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semences de paullinia sorbilis. Les semences étant pulvérisées gros sièrement, sont mises en pâte avec de l’eau et formées en inasses cylindriques, qui ont la forme d’un saucisson et qui ressemblent, pour la couleur et pour l'aspect, à de la pâte de cacao grossièrement broyée. Cette matière possède une saveur faiblement astringente ; au Brésil les voyageurs en emportent ävec eux et l’emploient délayée dans de l’eau et sucrée, comme rafraîchissante et antifébrile. Elle contient de la caféine. Une autre espèce de paullinia (paullinia cururu L.), décrite par Pison , sous le nom de cururu-ape , produit des fruits-avec lesquels on enivre les poissons, et dont les sauvages de la Guyane se servaient également pour enduire leurs flèches d’un poison narcotico-âcre. Les paullinia pinnata L. et australis Saint-Hilaire, sont encore plus vénéneuses et sont employées par les Nègres dans leurs empoisonnements.
Marronnier d’Inde,
Æsculus hippocastanum. Le marronnier d’Inde est un grand et bel arbre originaire de l'Asie tempérée , d’où il a passé d’abord à Constantinople , on ne sait à quélle époque. C’est de cette ville que des échantillons en ont été envoyés pour la première fois à Matthiole, en 1569; mais ce n’est qu’en 1576 qu’un jeune arbre en fut adressé à Clusius , à Vienne, où il n'avait pas encore fleuri en 1588, époque à laquelle ce botaniste le quitta. Il n’a été cultivé en France qu’en 1615, et en Angleterre en 1633. A partir de cette époque, il s’est promptement répandu partout, peu de nos arbres indigènes pouvant lui être comparés pour la beauté du feuillage et l'élégance des fleurs.
Le marronniér s'élève à une hauteur de 20 à 27 mètres, sur un tronc de 3 à A mètres de circonférence. 11 perd ses feuilles de bonne heure et se reconnaît pendant l'hiver à ses gros bourgeons ovoïdes et pointus, dont les écailles sont enduites d’un suc gluant, de nature résineuse, Il se couvre de feuilles à la fin du mois de mars, fleurit au commencement de mai et donne ses fruits en septembre. Ses feuilles sont opposées, longuement pétiolées et composées de 5 à 7 folioles palmées, dentées , inégales et augmentant de grandeur en allant du pétiole à l'extrémité, Ses fleurs sont blanches, panachées de rouge, assez grandes, nombreuses et disposées en belles grappes pyramidales , redressies à l'extrémité des rameaux et sur toute Ja circonférence de l’arbre , ce qui lui donne un fort bel aspect. Ces fleurs sont composées d’un calice monosépale, à 5 dents inégales ; d’une corolle à 5 pétales inégaux, ondulés et ciliés en leurs bords , rétrécis en onglet à la base ; de 7 étamines à filaments subulés, inégaux , attachés sous l'ovaire ; enfin d’un ovaire libre et supère, arrondi, à trois loges bi-ovulées, porté sur un
ACÉRÉES. 547 disque et surmonté d'un style subulé , terminé par un stigmate simple. Le fruit est une capsule charnue , globuleuse, hérissée de pointes, s’ouvrant en trois valves septifères, et divisée en trois loges pouvant con tenir chacune deux graines ; mais la plupart avortent et on n’en trouve ordinairement qu’une ou deux. Ces graines sont grosses, glabres , luisantes, arrondies ou diversement anguleuses , et d’un brun clair avec un large hile basilaire, de couleur cendrée. Elles ont une singulière ressemblance extérieure avec celles du châtaignier cultivé, connues sous le nom de marrons; mais elles en diffèrent beaucoup à l’intérieur par leurs cotylédons amers, recourbés et soudés, pourvus d’une radicule conique dirigée vers le hile, et d’une plumule très apparente, diphylle.
Le bois de marronnier est très blanc, léger, tendre et facile à travailler. On en fabrique divers ouvrages à l’usage des dames, tels que vases, corbeilles , coffrets et tables de travail, sur lesquels on exécute des peintures à l'huile.
L'écorce du marronnier d’fnde a été prônéc à différentes époques comme fébrifuge et comme succédanée du quinquina ; mais il ne paraît pas qu’on en ait obtenu beaucoup de succès. Celle des branches de deux à trois ans, que l’on doit préférer, est brune et rugueuse à l'extérieur, de couleur de chair dans sa cassure, qui est plutôt grenue que fibreuse ; elle est inodore , et jouit d’une saveur amère, astringente , très désagréable.
