‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 5)Chapitre 66 sur 121 · Fœniculum piperitum DC · texte numérisé non relu

Fœniculum piperitum DC

Voici les contradictions ou l’obseurité qui existent encore entre les espèces de de Candolle et celles de M. Mérat et que j'ai désiré pouvoir détruire : 1° le fenouil officinal de M. Mérat est très certainement le fenouil doux de Gaspard Bauhin ; dès lors pourquoi M. Mérat en a-t-il fait une espèce séparée? 2 Je fenouil officinal de M. Mérat me parait être tout aussi sûrement celui d’Allioni, qu'Allioni lui-même fait synonyme du fœniculum dulce des frères Bauhin ; comment alors de Candolle a-t-il séparé le /æniculum officinale d'Allioni du fœniculum dulce, pour le joindre au fœniculum vulgare ? Pour m'éclairer à cet égard, j’ai prié M. Chardin, il y a plusieurs années, de me procurer les diverses espèces ou variétés de fenouil que l’on peut trouver dans le commerce ; voici celles qu'il a bien voulu me remettre :

1° Fenouil vulgaire d'Allemagne, Fruit entier, très rarement divisé, cependant privé de son pédoncule , ovoïde-elliptique, long de h millimètres, large de moins de 2, surmonté de 2 styles courts, très épaissis à la base. Ce fruit est très souvent droit; mais souvent aussi il est courbé en arc d’un côté, par l’oblitération partielle ou par lavortement d’un des carpelles. 11 à une teinte générale d’un gris foncé ; mais, à la loupe , il présente 8 côtes linéaires un peu blanchâtres, dont deux doubles et plus grosses que les autres, et 8 vallécules assez larges, noirâtres et à un seul canal oléifère. Il présente, lorsqu'on l’écrase, une odeur de fenouil forte et agréable, et il possède une saveur fortement aromatique , piquante et menthée.

Ce fenouil est, sans aucun doute , le fœnieulum vulqare germanicum de G. Bauhin ; je donnerai plus loin les caractères de la plante.

2° Fenouil âere d'Italie, Fruit presque semblable au précédent , mais d'une couleur beaucoup plus claire ; tout à fait glabre, à côtes blanchâtres étroites et à vallécules verdâtres offrant un canal oléifère développé. Un assez grand nombre de fruits sont pourvus de leur pédoncule et sont entiers ; mais un grand nombre d’autres sont divisés en 2 méricarpes qui paraissent alors un peu amincis en pointe par le haut et un peu élargis par leurs 2 côtes marginales. Ce fruit écrasé présente une odeur forte qui se rapproche de celle de cajeput ; il a une saveur un peu âcre, non amère, très aromatique, accompagnée d'un sentiment de fraicheur. 3

Ce fruit me paraît être le fwniculum vulgare italicum , semine oblongo, qustu acuto de G. Bauhin ; n’ayant pu le faire lever, je ne puis dire s’il a quelque rapport avec le fœniculum piperitum de de Candolie.

3° Fenouil doux majeur, C'est le fenouil ordinaire du commerce et le véritable fenonil officinal. On le nomme valgairement fenouil de

OMBELLIFÈRES. 215 Florence ; mais je pense que celui que nous employons vient des environs de Nîmes. Il est long de 10 millimètres , quelquefois de 15, large de 3, de forme linéaire, quelquefois un peu renflé à la partie supérieure ; il est pourvu de son pédoncule qui forme presque toujours un angle marqué avec l’axe du fruit; il est toujours entier, cylindrique par conséquent, pourvu de 8 côtes, dont 2 doubles, toutes carénées au sommet, élargies à la base, laissant à peine apercevoir la vallécule. Le fruit est, à proprement parler, cannelé ; il est quelquefois droit ; mais le plus ordinairement il est arqué d’un côté par l’avortement d’un des carpelles. Il est d’un vert très pâle et blanchâtre , uniforme ; il pos sède une odeur douce et agréable qui lui est propre, devenant plus forte par la friction, mais restant toujours pure et très agréable ; il présente une saveur très aromatique, sucrée, fort agréable également.

Ce fruit est le fœniculum dulce de G. Bauhin, avec les différents synonymes indiqués. C’est également le fæniculum dulce , majore et albo semine de J. Bauhin.

