‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 5)Chapitre 108 sur 121 · GROUPE DES ACÉRÉES · texte numérisé non relu

GROUPE DES ACÉRÉES

Endlicher comprend sous ce nom un assemblage de sept familles appartenant aux dicotylédones polypétales hypogynes ou thalamiflores. Ces familles étant peu nombreuses et peu importantes pour la matière inédicale proprement dite, je me dispenserai d’en donner les caractères, qui se trouveront d’ailleurs suflisamment indiqués dans la description particulière des articles. Voici le tableau de ces familles et des espèces les plus utiles.

542 DICOTYLÉDONES THALAMIFLORES.

SAPINDACÉES.

Savonnier des Antilles. . . . . . Sapindus saponaria L. Boa-tam-paijang. . . . . . . . . — rubiginosa Roxb. ÉÉMMET T . à eo à se + + 'ONEPREIR IUT EE Guarana. . . . . . . . . . . . . Paullinia sorbilis Mart. M due Deus ee ee CNE

Bois de reinette. . . . . . . . . Dodonæa salicifolia DC.

HIPPOGASTANÉES.

Marronnier d'Inde. . . . , . .. Æsculus hippocastanum L. ÉRROFOREE = .. ,. à so + J'ODIU JO RHIZOBOLÉES.

Saouari. . . . . .. . , ., . . Caryocar villosum Pers. Pekea butyreux . . . . . . . , . — butyrosum Willd. — tuberculeux.. . ... , . . . . — tomentosum Willd.

ÉRYTHROXYLÉES.

Coca du Pérou. . . .. . . . . . Ærythroxylum coca Lam.

CORIARIÉES.

Redoul: . 2 7,2, ,°. 2, . .nCoriaria myrtifolia MALPIGHIACÉES.

Cerisier des Antilles. . . . . . . Malpighia glabra.

ACÉRINÉES.

Érable à sucre. . . . . . . . . . Acer saccharinum L.

— plane . . . . . . . . . . . . — platanoides L.

— champêtre. .….. su us noi pes tele

— sycomore. . . . . . . , « « .« — pseudo-platanus L.

Negundo. . . . . . . . . . . . . Negundo fraxinifolium Nutt.

Savonnier des Antilles,

Sapindus saponaria L. Les savonniers sont des arbres ou des arbrisseaux croissant entre les tropiques, par toute la terre ; à feuilles alternes, privées de stipules, pétiolées, composées-pinnées, à folioles alternes ou opposées, très entières, souvent ponctuées ; à fleurs poivgames ,

ACÉRÉES. 543 pourvuües d’un calice à 4 ou 5 divisions égales, d’une corolle à 4 ou 5 pétales insérés à la base extérieure d’un disque annulaire, de 8 ou 10 étamines libres, insérées entre le disque et l'ovaire. L’ovaire est central, sessile, à 3 loges contenant un seul ovule droit. Le fruit est composé de une, deux ou trois capsules charnues, indéhiscentes, monospermes.

Le savonnier des Antilles.est un grand arbre dont le bois, la racine et les fruits sont empreints d’un principe amer qui communique à l’eau la propriété de mousser fortement et de produire sur le linge un effet analogue à celui du savon. Ce sont les fruits surtout qui servent à cet usage ; ils sont de la grosseur d’une cerise, globuleux, luisants, d’un roux jaunâtre, contenant sous une pulpe gluante et très amère un noyau noirâtre , arrondi, fort dur, renfermant une amande huileuse, Les fruits des sapindus arborescens et frutescens de la Guyane, divaricatus du Brésil , senegalensis du Sénégal , rigida de l'ile Bourbon , sont presque semblables aux premiers et servent aux mêmes usages. J'ai reçu par M. Gaetano Ambrosioni celui du sapindus divaricatus, dit pao de subao au Brésil. 11 est composé de 1 , 2 et rarement 3 baies lisses et luisantes, de la grosseur d’une petite cerise et d’un roux jaunâtre. Les baies avortées sont toujours représentées par un ou deux tubercules à la base de celles qui se sont développées. Le péricarpe de celles-ci est mince , formé d’un suc gluant desséché, assez transparent pour qu’on voie la semence au travers, ainsi que l’a mentionné Marcgraff ( p. 113). Cetie semence adhéraïit à la partie inférieure de la graine au moyen d’un plexus filamenteux ; mais elle s’en détache par la dessiccation et on l'entend sonner dans l’intérieur de la loge, lorsqu'on agite le fruit, Cette semence est noire, lisse, formée d’un test épais et très dur, à structure rayonnée, el d’une amande jaune, huileuse, non amère, mais peu agréable à manger. Le fruit entier, tel que je l’ai, possède une odeur d’acide acétique assez prononcée,

Cette semence sert à faire des colliers et des chapelets. Quant au péricarpe, quand on le fait tremper dans l’eau, on voit la matière mielleuse qu'il contient se dissoudre, et l’eau en acquiert une saveur très amère et très âcre , el la propriété de mousser comme de l’eau de savon, Cette eau ne se trouble pas lorsqu'on l’étend de beaucoup d’alcool et ne contient pas de gomme, par conséquent,

Boa-lam-paijang.

