‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de ParisChapitre 148 sur 194 · TALC ET STÉATITE · texte numérisé non relu

TALC ET STÉATITE

Taberg en Suède, à Rhode-Island aux États-Unis, etc. En voici plusieurs analyses :

[. R. mol.

Rapp.

ni.

Rapp.

Rapp.

Rapp.

SiO3.

MgO. FeO.

PsO.

AÏ2Os

I. Cette analyse, due à Vauquelin, était la seule, il y a peu de temps, qui admît une aussi grande quantité d'eau dans le talc laminaire, et l'on pouvait croire à une erreur; mais l'analyse II, faite par M. Delesse, sur du talc laminaire très-pur de Rhode- Island, semble montrer que cette variété de talc peut contenir de l'eau. M. Delesse ajoute que le talc lamelleux de Zillerthal (Tyrol) perd de même 4,7 d'eau à une forte cbaleur; mais ce résultat est contraire aux trois dernières analyses : celle du n° III, due à Klaprotb, faite sur du talc laminaire du Saint- Gothard; celle du n° IV faite par M. Kobell sur le talc môme de Zillerthal ; et celle du n° V, due au même chimiste, ayant pour sujet le talc de Proussiansk (Ekatherinenbourg). Quant à moi, j'ai fait deux seuls essais avec du beau talc laminaire du Tyrol ; dans le premier, la matière chauffée au rouge n'avait perdu ni sa couleur verdâtre, ni sa transparence, ni rien de son poids ; et dans le second essai, à une chaleur très-forte et prolongée, la matière étant devenue complètement opaque et d'une couleur rougeâtre, il n'y a eu, sur 100 parties de talc qu'une perte de 0,768. Je suis donc convaincu que le talc laminaire contient généralement moins de 1 pour 100 d'eau. Quant aux autres principes, l'analyse de Klaproth est la seule qui fasse mention de la potasse, et celle de Vauquelin est la seule qui admette un

silicate de la formule Mg Si, combiné avec 1/2 molécule d'eau;

dans toutes les autres analyses, le silicate a pour formule Mg7Si6, et comme cet accord ne peut être accidentel, je le regarde comme une preuve que cette formule exprime la composition la plus habituelle du talc laminaire.

Talc écailleux, craie de Briançon, speckstein. — Cette substance se trouve en masses assez considérables, un peu schisteuses et à feuillets indistincts et ondulés. Sa texture est fîbro-lamelleuse; ses lames sont très-petites et faciles à isoler les unes des autres; elle est parfaitement blanche ou d'un blanc faiblement verdâtre; elle est très-douce au toucher, etc.

Talc granulaire ou stéalite. — Substance compacte, toujours

tendre et douce au toucher, susceptible de poli. Elle présente une cassure finement esquilleuse, ou granulaire comme celle de la cire, ou môme terreuse. Elle est d'un blanc grisâtre, d'un blanc jaunâtre, d'une couleur verdâtre ou d'une teinte rosée ou fieur de pêcher. Sa composition a beaucoup de rapport avec celle du talc laminaire et présente les mômes variations.

vu

SiO3. .

MgO..

FeO..

HsO. .

AFO3.

I. Talc écailleux du petit Saint-Bernard, par Berthier ; composition: Mg*Si3H ou 3MgSi'+ Mgïï.

II. Stéatite de Bayreuth, parKlaproth; composition : Mg7 Si6 II2'8.

Une autre analyse par Bucholz etBrandes conduit exactement au même résultat.

III. Talc écailleux de Briançon, par Vauquelin; composition: 2MgSi + H.

IV. Stéatite de Nyntsch, par M. Delesse; composition : oMgSi -f 2H.

V. Stéarite d'Ingeris, par Tengstroem : composition : 4,5Mg Si -f- H.

VI. Stéatite du Canigou, par M. Lichnell; composition : MgSi. On peut expliquer, jusqu'à un certain point, la composition

variable du talc et de la stéatite, en admettant que ces substances ont été formées après coup, au milieu des roches qui les contiennent, et à la manière de la dolomie, par un effluve de particules magnésiques sorties de la partie ignée de la terre, et à une époque de soulèvement, et qui sont venues, à l'aide de la vapeur d'eau et d'autres, convertir les roches siliceuses et calcaires en silicate de magnésie, ou s'y substituer. Ce silicate, formé probablement d'abord avec des proportions constantes d'acide, de base et d'eau, aura pu ensuite être modifié par une nouvelle adjonction de particules magnésiennes, ou perdre son eau par la communication de la chaleur des roches ignées. On a d'ailleurs la preuve que le talc s'est formé postérieurement aux terrains qui le contiennent, par ses pseudomorphoses qui nous le présentent cristallisé en formes propres au quartz hyalin ou à la chaux carbonatée; le premier ayant été évidemment converti en sili-

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