‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 5)Chapitre 112 sur 121 · II · texte numérisé non relu

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578 DICOTYLÉDONES THALAMIFLORES.

Ja baie. Celle-ci, qui forme la presque totalité du fruit, est à 8 ou 10 loges occupées par des vésicules oblongues, pleines d'un suc jaunâtre, doux, sucré, et d’un goût fort agréable. Les graines sont blanches, oblongues, arrondies, volumineuses.

On distingue parmi les variétés de l’oranger celui dit de Portugal, qui est le plus commun ; celui de Chine (Ferrari, tab. 427); l'oranger à suc rouge, V'oranger à écorce douce, celui à écorce épaisse (Ferrari, 379), l’oranger à fruit nain, l'oranger à fleurs doubles, dont les fruits en renferment souvent un second dans leur intérieur, l’oranger pompelmous d'Amboine (cètrus aurantium decumarum) qui est peut-être une espèce distincte, remarquable par la grandeur de toutes ses parties, etc. Parmi les hybrides, on compte l’oranger à figure de limon ou lime orangée (Ferrari, tab. 385), l'oranger à fruit panaché de blanc (Ferrari, 399), l'oranger à fruit strié (Ferrari, L01), etc.

Ainsi que je l'ai dit précédeinment, l’oranger à fruit doux se recommande par son fruit, qui est un des plus beaux et des plus agréables que l’on connaisse ; mais il le cède , pour toutes scs autres parties, au bigaradier, ses feuilles et ses fleurs étant pourvues d’une saveur et d’une odeur beaucoup plus faibles, et l'écorce de son fruit, que l’on vend quelquefois comme écorce d'orange amere, s'en distinguant par sa nature spongieuse et par son goût fade ou faiblement amer. L'essence retirée du zeste est la plus légère de celles des aurantiacées : elle pèse 0,844 non distillée, et 0,835 lorsqu'elle cst bien rectifiée. C'est aussi celle qui agit le plus sur la lumière polarisée, qu’elle dévie de 127 degrés vers la droite.

FAMILLE DES TERNSTROËEMIACÉES.

Arbres ou arbrisseaux à feuilles alternes, sans stipules, souvent coriaces et persistantes. Galice à 5 sépales concaves, inégaux ct imbriqués; corolle à 5 pétales ou plus, imbriqués et contournés , quelquefois soudés à la base; étamines nombreuses, souvent réunies par la base de leurs filets et soudées avec la corolle. Ovaire libre, placé sur un disque hypogyne, divisé en 2 à 5 loges contenant plusieurs ovules fixés à leur angle interne. Les styles sont en nombre égal à celui des loges , plus ou moins soudés ensemble, terminés chacun par un stigmate simple. Le fruit présente de 2 à 5 loges ; il est tantôt coriace ou un peu charnu et indéhiscent ; d'autres fois sec, capsulaire, s’ouvrant en autant de valves qu'il y a de loges ; l'embryon est nu ou pourvu d’endosperme. c :

Les ternstræmiacées présentent d'assez grands rapports avec les guttifères. On les divise en six tribus dont une, qui a reçu le nom de

TERNSTROEMIACÉES. 579

camelliées ou de théacées, était d’abord comprise dans les aurantiacées, puis a formé une petite famille distincte , avant d’être réunie aux ternstræmiacées. Une autre tribu , celle des cochlospermées, plus rapprochée des malvacées, ne comprend que le seul genre cochlospermum que je cite ici, parce que, une des deux espèces dont ilse compose , le cochlospermum gossypium (bombazx gossypium L.), est indiqué par Endlicher dans son Ænchiridion botanicum, ouvrage sk concis et si plein de faits exacts et d’érudition, comme la source de la gomme kutera Ou kuteera (kufira) de l'Inde, à laquelle j'ai conservé jusqu'ici, provisoirement, le nom de gomme de Bassora (page 121), mais qu’il faut définitivement appeler gomme kutira. Ce même arbre (cochlospermum gossypium) porte, dans une capsule ovale, à 5 loges polyspermes et à 5 valves, de petites semences réniformes , couvertes d’un duvet blanc, que l’on peut employer aux mêmes usages que le coton. Les semences elles-mêmes, écrasées avant leur maturité, fournissent un suc qui a là couleur de la gomme-gutte. Je ne dirai rien des camellia , arbrisseaux si connus pour l’élégance de leur feuillage et la beauté de leurs fleurs , mais qui ne sont d’aucune utilité pour la médecine, et je me bornerai à parler du thé, dont l’importance commerciale est si grande et dont l'importation procure au fisc, dans plusieurs pays de l’Europe , une ressource assez considérable.

