‹ Histoire naturelle des drogues simples ou cours d'histoire naturelle professé a l'Ecole de Pharmacie de Paris (volume 4)Chapitre 57 sur 85 · SECS ASTRINGENTS DU COMMERCE · texte numérisé non relu

SECS ASTRINGENTS DU COMMERCE

Je pense que je ne puis mieux faire que de placer ici l’histoire des sucs astringents du commerce ; d’abord parce que le plus grand nombre d’entre eux appartiennent à la famille des légumineuses, ensuite parce que les autres ont avec les premiers des rapports de composition et d’emploi trop évidents pour qu’on puisse traiter des uns sans parler immédiatement des autres.

Suc <l’ Acacia (l’Egypte.

Le vrai suc d’acacia est extrait des fruits de l’acacia vera (pag. 362 , fig. 355), cueillis avant leur maturité. On les pile dans un mortier de pierre, et on en exprime le suc , que l’on fait ensuite épaissir au soleil. Lorsque ce suc a acquis une consistance convenable, on en forme des boules du poids de 125 à 250 grammes , et on l’enferme dans des morceaux de vessie , où il achève de se dessécher.

Le suc d’acacia , suivant les caractères que lui donnent les auteurs, et qui sont exacts , car on les retrouve dans un échantillon qui a été rapporté d’Égypte par Boudet oncle ; le suc d’acacia , dis-je , est solide, d’une couleur brune tirant sur celle du foie , d’une saveur acide, styptique , un peu douceâtre et mucilagineuse. J’y ajoute ceux-ci ; traité par l’eau froide, il s’y dissout assez promptement, mais donne une

dissolution imparfaite, trouble, ayant la couleur et l’apparence d’une décoction de quinquina gris. La liqueur filtrée est rouge, rougit très fortement le tournesol , forme un précipité bleu-noir très abondant par le sulfate de fer, forme avec la gélatine un précipité tenace et élastique, précipite fortement l’émétique et l’oxalale d’ammoniaque, précipite également par l’alcool et les carbonates alcalins. La portion du suc d’acacia insoluble dans l’eau , se dissout dans l’alcool , auquel elle communique une couleur très foncée, une saveur très astringente, non amère, et la propriété de précipiter en bleu foncé le sulfate de fer. Ces e.ssais indiquent dans le suc d’acacia un acide libre d’une forte acidité, une espèce de tannin analogue à celui de la noix de galle , et un sel calcaire très abondant.

Le vrai suc d’acacia est très rare dans le commerce , ou , pour mieux dire, depuis fort longtemps il ne s’y trouve plus. On donne à sa place une autre matière nommée acacia nosti'as , extraite en Allemagne des fruits non mûrs du prunier sauvage {prunus spinosa L.). On exprime le suc de ces fruits , et on lui donne la forme du vrai suc d’acacia. Suivant Lewis, il est plus dur, plus pesant, plus brun , plus âcre que ce dernier, presque également soluble dans l’eau et dans l’alcool. Voici les caractères de celui que je possède ; il est entièrement sec et dur, d’un brun rouge, d’une saveur de pruneaux. Il est peu soluble dans l’eau , et lais.se, après avoir été traité par ce liquide bouillant , une matière abondante qui a l’apparence de l’albumine coagulée; il est insoluble dans l’alcool. Celte substance doit être, avec d’autant plus de raison, rejetée par les pharmaciens, qu’il leur est très facile de préparer aujourd’hui le véritable suc d’acacia avec les fruits de bablah , (|ue l’on trouve abondamment dans le commerce.

Cachou.

Le cachou est une substance astringente dont l’emploi est très ancien chez les peuples qui habitent les contrées méridionales et orientales de l’Asie, et qui leur sert principalement à composer un masticatoire dont l’usage est aussi général que celui du tabac dans d’autres parties du globe. Ce masticatoire , formé de cachou , de noix d’arec et d’un peu de chaux, le tout enveloppé d’une feuille de bétel, rougit fortement la salive et colore les dents d’une manière désagréable ; mais il paraît être utile dans ces climats , pour remédier au relâchement des gencives et à la débilité des organes digestifs. Le cachou est aussi très utile dans l’Inde comme médicament et pour la teinture.

