‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 5)Chapitre 87 sur 121 · IL. Acacia Adansonii, Flor. seney., p · texte numérisé non relu

IL. Acacia Adansonii, Flor. seney., p

Gommier rouge Gonaké d'Adanson, Suppl. à l'Encycl. bot., t p. 53. Arbre du Sénégal, haut de 8 à 10 mètres, dont les jeunes branches sont couvertes d’un duvet très serré ; les épines stipulaires sont droites, écartées, pubescentes et blanchâtres. Les feuilles n’ont que 4 paires de pinnules (Adanson) , composées chacune de 12 à 16 paires de folioles, oblongues-linéaires, très petites, rapprochées. Le pétiole porte 2 glandes, l’une entre la dernière paire de pinnules, et l’autre entre la troisième paire en descendant, Les capitules sortent au nombre de 4 de l’aisselle de chaque feuille. Les fleurs sont jaunes , odorantes , semblables à celles des acacia vera et arabica, de sorte que, ici encore, c’est le fruit sartout qui distingue l’espèce. Ce fruit, que j'ai fait représenter fig. 357, est long de 16 à 19 centimètres, large de 48 à 20 millimètres, couvert de duvet, comme les jeunes branches, souvent un peu recourbé, ni articulé ou étranglé, mais seulement un peu rétréci entre les semences, et ayant les bords ondulés. Ce fruit ressemble beaucoup à celui de l'acacia arabica ; mais il est généralement plus grand, plus large, profondément ridé au-dessus des semences, qui n’occupent pas toute la largeur de la gousse , de sorte que celle-ci paraît comme un peu ailée tout autour. Enfin, le duvet qui recouvre le fruit est moins dense que dans l’arabica, et laisse entrevoir la couleur rougeâtre assez claire du péricarpe. Les semences sont semblables.

IV. Acacia seyal Delile, Flore d° Égypte, p. 286, fig. 52. té de

(4) Ce nom est une altération de l'indien babul ou b 1bulx.

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grandeur médiocre, armé d'épines faibles et courtes à Ja base des branches, devenant plus fortes et plus longues en montant vers l’extrémité , où elles acquièrent plus de 3 centimètres de longueur. Les feuilles sont rarement solitaires, et le

Fig. 357. plus souvent géminées ou

ternées dans laisselle des épines. Elles sont deux fois ailées, à deux paires de pinnules, quelquefois à une ou à trois paires, portant 8 à 42 paires de petites folioles linéaires, obtuses. Les fleurs sont jaunes , ramassées en capitules sphériques courtement pédonculés, qui sortent sous forme d’ombelle sessile ou de panicule, de l’aisselle des feuilles. Les fruits, bien disuüncts des précédents, sont jaunâtres, longs de 7 centimètres, falciformes, terminés en pointe , un peu comprimés et un peu renflés par places, renfermant 8 à 10 semences dont l’auréole linéaire forme un fer à cheval ouvert vers Je sommet de la graine.

L'acacia seyal se trouve dans le désert, entre le Nil et la mer Rouge , et au Sénégal. 11 fournit une gomme blanche, vermiculée, qui fait partie de celle du commerce.

V. Acacia farnesiana Wild. ; mimosa farnesiana L.; vachellia far- .nesiana Wight et Arnott; acacia indica Aldini, Æort. farn., tab. 2. Blackw., t. 345. Arbre élevé à peine de 5 mètres, qui ne diffère encore presque des précédents que par son fruit (fig. 358), qui est une gousse longue de 5 à 7 centimètres, un peu arquée, cylindrique ou à peine comprimée, avec des renflements nombreux et peu marqués, qui indiquent la place des semences. Sa surface est d’un brun rougeûtre , lisse très probablement lorsqu'elle est récente, mais marquée de stries fines et assez régulières par suite de la dessiccation. Elle porte 2 sutures presque semblables , formées d’un sillon blanc dû à un commencement

de déhiscence du péricarpe, et de 2 nervures parallèles, un peu proéminentes et de couleur rouge. A l’intérieur, cette gousse présente un mésocarpe très mince rempli par un suc desséché, vitreux et très astringent ; l’endocarpe est blanc, spongieux, très mucilagineux et un peu sucré ; il forme, au moyen de replis intérieurs, des loges obliques dont chacune contient une semence elliptique-arrondie, un peu comprimée, marquée sur chaque face d’une sorte d’auréole ou de ligne elliptique qui se prolonge en pointe et's’ouvre du

côté du hile, Quand on brise le fruit Fig. 358. transversalement, il arrive souvent que les semences et les loges qui les contiennent paraissent placées sur deux rangs parallèles et former deux séries, et c’est probablement ce caractère qui a porté MM. Wight et Arnolt à former de l’acacia farnesiana un genre particulier ; mais ce caractère différentiel n’est qu’apparent, et il serait véritablement singulier qu’un arbre aussi semblable aux autres acacias à fleurs capitulées en différât par uu caractère aussi essentiel. En réalité, de même que dans toutes les légumineuses , les semences de J’acacia de Farnèse ne forment qu’une seule série suturale, mais dont chaque graine est attachée alternativement de chaque côté de la suture ; et comme, dans cette espèce, les semences sont très nombreuses sur une longueur peu considérable et très rapprochées, elles sont obligées, pour prendre leur développement, de se diriger alternativement à droite et à gauche de la suture qui les supporte. C’est là ce qui les fait paraître opposées ou en série double ; mais elles sont alternes, placées l’une au-dessus de l’autre et en série simple.

