‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 5)Chapitre 120 sur 121 · LL : A · texte numérisé non relu

LL : A

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pubescente ; pédoncules cylindriques. Fleurs jaunes; calice un peu velu, Fruits terminés par une pointe roide. Z. Croît dans les prés et les pâturages.

La renoncule bulbeuse , OU grenouillette, ranunculus bulbosus. — Car. spéc. : Feuilles radicales pétiolées , partagées en trois parties, à segments trifides, incisés-dentés, celui du milieu comme pétiolé. Tige droite, à collet bulbeux. Fleurs jaunes ; calices réfléchis. Z. Commune dans les prés, le long des haies et dans les jardins.

Ellébore noir.

Les anciens ont donné le nom d’ellébore à plusieurs plantes très dangereuses ou suspectes qui appartiennent à deux familles très différentes, celle des colchicacées ou mélanthacées, et celle des renonculacées. Ils en distinguaient deux espèces, le blanc et le noir. Il n’y a aucun doute à élever sur le premier, qui est le veratrum album de la famille des colchicacées (t. If, p.155); mais on est incertain si l'ellébore noir des anciens était l’Lelleborus niger L., de la famille des renonculacées, ou une espèce voisine trouvée par Tournefort dans l’île d’Anticyre, et nommée Lelleborus orientalis ; ou si, enfin, cet ellébore noir n’était pas plutôt la racine du veratrum nigrum L., dont la propriété fortement drastique peut seule expliquer celle qui avait été attribuée à la racine des Lelleborus.

Quoi qu'il en soit, l’ellébore noir de Dioscoride, auquel il donne aussi le nom de #elampodium, est certainement une racine d’helleborus. Le nom de #7elampodium lui a sans doute été donné à cause de la couleur noire de sa racine : suivant d’autres, ce nom serait celui d’un berger nommé Melampus , qui, ayant observé que ses chèvres étaient purgées Jorsqu'il leur arrivait de mauger de l’ellébore , imagina de s’en servir pour guérir de leur folie les filles de Prœtus, roi d’Argos. Le meilleur ellébore noir croissait dans l’île d’Anticyre et sur la côte de Thessalie. Tournefort, qui a parcouru ces contrées, n’y a trouvé que l'espèce d’ellébore nommée depuis helleborus orientalis, dont Ics feuilles radicales sont très larges , épaisses , à 7-9 divisions pédalées ; les feuilles de la tige sont plus petites, à 3-5 divisions palmées. La tige est haute de 35 à 50 centimètres, simple par le bas, rameuse daus sa partie supérieure, terminée par un petit nombre de fleurs larges de 40 à 55 millimètres, pédonculées, penchées, d’un vert brunâtre. La racine est grosse comme le pouce, dure, ligneuse, placée transversalement dans la terre et munie de radicules à sa pare inférieure. On ne peut douter que cette espèce ne constituàt une des sortes d’e//ébore noir des anciens. Nous possédons, quant à nous, et nous employons sous le même nom, la racine de deux ellébores indigènes qui sont l’helleborus niger € l’helleborus viridis L. Voici leurs caractères respectifs :

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Helleborus niger L. (fig. 433). Cette plante croît dans les lieux

rudes et montagneux d’une partie de l’Europe; elle est cultivée dans les jardins, où elle porte le nom de rose de Noël, à cause de la forme de sa fleur et de l’époque de l’année où elle fleurit ordinairement. Elle pousse de sa racine des feuilles longuement pétiolées, à divisions très profondes et pédalées, fermes, luisantes et d’un vert très foncé. Fig. 433.

Ses fleurs, d’une belle couleur incarpate, sont portéesau nombre de 4 ou 2 sur une hampe de 16 à 19 centimètres. Ces fleurs sont composées d’un calice persistant à 5 sépales arrondis, de 8 à 10 pétales très courts et formés en cornet, cachés entre le calice et les étamines ; de 30 à 60 étamines, et de 6 à 8 ovaires supères qui deviennent autant de capsules folliculeuses , polyspermes.

