé en très peu de temps. Cette liqueur filtrée est d’un jaune brunâtre vue par transmission, et d’un bleu vert par réflexion l^a chaleur ne détruit pas cet effet, qui cesse aussitôt l’addilion d’un acide, et qui reparaît avec plus d’intensité qu’auparavant par l’addilion d’un alcali. Le sulfate de fer donne à cette liqueur une couleur noirâtre sans précipité ; l’oxalale d’ammoniaque y cause un léger louche ; le nitrate de baryte et le nitralc d’argent ne la précipitent pas.
Le bois néphrétique doit son nom à l’usage qu’on en faisait anciennement au Mexique, et qu'on en a fait ensuite en Europe, pour guérir l’irritation des reins et de la vessie. Il a toujours été très rare , cl on lui a substitué . dans le commerce, plusieurs bois de forme et de couleur à peu près semblables , entre autres divers bois de grenadille, du bois de boco , nommé vulgairement bois de coco et bois de fer ; enfin, un bois que j’ai pris d’abord pour du boco , mais dans lequel j’ai découvert ensuite une odeur de poivre qui en fait une espèce différente.
Ce bois, que je ne puis désigner autrement que par le nom de liois poivré, formait une bûche de 8 centimètres de diamètre, composée dhm aubier blanchâtre et d’un cœur de couleur brune noirâtre. Ce bois est encore plus dur et plus pesant que le bois néphrétique ; il a une structure sanlaline très courte et tourmentée. Il exhale une odeur de poivre bien marquée par le frottement réciproque do ses morceaux ; il a une saveur amère et poivrée ; il colore à peine l’eau froide ; il communique à l’eau chaude une couleur jaune paille ,, une odeur poivrée et une assez forte amertume. La liqueur n’offre aucun changement de couleur, de quelque côté qu’on la regarde.
libénc vcrtc-briine.
Je commencerai cet article par faire une rcclilicalion à l’article Etiicxn viîia'K inséré tome II, p. bOO. On connaît à Cayenne deux espèces d’ébène verte qui se trouvent ainsi décrites dans le Mémoire sur Vexploiialion des bois de la Guyane , ](ar Guisan ; de l’imprimerie royale, à Cayenne; I78b.
« Ébène verte. Ce bois ne flotte pas étant sec. 11 est un peu moins dur ipie le bois de fer, mais extrêmement liant. 11 est incorruptible dans l’eau et dans l’air. Sa grande dureté fait qu’on ne l’einjiloie iircsque pas. Ce serait un excellent bois pour les pièces massives, même pour les matlriers d’artillerie; mais il est bien lourd. 11 y a aussi l'ébène soufrée, qui répand une jiou.ssièrc (jaune serin) quand on l’équarrit , comme le ferait un bois vermoulu. Ce bois brûle étant vert , comme l’autre ; on en fait des flambeaux en le fendant en lames minces. C’est un excellent bois. »
L'ébène soitfrée de Guisan est celle que j’ai décrite la première , tome 11 ,
UiGUiVlINEUSES. 329
page 800, sous lo nom d'ébime verte, et la description que j’en ai donnée, ainsi que la synonymie, sont exactes. Pour le mieux distinguer à l’aveuir des autres ébènes vertes, je lui donnerai lo nom d'ébene verte soufrée de Cayetine.
Quant à la seconde c.spècc d’ébèno verte du tome II, p. 800, la description que j’en ai donnée no lui convient pas et apiiarticnt au bois qui fera le sujet de l’article suivant. Voici la véritable description de la seconde espèce d’ébène verte de Cayenne.
Ébéiio verte arise «le (tayeniic ; première ébène verte de Guisan. Bois à structure fibreuse très marquée, et cependant très dense et d’une grande dureté. 11 est d’un fauve grisâtre , avec des stries jaunâtres, et présente une sorte de demi-transparence ou d’aspect corné. Il se fonce beaucoup à l’air et y acquiert une couleur de châtaigne. Il est insipide et beaucoup moins riche en matière colorante que l’ébène soufrée; cependant cette matière colorante est de même nature et devient d’un rouge pur par les alcalis.
