‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 5)Chapitre 69 sur 121 · GOMMES-RÉSINES D'OMBELLIFÈRES · texte numérisé non relu

GOMMES-RÉSINES D'OMBELLIFÈRES

L'asa-fœtida est quelquefois en larmes détachées ; mais le plus ordinairement il est en masses considérables, brunes rougeûtres , parsemées de larmes blanchâtres , demi-transparentes. Souvent aussi il est en masses très impures et mélangées d’une grande quantité de terre ou de petites pierres; il faut alors le rejeter de l’officine du pharmacien. Lorsqu'on casse le bel asa-fœtida , la nouvelle surface, qui est ordinairement d’une couleur peu foncée, rougit promptement à l'air. I répand une odeur alliacée forte et fétide, et possède une saveur amère, âcre et repoussante. Il est beaucoup plus soluble dans l'alcool que dans l'eau et donne une huile volatile alliacée, à la distillation.

M. Théodore Lefèvre , droguiste à Paris, a bien voulu me remettre , il y a quelques années, une collection de drogues médicinales de l'Inde, au nombre desquelles se trouvait un échantillon d’asa-fœtida assez remarquable. Cet asa-fœtida, renfermé dans une boîte de fer-blanc, présentait une odeur d’une fétidité repoussante, infiniment plus forte que celle de l’asa-fœtida du commerce (1); de plus, il formait une seule masse d’une couleur de miel foncé, ne rougissant pas à l’air, uniformément entremêlée d’une grande quantité de fragments coupés de l'écorce striée de la tige, et sans aucune parcelle de terre; de sorte que je suis convaincu que cet asa-fœtida s’est écoulé sous forme de stalagmite le long de la tige, et qu'il a été récolté en enlevant à la fois, avec un couteau, l’écorce et le suc résineux. Au surplus, les anciens auteurs, et Théophraste en particulier (De nat. plant., Gb. 6, cap. 3), ont mentionné deux sortes d’asa-fæœtida ; l’une tirée de la tige, surnommée caulias , et l’autre extraite de la racine, nommée rhizias : la chose n’est donc pas nouvelle.

Pelletier à trouvé que l’asa-fœtida était composé de :

Mésinege colis dons chan voue je don < 65,00 Gomme lines die à LT Gpiié ty ser ge 19,4 MpSoAMe né de radiale pi Gé Au ds fait 11,66 Mile nolatNe: sac Dreb. dus on ton var <Ous » 3,60 Malate acide de chaux et perte. . . . . .-. . .. 0,30

La résine d’asa-fætida jouit de propriétés particulières, et entre autres de celle de se colorer en rouge par l’action de la lumière et de l'air réunis. C’est elle, comme on le voit, qai communique cette propriété à l'asa-fœtida (Bull. de pharm., t. II, p. 556).

L'asa-fætida est un puissant antihystérique. Il entre dans les pilules

4) D’après Kæmpfer, un gros d’asa-fœtida récent répand plus de puanteur que cent livres de celui qui est vieux et sec.

22h DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.

de Fuller. On l’emploie beaucoup dans la médecine vétérinaire, On assure que, malgré ses qualités si désagréables pour les Européens, qui l'ont nommé sfercus diaboli, les Orientaux s'en servent pour assaisonner leurs mets. On ne doit pas en être surpris, dit Geoffroy, quand on pense que l'odeur du citron, qui nous plaît tant aujourd’hui, était en exécration chez la plupart des anciens; et que notre ail ordinaire , dont l'odeur a beaucoup de rapport avec celle de l'asa-firtida, paraît insupportable aux uns et très agréable aux autres, qui le prodiguent dans tous leurs mets. Il y a longtemps qu'on dit qu'il ne faut pas disputer des goûts.

Sagapenum ou Gomme séraphique.

Cette gomme-résine a de l’analogie, par son odeur, avec l’asa-fæœtida et vient de la Perse comme ce dernier. Elle est ordinairement en masse et rarement en larmes. Dans l’un et l’au‘re cas le sagapénum est mou, demi-transparent, mêlé d’impuretés et de semences brisées d’ombellifère. 11 ne différerait guère du galbanum mou que par sa couleur plus foncée, si ce n’était son odeur et sa saveur qui sont celles de l’asafætida affaibli et très désagréable. D'un autre côté, il diffère de l'asafœtida par ses propriétés plus faibles, et parce qu'il ne se colore pas en rouge par le contact de l’air et de la lumière.

