‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 5)Chapitre 58 sur 121 · LXIV. Écorce d’Exostemma du Brésil · texte numérisé non relu

LXIV. Écorce d’Exostemma du Brésil

On emploie au Brésil, sous le nom de quinquina de Piauhi, l'écorce très amère et fébrifuge de l’exostemma souzanum Martius. C’est cette écorce, très probablement, que j'ai reçue d'Allemagne, sous le nom d'esenbeckia febrifuga Mart. (evodia febrifuga Aug. Saint-Hilaire), arbuste de la famille des Rutacées, qui croît près de la villa de Santo- Amaro. Je pense que cette écorce n’est pas celle de l’esenbeckia febrifuga, parce qu'elle est tellement semblable au quinquina caraïbe qu'il me paraît bien difficile qu’elle ne soit pas celle d’un exostemma. Elle à tout à fait l’épiderme du quinquina caraïbe ; le liber en est fibreux et brunâtre , ou quelquefois verdâtre comme dans l’exostemuna du Pérou; il est très amer et colore la salive en jaune ; l'écorce à une odeur de moisi.

M. Buchner à retiré de cette écorce un alcali organique qu’il a nommé esenbeckine. Si je ne me trompe, ce sera un nom à changer. D'un autre côté, Gomez, qui a le premier travaillé sur l'écorce en question , prétend y avoir trouvé de la cinchonine.

LXV,. Quinquina bicolore.

Écorce sous la forme de tubes très droits, fort longs, bien roulés en volute ou en double volute; elle est épaisse d’un millimètre à un millimètre et demi. Elle est dure, compacte, non fibreuse et cassante. La surface extérieure est très unie, d’une couleur uniforme grise jaunûtre ; ja surface intérieure est d’un brun foncé ou noirâtre , quelquefois grise comme l’extérieure ; et alors l'écorce n'offre véritablement que deux

couleurs, ce qui lui a valu son nom. La cassure est orangé foncé; la saveur est amère, désagréable, analogue à celle de l’angusture ; l’odeur nulle. La poudre à la couleur des quinquinas gris et rouges mêlés.

Cette écorce, répandue il y a vingt-cinq ans en Italie, sous le nom de quina bicolorata, était connue en Angleterre sous celui de pitaya , que nous avons vu appartenir à un vrai quinquina. M. Batka, droguiste de Prague, l'avait décrite à tort comme étant le quinquina de Sainte-Lucie ou quinquina piton, En France, on la regardait généralement comme une espèce d’angusture ; mais j'ai toujours pensé qu'elle se rapprochait plus des exostemma que des galipea, et j'ai été confirmé dans cette opinion par la manière dont se comporte son macéré aqueux avec les réactifs chimiques.

Depuis, L'Herminier père, pharmacien à la Guadeloupe, et M. Batka, ont pensé que le quinquina bicolore était l'écorce d’un grand arbre de la famille des Rubiacées et du genre Walanea, que L’Herminier a nommé malanea racemosa (Journ. de pharm., t XIX , p. 384). Cet arbre est connu à la Guadeloupe sous le nom de bois jaune, à cause de la couleur de son bois (1). Son écorce, telle qu’on la trouve dans le commerce, est en morceaux larges, plats, très minces, d’un jaune tirant un peu sur le fauve; la surface extérieure seule est d’un gris jaunâtre ; sa texture est finement fibreuse , sa saveur très amère ; elle communique à l’eau une belle couleur jaune. Cette écorce offre donc, en effet, beaucoup de rapports avec le quinquina bicolore, et je les crois semblables ; cependant l’écorce de ralanea est toujours d’un beau jaune dans l’intérieur, tandis que la surface intérieure du quinquina bicolore acquiert à la longue la couleur noirâtre des écorces d’exostemmu.

Voici les résultats de l’essai par les réactifs de quelques uns des faux quinquinas dont il a été question :

(1) Je pense que c’est cet arbre que De Candolle a décrit sous le nom de stenostomum acutatum ( Prodr., t. IV, p. 460).

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