Ce bois porte à Cayenne et dans le commerce le nom d’ébene noire qu’il ne mérite guère, et il le porte également sur une belle table en différents bois de Cayenne, que j’ai vue en la possession de M. Gaston Régnault, pharmacien. Dans une collection de bois de Cayenne qui se trouve au dépôt de la marine , à Paris, il porte le nom d'ébène grise qui lui convient mieux, et c’est sur cet echantdlon que je m’appuie pour lui donner le nom d'ébène verte grise de Cayenne. Je ne puis maintenant décider si le guirapariba de JMargraff (page 108) se rapporte à ce bois ou au suivant.
Êlièiic verte brime. Ce bois, qu’il ne faut plus confondre avec l’ébène verte grise de Cayenne , est encore beaucoup plus dense cl plus pesant. Il arrive sous forme de bûches cylindres pourvues d’une écorce d’apparence fibreuse, mais assez dure et cassante. L’aubier est très mince, blanchâtre et fort dur. Le cœur, qui forme la presque totalité du bois , est encore plus dense et plus dur, d’une texture très fine, formé do couches concentriques très nombreuses et très serrées, et susceptible d’un très beau poli. Il est d’abord d’un vert olive très foncé et veiné. 11 brunit considérablement au contact de l’air et finit par devenir presque noir. Il contient énormément do principe colorant jaune verdâtre , soluble dans l’eau et tournant au brun par les alcalis. Je suppose que ce bois vient des Antilles et que c’est lui qui se trouve décrit par M. Holtzapffel sous le nom d'ébène verte de la Jamaïque. Quant à l’arbre qui le produit, ce serait, suivant l’Horminier père, Vexcœcaria glandulosa , et d’après M. Holtzaiilfel l'amerimnum ebemis de Swartz ( brya ebenns DC.). Comme je suppose que le brya ebenus produit plutôt le bois suivant, j’aime autant dire que j’iguoro l’origine de rébèuc verte brune.
Bois «le Gi’ciiaiiillc de Cuba.
Ce bois est le grenadille ordinaire du commerce. J’y ajoute le nom de Cuba, afin de le distinguer d’un bois beaucoup plus rare, dont il sera question à la suite du gayac ( zygophyllées) , qui m’a été indiqué par d’anciens ébénistes comme le vrai bois de grenadille , et parce que je siqipose que le grenadille ordinaire est celni qui se trouve indiqué dans un petit ouvrage de M. Uamon de la Sagra (1) sous le nom de grenadillo , avec la synonymie brya ebemis
330 DICOTYLliüOiNES CAUCIFLORES.
Brown. Mais je pense que ce J)ois vient également d’autres parties de l’Amérique.
Le bois de grenadille arrive en bûches de 8 à 16 centimèlrcs de diamètre , tantôt privées, tantôt pourvues de leur aubier et de leur écorce. L’écorce est très mince, légère, jaunâtre, fibreuse, s'enlevant facilement par lames fibreuses. L’aubier est peu épais, blanc jaunâtre, dur et compacte. Le bois est très dur et pesant , formé de couches concentriques très nombreuses , dont les unes sont verdâtres et les autres rougeâtres. La coupe longitudinale offre au centre des nœuds très agréablement dessinés. Ce bois est un des plus estimés pour le tour.
ÉbËiie noire du Brésil.
Nommée communément ébène de Porfnçial. Il ne faut pas confondre ce bois avec l'ébène rouge du Brésil qui me paraît due à un diospyros. L’ébène noire du Brésil est probablement produite par le melanoxylon brauna de Schott., de la tribu des cæsalpiniécs. En ayant donné la description tome 11, p. S49, je ne la répéterai pas ici.
Bois de Boco lU ilc Panacoco.
Il existe une grande confusion entre ces deux bois dont le premier est produit par le bocoa prouasensis d’Aublct, et le .second par son robinia panacoco, dont de Candolle a fait son swarlzia tomenlosa, moyennant la supposition qu’Aublct s’est trompé dans la description et dans la liguie de la fleur et du fruit.
La confusion consiste en ce que les deux bois , qui existent bien tous deux dans le commerce, portent tantôt les noms de boco ou de panacoco, tantôt ceux de bois de coco , de bois de fer ou de bois de perdrix qui leur correspondent, sans qu’on puisse avoir la certitude que ces noms sont bien ou mal appliques ; et les échantillons que l’on trouve dans les collections du gouvernement ne sont guère propres à décider la question.