La racine del’Lel/leborus niger est entièrement noire au dehors et blanche en dedans. Elle se compose d’un tronçon principal très court, muni d’un certain nombre de radicules tendres et succulentes, noires au dehors également, blanches en dedans, n'offrant aucun meditullium ligneux , devenant très cassantes par la dessiccation. Toute la racine a une saveur astringente, douceâtre, amère, un peu âcre, nauséeuse , fort désagréable. Suivant beaucoup d'auteurs, cette racine , séchée et pulvérisée, purge à la dose de 30 centigrammes à 1 gramme, mais cause de violentes irritations qui doivent en faire proscrire l’usage. J'ai dit que ces propriétés appartiennent seulement aux racines de veratrum , tandis que la racine de l’e/leborus niger, séchée et pulvérisée, ne possède presque aucune propriété purgative , ainsi que M. Rayer s’en est assuré. ,

La racine de l’helleborus niger ne se trouve pas dans le commerce à Paris; pour <e la procurer, il faut la faire venir d'Allemagne.

Ellébore à fleurs vertes, Lelleborus viridis L. Cette espèce produit de sa racine des feuilles palmées-divisées , longuement pétiolées ,

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et des tiges faibles, droites, glabres, hautes de 15 à 30 centimètres, garnies de quelques feuilles sous-sessiles ; les tiges sont comme dichotomes à la partie supérieure. Les fleurs sont peu nombreuses, à divisions du calice ouvertes et d'une couleur herbacée. La racine de cette plante est formée de plusieurs tronçons d’un brun noirâtre, très irréguliers, accolés les uns aux autres, d’où partent un grand nombre de longues radicules. Cette racine, desséchée , est plus dure et plus ligneuse que celle de l'Aelleborus niger, ce qui tient à ce qu’elle est vraiment vivace et dure plusieurs années ; tandis que la racine d’helleborus niger est au plus bisannuelle, et se détruit à mesure qu’une nouvelle racine et une nouvelle plante se forment à côté de la première. Ses radicules desséchées sont donc ligneuses dans leur intérieur, tandis que celles de l’helleborus niger ne le sont pas. Cette racine sèche était vendue autrefois, à Paris, sous le nom d’ellébore noir ; mais elle ne s’y trouve plus depuis longtemps. Ses longues radicules étaient tressées à la manière de celles de l’angélique de Bohême. Elle à une odeur forte, nauséeuse, et une saveur très amère. Cette amertume, mentionnée aussi par Murray, doit être regardée comme un des caractères de cette espèce.

Elléhore fétide, ou pied-de-griffon, Aelleborus fœtidus L. (fig. L3h). Cette plante est pourvue d’une Uge droite, haute

Fig. 434.

\ de 30 à 50 centimètres, rameuse et comme paniculée à la partie supérieure. Les

\ feuilles inférieués) 7 FÉSAQut RÉeIRFS, LFP d’un vert noirà-

tre, coriaces, patlagées jusqu’à leur base en 8 ou 10 digitations pédalées, aiguës, dentées en scie.

Les feuilles supérieures , servant de bractées aux fleurs, sont d’un vert pâle et jaunâtre, presque réduites à l’état d’un pétiole dilaté et membraneux. Les fleurs sont paniculées , verdâtres , bordées de rouge. ‘Toute la plante, telle que nous la voyons dans nos contrées , dans les pâturages, sur Ja lisière des bois et sur le

RENONCGULACÉES. 693 bord des routes qui les traversent , est pourvue d'une odeur nauséeuse et fétide. Ses feuilles sont très amères et très âcres ; séchées et pulvérisées, elles ont été vantées comme un anthelmintique puissant. Sa racine sert quelquefois à entretenir les sétons des chevaux : elle est formée d’un tronc principal pivotant, d’un gris noirâtre, ligneux , muni d’un grand nombre de radicules ligneuses qui se ramifient elles-mêmes en un chevelu très fin. Cette racine possède, quoique séchée , une odeur fort désagréable ; mais je la trouve à peine âcre et nullement amère.

Fausse racine d'ellébore noir du commerce, J'ai dit qu'anciennement on trouvait dans le commerce de l’herboristerie , à Paris, sous le nom d’ellébore noir, la racine de l’e/leborus viridis. Mais , vers l’année 1836, ayant voulu me procurer de nouveau celte racine, je n’en ai trouvé que chez un seul droguiste, et encore était-elle brisée , mêlée de racine d’aconit napel, et d’une autre racine inconnue, longue de plusieurs pouces, réduite à l’état de squelette fibreux et d’une saveur amère fort désagréable. Chez tous les autres droguistes ou herboristes, je n’ai plus trouvé, sous le nom d’e//ébore noir , qu'une autre substance apportée du Midi, laquelle, au lieu d’être une véritable racine, est plutôt une souche rameuse ou articulée, longue de 6 à 14 centimètres, brunâtre ou rougeâtre au dehors, presque toujours privée de ses radicules, terminée supérieurement, et à chaque articulation, par un tronçon de tige creuse, et présentant sur toute sa longueur des impressions circulaires, qui sont les vestiges de l'insertion des feuilles. Cette souche est rougeûtre à l’intérieur, avec un cercle de fibres blanches et ligneuses placées immédiatement sous l'écorce. Les radicules, quand elles existent, sont également ligneuses. La souche offre une saveur purement astringente, avec un léger goût aromatique non désagréable. Cette même odeur aromatique se manifeste pendant la pulvérisation. La poudre, administrée à la dose de 4 à 6 grammes, n’a produit aucun effet appréciable.

