POTASSIUM
55 ou 50 degrés de température et ne produit que du borax prisraaiique, on forme une dissolution bouillante qui marque 30 degrés au pèse-sels. Alors cette dissolution commence à cristalliser à 79 degrés et dépose du borax octaédrique tant qu'elle est au-dessus de 56 degrés de température. Au-dessous de ce terme elle ne donne plus que du borax prismatique, comme la première. • Yoici la composition des trois espèces de borax :
Prismatique. Octaédrique. Anhydre.
Acide borique 36,53 47,70 69,06
Soude 1(5,37 21,41 30,94
Eau 47,10 30,80 »
SdB2 + ÎOH. SdB« + 5H. Sd B2.
Tinkalzite. — Sous ce nom, M. Phipsona fait connaître un borate sodico-calcique du Pérou, trouvé dans les couches de nitrate de soude. Il est en tubercules assez tendres, à cassure soyeuse; traité par l'eau, il lui cède du borax et du sel marin. Sa composition paraît se rapprocher de :
NaO,2Bo03 4-2CaO,3Bo03 + 10HO.
Sodium et aluminium fluorures.
Fluorure alumino-sodique, alumine fluatée alcaline, cryolite ou eisstein. — Ce minéral n'a encore été trouvé qu'à Ivikaët, dans le Groenland. Il y forme des veines dans un granité stannifère et wolframifère. Il est en masses lamelleuses, d'un blanc laiteux, qui possèdent trois clivages perpendiculaires. Il a un aspect vitreux, un peu perlé; il pèse 2,963. Il est rayé par le fluate de chaux. Il paraît formé, d'après une analyse de Berzélius, de :
Rapports moléculaires.
Fluor 64,07 459 12
Aluminium 13 76 2
Sodium 32,93 i 15 3
Formule : Àl F3 -j- 3Sd F.
Cette famille est moins nombreuse et moins variée que celle du sodium; elle ne comprend guère que le potassium chloruré, la potasse nitratée, la potasse sulfatée, la potasse et l'alumine sulfatées ; enfin la potasse unie à la soude, à la lithine et à d'autres bases
silicatées. Quant à ces derniers composés, nous nous contenterons d'en donner le tableau, ne devant traiter que de quelques espèces en particulier.
Potassium chloruré.
Muriate dépotasse. — Ce sel ne se trouve jjas pur et isolé dans le règne minéral. Il existe seulement mélangé en petite quantité au sel gemme de quelques mines d'Allemagne, où il a été découvert par M. Vogel. Il cristallise en cube comme le sel marin, mais il s'en distingue par le précipité jaune qu'il forme dans le soluté de cblorure de platine. Décomposé par l'acide sulfurique, il donne, au lieu de sulfate de soude prismatique, fragile et très-efflorescent, un sel qui cristallise en pointes de dodécaèdre pyramidal, très-dur et non efflorescent.
Potasse nitratée.
Ce sel, qui porte aussi les noms de nitre et de, salpêtre, se trouve en assez grande quantité dans la nature, mais non en masses considérables. Il est disséminé dans le sol, et vient se montrer à sa surface sous la forme d'une efflorescence blanche, qu'on enlève lorsqu'elle a acquis une certaine épaisseur, et qui ne tarde pas à se reproduire. C'est ainsi qu'on se procure le nitre dans l'Inde, dans l'Amérique méridionale et dans quelques contrées de l'Espagne ; mais la plus remarquable de ces nitrières est sans contredit celle du Pulo de la Molfetta, découverte en 1783 dans le royaume de Naples, par M. Fortis. Ce Pulo est un enfoncement circulaire d'environ 400 mètres de circonférence et de 33 mètres de profondeur; il paraît avoir été creusé par affaissement dans une pierre calcaire coquillière, et est percé, sur les côtés, de trous servant d'ouvertures à des grottes qui se prolongent sous le terrain. C'est contre toute la paroi de ces grottes que l'on trouve une grande quantité de nitre presque pur, et qui s'y régénère dans l'espace d'un mois à six semaines, sans qu'on puisse attribuer sa régénération à la fréquentation des animaux; car on a remarqué que les grottes les plus riches sont celles que la petitesse de leur ouverture met à l'abri de leur atteinte.
