‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 5)Chapitre 114 sur 121 · MALVACÉES · texte numérisé non relu

MALVACÉES

style, et qui paraît porter au sommet un grand nombre de petits filets munis chacun d’une anthère uniloculaire. Ovaire sessile, composé de 5 carpelles ou plus, disposés circulairement autour d’un axe central stylifère ; ovules solitaires ou en plus grand nombre, fixés à l'angle central des carpelles. Fruit composé de coques verticillées, presque libres ou plus où moins soudées en une capsule polycoque, ou entièrement soudées et formant une capsule à 5 loges ou plus, à déhiscence loculicide ou plus rarement indéhiscente. — Genres : lavatera, althæa, malva, hibiscus, malvaviscus, abelmoschus, gossypium, sida, abutilon, etc.

IT. BomBAcées. Fleurs complètes, à calice quinquéfide, irrégulièrement divisé ; corolle régulière ; étamines indéfinies, soudées en un tube qui surpasse les ovaires. Anthères solitaires ou réunies par groupes, à loges distinctes ou confluentes ; ovaire sessile ou stipité ; carpelles soudés en un fruit capsulaire ou distinct. — Genres : adansoniu, pachira, bombazx, eriodendron, cheirostemon, helicteres, etc.

III. STERCULIACÉES. Fleurs diclines ; calice régulier ; corolle nulle; filets des étamines réunis en un tube soudé au carpophore, Anthères biloculaires. Fruit composé de follicules verticillés, déhiscents on indéhiscents. Arbres à feuilles simples ou palmées-composées, à pétiole renflé au sommet. — Genres : Leritiera, sterculia, etc.

IV. BYTINÉRIACÉES. Fleurs complètes, régulières, à calice quadri- ou quinquéfide ; pétales souvent soudés par le bas avec le tube anthérifère, et souvent ligulés à la partie supérieure. Tube staminal fendu au sommet en plusieurs lanières, dont les unes alternent avec les pétales et sont stériles, et dont les autres, opposées aux pétales, portent de une à trois anthères biloculaires. Ovaire quinquéloculaire ; fruit capsulaire à déhiscence loculicide ou septieide. Embryon nu ou entouré d’un endosperme charnu.— Genres : abroma, byttneria, theobrama, quazuma, hermanna, pentapetes, pterospermun, etc.

Aucun des végétaux compris dans le groupe entier des malvacées n’est vénéneux, €L presque tous sont empreints d’un mucilage qui les rend adoucissants et souvent nutritifs. La guimauve, la mauve et leurs congénères, les Aibiscus, les cotonniers, les bombax, le baobab, et le cacao, fixeront plus particulièrement notre attention.

Guimauve oflicinale (fig. 599).

Altluea officinalis L. — Car. gén. : Calice double, l'extérieur offrant de 6 à 9 divisions ; un grand nombre de carpelles capsulaires monospermes, disposés circulairement, — Car. spéc. : Carpelles privés de marge membraneuse ; calice extérieur à 8 ou 9 divisions. Feuilles simples, couvertes d’un duvet doux sur les deux faces, cordées

588 DICOTYLÉDONES THALAMIFLORES,

ou ovales, simplement dentées ou sous-trilobées ; pédoncules axillaires mulüflores, beaucoup plus courts que les feuilles.

Cette plante est vivace; elle pousse des tiges hautes de 1 mètre, dures, cylindriques et velues. Ses feuilles sont pétiolées, à 3 ou 5 lobes

peu marqués, blan- Fig. 399. châtres, molles et douces au toucher.

Sa racine est longue, cylindrique , branchue, charnue , très mucilagineuse , amylacée, blanche en dedans, recouverte d’un épiderme jaunûtre.

Dans le commerce, on la trouve mondée de son épiderme, d’une belle couleur blanche, d'une odeur faible et d’une saveur très mucilagineuse et légèrement sucrée. Il faut Ja choisir bien nourrie et peu fibreuse; on l'emploie en poudre, en infusion et en décoction; elle entre dans les sirops de guimauve et d’althæa de Fernel. Elle contient un principe cristallisable qui a d’abord été regardé comme lui étant particulier, et qui avait en conséquence été nommé u/théine ; mais on a reconnu depuis qu'il était identique avec l'asparagine de l'asperge, de la réglisse et de quelques autres racines. Les feuilles de la plante sont aussi employées comme émollientes , et les fleurs comme pectorales. Celles-ci, outre leur double calice cotonneux, à neuf divisions extérieures, qui les distingue, ont 5 pétales d’un blanc rosé ct d’une odeur faible et agréable. Elles sont, comme le reste de la plante, mucilagineuses et adoucissantes.

Rose trémière, Ou passe-rose, althæa rosea Cav., alcea rosea X. Cette plante, réunie aujourd’hui au genre althæa, diffère de la guimauve par ses carpelles bordés d'une marge membraneuse sillonnée , ct par son involucre ou calice extérieur à 6 divisions. Elle produit de sa racine une ou plusieurs tiges hautes de 16 à 26 décimètres, droites,

Page 1