L° Fenouil doux mineur d'Italie, Fruit long &e 6 à 7 millimètres, épais de 2 et plus, quelquefois entier, droit ou recourbé, comme le précédent; mais le plus ordinairement séparé en 2 méricarpes. Les côtes sont blanches, carénées au sommet, mais plus étroites que dans l'espèce précédente, et laissant apercevoir la vallécule renflée par le canal oléifère. Ce fruit écrasé dégage une odeur forte et franche de fenouil ; il présente une saveur très agréable également de fenouil sucré. Il ressemble beaucoup, à la première vue, au fenouil âcre d'Italie; mais indépendamment des caractères précédents qui l’en distinguent, il est plus large et d’une couleur générale plus pâle ou plus blanchître. Ce fenouil se rapporte très bien au feniculum mediolanense C. B. au fwniculum dulce vulgari simile de J. Bauhin (Æist. IE, p. 2 pag. h ).

5° Fenouil amer de Nimes, Ce fruit est plus petit que tous les précédents et presque semblable au carvi. Il est long de 3 à 4 millimètres, très rarement de 5 ; il est entier ou ouvert, droit ou arqué, d’un vert brunâtre assez prononcé. Les côtes sont étroites, filiformes , d’un blanc verdâtre; les vallécules sont assez larges, d’un vert foncé : et offrent quelquefois l’apparence d’un second canal olcifère. Le fruit présente en masse une odeur de fenouil vert, qui devient beaucoup plus forte lorsqu'on l’écrase. Il a une saveur amère manifeste, jointe à un goût aromatique et fort de fenouil.

La grande ressemblance de ce fenouil avec le carvi m’avait fait penser que ce pouvait être la 4° espèce de G. Baubin; mais les caractères de la plante ayant détruit cette supposition , il ne reste plus qu’à se demander

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si ce fenouil est celui mentionné par G. Baubin sous le nom de fniculum sylvestre.

Indépendamment des fenouils précédents qui m’ont été remis par M. Chardin, j'ai vu un jour chez un droguiste un fruit nommé fenouillet, qui était très petit, arrondi, blanchätre, d’une odeur aromatique forte et agréable, mais différente de celle du fenouil. J'ai pensé que ce fruit pouvait appartenir à un séséli (le glaucum ? ); je n’ai pu m'en procurer depuis.

Pour essayer de mieux déterminer les espèces des fruits précédents, je les ai fait semer dans le jardin de l'École de pharmacie ; tous ont levé, à l'exception du fenouil âcre d'Italie , sur lequel, par conséquent, je n’ai rien à dire de plus. Voici les caractères présentés par les autres :

4. Fenouil vulgaire d’Allemagne, fœniculum vulgare Mérat. Plante haute de 2 mètres et plus ; tiges rondes par le bas, d’un vert noirâtre , assez grêles, coudées ; feuilles très grandes, à pétioles médiocrement dilatés, à subdivisions très longues , douces au toucher , peu aromatiques et d’une saveur amère. Ombelles à 21 ou 22 rayons ; ombellules à 30 ou 33 fleurs. Le fruit ne paraît pas changer par la culture.

2. Fenouil doux majeur du commerce , fœæniculum officinale Mérat. Tiges glauques , grosses, droites , hautes de 1 mètre 60 centimètres et plus ; les pétioles sont très larges et embrassants ; les feuilles sont {rès grandes, à subdivisions longues , molles et douces au toucher ; froissées , elles présentent une odeur forte de fenouil et une saveur un peu âcre. Les ombelles sont très inégales, les rayons extérieurs étant bien plus longs que ceux du centre et redressés, surtout au commencement. Le nombre des rayons varie de 30 à 32, et le nombre des fleurs de 42 à 45 sur chaque ombellule. Dès la première année , les fruits changent de forme et diminuent de volume , ainsi que l'ont remarqué tous les botanistes ; les côtes se rétrécissent , les vallécules deviennent plus apparentes , le fruit prend en masse une couleur plus foncée , et la séparation spontanée des méricarpes devient plus facile. Au bout de quatre ou cinq ans, le fruit est devenu presque semblable, pour laspect , au fenouil amer de Nimes ; mais il s’en distingue toujours par ses côtes un peu élargies à la base et carénées sur la crête; par ses vallécules plus étroites et plus sèches, enfin par sa saveur sucrée; de sorte que la transformation du fruit est plus apparente que réelle. Il n’en faut pas moins conclure que le volume considérable et les caractères particuliers du fenouil doux du commerce tiennent à une yariélé de culture qui ne persiste pas lorsque la plante est transplantée et abandonnée à elle-même.