On lit dans l’Apparatus medicaminum de Murray (t. IE, p. 48), que la seule racine vendue en France comme ellébore noir est celle de l'actæa spicata , Où herbe de Saïint-Christophe , et Bergius, dans sa Materia medica, donne à la racine de l’actæa racemosa , plante américaine peu différente de la première, des caractères de forme et de texture qui sont bien ceux du faux ellébore noir du commerce ; enfin, la racine de l’actæa spicata, que je me suis procurée au jardin des Plantes de Paris, offrant bien la texture fibreuse et les tiges radicantes rougeâtres du faux ellébore , il paraissait naturel d’en conclure que cette dernière racine était bien celle de l’actæa spicata. Cependant , comme la racine récoltée au jardin des Plantes présentait l'odeur désagréable des ellébores, et une saveur très amère et nauséeuse, j'ai cru pourvoir

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en conclure , dans ma dernière édition, que ce n’était pas elle qui était vendue à Paris comme ellébore noir , et j'ai avoué ne pas connaître la plante qui produit celle-ci. L'année d’après, je m'assurais que cette racine était produite par l’ellébore fétide, et c’est un exemple frappant des différences d’aspect et des propriétés que peuvent offrir les plantes, suivant les contrées où elles croissent.

Dans notre pays, dans les licux humides et ombragés , le pied-degriffon offre une couleur verte foncée et presque noire, et une odeur fortement nauséeuse; sur les Alpes de la Savoie, où je l'ai observée en 1837, toute la plante présente une teinte générale rougeâtre, une odeur non désagréable, et la souche desséchée présente exactement la forme, la teinte rougeûtre , l’odeur aromatique et la saveur de la racine du commerce ; de sorte que je crois avoir trouvé là l’origine de la fausse racine d’ellébore du commerce.

Nigelles.

Les nigelles , ou nielles, sont de jolies plantes annuelles dont plusieurs sont cultivées dans les jardins. Leurs feuilles sont pinnatisectées, à divisions multifides et capillaires. Leurs fleurs sont solitaires à l’extrémité de la tige et des rameaux , formées d’un calice à 5 sépales pétaloïdes , ouverts, le plus souvent de couleur bleue, et d’une corolle à 5 ou 10 pétales très courts, bilabiés. Les ovaires sont au nombre de 5 ou 10, plus ou moins soudés à la base, terminés par de longs styles simples et persistants. Les capsules sont plus ou moins soudées, déhiscentes du côté intérieur, polyspermes. Leurs semences sont presque toujours noires, ce qui a valu aux plantes leur nom grec de melanthium, et le nom latin de nrgella, dérivé de niger.

Nigelle des champs, nigella arvensis L. Tige droite , haute de 22 à 28 centimètres , glabre comme toute la plante , simple ou divisée ea rameaux divergents. Feuilles 2 fois pinnatifides, à lobes linéaires. Fleurs dépourvues de collerette, portant cinq sépales étalés, d’un bleu clair , quelquefois blancs, ayant leurs onglets longs et très étroits ; les pétales sont au nombre de hait, d’un bleu plus foncé, rayés de brun en travers. Les cinq ovaires deviennent des capsules allongées, renfermant des graines noirâtres qu’on peut comparer à de grosse poudre à canon. Ces semences sont triangulaires, amincies en pointe à l’extrémité ombilicale, comme chagrinées à leur surface. L’embryon est très petit, droit, placé près de l'ombilic dans un endosperme huileux.

Cette semence possède une odeur aromatique qui devient plus forte par l’écrasement, en acquérant de l’analogie avec celle du carvi et non du cumin, à laquelle on l’a comparée ; d’où lui est venu le nom de cumin noir qu'on lui a donné anciennement. Pour la distinguer des suivantes,

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j'ajouterai qu’elle est d’un gris noir foncé, mais non complétement noire ; qu’elle offre des angles très marqués et un peu marginants; que ses surfaces sont planes, un peu enfoncées et seulement chagrinées, sans indice de plis transversaux proéminents ; enfin, qu'elle est moins aro-

matique.