Par exemple , au dépôt de la marine , h Paris , le bois de boco et le panacoco sont le même bois et sont du bois de perdrix.
Au Muséum d’histoire naturelle , le bois de boco est le bois de coco ou le bois de fer du commerce , et le bois de fer est du bois de perdrix.
Sur la table de M. G. Régnault, c’est le contraire : le bois de boco est du bois de perdrix et le panacoco est du bois de coco.
Enfin , sur une petite table composée de bois de Cayenne , que je possède, de même qu’au Muséum, le boco est du bois de coco , et le panacoco est du bois de perdrix. C’est cette dernière synonymie que je préfère aujourd’hui et que je vais suivre , contrairement à celle que j’avais adoptée précédemment.
Bois de boco ; bocoa prouasensis Aubl. ; bois de coco ou bois de fer du commerce. Le tronc de cet arbre s’élève à plus de 20 mètres sur 1 mètre et plus de diamètre; son écorce est grisâtre et lisse ; le bois extérieur est blanc; l’intérieur est de couleur brune mêlée de vert jaunâtre ; il est dur et très compacte (Aublet).
Le bois de coco du commerce est extrêmement dur et pesant, d’un gris brunâtre presque uniforme , pourvu d’un aubier jaune presque aussi dur et
Soi
aussi compacte que le bois. Sa coupe transversale polie offre un pointillé gris sur un fond brun marqué d’une rayure régulière et très fine , allant du centre à la circonférence et visible seulement à la loupe. On y observe aussi, mais en petite (luanlité , des lignes concentriques très fines , blanchâtres , ondulées ou comme tremblées. F.,a coupe longitudinale offre un grain très fin , gris brunâtre et jaunâtre, parsemé de petites taches linéaires brunes, qui sont des vaisseaux rompus remplis d’un suc propre rougeâtre. L’Ecole de pharmacie possède un beau morceau de ce bois, qui a 34 centimètres de diamètre, avec un aubier de 3 centimètres. La limite de couleur entre le bois et l’aubier forme un cercle presque régulier.
Bois «le pnnacoco on Bois «le fer d’Aublet; robinia panacoco Aubl. ; bois de panacoco du dépôt de la marine , du Muséum d’histoire naturelle et de ma table du bois de Cayenne; bois de perdrix du commerce de Paris.
Le grand panacoco d’Aublet est un des arbres les plus grands et les plus gros de la Guyane. Son tronc s’élève à plus de 20 mètres sur 1 mètre de diamètre. Ce tronc est porté sur 7 à 8 côtes réunies ensemble par le centre et sur toute leur hauteur qui est de 2“, 3 à 2"', 6. Ces côtes , nommées arcabas, sont épaisses de 12 à 16 centimètres et en se prolongeant , à mesure qu’elles approchent de terre , elles forment des cavités de 2 mètres à 2'”,60 de largeur et de profondeur, entre lesquelles se retirent les bêles fauves. L’écorce des arcabas est lisse et cendrée ; le bois de l’aubier est blanc et celui du cœur rouge. L’écorce du tronc est brune, épaisse, gercée et raboteuse; il en suinte quelquefois une résine rougeâtre qui se durcit et noircit à l’air. Le bois du tronc est rougeâtre , très dur et très compacte ; l’aubier est blanc.
Le bois de perdrix du commerce arrive en bûches de 2o centimètres et plus de diamètre, pourvues d’une écorce brune , mince, légère et fibreuse ; l’aubier est gris plutôt que jaune et plus ou moins épais. Le cœur est brun , nuancé de rouge et de vert noirâtre. La limite du bois , observée sur la coupe transversale , est moins nette que dans le bois de boco , et forme comme des bavures bleuâtres qui pénètrent dans l’aubier ; cette même coupe polie offre un pointillé blanc moins serré que le boco, et la loupe y fait découvrir la même rayure fine et rayonnante : mais ce qui domine tout, ce sont d’innombrables lignes blanches concentriques, aussi apparentes que les points blancs. La coupc faite suivant l’axe présente une véritable marqueterie de petits carrés diversement colorés, et on y observe de plus des lignes blanches longitudinales très apparentes, duos h des vaisseaux ouverts. Ce qui a fait donner à ce bois le nom de bois de perdrix, c’est que, lorsqu’il est scié longitudinalement, de manière que la coupe forme un angle très aigu avec l’axe , il offre des hachures blanchâtres , sur un fond brun rougeâtre , qui imitent l’aile de la perdrix. Le cœur du panacoco présente quelquefois le même effet, mais d’une manière beaucoup moins marquée.