Beaucoup d’auteurs ont admis , après Gardas ab Horto, que le cachou avait été connu des anciens Grecs , et que c’est le lyciim de l'Inde de

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Dioscoride. Malgré l’avis conlraire du savant M. Royle {Annales des 'Sciences naturelles, 1834 , Botanique, t. II, p. 183), il ni’ est difficile de ne pas partager l’avis de Garcias ; mais quel que soit le parti que l’on prenne dans cette discussion , il convient de reconnaître que le cachou n’a été connu dans l’Europe moderne que vers le milieu du xvil= siècle, et qu’il a été mentionné d’abord par Schrader, dans un appendice à sa pharmacopée, sous nom de teira japonica ou de catechu. Pendant longtemps il n’a été employé que pour la médecine , et la consommation en était assez bornée; mais en 1829 on a commencé de l’appliquer en France à la teinture des étoiles , et dès lors l’importance s’en est accrue d’une manière tellement extraordinaire que d’une importation moyenne de 282 kilogrammes, pendant les années 1827 à 1831, elle s’est élevée, en 1838 à 548785 kilogrammes; cependant elle a baissé depuis, mais elle était encore, en 1845 , de 225342 kilogrammes.

Suivant Murray [Apparatus niedic., t. II, p. 546), le nom cateclm, qui a passé presque sans altération dans plusieurs langues européennes, est tiré de cate nom de l’arbre, et de chu qui signifie suc dans la langue du pays. J’ignore de quelle langue Murray a voulu parler, mais je n’ai trouvé ces mots dans aucun des idiomes de l’Inde. Garcias nomme l’arbre au cachou hacchic , et c’est le cachou lui-même qu’il appelle cate (arom. cap. 10). Garcias décrit d’ailleurs très imparfaitement l’arbre au cachou , bien qu’il soit très probable qu’il ait voulu parler d’un acacia. D’après lui, c’est un arbre hérissé d’épines, de la grandeur d’un frêne, à feuilles très petites et persistantes, à bois dur, compacte et incorruptible. Pour en extraire le cachou , on pile les rameaux de l’arbre et on les fait bouillir dans l’eau. On y ajoute quelquefois de la raclure d’un certain bois noir croissant au même lieu et de la farine de nachuni, qui est une semence noire et menue de la saveur du .seigle et propre à faire du pain (1). Le produit de la décoction , concentré , sert à faire des pastilles ou des tablettes qui constituent le cachou.

Je pense qu’il serait inutile de répéter ici tout ce qui a été écrit sur la nature, l’origine et la préparation du cachou, et sur l’espèce d’arbre qui le produit. Je me bornerai à dire qu’après beaucoup de discus.sions, les opinions parurent fixées par un mémoire d’Antoine de Jussieu {Mémoires de V Acad, des sciences, 1720, p. 340), qui, se fondant principalement sur des renseignements fournis par un chirurgien français résidant à Pondichéry, soutint l’opinion que tout le cachou , quelle que soit sa forme en boules , en manière d’écorce d’arbre , ou en masses aplaties, était extrait par infusion dans l’eau des noix d’arec coupées

(1) J’ai trouvé que le nachani est l'ekusine coracana, de la famille des graminées.