3. Fenouil doux mineur d'Italie, fœniculum mediolanense C. B. Plante haute de 14 mêtre; tiges comprimées à la base, étalées , coudées, d’un vert glauque foncé et comme noirâtre ; pétioles peu développés ; feuilles courtes à subdivisions fermes et un peu roides, exhalant une odeur de persil lorsqu'on les froisse et ayanï une saveur non sucrée , peu agréable.

Cette plante fleurit la première de toutes ; ses fleurs sont très nombreuses, généralement étalées à la hauteur de 1 mètre et d’un jaune foncé. Les ombelles sont planes, à 23 rayons la première année, et à 27 fleurs dans chaque ombellule. La deuxième année, la hauteur, le port et tous les autres caractères restant les mêmes , les ombelles présentent de 30 à 40 rayons et les ombellules portent 32, 36, 40 et jusqu’à 50 fleurs ; les fruits sont peu sucrés, toujours for-

tement aromatiques. [a quatrième année, les ombelles présentent de 35 à 38 rayons ; les fruits sont petits, noirâtres, non sucrés.

Cette espèce présente quelques uns des caractères du fœniculum dulce de de Candolle ; mais quelle différence, dès la première année , pour la taille de la plante et dans le nombre des rayons de l’ombelle ! Peut-être la description du célèbre botaniste se rapporte-t-elle à une variété produite par la culture en Italie, dans un but déterminé, variété non permanente que la seule transplantation ferait disparaître.

4. Fenouil amer de Nimes. Tiges très grêles, hautes de 13 à 16 décimètres, droites ; feuilles grêles, molles, d’une odeur de fenouil officinal et d’une saveur sucrée, aromatique, agréable. La plante fleurit trés tard ; les fleurs sont petites, d’un jaune pâle, atrophiées et ont toutes avorté. La deuxième année, la plante a pris plus de force ; les ombelles qui offraient au plus 16 rayons la première année , en ont présenté 18 et 19, et 21 fleurs aux ombellules ; les fruits ont encore avorté. La troisième et la quatrième année, l'inflorescence n’a pas varié, mais les fruits ont pu être récoltés. Ils sont semblables à ceux qui ont produit la plante ; ils présentent en masse une odeur faible et agréable de fenouil, qui devient beaucoup plus forte par lécrasement ; leur saveur est toujours amère, très aromatique , avec un sentiment de fraîcheur analogue à celui produit par la menthe.

De tous les fruits de fenouil qui ont été décrits ci-dessus , le seul qui soit usité en pharmacie est le fenouil doux majeur (fniculum officinale). H faut le choisir gros, d’un vert pâle, et non jaunâtre ni brunâtre, comme est celui qui est vieux ou altéré. On en retire par la distillation une essence limpide comme de l’eau, d’une odeur très suave , d’une pesanteur spécifique de 0,983 à 0,985 , se congelant environ à 5 degrés au-dessus de zéro. Le stéaroptène paraît avoir la même composition que celui d’anis; mais, d’après M. Cahours, l'essence liquide ne contiendrait pas d’oxigène et aurait la même composition que l’essence de térébenthine.

La racine de fenouil est aussi employée en pharmacie. Elle provient soit du fenouil vulgaire (fæniculum vulgare), soit du fenouil doux majeur dégénéré qui, dans la plupart des jardins, prend la place du premier ; elle est formée d’une écorce fibreuse , blanchâtre, quelquefois ocreuse à sa surface, et d’un cœur ligneux, à couches concentriques. Elle à une odeur faible, douce et agréable, et une saveur de carotte. Elle se distingue de la racine de persil par son cœur ligneux.

La racine de fenouil est une des cing racines apéritives ; les quatre autres sont la racine de persil et celle d’ache ou de livèche , appartenant pareillement à la famille des ombellifères , et les racines d’asperge et de petit-houx, qui font partie des asparaginées.

Phellandrie aquatique.

Œnanthe phellandrium Yam., phellandrium aquaticum XL, tribu des sésélinées. Car. gén. : marge du calice à 5 dents persistantes ; pétales obovés, échancrés avec une lanière recourbée en dedans; stylopode conique; fruit ové-cylindrique , couronné par les dents du calice et par 2 styles droits. Méricarpes à 5 côtes obtuses ; vallécules à un seul canal résinifère ; carpophore indistinct.