Nigelle cultivée, Ou nigelle romaine, cumin noir également ;

nigella sativaY.. Tige droite, légèrement pubescente, haute de 30 centimètres, ramifiée. Feuilles sessiles, deux fois pinnatifides , à folioles linéaires, aiguës. Les fleurs sont bleues ou quelquefois blanches , solitaires à l'extrémité de la tige ou des rameaux, dépourvues de collerette. Les pistils et les capsules sont au nombre de 3 à 5, et ces dernières sont chargées de petits points tuberculeux.. Les semences sont noires, excepté dans une variété dite cétrina, qui les a jaunes,

La nigelle cultivée ordinaire a les semences notres, triangulaires , amincies en pointe du côté de l’ombilic ; leurs surfaces sont planes, plus profondément rugueuses que celles de la nigelle des champs , et offrent quelques indices de plis transversaux proéminents ; leur odeur est forte, agréable et tient à la fois du citron et de la carotte. La variété citrina a les semences semblables, sauf leur couleur jaune grisâtre et leur odeur encore plus forte, qui tient du poivre et du sassafras.

On trouve dans l'Inde une nigelle nommée par Roxburg nigella indica, mais avec l'indication qu’elle est à comparer au nigella arvensis ; elle est nommée par Ainslie nigella sativa, et est rangée par Decandolle parmi les variétés de cette dernière espèce. Cette plante porte dans l'Inde le nom de ka/a-jira, et j'ai raconté précédemment (page 61) cominent ses semences , arrivées en France par la voie du commerce, avaient été prises pour celles de vernonia anthelmintica. Ces semences ne diffèrent pas de celles du nigella sativa à et B, non plus que d’autres venues d'Égypte sous les noms de graine noire et de sunegq.

Nigelle de Damas, #1qella Damascena L. Cette espèce diffère de la précédente par l'involucre polyphylle, multifide et capillacé qui est situé immédiatement sur la fleur et qui l'entoure presque complétement, et par la singulière disposition de ses 5 capsules qui, étant soudées jusqu’au sommet, sont chacune divisées intérieurement en deux loges concentriques : l’une intérieure , séminifère ; l’autre extérieure, vide , paraissant résulter de la séparation de l’épicarpe , accru et tuméfié, d’avec l’endocarpe. Les semences sont un peu plus grosses que les précédentes, complétement noires, triangulaires, mais à faces bombées , ce qui leur donne une forme presque ovoïde. Leur surface est traversée par de nombreux plis transversaux, proéminents. Elles exhalent , lorsqu'on les écrase, une odeur des plus agréables que j'ai peine à comparer à une autre.

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Toutes les espèces ou variétés de semences de nigelle dont je viens de parler, auxquelles il faut ajouter celles de nigelle de Crète {variété du nigella sativa) qui sont très aromatiques, sont usitées comme épice dans tout l'Orient, En Égypte, on en saupoudre le pain et les gâteaux, pour les rendre plus appétissants , et les femmes lui attribuent la propriété d'augmenter l’embonpoint, qui constitue la beauté suprême chez les Orientaux.

Il ne faut pas confondre les vraies nigelles avec une plante qui en porte aussi le nom, mais que l’on désigne plus habituellement sous ceux de nielle des bleds, de fausse nielle ou de nigellastrum, et qui doit ses différents noms à ses semences noires et tuberculeuses. Cette plante, qui est très commune dans les blés, estle /ychnis githago Lamk. (Agrostemma githago L.), de la famille des caryophyllées (page 600). Ses semences ont à peu près la grosseur de la vesce, sont tout à fait noires, recourbées sur elles-mêmes, couvertes de tubercules rangés par lignes longitudinales ; elles ont été comparées par Ray, quand on les voit à la loupe , à un hérisson roulé ; elles sont inodores et ont une saveur farineuse accompagnée d’un peu d’amertume et d’âcreté.

Ancolie vulgaire.

Aquileqia vulgaris L. Car. gén. : Calice pétaloïde , tombant, à 5 divisions ; corolle à 5 pétales ouverts supérieurement , bilabiés ; lèvre extérieure grande et plane ; l’intérieure très petite, prolongée en un éperon creux, calleux au sommet, sortant entre les divisions du calice ; étamines nombreuses disposées en 5 à 10 faisceaux ; les plus intérieures abortives et se transformant en écailles qui entourent les ovaires après la floraison. — Car. spéc.: 5 ovaires; 5 capsules droites, polyspermes ; éperons recourbés ; capsules velues. Tige feuillue , multiflore. Feuilles presque glabres ; style ne surpassant pas les étamines. 2.