Bois clc Vouacapoii ou d’AnscHn «le la Guianc.
Vouacapoua americana Aubl. ; andira raeemosa Lam. L’angelin de la Guyane est un fort grand arbre dont le tronc a près de 20 mètres de hauteur sur 65 à 70 centimètres de diamètre. L’aubier est blanchâtre et peu épais ; le cœur est fort dur et d’une grande solidité. Sa coupe horizontale présente
J-)J(:OTYLiiDONliS i;a
une qùanlité innombrable de poinis blanchâtres sur un fond brun noirâtre, et ces points, suivant qu’ils sont i)b!s serrés ou un peu plus espaces, donnent lieu à des cercles concentriques plus ou moins foncés et très mnUii)liés. La coupe longitudinale présente de même une inlinilé de libres blanchâtres (clostres) presque également répartis sur un fond noirâtre, ce qui donne à ce bois une certaine ressemblance avec celui des palmiers , et j’ai déjà dit que c’est celte ressemblance qui a valu à l'andira des Antilles (andira inermis)le nom de âo/s jjaluusîe ( page 30S). Celte même disposition de libres produit, dans certains cas, sur les coupes parallèles à l’ave, des images approchant d’un épi de blé , d’où vient le nom d’épi de blé que ce bois porto dans le commerce, à Paris. Enfin le bois de vouacapou coupé suivant des plans obliques à l’axe, présente la marbrure hachée des ailes de perdrix, et c’est lui, ainsi que les autres bois d' andira, qui porte dans l’ouvrage de M. Hollzapffel le nom de partridge-wood ou de bois de perdrix.
Les marchands de bois des îles à Paris, vendent, sous les noms de bois de Saint-François et de bois de Saint-Martin , des bois de la nature du bois de perdrix et du vouacapou et qui présentent les mêmes dispositions de couleurs et les mêmes imitations d’ailes d’oiseau.
Bois de Couîuaroii.
Dipterix odorata Willd. ; coumarouna odorata Aubl. Cet arbre élevé de 20 h 27 mètres sur un tronc de 1 mètre de diamètre , est le même que celui qui nous donne la fève lonka. Sou bois est d’une dureté com])arable à celle du gayac , ce qui lui en a fait donner le nom à Cayenne. 11 est d’un jaune rusé , formé de fibres d'une très grande finesse, présentant sur la coupe longitudinale, tantôt l’apparence du bois de perdrix dont les couleurs seraient éclaircies, adoucies et fondues l’une dans l’autre , tantôt l’image d’une chevelure ondoyante.
Ce bois pourrait servir à faire de très jolis meubles ; malheureusement il est très souvent traversé, de part et d’autre, par des galeries creuses, assez larges pour y introduire le doigt et qui doivent y avoir été pratiquées par un insecte de son pays natal, lorsqu’il est encore vert ; car sa dureté est si grande, quand il est sec , qu’on ne concevrait pas qu’un insecte pût l'entamer.
Bois de Courltaril ( Hg. 334).
