‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 5)Chapitre 9 sur 121 · AC · texte numérisé non relu

AC

Millefeuille.

Achillea millefolium TV. Car. gén. : capitules multiflores hétérogames ; fleurs du rayon peu nombreuses , femelles, fertiles, ligulées,

18 DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.

à 3 dents ; fleurs du disque hermaphrodites, à tube comprimé , à 5 dents; réceptacle étroit, plane ou rachidiforme, portant des paillettes oblongues, transparentes ; involucre ové, formé de squames imbriquées ; achaines oblongs, glabres, comprimés, non ailés , pourvus de marges nerviformes, dépourvus d’aigrette.

La millefeuille s'élève à la hauteur de 35 à 65 centimètres; ses tiges sont droites, ramifiées vers le sommet, garnies de feuilles pinnatisectées , à segments pinnatipartites et à lobes linéaires tri ou quinquéfides ; les fleurs sont très nombreuses , petites, radiées, blanches ou purpurines, rapprochées en un corymbe terminal , serré, Elles sont légèrement odorantes et fournissent une petite quantité d'une essence épaisse, bleue ou verte; on les emploie en infusion comme astringentes ; les feuilles pilées sont appliquées sur les plaies et les coupures, ce qui a valu à la plante le nom d'herbe aux charpentiers.

Eupatoire de mesué, achillea ageratum L. Plante haute de 65 centimètres, dont les feuilles sont lancéolées-obtuses , dentées, atténuées à la base, presque sessiles et rassemblées par paquets sur la tige. Les corymbes terminaux sont isolés les uns des autres, composés de capitules nombreux, petits, très serrés, à fleurs jaunes. Elle est inusitée.

Ptarmique ou Herbe à éternuer.

Ptarmica vulqaris Blackw., t. 276; achillea ptarmica L. Cette plante diffère des millefeuilles plutôt par la disposition de ses fleurs que par de véritables caractères génériques ; ses feuilles sont sessiles , longues , lancéolées, acuminées, finement dentées, assez semblables, sauf leur longueur, à celles de l’eupatoire de mésué. Sa tige se ramifie par le haut, mais chaque rameau ne se divise qu’en un petit nombre de pédoncules ne portant chacun qu’un seul capitule , et tous ces capitules réunis ne forment qu’un corymbe très lâche et peu fourni. Les capitules sont globuleux, formés d'écailles à marge scarieuse et noirâtre ; les demi-fleurons sont assez nombreux, étalés, blancs, tridentés, beaucoup plus grands que l’involucre. Les feuilles ont ur goût piquant comme la pyrèthre ; leur poudre est employée comme sternutatoire.

Camomille romaine (63. 252).

Anthemis nobilis L. Car. gén. : capitules multiflores hétérogames ; fleurs du rayon unisériées, ligulées, femelles ; fleurs du disque hermaphrodites, tubuleuses à 5 dents; réceptacle conique paléacé ; involucre paucisérié, imbriqué; achaines obscurément tétragones, striés ou lisses; aigrette tantôt nulle , tantôt formée d’une membrane entière ou incisée , souvent agrandie et auriculée du côté interne.

SYNANTHÉRÉES — SÉNÉCIONIDÉES. 19

La camomille romaine croît naturellement dans les prés et dans les champs, en France, en Espagne, en Italie, mais on la cultive pour l'usage de la médecine; ses fleurs ligulées, d’une belle couleur blanche, déjà nombreuses dans son état naturel, s’augmentent par la culture et finissent par envahir tout le disque. Les Fig. 252.

fleurs sont d'autant plus recherchées qu’elles sont plus complétement ligu lées. La plante est très touffue et rampante; ses feuilles sont pinnatisectées, à segments très divisés en lobes linéaires et sétacés , un peu velus; les rameaux florifères sont nus au sommet et terminés par un seul capitule ; les achaines sont nus. Les feuilles sont odorantes et amères, mais moins que les fleurs, qui sont la seule partie de la plante employée, et que l’on fasse sécher. La dessiccation doit en être faite promptement, si l’on veut leur conserver leur blancheur ; on les emploie alors en infusion , comme stomachiques et carminatives.

Les fleurs de camomille, malgré leur odeur si caractérisée, ne fournissent qu'une très petite quantité d’une essence fluide, d’une couleur verte peu foncée qui se perd avec le temps et qui disparaît aussi par la rectification. L'essence devient alors incolore , d’une odeur toujours très agréable ct très franche de camomille romaine. Les auteurs qui, même encore à présent, décrivent l'essence de camomille comme épaisse et colorée en bleu, ont pris pour elle de l'essence de matricairecamomille.

Camomille des champs, anthemis arvensis L. (Fuchsius, (a 14h). Cette plante pousse de sa racine des tiges droites, ramifiées, pourvues de feuilles pinnatisectées, mais à subdivisions moins nombreuses et moins fines que dans l'espèce précédente. Les capitules sont assez grands, terminaux, pourvus d’un seul rang de fleurs ligulées, blanches, étalées, plus grandes que le diamètre du disque ; les achaines sont couronnés d’une marge membraneuse , très courte , à peine dentée. La plante est inodore et inusitée ; c’est par mégarde ou par fraude que ses fleurs sont mélangées à celles du matricaria chamomilla (voyez page A7 ).

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