Cette plante s'élève à la hauteur de 50 centimètres. Ses feuilles res semblent à celles de la grande chélidoine ; leur couleur verte est inégalement mélangée de brun et de noir. Ses fleurs sont d’une belle couleur bleue lorsqu'elle croît naturellement dans les prés, dans les buissons et dans les bois un peu humides ; mais leur couleur varie beaucoup par la culture, ainsi que le nombre et la situation de leurs ccrnets. On les dit corniculées lorsque les pétales accessoires, nés de la transformation des étamines, sont tous éperonnés, les éperons étant prolongés en dessous ; érwerses, quand les éperons sont dirigés en l'air par la torsion de l'onglet des pétales ; éfoilées, quand les pétales accessoires sont planes et privés d’éperons; dégénérées , lorsque les pétales et les étamines avortent, et que les sépales du calice, multipliés, prennent une couleur verte.

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L'ancolie a été usitée comme diurétique et apéritive, et ses semences,

mises en émulsion, passaient pour faciliter la sortie des pustules vario-

liques. Ses fleurs bleues peuvent servir à faire un sirop susceptible d’être

employé comme réactif, à l'instar de celui de violettes, pour démontrer la présence des acides et des alcalis.

Dauphinelles,

Genre de plantes renonculacées , appartenant à la tribu des elléborées, dont voici les principaux caractères : Calice coloré, tombant, à 5 sépales dont le supérieur est terminé, à la base, par un éperon creux ; corolle à 4 pétales quelquefois soudés entre eux, et dont les deux supérieurs sont allongés , par la base, en appendices renfermés dans l'éperon ; étamines nombreuses ; de 1 à 5 ovaires devenant autant de follicules distincts.

Ce genre comprend un assez grand nombre d’espèces dont plusieurs sont répandues en Europe et sont cultivées comme plantes d'ornement. Les deux plus communes portent le nom vulgaire de pied-d'alouette et se distinguent en pied-d’alouette des champs et pied-d’alouette des jardins, La première portait autrefois le nom de consoude royale (consolida regalis' , et a recu de Linné le nom de delphinium consolida. Elle croît dans les champs. Sa racine fibreuse et annuelle donne naissance à une tige droite, haute de 35 à 50 centimètres, divisée en rameaux étalés et garnie de feuilles à trois divisions principales , découpées elles-mêmes en plusieurs lanières linéaires. Ses fleurs, dont le calice est ordinairement d’un beau bleu, sont disposées à l'extrémité de la tige et des rameaux en grappes peu garnies. Les quatre pétales sont soudés et forment une corolle monopétale blanchâtre, prolongée à sa base en un éperon renfermé dans celui du calice. 11 n’y a qu’un ovaire, et le fruit se compose d’une seule capsule glabre, polysperme. On dit que les semences possèdent l’âcreté de celles de Ja staphisaigre, et qu’elles peuvent servir également à détruire la vermine de la tête.

Le pied=d’alouette des jardins (de/phinium Ajacis J.) diffère de la précédente en ce qu’il s'élève davantage et se ramifie moins. Ses feuilles sont plus rapprochées, plus grandes, à un plus grand nombre de divisions, et ses fleurs sont plus nombreuses également, plus rapprochées, plus grandes , portées sur des pédoncules plus courts. Elles sont formées, de même que dans la première espèce, d'un calice à 5 sépales naturellement bleus, mais pouvant devenir blancs ou roses et pouvant se doubler par la culture. La corolle est blanche et marquée, vers le haut, de quelques lignes d’un pourpre foncé, dans lesquelles on a cru voir les lettres À TAT, ce qui à fait penser aux commentateurs que la

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plante pouvait être l'hyacinthe de Théocrite et d’Ovide, de laquelle ce dernier poëtle a dit, en parlant d’Apollon :

Ipse suos gemitus foliis inscribit, et AI, AI Flos habet inscriptum ; funestaque littera ducta est.

ou bien la fleur d’Ajax, à laquelle Virgile fait allusion dans sa troisième Eglogue :

Dic quibus in terris inscripti nomina regum Nascantur flores , et Phyllida solus habeto.

Staphisaigre (fig. 455).