Ce fruit, nommé aussi boochgaan-tam-paijang, à été rapporté de l'Inde, il v a une dizaine d'années, par un officier belge. I] Jui attribuait de grandes propriétés médicinales, et spécialement celle d’être un

5h44 DICOTYLÉDONES THALAMIFLORES.

spécifique certain contre la diarrhée et Ja dyssenterie. Ce fruit ayant été présenté à l'Académie de médecine, dans la vue d’obtenir une récompense du gouvernement , il a été essayé à l'hôpital Beaujon, par M. Martin-Solon, qui ne lui a trouvé aucune propriété, dans les deux affections précitées, qui ne puisse être expliquée par l'action réunie du repos, de la diète et d’une boisson mucilagineuse. La conclusion du rapport fut donc négative ; ce qui n’empêche pas que plusieurs médecins, entraînés par l'attrait de l'inconnu, ne prescrivent ce fruit à leurs malades, qui ont l'avantage de payer fort cher un médicament dont les équivalents indigènes (racine de grande consoude, semences de lin et de psyllium) ne coûtent presque rien.

Ce fruit a généralement une forme ovoïde, un peu renflée au milieu, quelquefois amincie en pointe aux deux extrémités. Mais le plus ordinairement il est aminci seulement du côté du pédoncule, où il offre une cicatrice oblique, souvent partagée en deux par une ligne proéminente, ce qui indique l’adjonction latérale de 1 ou 2 carpelles sur le même réceptacle. Cette disposition, qui est celle des sapindacées, jointe à l'indéhiscence des carpelles, à l’absence de toute suture ct de tout vestige de style ,-enfin à la présence d’une semence unique , formée de 2 cotylédons sans endosperme, et pourvus d’une radicule rétractée à la base de la graine, tous ces caractères réunis m'ont fait admettre que ce fruit était celui d’une sapindacée , et j'ai même ajouté que c’était celai du sapindus rubiginosus de Roxburgh (apport à l'Acadéinie et Jèevue scientifique, t. XIX, p. 435). Le boa-tan-paijang ressemble en effet beaucoup au fruit du sapindus rubiginosus ; mais étant mieux examiné, je trouve aujourd’hui qu'il diffère assez des fruits de sapindus décrits plus haut, pour qu’il doive appartenir à un genre différent , et si son identité avec le fruit du sapindus rubiginosus doit être confirmée , il en résultera que le sapindus rubiginosus lui-même devra être séparé des autres espèces de ce genre,

Le boa-tam-paijang, indépendamment de la forme décrite plus haut, est long de 25 à 27 millimètres et épais de 12 à 14. Sa surface est plus ou moins ridée par la dessiccation et d’un gris jaunâtre ou brunûtre, avec une teinte verdâtre. Dessous l’épiderme, se trouve une partie charnue desséchée , brune-noirâtre, mince, légère, brillante par places dans sa fracture, soudée avec une pellicule interne blanchâtre que je regarde comme le test de la graine; car les cotylédons ne me paraissent avoir aucune autre enveloppe. Ainsi donc, si je ne me trompe, dans ce fruit, l'enveloppe blanche et pelliculaire de la graine scrait soudée avec le mésocarpe. Les cotylédons sont droits, ovoïdes, épais, charnus, mais réduits par la dessiccation à l’état de deux lames concaves, laissant entre elles un assez grand espace vide; ils sont alors fort durs, difficiles

ACÉRÉES. 545 à rompre et comme gorgés d’un suc desséché ; ils offrent à la partie inférieure une radicule très courte et turbinée.

Le boa-tam-paijang diffère autant des fruits de savonniers par ses propriétés chimiques et médicales que par son organisation. Loin d’être âcre et amer, il est éminemment gommeux et très faiblement astringent. Le fruit entier surnage l’eau ; quand on le laisse macérer dans ce liquide, la substance du mésocarpe se gonfle, déchire l’épicarpe , et paraît au dehors sous la forme d’une gelée transparente que l’on peut comparer à celle qui recouvre la glaciale, et qui est de même nature. Après quelques heures de séjour dans l’eau , on trouve l’épicarpe complétement lacéré et le fruit a disparu au milieu de la masse gélatiniforme. Le test et l’'amande n’ont pas sensiblement varié de volume.

D'après l'analyse que j'en ai faite, le fruit de boa-tam-parjang est composé des substances suivantes :

Dans l'amande :

Dan PURE ne nn D is 2,96; Euretéaleet, Aer. «5. éme: 1 021 |

d 35,10 An lin arte senc M 1 | issu celine, à: 2 cnsliauare ge mec « 4

Dans le péricarpe :

HR UP Me fe NB Matière brune astringente. . . . . . . . 1.60 64,90 A RAR PE Lieneux eE ÉPIDerME.. s 1,0 0 eo de 3,20

Li-tehi, euphorbia litchi Desf, ; scytalia chinensis Gærtn., t. 42. Le li-tchi est compté au nombre des fruits les plus estimés de la Chine. L'arbre qui le produit s’élève à la hauteur de 5 à 6 mètres et porte des feuilles alternes , ailées sans impaire , à 2 ou 3 paires de folioles. Ses fleurs sont petites, disposées en panicules Tâches, et sont pourvues d’un calice à 5 dents, de 5 pétales réfléchis, de 6 à 8 étamines et d’un ovaire didyme , surmonté d’un style et de deux stigmates. Un des deux ovaires avorte constamment et le fruit est formé d’une seule baie tuberculeuse, presque sphérique et d’un rouge ponceau, contenant, sous une enveloppe coriace, une semence entourée d’un arille épais et pulpeux , d’une saveur que l’on dit exquise et comparable à celle du meilleur raisin muscat. Les Chinois mangent cet arille à l’état récent, ou desséché au four, à la manière de nos pruneaux.

Guarana, On nomme ainsi une pâte préparée au Brésil avec les

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