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dont une est obtuse et l’autre pourvue de trois arêtes, dont celle du iilieu est plus vive et plus saillante. La semence est arrondie et présente un goût d'amandes amères, auxquelles on les ajoute souvent dans le commerce. Les abricots sont pourvus d’un: chair jaune, un peu fibreuse , sucrée, aromatique, non acide ; on les sert sur les tables et on en fait des conserves molles et sèches.
On trouve dans les montagnes du Dauphiné et du Piémont un abricotier indigène , nommé abricotier de Briançon (armeniaca brigantiaca), dont les semences fournissent une huile douce, ayant un goût agréable d'amande amère, et usitée dans le pays sous le nom d'huile de marmotte. On attribue au tourteau la propriété d’engraisser les bestiaux ; mais il peut leur être très nuisible en raison de la grande quantité d'acile cyanhydrique qu’il peut produire (Journal de pharmacie, juin 1817).
Pruniers, Les pruniers se distinguent des abricotiers par leurs feuilles lancéolées ou ovales-lancéolées, non pendantes, à nervures proéminentes et rudes au toucher; par leurs fleurs blanches, le plus souvent ombellées - fasciculées ; par leurs fruits pédonculés et pendants, lisses, mais couverts d’une efflorescence cireuse qui disparaît par le frottement du doigt; par leur noyau comprimé, terminé en pointe aux deux extrémités, pourvu de deux sutures dont l’une est creusée d’un sillon et l’autre marquée d’arêtes obtuses.
Quelques espèces de pruniers sont indigènes à la France et s’y trouvent à l’état sauvage : tel est le prunier épineux Ou prunellier, Ou épine noire (prunus spinosa L.), dont les fruits très acerbes, petits, presque globuleux, d’un violet bleuâtre à maturité, ont servi anciennement à préparer un extrait nommé suc d'acacia nostras, qui était substitué au véritable suc d’acacia d'Égypte ; tel est encore le prunier sauvage (prunus insititia L.), arbrisseau plus élevé et moins épineux que le précédent, dont les fruits un peu plus gros, mais toujours d’une saveur amère et acerbe presque insupportable, servaient au même usage que les précédents. Il est possible également que quelques unes des races du prunier eultivé (prunus domestica L.), soient indigènes à 1’Europe; mais il paraît certain que la plupart sont originaires du Levant, puisque Pline assure que le prunier n’a été introduit en Italie que depuis Caton l'Ancien. Les races ou variétés principales sont la prune de reine Claude, la prune de Damas , la prune de Monsieur , celle de Sainte-Catherine et la Mirabelle. Non seulement on mange ré s frurts à l’état frais, mais on les fait sécher alternativement au fou et au suleii, pour les amener à l’état de pruneaux , et on en fait un comiuerce considérable dans plusieurs parties de la France. Les pruneaux de tabie ies plus estimés viennent de Brignoles, de Tours
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et d’Agen. Ceux de Tours sont préparés avec la prune de Sainte-Catherine. On trouve aussi dans le commerce des petits pruneaux noirs dits pruneaux à médecine, qui entrent, comme laxatifs, dans l’électuaire lénitif et dans les médecines que l’on donne aux enfants. On les prépare avec les petites variétés de Damas et de Saint-Julien.
Cerisiers.
Tous les arbres rosacés, formant la tribu des amygdalées, se ressemblent tellement, par leurs caractères floraux , qu’on pourrait les considérer comme un grand genre subdivisé en sections fondées sur des caractères assez secondaires tirés de la grosseur, de la forme et de la surface du fruit. Les cerisiers nous présentent donc encore presque tous les caractères des pruniers, dont ils se distinguent par leurs fruits généralement beaucoup plus petits, globuleux, très glabres, lisses et dépourvus de toute efflorescence cireuse, et par leur noyau uni et sousglobuleux. Leurs fleurs sont tantôt portées sur des pédoncules uniflores, qui sortent, sous forme d’ombelle, de bourgeons écailleux, et, dans ce cas, elles paraissent avant les feuilles ; tantôt elles sont portées sur des grappes sorties des rameaux et paraissant après les feuilles; cette différence divise les cerisiers en deux sections , cerasophora et padus.
Merisier, cerasus avium L. Arbre élevé de 10 à 13 mètres, dont les branches redressées sont garnies de feuilles ovales , dentées en scie, pubescentes en dessous , portées sur des pétioles grêles, et pendantes. Les fleurs sont disposées au nombre de 4 ou de 2, en ombelles sessiles, et sont quelquefois solitaires. Leur calice est réfléchi, et les pétales sont blancs, peu ouverts, ovales, échancrés en cœur au sommet. Les fruits sont très petits, ovoïdes, d’un rouge foncé ou noirâtre , d’une saveur âcre et amère avant leur maturité, devenant fade lorsqu'elle approche du terme.