Thé (fig. 597).

Le thé se nomme #sja/au Japon et #cha en Chine (1), ce qui ne forme probablement qu’un seul et même nom. C’est un arbrisseau rameux , toujours vert, qui croît jusqu’à la hauteur de 2 mètres environ, Il a les feuilles alternes, non stipulées, pétiolées, légèrement coriaces, ovales-oblongues, pointues, fincment dentées. Ses fleurs sont axillaires, solitaires, pédonculées, munies d’un calice à 5 sépales imbriqués , dont les extérieurs sont plus petits ; tous sont un peu soudés par la base, Les étamines sont nombreuses, plurisériées, à filaments filiformes, portant une anthère appliquée, oblongue, biloculaire. L’ovaire est libre, triloculaire, surmonté d’un style trifide et de 3 stigmales aigus. Le fruit est une capsule formée de 3 coques arrondies, à déhiscence léculicide , ne contenant chacune ordinairement qu’une grosse semence ronde. Celle-ci est formée d’un embryon sans endosperme, à cotylédons charnus et oléagineux, et à radicule très courte et centripète.

On trouve dans le commerce un grand nombre de sortes de thés que lon rapporte toutes à deux arbustes dé la Chine, qui ont été nommés

(4) D'après Kæmpfer, cependant, le thé se nommerait thèh en chinois.

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par Linné thea bohea et thea viridis, le premier ayant les feuilles plus courtes et les fleurs hexapétales, et le second les feuilles plus longues et les fleurs à 9 pétales. Mais d’après les observations de Lettsom, le nombre des pétales peut varier

Fig. 397. dans les deux arbustes de 3 à 9, de

sorte qu’on ne les regarde plus que comme deux variétés d’une même espèce nommée fhea chinensis. I faut admettre alors que les différences remarquées entre les sortes de thé proviennent en partie de l’âge auquel on a cueilli les feuilles et du mode de leur dessiccation. On fail la récolte des feuilles plusieurs fois par an, et on les fait sécher sur des plaques de fer chaudes, où elles se crispent et se roulent comme on Île voit dans le thé du commerce. Les feuilles des thés de choix sont, en

outre , roulées une à une dans la main. Enfin, je suis porté à croire que la différence qui existe entre les deux sortes principales de thés du commerce, désignées sous les noms de {hé vert et de thé noir, est due à ce que ce dernier a subi une préparation particulière avant sa dessiccation.

On distingue ensuite un grand nombre de variétés de thés verts et noirs. On compte parmi les premiers ceux dits {hé vert ou tonkai , thé songlo, thé hayswen-skin , thé hayswen où hyson, thé perlé ou tmpérial , thé poudre à canon , thé chulan, ete. On désigne au nombre des seconds , le {hé bouy, le congou, le campout , le souchong ou sactchon, le pekao, le thé en boules, etc, ; je n’en décrirai que six variétés,

Le thé hayswen est en feuilles roulées longitudinalement , d’un vert sombre un peu noirâtre et bleuâtre, d’une odeur agréable et d'une saveur astringente. Lorsqu'on le fait infuser dans l’eau , les feuilles se développent, acquièrent de 30 à 50 millimètres de longueur, de 15 à 20 millimètres de largeur, et une teinte plus verte. Ces feuilles sont ovées-lancéolées, glabres d’un côté, légèrement pubescentes de l'autre, dentées de petites dents aiguës sur leurs bords ; plusieurs feuilles sont brisées. La liqueur est jaune, transparente, a une saveur amère, rougit le tournesol, ne précipite ni le nitrate de baryte ni l'oxalate d’ammo-

TERNSTROEMIACÉES. 581 niaque; forme, avec le nitrate de plomb, un précipité blanchâtre ; avec le nitrate d'argent, un précipité noir, ou blanc passant au noir, par la réduction de l’argent; elle réduit de même la dissolution d’or et celle de protonitrate de mercure, ce qui indique dans ce thé un principe avide d’oxigène (le tannin ). |

Thé chulan, Ce thé ressemble entièrement, par ses caractères physiques et par les propriétés de son infusion , au thé hayswen ; sa seule différence consiste en une odeur infiniment plus suave, qui passe également dans son infusion, et en rend l'usage très agréable. Cette odeur n’est pas naturelle au thé; elle lui est communiquée par la fleur de l’olea fragrans X., lanhoa des Chinois. Ce thé est un des plus recherchés. !