La phellandrie aquatique (fig. 305) porte aussi les noms de ciqué aquatique et de fenouil aquatique. Elle croît le pied dans l’eau, et s'élève à la hauteur de 65 à 100 centimètres. Sa racine cst pivotante el munie d’un grand nombre de fibres verticillées ; sa tige est creuse, ses feuilles sont très divisées, ses fleurs blanches, très petites, disposées en ombelles à 10 ou 12 rayons, privées *%, d'involucre général, mais pourvues d’involucelles à 7 folioles. Les fruits sont ovoïdes-allongés, régulièrement striés, glabres, un peu luisants et rougeâtres, formés de 2 carpelles soudés. Chaque carpelle isolé est dreit, composé d’un péricarpe solide et blanc à l’intérieur, et d’une amande brune noirâtre. Le fruit entier offre une odeur assez forte qui se développe encore plus par la pulvéri-

sation ; Ja saveur en est aromatique.

Le fruit de phellandrie aquatique à été administré en poudre, dans la phthisie pulmonaire, à la dose de 2 à 6 décigrammes répétès plusieurs fois par jour. Il paraît propre à calmer la toux, diminuer l'expectoration et supprimer la diarrhée. Mais son emploi demande quelque relenue; car on à vu une dose trop forte causer des vertiges et de l’anxiété. Ces propriétés nuisibles sont beaucoup plus marquées dans le fruit récent et dans la plante verte, qui est dangereuse pour les bestiaux, et mortelle même pour les chevaux.

ŒÆnanthe fistuleuse., persil des marais ; œnanthe fistulosa B. Cette plante, très commune sur le bord des marais, est une des plus vénéneuses de notre pays. Sa racine est fibreuse, rampante, pourvue de tubercules fusiformes, dont la substance blanche , analogue à celle

Lis. 305.

OMBELLIFÈRES. 217 du panais, à souvent donné lieu à des méprises funestes, Sa lige est grosse, fistuleuse, glabre, haute de 50 centimètres ; les feuilles sont portées sur des pétioles fistuleux ; les inférieures sont deux fois ailées , à folioles cunéiformes incisées ; celles de la tige sont pinnatisectées à divisions linéaires; les fleurs forment des ombelles privées d’involucre, à 3 ou 4 rayons soutenant chacun une ombellule très serrée, à fleurs rayonnantes, d’un blanc rosé, dont les intérieures sont sessiles et fertiies , tandis que celles de la circonférence sont pédicellées et stériles. Les fruits forment des capitules globuleux, hérissés par les dents du calice et par les styles persistants.

Œnanthe safranée, œ@nanthe crocata V. Cette plante est encore plus vénéneuse que la précédente; sa racine est composée de tubercules oblongs, fasciculés, serrés les uns contre les autres et enfoncés perpendiculairement dans la terre. Sa Lige est cylindrique , cannelée , fistuleuse, d’un vert roussâtre, rameuse , haute de 4 mètre environ ; les feuilles sont grandes, deux fois ailées, à folioles sessiles, cunéiformes, incisées au sommet et d’un vert foncé. Les fleurs sont d’un blanc un peu rosé, disposées en ombelles terminales, pourvues d’un involucre polyphylle, et composées d'un grand nombre de rayons portant des ombeilules très denses, à fleurs un peu rayonnantes. Les fruits forment des capitules globuleux ; ils sont courtement pédicellés, oblongs , fortement striés, couronnés par les dents du calice et surmontés du stylopode et des styles persistants.

Cette plante croît dans les lieux marécageux et sur le bord des étangs, en Angleterre, en Bretagne et dans tout l’ouest de la France, en Espagne, elc. ; toutes ses parties sont pourvues d’un suc lactescent, qui prend une couleur safranée au contact de l'air. Ce suc est un poison violent. Les racines ont un goût douceâtre, aromatique, non désagréable, ce qui les rend très dangereuses , rien ne mettant en garde contre le poison qu'elles renferment. Les accidents qui se manifestent lorsqu'on en à mangé, sont une chaleur brûlante dans le gosier, des nausées, des vomissements, de la cardialgie, des vertiges, du délire, des convulsions violentes et souvent la mort, lorsqu'on n’a pas été secouru à temps. Les meilleurs moyens à opposer à ces terribles accidents, sont d'abord de procurer l'évacuation du poison par des vomissements et des laxatifs ; ensuite l'application de cataplasmes émollients sur l’épigastre, l'administration de boissons abondantes, acidulécs et gazeuses ; des potions éthérées, etc.