Delphinium staphisagria L. Racine annuelle , pivotante , simple ou peu divisée. Tige cylindrique , droite, peu rameuse , velue , ainsi que les pétioles des feuilles ; haute de 35 à 65 centimètres. Feuilles palmées, toutes pétiolées, découpées en 5 ou 7 lobes. Les fleurs sont d’un bleu clair, disposées en grappe terminale , munies de bractées à la base des pédicelles. Les pétales sont libres ; les deux inférieurs sont unguiculés et les deux supérieurs prolongés en appendices qui pénètrent dans l’éperon.

L'éperon est très court. Le fruit est composé de 3 capsules courtes et ventrues, terminées par les styles persistants. Les semences sont volumineuses, au nombre de cinq dans chaque capsule, et tellement comprimées les unes contre les autres qu’elles forment une seule masse solide, remplissant toute la capsule et simulant une semence unique. Les semences isolées sont grosses comme celles de la gesse , irrégulièrement triangulaires , à surface noirâtre et réticulée, contenant une amande blanche et huileuse. L’amande et le test ont une odeur désagréable et une saveur âcre , insupportable.

La staphisaigre croît dans les lieux ombragés de la France méridiopale et de l'Italie ; on peut la cultiver dans les jardins comme plante d'agrément. Ses semences sont un poison très actif pour l'homme et les animaux ; elles enivrent le poisson , comme le fait la coque du Le-

RENONCULACÉES. 699 vant. Elles sont aujourd’hui complétement bannies de la médecine interne , et ne servent à l’extérieur que pour faire mourir la vermine de la tête, ce qui a valu à la plante le nom d'herbe aux poux , ou pour guérir la gale et quelques affections dartreuses.

MM. Lassaigne et Feunelle ont obtenu de l'analyse de la semence de staphisaigre : un principe amer brun, une huile volatile, une huile grasse, de l’albumine, une matière animalisée, du mucoso-sucré , une substance alcaline organique nouvelle , qu’ils ont nommée delphine et qui existe dans la semence à l’état de surmalate ; un principe amer jaune, des sels minéraux. ( Voir, pour les propriétés de Ja delphine et pour les observations de M. Couerbe , la Pharmacopée raisonnée , page 688. )

Aconits.

Car. gén.: Calice à 5 sépales pétaloïdes, dont le supérieur est ample, concaye et en forme de casque ; corolle formée de 5 pétales dont deux supérieurs dressés dans l’intérieur du casque , longuement onguiculés et en forme de cornet ou de capuchon ; les trois autres pétales sont très petits, réduits à l’état d’onglets ou convertis en étamines. Étamines très nombreuses ; 3 ou à pistils ; 3 ou 5 capsules ovales, dressées, aiguës , à une seule valve, polyspermes.

Les aconits sont des plantes fort vénéneuses , que la beauté de leurs fleurs fait cultiver dans les jardins. Les principales espèces sont :

L'aconit anthore, aconttum anthora L. Cette plante est vivace et croît dans les contrées montagneuses de l’Europe. Elle pousse une tige anguleuse, ferme, un peu velue, haute de 50 centimètres. Ses feuilles sont nombreuses, à divisions palmées, multifides, terminées en lobes linéaires. Les fleurs sont d’un jaune pâle, pourvues d’un casque en forme de bonnet pbrygien. La racine est composée de tubercules charnus, fasciculés, pourvus d’un grand nombre de radicales; elle est brune au dehors , blanche en dedans, d’une saveur âcre et amère. On l’a conseillée autrefois comme contre-poison des autres aconits , et spécialement d’une espèce de renoncule très vénéneuse nommée fkora ou phthora (ranunculus thora X.), et de là est venu à la première le nom d'anthore ou d'aconit salutifere; mais ses seules bonnes qualités sont peut-être d'être un peu moins pernicieuse que les autres.

Aconit tue-loup, aconttum lycoctonum L. Plante haute de 60 à 100 centimètres, pourvue de feuilles pubescentes profondément divisées en 3 ou 5 lobes trifides et incisés ; bractéoles placées au milieu des pédicelles. Fleurs d’un blanc jaunâtre à casque conique, obtus, pubescent. Sa racine, coupée par morceaux et mélangée à une pâtée de viande, sert à empoisonner les loups.

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Aconit napel, aconitum napellus XL. (fig. 436). Espèce très variable dans sa forme, haute de 65 à 100 centimètres, ayant une tige droite terminée par un épi plus ou moins long et plus ou moins serré, ou par

une panicule de belles fleurs bleues.