D'autres sortes de thés paraissent devoir de même leur odeur particulière à d’autres substances aromatiques , telles que les fleurs du camellia sesanqua , celle du mongorium sambac de la famille des jasminées , etc.

Le thé perlé diffère extérieurement du thé hayswen , par sa forme ramassée , comme arrondie, et par sa couleur plus brune et néanmoins cendrée; son odeur est plus agréable. Lorsqu'on le fait infuser dans l’eau , il s’en pénètre et se développe plus difficilement. Alors on reconnaît que sa forme arrondie provient de ce que les feuilles de thé entières, après avoir été roulées longitudinalement, sont en outre replies et tordues sur elles-mêmes; opération qui a dû se faire à la main , et à laquelle ce thé doit d’être moins accessible à l'humidité , et de conserver plus longtemps son parfum et ses autres propriétés. Les feuilles de thé perlé développées sont entièrement semblables à celles du thé hayswen, seulement elles sont un peu plus petites. L'infusion est un peu plus foncée et légèrement trouble; du reste, elle jouit des mêmes propriétés.

Thé poudre à canon, Ce thé paraît roulé encore plus fin que le thé perlé ; cependant il provient de feuilles plus grandes et semblables à celles du thé hayswen; mais ces feuilles ont toutes été coupées transversalement en trois ou quatre parts avant d’être roulées, ce qui est la seule cause de la petitesse de son grain. Son infusion ressemble entièrement à celle du thé perlé.

Thé noir, thé bouy. thé souchong, Ces sortes de thés sont d’un brun noirâtre, d’une odeur agréable, d’une saveur moins astringente que le thé hayswen. Il sont beaucoup plus légers, plus grêles, et, comme lui, seulement roulés dans leur longueur,

Le thé noir, infusé dans l’eau, se développe facilement ; ses feuilles sont elliptiques ou lancéolaires, dentées, brunes, plus épaisses que le thé hayswen , comme membraneuses et élastiques, mêlécs de pétioles.

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L’infusion a une odeur agréable , une saveur moins amère que celle du thé hayswen , une couleur orangée brune. Cette infusion rougit le tournesol, ne précipite pas le nitrate de barvte, et réduit la dissolution d’or ; précipite en fauve le nitrate de plomb; précipite de même sans les réduire les nitrates d'argent et de mercure, ce qui indique l'absence presque totale du principe avide d’oxigène contenu dans les précédentes sortes.

Le thé pekao me paraît n’être que la sorte précédente plus choisie. Il a la même couleur brune , la même forme, la même saveur ; seulement son odeur est plus agréable , et il est mêlé de petits filets argentés, qui ne sont autre chose que les dernières feuilles de la branche non encore développées, et plus pubescentes que les autres : son infusion est entièrement semblable à celle du thé bouv.

Ce que je viens d'exposer sur ces six sortes de thés ne contredit en aucune façon lopinion émise précédemment , qu’elles ne proviennent que d’une espèce végétale : en effet, le {hé chulan n’est que du thé hayswen aromatisé artificiellement ; le {hé poudre à canon n’est que du thé vert haché et roulé ; le {hé perlé ne me semble différer du thé hayswen que parce que ses feuilles sont un peu plus petites, ce qui peut tenir à ce qu'on les a récoltées dans un âge moins avancé ; enfin, l'infusion de ces quatre sortes exerce une même action réductive sur les dissolutions d’or, d'argent et de mercure.

Quant au {hé bouy et au thé pekao , qui diffèrent des autres par leur couleur brune, et par l'absence du principe avide d’oxigène , on pourrait les croire produits par une espèce distincte; mais il est possible aussi que leur différence résuite de ce que les feuilles récoltées auraient été traitées par l’eau, ou par la vapeur de l’eau, ou soumises à un commencement de fermentation avant leur dessiccation ; car l’une ou l’autre de ces opérations aurait en effet pour résultats la coloration en brun des feuilles et l’altération du principe oxigénable : ce qui me semble appuyer cette opinion, c’est que le thé bouy n’est pas toujours entièrement privé de la propriété de réduire les dissolutions d'argent et de mercure.