Toutes les espèces d’œnanthe ne partagent pas les propriétés délétères des deux précédentes ; telle est l’œnanthe à feuilles de pimprenelle, œænanthe pimpinelloides X., qui est assez fréquente dans les prairies , dans les environs de Paris, mais que l’on trouve surtout dans les dé-

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partements riverains de la Loire, de Tours à Nantes, où elle est connue sous les noms de navette, jeannette, agnotte , anicot , etc. La racine de celte plante est formée de fibres fasciculées, cylindriques ou ovoïdes , où de tubercules suspendus à de longues fibres, s'étendant plus latéralement qu'ils ne pénètrent dans l’intérieur du sol. Ces tubercules ont un goût doux, assez agréable, et peuvent être mangés sans aucun inconvénient ; à Angers, on les vend quelquefois sur le marché. Les tubercules de l'œnanthe peucedanifolia peuvent également servir d’aliment; inais Comme c’est presque toujours en confondant avec eux les racines des œnanthes vénéneuses que les empoisonnements reprochés à celles-ci sont arrivés, il est plus prudent de ne jamais manger les racines d'aucune de ces plantes.

Séséli de Marseille,

On nomme ainsi le fruit du sese/i tortuosum L., plante de la tribu des sésélinées croissant dans le midi de la France et surtout aux environs de Marseille. Elle ressemble un peu au fenouil, dont elle a été longtemps regardée comme une espèce , sous le nom de feñouil tortu.

Son fruit est composé de 2 méricarpes d’un gris blanchâtre, ordinairement séparés l’un de l’autre, semblables à ceux des autres ombellifères, plus petits et plus minces que ceux de l’anis. Ces fruits exhalent, lorsqu'on les pulvérise, une odeur très forte et désagréable. Ils ont une saveur âcre, très aromatique. Ils entrent dans la thériaque.

Daucus de Crète.

Athamantha cretensis L., tribu des sésélinées. Cette plante croît dans l’île de Candie, en Égypte, dans le midi de la France et en Suisse. Son fruit est composé de 2 carpelles soudés, formant un petit corps cylindrique, atténué en col par la partie supérieure , et couronné parle stigmate bifide de la fleur, qui a persisté. A la loupe, on le voit couronné de poils rudes; il est de plus ordinairement réuni en petites ombellules et mêlé des branches de l’ombelle coupées menu ; ce dont il faut le débarrasser par le triage.

Le daucus de Crète a une odeur de panais lorsqu'on le froisse ; il offre une saveur aromatique semblable, mais plus marquée, forte et toujours agréable. Il entre dans la composition du sirop d’armoise, de la thériaque et de l’électuaire diaphænix.

Daucus vulgaire Où carotte sauvage, daucus carota L. La conformité de nom à pu seule faire substituer quelquefois le fruit de cette plante au précédent ; car ils n’ont aucun rapport entre eux. Le fruit de

OMBELLIFÈRES. 219 carotte est petit, arrondi, mais ordinairement séparé en 2 carpelles aplatis du côté intérieur, et couverts de l’autre de longs poils blancs, visibles à la simple vue, et qui les font paraître hérissés. En masse, ce fruit a une faible odeur herbacée qui, par la trituration, devient forte et térébinthacée. La saveur en est amère, âcre et camphrée.

Persil de Macédoine.

Athamantha macedonica DC., bubon macedonicum L. Cette plante croît en Turquie et en Afrique, Son fruit est menu, allongé, brunâtre, d’une odeur forte , agréable, et d’une saveur très aromatique. Examiné à la loupe, les carpelles dont il se compose paraissent isolés ; ils sont convexes d’un côté , aplatis de l’autre, d’une forme ovale-allongée, plus amincie à l'extrémité supérieure qu'à l'inférieure, ce qui leur donne la forme d’une petite carafe. Le péricarpe est rougeûtre et demi-transparent; les côtes sont blanches et hérissées de poils (à l'œil nu le fruit paraît glabre). La coupe transversale offre une amande demi-circulaire,

issant entièrement un 3 repli ds ‘ Fig. 306.

péricarpe mince, membra- E neux, Sans rayons marqués. Fee Es

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