L'infusion aqueuse d'écorce de marronnier rougit le tournesol , précipite la gélatine, verdit et forme un précipité vert par le sulfate de fer ; ne précipite pas l’émétique ; précipite par les acides, par la baryte et la chaux, ne précipite pas par la potasse , qui lui donne une couleur bleue intense (Annales de chimie, t. LXVII, p. 210). La même infusion forme, avec le nitrate d'argent, un précipité gris, passant de suite au noir, ce qui la distingue de l'infusion de quinquina, qui produit avec le même réactif un précipité blanc permanent ( Bulletin de pharmacie, t. X, p. 35).
Depuis que le marronnier d'Inde est cultivé en Europe, on voit avec regret que la-grande quantité de fruits amylacés qu'il produit chaque angée n'ait pas été utilisée pour la nourriture de l’homme ou des animaux; on à prétendu que les vaches , les chèvres, les moutons et les cochons les nangeaient avec plaisir ; mais , ainsi que l’a remarqué Baumé, ils en mangent peu, par exception, et préfèrent leur nourriture ordinaire. Cependant les procédés pour extraire du marron d'Inde une farine pure eL nutritive sont connus depuis longtemps, et ceux qui ont été préconisés dans ces dernières années n’en sont que la répétition. Ils consistent dans une division parfaite de la pulpe du fruit, expres-
sément recommandée par Baumé, et dans son lavage répété au moyen de l’eau , soit pure, soit additionnée d’une petite quantité de carbonate alcalin. Dans tous les cas, la transformation de la fécule du marron d'Inde en glucose et en alcool, fournirait un moyen très simple d’utiliser ce fruit, et il faut espérer qu’on ne Île laissera plus perdre à l'avenir.
Ea composition du marron d'Inde n’est pas encore parfaitement connue. Baumé n’a fait qu'y indiquer un principe très amer soluble dans l'alcool, une substance particulière qu'il désigne sous le nom de gomme-résine, de l'huile, une matière sucrée et une autre azotée, analogue au gluten du froment. Il fait également mention de la propriété fortement mousseuse et savonneuse que le marron d'Inde communique à l’eau.
D'après M. Frémy, la matière savonneuse du marron d’Inde est identique avec la saponine retirée de la saponaire du Levant, par M. Bussy, et toutes deux, traitées par l'acide chlorhydrique , se transforment en un acide très peu soluble dans l’eau , mais toujours très soluble dans l'alcool, auquel M. Frémy donne le nom d’acide esculique (Ann. chim. phys., t LVII, p. 101 ).
On cultive dans les jardins, sous le nom de pavia rouge, un arbre peu élevé et très ‘élégant, qui ressemble au marronnier d'Inde par la forme de ses feuilles et par la disposition de ses fleurs ; mais il en diffère par ses folioles pétioluiées et non sessiles sur leur pétiole commun , par sa corolle à 4 pétales redressés , et par ses fruits pyriformes, dépourvus d’aiguillons. Les sommités des tiges, les pétioles et les principales nervures des feuilles sont d’une couleur rougeûtre, et les fleurs sont d'un rouge éclatant.
Coca,
Erythrozylum coca Lam. Arbrisseau originaire du Pérou, devenu célèbre par l'usage que l’on fait de ses feuilles. Il s'élève à Ja hauteur de 40 à 13 décimètres, et se divise en rameaux nombreux et redressés. Les feuilles sont alternes, courtement pétiolées, entières, ovales, aiguës , presque à 3 nervures et longues de 40 millimètres sur 27 millimètres de large. Les fleurs sont petites, nombreuses, portées sur des tubercules dont sont couverts les jeunes rameaux. Elles portent un calice persistant, à à dents; 5 pétales à large onglet, munis d’une écaille à leur base ; 10 étamines monadelphes par le bas; un ovaire supère, à 3 loges et surmonté de 3 styles. Le fruit est un drupe rouge , oblong, à une loge monosperme , accompagnée de 2 loges avortées ; la semence est pendante, pourvue d’un embryon droit dans l’axe d’un endosperme cartilagineux ; radicule supère.