C'est en 1666 qu’on a commencé à faire usage du thé en Europe; depuis il est devenu d’un usage si général, qu’on en importe annuellement plus de 20 wnillions de livres. C’est à l'occasion d’une taxe sur le thé que les États-Unis d'Amérique se sont séparés de l'Angleterre. L'infusion de thé est stimulante, stomachique, très bonne pour les indigestions et pour arrêter le vomissement.

Succédanées du thé, L'usage presque universel du thé est cause que dans plusieurs pays on en.a donné le nom aux feuilles de diverses plantes susceptibles d’être prises en boisson théiforme. L'une d’elles a même

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acquis une grande importance commerciale dans l'Amérique méridionale : c’est le #é du Paraguay, dont la recherche à coûté pendant si longtemps la liberté à notre célèbre botaniste Bonpland. Cette plante est une espèce de huoux, {ex paragariensis, que M. Auguste Saint- Hilaire a trouvé au Brésil sous le nom de arvore de mate ; de sorte que les nations qui en font usage pourront se soustraire au monopole du gouvernement du Paraguay en la tirant du Brésil. d

Les feuilles de cet arbrisseau, telles qu’on les trouve dans le com= merce, sont toujours brisées et même présque pulvérisées, afin d’en déguiser la nature. Ces feuilles ont une odeur assez prononcée et une saveur un peu astringente ; on les emploie en infusion comme le thé.

Dans l’Amérique septentrionale on fait usage des. feuilles de l’ilex vorritoria, sous le nom de #hé des Apalaches. Au Pérou, on fait un commerce fort considérable des feuilles de coca, erythrozylum coca, de la petite famille des érythroxylées. Ces feuilles, qui n’ont qu’une saveur faiblement aromatique et amère, jouissent d’une propriété excitante qui peut aller jusqu’à causer l'ivresse, Les Indiens et les mineurs, surtout, en mâchent continuellement et paraissent trouver dans cet usage un puissant remèdé contre la fatigue. On a donné aussi le nom de {hé du Mexique au chenopodium ambrosioides, et celui de thé d'Europe à la véronique et à la sauge. Cette dernière plante à même pendant quelque temps été envoyée en Asie en échange du thé de la Chine; mais l'usage en à été passager, tandis que ce dernier est devenu un objet de nécessité en Europe.

FAMILLE DES TILIACÉES.

’ Arbres, arbrisseaux, très rarement plantes herbacées, à feuilles alter-

nes, accompagnées de deux stipules le plus souvent caduques. Fleurs complètes, pourvues d’un calice à 4 ou 5 sépales libres ou plus ou moins soudés ; corolle à 4 ou 5 pétales insérés à la base d’une glande ou d’une squamule, entiers ou lacérés au sommet, rarement nuls, Étamines le plus souvent indéfinies, insérées sur le torus ; à filaments filiformes, libres ou légèrement soudés à la base. Anthères biloculaires, s’ouvrant par une fente longitudinale ou par un pore terminal. L'ovaire présente de 2 à 10 loges, contenant chacune un ou plusieurs ovules attachés à leur angle interne. Le style est simple, terminé par un stigmate lobé. Le fruit est une capsule à plusieurs loges et polysperme , ou un drupe monosperme par avortement. Les graines contiennent un embryon droit ou un peu recourbé, dans un endosperme charnu.

Les tiliacées forment deux sous-familles, les #i/ices et les é/æocarpées : les premières ont les pétales entiers ou rarement nuls, et les an-

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thères à déhiscence longitudinale ; les secondes ont les pétales incisés et les anthères s’ouvrant au sommet par une valvule transversale. Les unes et les autres se recommandent à différents litres dans les contrées qui les produisent ; mais je n’en citerai que deux espèces appartenant aux tiliées. L'une est la eorette potagère , OU mélochie ( corchorus olitorius L.), plante égyptienne cultivée dans plusieurs parties de l'Asie, de l'Afrique et d'Amérique, à cause de ses feuilles que l’on mange cuites et assaisonnées. L'autre espèce, qu’il nous importe davantage de connaître, est notre tilleul d'Europe,

Tilleul d'Europe.