Hymenœa conrbaril L. Tribu des csesalpiniées ou cassiées. Le courbaril est un arbre très élevé qui croît au Mexique , au Brésil et dans les Antilles. Les feuilles en sont alternes , pétiolécs et composées d’une seule paire de folioles coriaces, rapprochées, comme conjuguées, luisantes, d’un vert foncé, ovales-lancéülécs , aiguës , très entières; les fleurs sont disposées au sommet des rameaux en grappes pyramidales ; elles renferment tO étamines distinctes, renflées au milieu ; un ovaire slipité et un style filiforme. Les fruits, que l’on trouve fréquemment chez les marchands de curiosités, sont formés par une gousse très courtement slipilée, longue de 13 à lüceiilimèlres, large de 3,3 à 8, aplatie , non déhiscente. Cette gousse est composée d’une enveloppe ligneuse , rougeâtre , un peu rugueuse , luisante , contenant
une pulpe libreuse , jaunàire , niôlée d’une poussière sucrée cl agréable au goûl. On trouve au milieu de celle pulpe 4 à S semences brunes , grosses comme des lèves et cllipliques. 11 découle du tronc et des rameaux de cel arbre une grande quanülé d’une résine jaunâtre, transparente, difficile à dissoudre , ayant beaucoup de rapport avec l’animé orientale ou copal dur, et connue sous le nom d’animé occidentale ou de copal tendre. Le bois dont je m’occuperai seulement ici, est rouge, très dur, pesant, à structure santaline
Fig. 334.
très serrée , offrant par suite , sur sa coupe longitudinale , de petites lignes Creuses (clostres ouverts) , semblables à des mouchetures faites au burin , et alternativement dirigées dans deux sens différents. L’aubier a la couleur du bois de chêne et n’cslpas employé; le bois du cœur peut servir à faire des meubles, des ustensiles et des engins mécaniques d’une grande résistance et d’une grande solidité ; mais sa couleur rouge brune trop uniforme , et le défaut de poli causé par les mouchetures dont j’ai parlé , empêcheront toujours qu’il ne soit employé pour les meubles de prix. Le bois du llrésil , dit de courbaril, que les ébénistes emploient à faire de si beaux meubles, est du gonzalo-alves, pTodnit par Vastronhimfra.xmi folium, de la famille des térébinthacées.
Indépendamment des bois précédents qui, en raison de leur application à la teinture ou à l’ébénisterie , forment le sujet d’un commerce plus ou moins important, on trouverait dans les légumineuses de notre pays ou dans celles que la culture y a naturalisées , des bois qui pourraient cire employés aux mômes titres; tels sont, parmi les bois bruns, ceux du faux ébeuiec {cytisus laburnum) et du robinier faux-acacia (robinia p setido- acacia) , et parmi les bois jaunes ou rouges , le févier à trois épines ( gymnocladug triacanthos) , le caragana arborescens, le virgilia lutea , le sophorajapo-
DtCOTYLliDONES CALICIFI.ORES.
GcnËt Iles Teinturiers.
Genista tinctoria L. ; tribu des lotées. Car. gén. : Galice campanule, à deux lèvres, dont la supérieure à deux dents et l’inferieure à trois; corolle papillonacée , à étendard réfléchi en dessus , à deux ailes oblongues et divergentes, et à carène pendante ne recouvrant pas entièrement les organes sexuels. 10 étamines monadelphes; ovaire ovale ou oblong , h style relevé et à stigmate velu d’un côté. Légume comprimé, ovale ou oblong , contenant une ou plusieurs graines.
Le genêt des teinturiers , nommé aussi genestroïc, ne forme le plus souvent qu’un petit arbuste, haut de 35 à 60 centimètres, divisé dès sa base en rameaux nombreux, effilés, striés, glabres, garnis de feuilles simples , lancéolées, presques sessiles, légèrement ciliées sur le bord. Les fleurs sont assez petites, jaunes, disposées, au sommet des rameaux, en grappes longues de 5 centimètres. Le calice et les légumes sont très glabres.
La génestrole croît sur les collines , dans les pâturages secs et sur le bord des bois. Elle passe pour purgative et émétique , surtout ses graines , mais elle est inusitée. Elle a été très usitée dans la teinture en jaune, mais elle est aujourd’hui remplacée par la gaude. En 1820, M. Marochetti , médecin russe , l’a préconisée contre la rage ; mais les essais qui en ont été faits en France n’ont pas été favorables à son efficacité.
Parmi les autres espèces du même genre qui pourraient être employées aux mêmes usages ; il faut citer
Le genêt purgatif, genista purejans Lam., dont les feuilles sont simples, linéaires-lancéolées, pubescentes ; calices et légumes velus; 50 à 60 centimètres de hauteur.