MiGUMlNIiUSliS.

par tranches. Mais cette opinion a été renversée lorsque Kerr, chirurgien anglais, eut fait publier clans le Medical observations and enquiries (t. V, p. 151 ) , une description e.vacte de l’acacia cater.hu et de la manière d’en extraire le cachou : à partir de ce moment , et surtout h mesure qu’on oubliait davantage ce qui avait été écrit antérieurement, Kerr fut regardé comme l’auteur de la découverte de la véritable origine du cachou. Quant à moi , il ne me paraît pas plus exact de dire que le cachou soit exclusivement tiré de Vuca.cia catechu que de \'o.reca. Car si la première extraction est pratiquée dans les provinces septentrionales de l’Inde , la seconde est incontestablement usitée dans les contrées du midi. Enfin , autant pour donner une idée plus exacte de culte question que pour rendre à chacun la justice qui lui est due , je traduirai ici par extrait un mémoire d’Herbert de Jager, bien antérieur h ceux de Kerr et d’Antoine de Jussieu. On le trouve dans les Miscellanea curiosa, 162ti , p. 7.

« On entend dans les Indes , sous le nom de khaath ( que les nôtres nomment catsjoe et Gardas cate ) , tout suc astringent retiré par décoction de fruits, racines ou écorces , et épaissi, lequel étant mâché avec du bétel et de l’arec colore la salive en rouge.

!i Ce suc desséché ne provient pas d’un seul arbre ; mais on le retire de presque toutes les espèces d’acacia qui sont pourvues d’une écorce astringente et rougeâtre et de beaucoup d’autres plantes ; et tous portent le nom de khaath, quoiqu’ils diflerent en vertu et en bonté. H y a cependant un arbre qui produit le meilleur et le plus estimé. On nomme cet arbre kheir en langage hindou et de Decan , et khadira dans la langue sanscrite. Les forts rameaux sont pourvus d’une écorce cendrée , tandis que les pétioles des feuilles ailées sont couverts d’un épiderme rougeâtre, et sortent exlérienrement du rameau entre deux épines opposées entre elles et recourbées. Les feuilles sont semblables h celles do l’acacia, quoique plus petites, ce qui me le fait ranger parmi les acacias. Suivant ce qui m’a été rapporté, c’est de cet arbre, soit seul, soit mêlé à d’autres, que l’on confectionne au Péqu le khaath, qui est tellement célèbre qu’on le distribue par toutes les Indes. Mais il y a encore un autre arbre épineux du genre de l’acacia, cl à feuilles très petites, qui est nommé en langage tellingoo driemmi et en sanscrit siamL duquel , suivant ce que j’ai entendu dire, le cachou est également retiré par l’intermède du feu. Cet arbre est tout hérissé d’épines courtes et élargies à la base. L’écorce des forts rameaux est raboteuse et d’une couleur jaune rougeâtre foncée; les rameaux sont assez disposés sans ordre et entremêlés ; deux ou trois rejetons sortent d’une même branche et portent de petites folioles oblongues arrondies, d’un vert blanchâtre ; de çà et de là sortent d’entre les feuilles et vers l’extrémité des rameaux , de petits fruits un peu arrondis ; à peine oserai-je dire lequel de ces deux arbres a été indiqué par Garcias(l).

» Enfin, autour des monts Gâte qui, commençant au cap Comorin , enfer-

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ment tout le Malabar, le Canara, le Cancan et encore d’autres contrées plus septentrionales , on l'abrique une grande quantité do cachou par un autre procédé qui m’a été communiqué par un gyumosophistc qui avait parcouru toutes ces provinces. Suivant cet homme , la noix d’arcc , étant encore verte, est coupée par morceaux et mise à bouillir dans l’eau , avec un peu de chaux, pendant trois ou quatre heures , au bout desquelles il sc dépose une matière épaisse et féculente comme une bouillie , laquelle seule petit servir à fabriquer le khaath; mais afin de rendre le produit meilleur, on y ajoute de l’écorce de tsjaanra ou acacia précédemineut décrit, et de celle de l'épine noire d’Eijyple, toutes deux récentes et macérées pendant trois jours dans de l’eau , huiuclle est ensuite versée sur le dépôt précédent et bouillie pendant une heure. Ca matière épaissie est exposée au soleil , sur des nattes , jusqu’à cc qu’elle devienne presque dure. Alors ou la réduit en petites masses qui sont transportées partout sous le nom de khaath. Mais ce produit n’est pas toujours jiur, et la plupart du temps on y ajoute de l’argile ou du sable pour en augmenter la masse. »

Voici mainlenant la description donnée par Kerr pour l’extraction du cachou de V acacia catechu (1).