Le merisier paraît indigène à l’Europe ; car on trouve des forêts qui en sont presque entièrement composées; son bois est très estimé des ébénistes et des tourneurs ; son fruit, surtout celui de la variété macrocarpa, cultivée en Suisse, est préféré aux cerises pour la préparation du vin de cerises et du Ætrschenwasser. Cette dernière liqueur forme une branche de commerce considérable pour nos départements de l'Est, pour la Suisse et la Souabe. C’est un alcool marquant de 22 à 28 degrés à l’aréomètre de Baumé (56 à 70 degrés centésimaux), aussi incolore et aussi transparent que de l’eau , ayant un goût de noyau très agréable.
Cerisier vulgaire Où griottier, Cerasus caproniana DC. Cet arbre est originaire du Pont, d’où il a été apporté à Rome par Lucullus. Sen
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nom même n’est autre que celui de la ville de Cerasonte (aujourd'hui Keresoun ) bâtie sur la côte du Pont-Euxin, au pied d’une colline couverte de cerisiers et entre deux rochers très escarpés. Le cerisier s'élève à la hauteur de 7 à 8 mètres, et son tronc peul acquérir 1 à 2 mètres de tour. Ses rameaux sont ordinairement étalés et forment une tête arrondie ; ses feuilles sont ovales, dentées, glabres , d’un vert foncé, munies de pétioles assez fermes. Les fleurs sont blanches, disposées en ombelles sessiles et peu fournies ; leurs pétales sont ovales, entiers, faiblement échancrés; les fruits sont arrondis, d’un rouge vif, quelquefois d’un pourpre foncé, ou roses ou blancs jaunâtres, suivant les variétés qui sont très nombreuses. Ils sont très succulents, plus ou moins acides et sucrés, très sains et rafraîchissants. On en fait un sirop, une conserve, et on les confit dans l’eau-de-vie.
Cerisier mahaleb, cerasus mahaleb Mill. Ce cerisier, quoique portant un nom arabe et devant, par conséquent, se trouver en Asie, croît naturellement dans diverses contrées de l’Europe et principalement dans les Vosges, aux environs du village de Sainte-Lucie, d’où l'arbre et son bois en ont aussi pris le nom de bois de Sainte-Lucie. Il s'élève à la hauteur de 6 à 8 mètres, est pourvu de feuilles ovales, presque rondes, glabres, bordées de dents serrées et glanduleuses. Ses fleurs sont blanches, disposées au nombre de 6 à 8 ensemble en petites grappes qui ont l’aspect d’un corymbe, parce que les pédoncules inférieurs sont plus longs que les supérieurs et s'élèvent presque à la même hauteur. Les fruits sont petits, noirâtres et très amers ; les grives et les merles en sont très friands.
Les amandes de mahaleb se trouvent dans le commerce: elles sont grosses comme le carpobalsamum , avec lequel elles ont quelque ressemblance extérieure ; mais celui-ci est un fruit pourvu de son péricarpe, et le mabaleb est une petite amande privée même de sa coque ligneuse. Cette amande est ovale, un peu aplatie, d’un jaune brunûtre, d'une saveur douce, parfumée et d’une odeur très suave. Les Arabes l'avaient mise en usage autrefois contre les calculs de la vessie; mais elle n’est plus usitée que dans la parfumerie. On vend souvent à sa place les amandes du cerisier commun, qui ont presque la même forme, mais qui sont blanches et inodores , pourvues seulement, quand on les mâche, d’une forte saveur d'amande amère.
Le bois de mahaleb ou de Sainte-Lucie est d’un blanc jaunâtre, uni, fin, compacte, assez pesant et d’une odeur très agréable. Il est recherché des ébénistes, des tabletiers et des tourneurs; il ne faut pas le confondre avec le palissandre, qui porte aussi le nom de bois de Sainte- Lucie, à cause de l’île de Sainte-Lucie, dans les Antilles, d’où il paraît
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Merisier à grappes. putiet, faux bois de Sainte-Lucie ; Ce70sus padus DC. Arbre ou arbrisseau de 7 à 8 mètres, à feuilles ovaleslancéolées, glabres et dentées ; ses fleurs sont blanches , pédonculées, disposées en grappes pendantes plus longues que les feuilles; les fruits sont de la grosseur d’un pois, ronds, amers, noirs dans une variété , rouges dans une autre. Cet arbre croît spontanément dans les bois montagneux de l'Europe, et est très abondant dans les Vosges, où le nom de pufiet lui a été donné à cause de l'odeur forte et désagréable de son écorce, qui est de plus amère et astringente, ce qui a porté un médecin à la proposer comme succédanée du quinquina , dans le traitement ces fièvres intermittentes. Le bois du putiet n’a pas les qualités de celui de mahaleb ; dans les pays où il acquiert une certaine grosseur, on en fait des sabots.