Le genêt iicrbacc, genista sagittalis L.; divisé dès la base en rameaux herbacés, longs de 14 à 22 centimètres , chargés d’ailes foliacées, sous-articulés , et pourvus de feuilles simples , ovées-lancéolées.
Le genêt commun OU genêt à balais; genista SCOpavia Lam., cytisus scopa7'ius Link; arbrisseau haut de 100 à 160 centimètres, à rameaux effilés, très flexibles, marqués de deux angles saillants; h feuilles inférieures pétiolées et trifoliées, les supérieures simples, presque sessiles, ovales-lancéolées. Les fleurs sont grandes, d’un jaune d’or. Elles sont pédicellées et solitaires dans l’aisselle des feuilles supérieures, formant, par leur rapprochement, une sorte de grappe.
Le genêt d’Espagne, genista juncea Lam., spartium juncemnh.', arbrisseau de 2“\5 à 3 mètres, à rameaux nombreux, junciformes, munis d’un petit nombre de feuilles éparses, lancéolées, glabres, et ter-
minés par une grappe de fleurs jaunes , grandes et odorantes. Cette espèce croît naturellement sur les collines sèches, en Italie, en Espagne et dans le midi de la France. On la cultive dans les jardins.
MClilot omcinal (r.g. ÔSÜ).
Melilotm officinalis Willd. , tribu des lotées. Car. gén. ; Calice tubuleux à 5 dents; carène simple à ailes plus courtes que l’étendard ; légume plus long que le calice, coriace, mono- ou oligosperme. — Car. spôc. :
ïige dressée, rameuse; rameaux très ouverts; folioles lancéolées- oblongues, obtuses, à dentelure lâche , à stipules aétacées: dents du calice de la longueur du tube; étendard brun, strié; ailes égalant la carène ; légume disperme , obové , lanugineux - rugueux ; style fdiforme , de la longueur du légume ; semences inégalement cordiformes.
Le mélilot officinal est commun en France, dans les champs cultivés. Sa racine est pivotante et bisannuelle ; ses liges sont hautes de 35 à 70 centimètres, un peu étalées à leur base , ensuite redressées, garnies de feuilles ternées dont la foliole terminale est pédicellée et éloignée des deux autres. Ses fleurs sont petites, d’un jaune pâle, nombreuses, pendantes et disposées en longues grappes dans les aisselles des feuilles supérieures.
Il leur succède des légumes ovoïdes , ne contenant le plus souvent qu’une seule graine.
Le mélilot n’a qu’une faible odeur à l’état frais; mais il acquiert par la dessiccation une odeur plus forte et très agréable , ce qui le rend propre à aromatiser le foin auquel il se trouve mêlé, et aie rendre plus agréable aux bestiaux.
On doit à M. Chatin l’observation que , sur les marchés de Paris , on vend souvent, au lieu de mélilot officinal, le melilotus arvensis Wallr. Le premier est en bottes longues de 30 à 35 centimètres, formées de rameaux assez uniformes et privées de plantes étrangères. Les bottes du second ne dépassent pas 20 ou 25 centimètres, et sont mélangées d’un grand nombre de plantes étrangères qui ont été coupées au même temps. Le mélilot des cbamps est d’ailleurs un peu moins aromatique.
En 1820 , IM. Vogel avait cru reconnaître dans la fleur de mélilot la
336 DICOTYLÉDONES CAEICIFLOEES.
présence de l’acide benzoïque; mais, comme il admettait le même acide dans la fève tonka, le fait devenait douteux, au moins pour moi, qui avais reconnu antérieurement que le principe aromatique de la lève tonka était un principe particulier, non acide, auquel j’avais même donné le nom de Coumannic. Depuis cette épo{(ue, plusieurs pharmaciens (MM. Chevallier, Thuheuf, Cadet, Guillemette) ont obtenu le principe aromatique du môlilot, soit eu distillant les fleurs avec de l’eau , soit en les traitant par l’alcool, et ont reconnu son caractère non acide et son identité avec la coumarime de la fève tonka. {Journ. de Pliarm,, t. XXI, p. 172.)
SenC ( feuilles et IVuils ).