Tilia europæa X.. Les tilleuls sont des arbres élevés, à feuilles alternes, simples, cordiformes , dentées, ct dont les fleurs sont disposées en corymbes sur un pédoncule commun qui sort du milieu d’une bractée

longue et linéaire. Le calice est à 5 divisions caduques ; la corolle est à 5 pétales oblongs, alternes avec les sépales, nus intérieurement ou accompagnés à la base d’une /igule staminifère. Les étamines sont nombreuses, libres et insérées sur le réceptacle, ou partagées en cinq groupes portés par les ligules ; l'ovaire est libre, globuleux, velu, terminé par un style et par un stigmate en tête, à cinq lobes. L’ovaire est divisé intérieurement en cinq loges dispermes. Le fruit est un carcérule globuleux, coriace ou ligneux, à cinq loges monospermes, dont quatre avortent ordinaircment. L'embryon est droit, formé de deux cotylédons foliacés, dans l'axe d'un endosperme cartilagineux.

Le tilleul d'Europe a les pétales dépourvus de ligules et les étamines libres, par conséquent. Il présente un assez grand nombre de variétés dont plusieurs ont été élevées au rang d'espèces : tels sont le tilleul à larges feuilles, dit Gileul &e Hollande (tilia platyphylla Scop. ) ; le tilleul à petites feuilles OU à feuilles d'orme, Nommé aussi! tilleul sauvage où tillot (/ilia microphylla Vent.) ; le tilleul rouge (tilia rubra DC. ), dont les jeunes branches flexibles sont colorées en

Fig. 398.

TILIACÉES. 585 rouge , etc. Quant au tilleul argenté de Hongrie qui se trouve représenté figure 398, il se distingue des précédents par ses feuilles glabres et d’un vert foncé en dessus, revêtues en dessous d’un duvet court et serré ; el par ses fleurs d’une odeur analogue à celle de la jonquille , et dont les pétales sont pourvus d’une ligule staminifère, comme les üilleuls de l'Amérique septentrionale, ce qui avait fait supposer d’abord qu'il était originaire de cette partie du monde.

Le bois de tilleul est blanc, assez léger, facile à travailler, 11 est employé par les menuisiers, les boisseliers, les tourneurs, les sculpteurs et les sabotiers. La seconde écorce de tilleul (ou le liber) est très fibreuse, difficile à rompre et sert à faire les cordes à puits. Les feuilles de tilleul se couvrent ; pendant l'été, d’une exsudation mielleuse et sucrée, récoltée par les abeilles, et la sève de l'arbre, obtenue par incision du tronc, peut fournir du sucre cristallisé, ou, mise à fermenter, elle produit une liqueur vineuse assez agréable au goût.

Les fleurs de tilleul sont pourvues d’une odeur douce et agréable, qui parfume l'air vers la fin de juin ; elles attirent les abeilles qui viennent y puiser un miel abondant. On en fait un fréquent usage en médecine, comme antispasmodiques, étant employées sèches, en infusion théiforme. Gette boisson, qui est très agréable, peut aussi, jusqu’à un certain point, remplacer le thé. Les fleurs récentes, distillées avec de l'eau, fournissent une essence liquide et incolore qui est peu connue. L'hydrolat préparé avec les fleurs sèches est très usité comme antispasmodique dans les potions.

DIPTÉROGARPÉES. Petite famille très voisine des tiliacées , composée d'arbres de la première grandeur, habitant l'Inde et les îles de l’archipel Indien, ct pourvus de sucs huileux ou résineux, d’une grande utilité pour les pays qui les produisent ; mais ils arrivent peu jusqu’à nous. Au nombre de ces arbres se trouve d’abord le dryobalanops camphora, nommé aussi camphrier de Bornéo Ou de Sumatra, dont j'ai décrit le camphre naturel, t. IT, p. 385. Plusieurs dipterocarpus, arbustes très voisins des dryobalanops, fournissent une résine balsamique utilisée comme poix navale, comme encens dans les temples, ou comme médicament vulnéraire et cicatrisant.

Le premier de tous est le dipferocarpus trinervis de Java, arbre immense dont la résine fail partie d’onguents employés contre les ulcères invétérés, et remplace le copahu dans tous ses usages, lorsqu'elle est dissoute dans Palcool. Le dipterocarpus lævis, arbre de l’Inde, étant incisé à la hache et approché d’un feu doux, fournit une grande quantité d’une huile balsamique, dite wood oùl , très usitée comme vulnéraire et en place de vernis. Le shorea robusta de l'Inde également produit une résine qui passe pour une espèce de dammar, et le vateria indica

a été regardé, pendant un certain temps, pour la source de la résine animé orientale ou copal dure, lorsqu'on s’imaginait que cette résine provenait de l'Inde (page 425).

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