ACÉRÉES. 519 Les feuilles de coca paraissent exercer sur Le système nerveux une action analogue à celle du vin. Mâchées en petite quantité par les voyageurs et par les ouvriers mineurs , elles soutiennent leurs forces et leur permettent de supporter la faim et la soif pendant une journée presque entière. Mâchées en plus grande quantité, avec mélange de feuilles de tabac, elles procurent une ivresse dont les effets paraissent assez semblables à ceux du chanvre indien. On en fait au Pérou un commerce considérable.
Redoul (fi. 591).
Coriaria myrtifolia L. Get arbrisseau , nommé aussi redon, eorroyère, herbe aux tanneurs, appartient à la décandrie pentagyni de Linné et sert de type à la petite famille de coriariées qui a beauc de rapports avec celle des malpighiacées. Il croît na- Fig. 391.
turellement dans le midi de la France, en Espagne et en Italie. Ses rameaux sont tétragones, ses feuilles opposées, ovales -lancéolées, glabres, très entières, larges de 7 à 27 millimètres et longues de 20 millimètres à 54. Elles offrent, outre la nervure du milieu, deux autres nervures très saillantes , qui partent comme la première du pétiole, s'écartent et se courbent vers le bord de la feuille et se prolongent jusqu’à la pointe. Les fleurs sont disposées en grappes simples, pourvues de bractées. Elles présen. tent un calice à 5 sépales distincts, uvés, pointus, concaves à l'in térieur ; une corolle à 5 pétales petits, charnus , élargis par le bas. 10 étamines libres; un ovaire sessile, libre, quinquéloculaire, surmonté de 5 styles filiformes, velus et couverts de papilles. Le fruit est composé de 5 coques soudées, en partie couvertes par les pétales persistants. Les coques sont crustacées, indéhiscentes et monospermes ; les semences sont pendantes et privées d’endosperme.
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Les fleurs de cet arbuste présentent un caractère particulier ; quoiqu'elles contiennent toutes des étamines ct un pistil, elles sont cependant de deux sortes. Les unes (a) ont des étamines longues et des anthères fertiles et sont véritablement hermaphrodites; les autres (4) ont des élamines très courtes et les anthères stériles et sont considérées comme simplement femelles.
Le fruit du redoul est vénéneux : des militaires français en ayant mangé en Espagne, trois en moururent, et l’on cite d’autres exemples aussi funestes. Les feuilles sont également très dangereuses et causent des vertiges aux bestiaux. Ces feuilles, par une coupable cupidité, sont quelquefois mêlées à celles du séné et ont causé à plusieurs reprises des accidents très fâcheux. J’ai indiqué ARS les moyens de les distinguer ( page 343 ).
Le redoul, en raison de l'abondance de son principe astringent, est employé avec avantage pour le tannage des peaux. On le trouve, pour cet usage , dans le commerce , préparé à la manière du sumac, et sous la forme d’une poudre verte, inodore , très astringente.
Érables,
Les érables sont des arbres ou de grands arbrisseaux dont les feuilles sont opposées , longuement pétiolées et partagées en plusieurs lobes palmés. Leurs fleurs sont pêtites, d’une couleur verdâtre, disposées en grappes ou en bouquets dans l’aisselle des feuilles ou au sommet des rameaux ; elles sont polygames, les unes étant hermaphrodites et feriles, et les autres mâles, sur le même individu ou sur des individus différents. Elles sont formées d’un calice à 5 divisions, d’une corolle à 5 pétales, de 8 étamines (rarement de 5 à 12) insérées sur un disque hypogyne. L'ovaire est libre, bilobé, formé de deux carpelles soudés à une colonne centrale qui se termine par un style et par un stigmate bifide. Le fruit est formé de deux capsules indéhiscentes, comprimées , réunies à leur base et du côté interne, terminées du côté opposé par une aile membraneuse, et formées intérieurement d'une seule loge monosperme. Les graines sont arrondies, pourvues d’un double tégument dont l'intérieur est charnu ; l'embryon est dépourvu d’endosperme et formé de 2 cotylédons foliacés, irrégulière ment contournés ; la radicule est cylindrique, descendante et dirigée vers le hile. |
On connait une trentaine d'espèces d’érables qui croissent dans les parties tempérées de l'Amérique et de l’ancien continent , et dont voici les principales espèces.