Le sagapénum s’enflamme facilement et brûle en répandant beaucoup de fumée. La résine y domine sur le principe gommeux, etil fournit de l’huile volatile à la distillation. Il entre dans la thériaque et l’emplâtre diachylon gommé.

L'origine du sagapénum est encore douteuse; cependant il est probable qu'il provient du férula persica W. Ce qui donne da poids à cette opinion, c'est que les semences de cette plante ont été reçues , à différentes fois, comme étant celles de la férule à l’asa-fœtida. Ainsi le ferula persica cultivé au Jardin des Plantes de Paris, provient de semences envoyées de Perse par Michaux , sous le nom d’asa-fætidu. Or, pour que cette méprise ait pu avoir lieu, il faut que la plante produise une gomme-résine analogue à l’asa-fœtida, et cette substance ne semble pourvoir être que le sagapénum.

Gomme-Résine ammoniaque.

Cette substance, nommée communément gomme ammontaque , était connue des anciens. Suivant Dioscoride, elle découlait d’une espèce de férule qui croît dans la Libve cvrénaïque, non loin du temple de Japiter Ammon, et c’est de là que lui est venu son nom. Dioscoride

LA

GOMMES-RÉSISES D'OMBELLIFÈRES. 225 appelle la plante agasyllis, et Pline metopion. Cette différence est à noter, parce que Dioscoride attribue le galbanum au métopion, plante de Syrie, et qu’il paraît en effet que, par une confusion qui s’est perpétuée jusqu’à nous, beaucoup de personnes ont pris l’une pour l'autre ces deux gommes-résines.

Tous les auteurs, jusqu’à Murray, ne font presque que répéter l'origine donnée par Dioscoride à la gomme ammoniaque. Murray cependant la fait venir par la voie de Turquie et des Indes orientales ; tandis qu’un voyageur anglais, M. Jackson, assure qu’elle est produite, dans le rovaume de Maroc, par une grande plante semblable au fenouil, nommée faskook ou feskouk : mais il est probable que M. Jackson aura pris quelque autre gomme-résine pour de la gomme ammoniaque.

Les renseignements les plus récents font venir la gomme ammoniaque du nord de la Perse et de l’Arménie, et je suis du sentiment de Don, qui pense que son nom ammoniacum Où armontacum , Comme beaucoup l'ont écrit, est corrompu d’armentiacum. La plante qui la produit a été rapportée de Perse par le coionel Wright, et Don en a formé un nouveau genre d'ombellifère, voisin des ferula, mais en différant par son disque épigyne large et cyathiforme, et par ses canaux résinifères (vittæ, DC.), solitaires entre chacune des côtes du fruit. Willdenow s'était antérieurement procuré la même plante en semant les semences que l’on trouve assez souvent dans la gomme ammoniaque du commerce, et qui en sont tellement gorgées, qu’on ne peut mettre en doute qu’elles ne soient celles de la plante même qui produit cette gomme-résine ; mais il la décrivit mal et lui donna le nom d’Aeracleum qummiferum , tandis que Don la nomme dorema ammoniacum. Observons que les caractères sur lesquels se fonde Don pour séparer cette plante des fcrules ne sont pas tous exacts : il suppose, en effet, que les canaux résinifères sont isolés dans chaque vallécule du fruit, tandis qu’il y en à trois comme dans les férules. A la vérité, très souvent le canal mitoyen est seul développé et gorgé de résine, ce qui le fait paraître solitaire ; mais il n’est pas rare non plus d’en trouver deux, et je possède plusieurs fruits où les trois canaux sont bien distincts.

On trouve la gomme ammoniaque sous deux formes dans le commerce : 4° en larmes détachées, dures, blanches et opaques à l’intérieur, blanches également à l'extérieur, mais devenant jaunes avec le temps ; d’une odeur forte particulière, d’une saveur amère, âcre et nauséeuse ; 2° en masses considérables jaunâtres , parsemées d’un grand nombre de larmes blanches et opaques; elle est moins pure que la précédente, et possède une odeur plus forte. La première sorte est préférée, à cause de sa pureté ; la seconde peut être employée, à son défant, pour la préparation des emplâtres,

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