Fig. 436. Ses feuilles sont d’une belle couleur verte, luisantes, presque entièrement divisées en lobes palmés, pinnatifides, dont les divisions sont élargies vers l'extrémité. Le casque est demi-circulaire , comprimé , terminé par une pointe courte. Le sac formé par le cornet des pétales est sous-conique, terminé par un éperon court, épais, incliné. Les ovaires et les capsules sont au nombre de trois. La racine, qui est très vénéneuse, à la forme d’un petit navet, ct c'est de là que lui est venu le nom de napellus, diminutif de napus ; mais celte racine est ligneuse , munie d’un grand nombre de radicules, et elle offre ordinairement l'assemblage de deux ou trois tubercules fusiformes, développés horizontalement à côté les uns des autres, ct qui se détruisent successivement après avoir duré deux ou trois ans.

On trouve dans le Journal de chimie médicale, t. TT, p. 34h, le récit de l’empoisonnement de quatre personnes, dont trois sont mortes, pour avoir bu environ 30 grammes d’eau-de-vie dans laquelle on avait fait infuser, par erreur, de la racine d’aconit au lieu de celle de livèche. Les jeunes pousses de l’aconit sont peu actives, et Linné rapporte que les Lapons les mangent cuites dans la graisse ; mais les feuilles développées sont fort dangereuses, comme plusieurs accidents l’ont prouvé. Cependant l'extrait, employé à petite dose, a été préconisé par Stocrk comme sudorifique dans les cas de syphilis, de rhumatismes goutteux , articulaires , etc. , et employé depuis, par beaucoup d’autres médecins, dans un certain nombre d’autres maladies, Malheureusement , le mode de dessiccation de la plante, de préparation de l'extrait, et l'ancienneté plus ou moins grande des préparations, paraissent influer beaucoup sur l'activité des médicaments. On admet également que la plante venue naturellement sur les montagnes est beaucoup plus active que celle cultivée dans les jardins. Eofin, il est probable que lespèce ou la variété

RENONCULACÉES. 701 d'aconit employée influe également sur les résultats qu'on peut en attendre ; mais il est difficile de dire quelles sont celles qui méritent la préférence, en raison du grand nombre d'espèces ou de variétés qui paraissent avoir été employées à peu près indifféremment sous le nom d’aconit napel. Ces plantes sont :

Les aconitum tauricum, spicatum, macrostachyum , neubergense , ctc., variétés de l’aconitum napellus.

Et les aconitum variegatum, rostratum, paniculatum, stoerkianum, intermedium , etc. , espèces ou variétés formées de l’aconitum cammarum L.

Pendant longtemps les chimistes ont vainement cherché à isoler le principe actif de l’aconit, et l’on avait fini par supposer que ce principe étant volatil, se perdait pendant les opérations employées pour l’obtenir. Cependant MM. Geiger et Hesse, d’un côté, et M. Berthemot, de l’autre, sont parvenus à extraire des feuilles d’aconit un alcaloïde fortement vénéneux, auquel la plante doit nécessairement ses propriétés ; mais comme les propriétés assignées à l’alcaloïde ne sont pas identiques, puisque celui de M. Hesse dilate la pupille , tandis que l'autre la contracte , il est à désirer que de nouvelles recherches soient entreprises sur ce sujet, et qu’elles soient dirigées sur la racine de la plante , de laquelle , probablement , le principe sera plus facile à retirer que des feuilles.

Aconit féroce , aconitum ferox Wallich. Cette plante croît dans le Népaul, aux lieux élevés de la chaîne de l’'Hymalaya. Elle ressemble beaucoup à l’aconitum napellus par la couleur et la disposition de ses fleurs, et par ses feuilles à 5 lobes palmés et pinnatifides. La racine est également formée de un, deux ou trois tubercules ovoïdes allongés ou presque fusiformes, longs de 5,5 à 11 centimètres , d’un brun noirâtre au dehors, blanchätres à l’intérieur ; ils sont amylacés, inodores, d’une saveur âcre et amère, et renferment un des poisons les plus actifs du règne végétal, ainsi qu’il résulte des expériences du docteur Wallich et de M. J. Pereira. Un seul grain d’extrait alcoolique , introduit dans la cavité du péritoine d’un lapin , le tua en deux minutes; 2 grains introduits dans la veine jugulaire d’un fort chien l'ont tué en trois minutes. L’extrait introduit dans l’estomac agit beaucoup moins, et l'extrait aqueux est plus faible que l’alcoolique. (Journ. de chim. méd., 1830, p. 662, et 1835, p. 109.)