« Le cachou est préparé avec la partie interne du bois qui est d’un brun pâle , ou d’un rouge foncé, et même noir par place ; la partie externe , qui est blanche, est rejetée. On divise le bois intérieur en copeaux et on en remplit

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un vase de terre à ouverture étroite , que l’on emplit d’eau jusqu’à la partie supérieure. Cette eau étant diminuée à moitié par la coction, on la verse dans un vase de terre plat, et ou l’épaissit jusqu’à ce qu’il en reste seulement la troisième partie. Alors la matière étant reposée pendant un jour, dans un lieu frais , on la fait épaissir à la chaleur du soleil , en l’agitant plusieurs fois pondant le jour. Lorsque la masse a acquis une consistance suffisante , on l’étend sur une natte, ou sur un drap saupoudré de cendre de bouse de vache, et on la divise en morceaux quadranÿulaires , dont on achève la dessiccation complète au soleil. Afin que l’extraction se fasse plus facilement , on se sert de fourneaux très simples , consistant principalement en une voûte de terre cuite , placée sur un foyer creusé en terre, et percé de trous qui reçoivent les vases à extraction, l'ius le bois est foncé en couleur, plus l’extrait obtenu est noir et de moindre qualité. On prend donc le bois d’un brun pâle, d’oùrésulte un extrait 2)tus léger et blanchâtre.

» Cet extrait n’est pas préparé au Japon, d’où l’épithète dejaponica ne lui convient pas. 11 est apporte du Malabar, de Suratte , de Pégu et d’autres contrées de l’Inde ; mais sa plus grande provenance paraît être de la province de liahar. »

Beaucoup jtlus récemment, M. Royle a vu préparer le cachou avec le bois de Vitcaciu cutechu , dans les passes de Kkeree et de JJoon. Seulement il ajoute que le suc épaissi est versé dans des moules d’argile qtii sont généralement d’une forme carrée. Ce cachou est de couleur rouge pâle. Il suit la voie ordinaire du commerce par le Gange et nous arrive par Calcutta. L’échatitilloii de ce cachou que M. Royle a rapporté ressemble exactetnent à celui que j’ai décrit sous le nom de cachou terne et [Mrallêlqjipède , ou cachou en écorce d'arbre d’Antoine de Jussieu, dont l’origine se trouve ainsi définitivement constatée.

ttaclion rtc Parce.

J’ai déjà rapporté, d’après Herbert de Jager, la fabrication du cachou de Xareca catechu, qui diffère de celle mentionnée par Antoine de Jussieu , parce que, suivant ce dernier, la noix d’arec servirait seule à la fabrication de l’extrait ; tandis que , suivant Herbert de Jager, ou y ajouterait souvent une infusion de bois d’acacia. Voici une nouvelle description de cette fabrication, due au docteur Heyne, qui nous apprend que dans le Mysore on prépare deux sorles de cachou avec la noix d’arec.