L’acacia de Farnèse est très commun à l’île Maurice , où il porte le nom de cassier ou de cassie, Ses gousses y sont usitées pour le tannage et la teinture en noir. Elles ont été apportées en France vers l’année 1825, en même temps que le bablah de l'Inde , sous les noms de balibabulah et de graine de cassier, ce qui est cause que Virey les avait attribuées au cassia sophera (Journ. Pharm., t. XX, p. 313). L’acacia de Farnèse est aussi très cultivé en Italie et en Provence, à cause de ses fleurs, qui ont une odeur très agréable et un peu musquée, et qui

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sont aujourd'hui usitées dans la parfumerie, sous le nom de fleurs de cassie.

VL. Acacia Verek, Klor. Seneg.; acacia Senegal Wild. (excluez les figures citées) ; #7mosa Senegal L.; gommier blanc ou Uerek 4’ Adanson (fig. 359). Arbre peu élevé, couvert de branches tortueuses et de feuilles petites, deux fois ailées, composées de 3 à 5 paires de pinnules à 12 ou 15 paires de folioles glabres, longues de 2 millimètres, étroites, avec une très petite pointe au sommet. À la base de

Fig. 359.

VE chaque feuille se troudy vent 2 ou 3 épines coni-

S CA Su, 2 ques, courtes, crochues, Ka ï noirâtres et Juisantes, Les 22) fleurs sont blanches, po- "re a lyandres, disposées en ELLE épis axillaires, pédoncu- 7 4 lés, cylindriques, longs

de 8 centimètres. Les fruits sont jaunâtres, très aplatis, linéaires, pointus aux deux bouts, longs de 95 millimètres, larges de 18 à 20 , veinés à l’extérieur et chargés de poils courts peu sensibles. Les semences sont au nombre de 6 environ , très aplaties, orbiculaires ou un peu cordiformes. Cet arbre fournit la plus grande partie de la gomme du Sénégal.

A Ja suite des fruits d’acacias, utiles pour le tannage et la teinture, je décrirai deux autres fruits importés d'Amérique et qui servent aux mêmes usages.

1]. Gousses de libidibi ou de dividivi, Nacascol, ouatta-pana, On donne ces différents noms aux fruits du cæsalpinia coriaria Willd., arbre très répandu dans les lieux maritimes de la Colombie , des Antilles et du Mexique. Ses fruits (fig. 360) fortement comprimés, longs de 7 ou 8 centimètres et larges de 45 à 20 millimètres, sont reconnais-

LÉGUMINEUSES. 369 sables à leur forme recourbée en G ou en S, qui leur donne une certaine ressemblance avec la racine de bistorte. Ils sont indéhiscents et reuferment, sous une enveloppe mince, lisse et d’un rouge-brun , une pulpe desséchée jaunâtre, d’une saveur très astringente et amère. Au centre de cette pulpe se trouve un endocarpe blanc ligneux, qui divise le fruit d’une suture à l'autre et d’un bout à l’autre, sous la forme d’une lame formée de fibres plates, transversales et d’une grande ténacité. Cette lame se dédouble sur sa ligne médiane, de manière à former une série de très petites loges distinctes, contenant chacune une petite semence aliongée dans le sens transversal, un peu aplatie, très unie, lisse et d’un brun clair.

Algarobo Ou algarovilla. J'ai trouvé dans le commerce, sous l’un ou l’autre de ces noms, un fruit qui me paraît difficilement pouvoir se rapporter aux arbres qui portent ces noms en Amérique, et qui sont :

L'inga Marthæ Spreng. , dit algarovilla ; Le prosopis horrida Kunth., dit algarobo ; Le prosopis siliquastrum DC. , dit algarobo de chile.

Le fruit dont il est ici question (fig. 362) est presque droit, long de 25 à 35 millimètres, épais de 40 à 12, arrondi ou terminé en pointe

Fig. 361.

aux extrémités ; il est tantôt presque cylindrique , d’autres fois inégale-

ment renflé, quelquefois encore plus ou moins comprimé. Il est formé

d’un épicarpe très mince et ridé, dont la couleur varie du rouge orangé

au jaune orangé et au rouge brun. A l’intérieur se trouve un endocarpe HI. 24

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membraneux dont les replis forment de 2 à 4 loges imparfaites, contetenant chacune une grosse semence lenticulaire, rouge, unie, assez semblable pour la forme et la grosseur à celle des lupins. Entre les deux enveloppes ci-dessus, se trouve un tissu fort remarquable, consistant en fibres ligneuses assez fortes, qui vont, en s’anastomosant, se réunir à l’une et à l’autre suture, de manière à former une tunique générale, à tissu de dentelle, plongée au milieu du suc amer et très astringent, jaune et d'apparence de succin, qui remplit tout l’intervalie compris entre l’épicarpe et l’endocarpe. Ce suc astringent et vitreux est si fragile qu'il se brise souvent et se réduit en poussière, avec l'épicarpe qui le recouvre; alors la tunique fibreuse dont j'ai parlé subsiste, en formant comme un squelette ligneux que des insectes auraient mis à nu.

On trouve souvent mélangés, avec les fruits que je viens de décrire, des masses formées des mêmes légumes entiers ou brisés, incorporés avec le suc astringent qui en est sorti. Je pense que ce fruit est celui dont Virey a parlé dans le Journal de Pharmacie, t. XIX, p. 296, sous le nom d’a/garovilla, et sur l’origine duquel il s’est trompé en l’attribuant à l’inga Marthe.

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