Le séné provient de plusieurs arbrisseaux du genre cassia, de la décandrie monogynie de Linné , des dicotylédones polypétalcs périgynes de Jussieu et de la famille des légumineuses. Il y en a plusieurs espèces qui varient par la forme de leurs feuilles, ce qui est cause que G. Bauhin et d’autres botanistes, à son exemple, les avaient distinguées en senna alexandrina foliis aciitis, et senna italica folits ohtusis. Linné les réunit sous le seul nom spécifique de cassia senna ; mais les botanistes modernes ont compris de nouveau le besoin de les séparer. Beaucoup ne distinguent encore que les deux espèces de Bauhin; cependant celle à feuilles aiguës présente plusieurs sous-espèces ou variétés qu’il est nécessaire de décrire séparément , en raison des produits différents qu’elles fournissent au commerce.
Première espèce: cassia ohovata Colladon (fig. 336). Sous-arbri.sseau de 35 à 50 cenlimètres d’élévation, garni de feuilles stipulées , pétiolées , à 6 rangs de folioles opposées. Le pétiole n’est muni d’aucune glande; les folioles sont elliptiques, obovées ou obeordées, c’est-à-dire en forme d’œuf ou de cœur dont la pointe est tournée vers le pétiole, et elles sont terminées à leur extrémité par une petite pointe bru.sque. Elles sont minces , vertes , semblables pour les nervures , la saveur et l’odeur à celles de l’espèce suivante. Ses fleurs sont portées sur des grappes axillaires, au moins aussi 'o, gués que les feuilles; elles offrent un calice à o sépales, une corolle à 5 pétales inégaux, 10 étamines libres et inégales , 1 ovaire stipité ; le fruit , auquel on donne vulgairement le nom de e , est un légume membraneux , plat , étroit, très arqué, d’une
--'..Ion,, noirâlrc, conlcnant de 6 à 8 semences, semblables pour la lonne «.^celles du raisin, el surmoiUées cbacune , à l’extérieur, d'une arête saillante. Cette espèce de séné croît naturellement dans la liante Égypte, dans la Syrie, en Arabie, dans l’Inde, au Sénégal; elle a été cultivée longtemps dans plusieurs parties de l’Europe méridionale, et surtout en Italie , d’où elle a pris le nom de séné d' Italie. Ses feuilles passent pour être moins purgatives que les suivantes , el les fruits ou follicides sont tout à fait rejetés. La plante se trouve parfaitement repréentée dans la planche I’' de l’ouvrage de Nectoux, intitulé Voyage \ ans la haute Egypte , Paris, 1808.
Deuxième ESPÈCE : cassia acutifolia {Flor. Ægypt., p. 75,
ib. XXVir, f. 1. Excluez toutes les autres synonymies). Cette espèce irme un arbrisseau de 60 à 100 centimètres de hauteur. Sa tige est OUI le et ligneuse; ses rameaux sont droits et minces; les pétioles sont ( épourvus de glandes, et portent de 5 à 6 paires de folioles, qui sont ongues de 27 à 3A millira., larges de 7 à lù, et d’une forme ZanccoteVe, ;’est-à-dire allongée et terminée insensiblement en pointe à ses deux extrémités. Elles sont assez fermes, roides, d’une couleur verte pâle, un peu glauque à la surface postérieure, jaunâtre en dessus; on y -emarque une nervure longiiuünale très apparente et saillante
la surface postérieure , et de , tuelle partent de 6 h 8 paires (I nervures latérales, à peu pre : tissi apparentes sur l’une et 1 'Ire face, égales entre elles, a sez régulièrement espacées e' irigées vers le sommet le l^uille. Elles ont une sa- •SkÆ un peu âpre , ensuite mucilagineuse et très peu amère ; leur odeur est assez marquée et nauséeuse. Les fruits sont tout à fait plats, longs de âO b 00 millim. . larges de 20 b 27, arrondis, très peu arqués, lisses et sans arêtes saillantes au milieu, noirâtres au contre, verts sur le bord, renfermant de 6 b 9 semences. Ce séné croît principalement dans la vallée de Bicharié, au delb de Sienne , sur les confins de l’Égypte et de la Nubie.
TnoisiÈME ESPÈCE on VARIÉTÉ : enssia cethiopico Giiib. (fig. 337) ;