« Avec les semences de l’arec, on prépare un extrait qui constitue au moins deux des espèces de cachou des pharmacies. Cet extrait est préparé en grande quantité dans le Mysore, aux environs de Sirah , et de la manière suivante. Les noix d’arec étant prises telles qu’elles viennent sur l’arbre , sont mises à bouillir pendant quelques heures dans un vaisseau en fer. Elles sont alors retirées et la liqueur est épaissie en continuant rébiillition, Ce procédé (purnjt le

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kassu ou le cachou le plus aslriiigeul , lequel est noir et mêlé de tjlumes de riz et d’autres impuretés. Après que les noix sont séchées, clics sont mises dans de nouvelle eau et bouillies de nouveau, et cette eau étant épaissie comme la première, fournit la meilleure et la plus chère espèce de cachou , nommée voury. Celui-ci est d’ un jaune brun, d’une cassure terreuse, et sans mélange de corps étrangers. (D’après ces caractères , il me parait certain que le coury et le kassii sont les deux premières sortes de cachou que j’ai décrites sous les noms de cachou en boules, terne et rougeâtre, et de cachou brun noirdtré , orbiextlaire et plat.)

Gambie.

Le gambit- est une substance tellement semblable au cachou par sa couiposition et ses propriétés , ciu’on lui en donne le nom dans le commerce et cjne je l’ai moi-même décrit comme une sorte de cachou, avant de le connaître sous son véritable nom. Une fois ce nom connu , celui du végétal ejui le fournit le devenait également. Il est en effet certain , d’après les renseignements fournis par Kœnig , Ilunter, Uoxburgh , etc. , que le gambir est extrait des feuilles de Vuncaria guniljir lîoxb. (1).

Je me bornerai aux extraits suivants :

(1) Vncaria gambir Roxb. ; nauclea gambir Huiit. ( lig.

303 ). Les unearia sont des arbrisseaux .sarmcnleux lrè.s répandus dans l’Inde et principalement dans toutes les des de la Malaisie. Ils apiiartiennent à la famille des rubiacécs et à la mémo tribu que les cinchona , dont ils sc distinguent principalement parce que leurs fleurs sont sessiles et réunies en capitules , suides pédoncules sortant de l’aisselle des feuilles. Vuncaria gambir a les feuilles ovéeslancéolécs , courtement pétioles , lisses sur les deux faces ; les stipules sont ovés ; les pédoneules florifères sont solitaires et opposés dans l’aisselle des feuilles supérieures ; ils sont bractcolés au milieu de leur longueur et sont accompagnés, à la base , d’une épine recourbée en crochet, provenant d’uu autre pédoncule avorté.

LliGUMliXEUSliS.

Extrait des observations de Hunter sur la plante qui produit le yutta (jainbeer {Transact, of tlie Linnean Society ,ÏX, p. « Deux procédés

sont employés pour extraire le yutta yambeer des feuilles du nauclea gambir. Suivant le premier, on fait bouillir dans l’eau les feuilles complètement privées de lige. On évapore la liqueur en consistance sirupeuse et on la laisse se solidilicr par refroidissement. On la coupe alors en petits carrés que l’on fait sécher au soleil , en ayant soin de les retourner souvent.

)) Le gambir préparé par ce procédé est de couleur brune ; mais on en apporte de la côte malaise et de Sumatra , qui est sous forme de petits pains ronds, presque blancs. Selon le docteur Campbell de Bencoolen, cette sorte de gambir se prépare en faisant infuser dans l’eau, pendant quelques heures, les feuilles et les jeunes rameaux incisés. La liqueur étant passée laisse déposer une fécule qui est épaissie à la chaleur du soleil et façonnée en petits pains

1) Le plus fréquent usage du gambir est d’être mâché avec les feuilles de bétel , de la même manière que le kutt ou cachou, dans les autres parties de rinde. On choisit, à cet effet, la sorte la plus belle et la plus blanche. Le gambir rouge étant d’un goût très fort, et abondant, est exporté pour la Chine et Batavia , où il sert au tannage et à la teinture.