Pivoines.

Car. gén.: Galice à 5 sépales concaves, orbiculaires, persistants ; corolle à 5 ou 10 pétales orbiculaires privés d’onglets; étamines très nom-

702 DICOTYLÉDÔNES THALAMIFLORES. æ° breuses ; de 2 à 5 ovaires épais, entourés, à leur base, d’un disque charnu , couronnés chacun par un Fig. 437. stigmate sessile, épais, falciforme , coloré, Le fruit consiste en plusieurs capsules ovales-oblongues , ventrues, terminées par une pointe droite ou recourbée, à une seule loge, s’ouvrant du côté interne et renfermant des semences globuleuses, lisses et luisantes.

Les pivoines sont de très belles plantes qui croissent naturellement daus les lieux rudes et montueux de l’ancien monde, du Portugal jusqu’à la Chine, et qui font l’ornement des jardins par leurs magnifiques fleurs souvent doublées par la culture, très souvent d’un rouge vif, quelquefois roses ou blanches, jamais bleues ni jaunes. Une des plus belles espèces est le mou-tan, OU pivoine en arbre de Chine ( pæonia moutan Sims), dont la tige est ligneuse , ramifiée, haute de 3 à 4 pieds dans nos jardins (plus élevée dans son pays natal), garnie de feuilles bipin naUseclées, à segments ovales oblongs, glauques en dessous. Les fleurs sont larges de 13 à 19 centimètres, d’un rouge clair, quelquefois blanches, d’une faible odeur de rose; les capsules sont velues , portées sur un disque charnu qui, dans une variété (pæonia papaveracea), les renferme presque complétement.

Deux espèces de pivoines indigènes, connues sous les noms vulgaires de pivoine mâle et de pivoine femelle, ont été longtemps préconisées en médecine contre l’épilepsie ; mais elles sont aujourd’hui presque complétement oubliées. La première , nommée aujourd'hui pæontia corallina, est herbacée, haute de 60 à 100 centimètres, rougeâtre dans la partie supérieure des rameaux. Les feuilles sont découpées en segments deux fois ternés, ovés, glabres, entiers , d’un vert foncé et luisantes en dessus, blanchâtres en dessous, portées sur des pétioles rou- ‘geâtres. Les fleurs sont solitaires à l’extrémité des rameaux , le plus souvent simples et de couleur purpurine ou incarnate. Les capsules sont écartées dès la base , recourbées en dehors, cotonneuses, déhiscentes par la partie supérieure du côté interne, et montrant des semences globuleuses grosses comme des petits pois, d’un beau rouge d'abord , puis d’un bleu obscur, enfin noires. La racine est napiforme, grosse comme le pouce ou davantage, pivotante ou ramifiée, &e couleur rougeàtre au

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des , blanchâtre en dedans, d’une odeur forte, analogue à celle du

- raifort, lorsqu'elle est récente. Nouvellement séchiéé: elle conserve en-

core une partie de son odeur et une saveur assez marquée ; mais lorsqu’elle commence à vieillir , et telle qu’elle existe presque toujours dans le commerce , elle n’est plus que farineuse et un peu astringente. Elle entre dans le sirop d'armorse composé et dans la poudre de Guttète. Ses semences servent à faire pour les jeunes enfants des colliers aaxquels on attribue la propriété de faciliter la dentition. On prépare avec les fleurs une eau distillée et un sirop. La racine a été analysée par M. Morin (Journ. de pharm.,t. X, p. 287).

La pivoine mâle est rare dans les jardins, où l’on ne trouve guère que la pivoine femelle qu’on lui substitue le plus ordinairement.

Pivoine femelle , pæonia officinalis Retr. (fig. 437). La racine de cette plante est formée de tubercules oblongs, comme ceux de l’asphodèle, suspendus à des fibres. Sa tige est haute d’un mètre environ, ramifiée, verte et non rougeâtre, pourvue de feuilles découpées en segments deux fois ternés, glabres et oblongs , dont Les lobes latéraux sont ordinairement entiers, et le lobe terminal partagé en deux ou trois parties. Les fleurs sont ordinairement d’une belle couleur rouge et souvent doublées par la culture ; les capsules sont velues, dressées à la base, divergentes par le sommet. Les semences sont plus petites que dans l’espèce précédente et oblongues.

On cultive dans les jardins beaucoup d’autres espèce: ou variétés de pivoine, et. principalement les pæontia peregrina, lobatu , albiflora , hybrida , laciniata, etc.

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