Merisier de Virginie, cerasus virginiana Mich. Cct arbre ressemble beaucoup au précédent; mais il est plus élevé, pourvu de feuilles plus larges et lisses en dessous ; les grappes sont plus longues, plus serrées ; les pétales sont arrondis et non ovales. Dans son pays natal, cet arbre acquiert 10 à 13 mètres de hauteur ; son bois est rougeûtre, veiné de noir et de blanc, très odorant, susceptible de prendre un beau poli; il sert à faire des meubles.
Fig. 329,
Gerisier laurier-cerise (fig. 329).
Laurier - cerise OU laurier amande, CerAsus lauro-cerasus DC. , pr'unus lauro-cerasus ES Arbrisseau toujours vert dont les feuilles sont courtement pétiolées , ovales-oblongues, terminées en pointe, munies sur leurs bords de quelques dents écartées ; elles sont épaisses, coriaces , luisantes en dessus, parfaitement glabres des deux côtés, offrant 2 ou 4 glandes sur le dos. Les fleurs sont blanches, disposées cn longues grappes axillaires et exhalent une odeur agréable analogue à celle des amandes amères. Les fruits sont ovales, pointus à l'extrémité, peu charnus, noirâtres à leur maturité.
On prépare avec les feuilles récentes du laurier-cerise une eau dis-
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tillée, fortement imprégnée d’une huile volatile pesante, et d'acide cyanhydrique, et qui par cette raison doit être administrée avec prudence. Malgré cela, les feuilles de laurier-cerise sont assez souvent employées dans les ménages pour donner au lait une saveur d'amande agréable; mais alors on se contente d’en faire tremper pendant quelque temps une ou deux feuilles dans un litre de lait, ce qui ne peut être dangereux.
Quelques chimistes, entre autres M. Winkler et M. Lepage, pharmacien à Gisors, ont pensé que, contrairement aux amandes amères, les feuilles de laurier-cerise contenaicnt une certaine quantité d'essence et d'acide cyanhydrique tout formés, L'opinion contraire est admise par M. Gobley, qui a résumé les faits relalifs à celte question dans un Rapport inséré dans le Journal de pharmacie et de chimie, t. XW, p. 40.
Gomme de Cerisier.
Cette gomme découle de la plupart des arbres qui composaient le genre prunus de Linné, et principalement du cerisier, du merisier, du prunier et de l’abricotier. Elle suinte spontanément du tronc et des branches de ces arbres devenus vieux. Elle est d’abord liquide et incolore, mais elle se colore et se durcit en se desséchant à l'air. On la trouve dans le commerce en gros morceaux agglutinés, luisants, transparents, rouges, souvent salis par des impuretés. Elle se dissout très difficilement dans la bouche, et n’est qu’imparfaitement soluble dans l’eau, avec laquelle elle forme un mucilage très épais. Elle n’est nullement employée en. pharmacie , et n’est pas même propre à faire de l'encre; mais on s’en sert dans la chapellerie pour l’apprêt du feutre.
La gomme de cerisier, mise en macération dans 50 parties d’eau, s’y gonfle beaucoup, lui donne une certaine consistance, mais s’y dissout fort peu. Le mélange étendu de trois fois autant d’eau est jaune, presque transparent, encore un peu glutineux. Par l'agitation, la gomme se divise dans le liquide en parties molles, transparentes, non adhérentes entre elles, insolubles, qui diffèrent de la Æuférine ou bassorine, par leur forme angulaire, analogue à celle des fragments de gomme dont elles proviennent. La liqueur filtrée ne conserve qu’une faible viscosité , ne rougit pas le tournesol, se trouble par l’oxalate d'ammoniaque , et très faiblement par l'alcool.
D'après M. Guérin-Varry, la partie insoluble de la gomme de cerisier constitue une gomme particuhère qu’il nomme cérasine et qui diffère
de la bassorine parce qu’elle se change en wrabine où en gomme toute
soluble , par l’ébullition dans l’eau. N’étant pas parvenu à dissoudre la
LÉGUMINEUSES. 295 cérasine par ce moyen, je suis porté à croire qu'elle ne diffère de la bassorine que par sa forme, et non par sa nature chimique qui doit être la même.