)> Dans l’ile du prince de Galles , les fabricants de gambir l’altèrent souvent avec de la fécule de sagou, qu’ils y mêlent intimement; mais on peut découvrir cette fraude par la solution du gambir dans l’eau. »

Extrait de fet Flora indica de Roxburyh (t. I,p. 818). « Vncaria yambier. Gambier est le nom malais d’un extrait préparé avec les feuilles de cette plante , et qui joint à quelque douceur un principe astringent plus prononcé que dans le cachou. La préparation en est simple : les jeunes tiges et les feuilles sont hachées et bouillies avec de l’eau , jusqu’à ce qu’il se dépose une fécule. Celle-ci est évaporée au soleil en consistance de pâte et jetée dans des moules de forme circulaire. C’est ainsi que se fait le gambir, d’après le docteur Campbell ; mais dans d’autres parties du golfe de Bengale , les feuilles et les jeunes pousses sont bouillies dans l’eau , et la liqueur est évaporée sur le feu elà la chaleur du soleil, jusqu’à ce qu’elle soit assez épaissie pour être étendue mince et coupée en petits pains carrés. »

Suivant M. Bennett, la méthode usitée à Singaporc pour faire le gambir cubiriuc consiste à faire bouillir deux fois les feuilles avec de l’eau , dans un chaudron nommé quaiie, fait en écorces d’arbres cousues, avec un fond en fer battu. Les feuilles épuisées et égouttées servent de fumier pour les plantations de poivre. La décoction est évaporée en consistance d’extrait ferme, lequel est d’un brun clair, jaunâtre et comme terreux. On place cet extrait dans des moules oblongs dans lesquels il se solidilie. Ensuite on le divise en cubes et on le fait sécher au soleil sur une plate-forme élevée. Hunter dit que cet extrait est quelquefois mélangé de sagou ; mais M. Bennett nie que cette falsilication se pratique à Singapore. Le meilleur gambir est apporté de Rhio, dans l’ilc de Bintang. Le meilleur ensuite est celui de Lingin.

On donne aujourd’hui le nom de kino à un certain nombre de sucs astringents qui proviennent de végétaux et de pays très différents. Ces

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SUCS oui avec les cachous cl le ganibir une assez graïule analogie de propriétés; cependant ils sont généralement plus solubles dans l’alcool et pourvus d’un principe colorant d’un rouge de sang, qui manque aux premiers.

J’ai cherché pendant longtemps et sans succès l’origine du mot kim. que l’on trouve pour la première fois dans Mui ray, comme synonyme de la (fomme ustruiqeiüe de Gambie, dont la première mention a été faite par Fothergill en 1757. Voici comment on |)eut expliquer ce nom aujourd’hui : malgré l’importance donnée h la gomme astringente de Gambie par Folhergill, et les démarches faites itonr se procurer de nouveau cette substance , elle n’a jamais reparu dans le commerce; bien qu’on sache parfaitement qu’elle est produite par un arbre d’Afrique nommé de sangue , qui est le erlnaeem de r.amarck. Néanmoins, par suite du mémoire de Fothergill, la gomme rouge de Gambie n’ayant pas cessé d’être demandée , ou a délivré en son lieu et place d’autres sucs analogues arrivés de toutes les parties du monde , de l’Inde, des Moluques, delà Nouvelle- Hollande , de la Jama'ique, du Mexique , de la Colombie , etc. , qui tous, jusqu’à ce que. leur origine ait été découverte, ont été confondus avec la première. Or, parmi ces substances , il y en a une , produite en abondance par le butea fnmdosa, et qui porte dans l’Inde le nom de kvevi. Il est probable, ainsi que le pense M. Pereira , que c’est là l’origine du nom kino , que l’on a étendu depuis à tous les sucs ronges et astringents fournis par le commerce.

Après avoir donné ces détails préliminaires sur les cachous , les gauibirs et les kinos, je vais décrire les principales sortes que l’on en trouve dans le commerce. Je renverrai pour les autres, ainsi que pour tous les détails dans les(|uels je ne puis entrer ici , au mémoire que j’ai publié sur les sucs ctstringents , nommés cachous , gambirs et kinos , dans le Journed de pharmacie et de chimie, t. Xf et XII, aimée 18/i7.

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