Mais, comme les mines de salpêtre naturel sont loin de pouvoir suffire à la grande consommation que l'on fait de ce sel, on a établi des nitrières artificielles en France, et surtout en Allemagne, en exposant, sous des hangars humides, des terres calcaires mêlées de substances végétales et animales.
Lorsqu'on juge la formation du nitre suffisamment avancée, on lessive les terres et on traite les liqueurs à peu près de la même
POTASSE NITRATÉE.
manière que je le dirai tout à l'heure pour la fabrication du salpêtre à Paris.
On a cru pendant longtemps que, dans les nitrières artificielles, la formation de l'acide nitrique et, par suite, celle des nitrates, était due à la combinaison de l'azote des substances animales avec l'oxygène de l'air, et l'on admettait qu'il en était de même pour les nitrières naturelles, et que toujours les animaux ou les végétaux fournissaient l'azote nécessaire à la formation de l'acide. Mais cette théorie est tout à fait inadmissible, quand on pense à l'abondante production de nitre qui a lieu dans les plaines sablonneuses de la Perse, de l'Arabie et des Indes, dans les grottes de Ceylan, au Pulo de la Molfelta, dont il a été parlé plus haut, enfin à la surface des bancs de craie de !a Roche- Guyon, près de Mantes (Seine-et-Oise). Pour tous ces lieux, où la production du nitre ne peut être attribuée à des matières animales qui n'y existent pas, on est obligé d'admettre l'explication de M. Lonchamp, que l'acide nitrique se forme aux dépens des éléments de l'air, absorbés et condensés par les terrains poreux ; de même que le charbon condense et détermine la combinaison de l'hydrogène et de l'oxygène qu'il a absorbés à l'état de mélange. L'acidification de l'azote est d'ailleurs favorisée par la présence de la chaux, de la magnésie, et par celle de la potasse provenant du détritus des végétaux que les vents portent jusque dans les endroits les plus incultes; ou qui résulte de la décomposition lente des minéraux qui la contiennent. Cette explication, une fois admise pour les nitrières naturelles, tend à faire changer celle des nitrières artificielles ; car si, dans un cas, l'acide nitrique se forme aux dépens des principes de l'air, pourquoi dans l'autre la même formation n'aurait-elle pas lieu? Il est probable, en effet, que, dans tous les cas, l'acide nitrique est produit par l'oxygénation de l'azote atmosphérique, et que les substances animales agissent surtout en fournissant de l'ammoniaque, qui, de même que tonte base forte, tend à déterminer la formation d'un acide, lorsque les éléments s'en trouvent réunis.
A Paris, la formation du salpêtre est due aux mêmes causes ; car cette grande ville, présentant un grand nombre d'endroits bas, peu aérés, saturés d'exhalaisons animales, et entourés de murs calcaires, peut être considérée comme une immense nitrière artificielle. On a donc soin d'inspecter tous les plâtras qui proviennent de la démolition des vieux murs ; et, lorsqu'on reconnaît qu'ils contiennent une quantité de nitre exploitable, on les transporte dans les ateliers des salpêtriers, où ils sont pulvérisés et lessivés. L'eau en dissout sept sels dont les proportions, sur 100 parties, sont d'environ 70 de nitrate de chaux et de magnésie,
10 de sel marin, 10 de nitrate de potasse et 5 de sulfate de chaux et de chlorhydrates de chaux et de magnésie. On fait évaporer cette eau depuis 5 jusqu'à 25 degrés, dans une chaudière de cuivre, où elle se trouble et précipite une matière boueuse, que l'on reçoit dans un chaudron placé au fond de la liqueur et suspendu à une poulie, afin qu'on puisse le retirer de temps en temps. On ajoute, dans la liqueur à 25 degrés, une dissolution de potasse du commerce, laquelle y forme un précipité dû à la décomposition des nitrates et chlorhydrates de chaux et de magnésie, et produit, d'un autre côté, du nitrate de potasse et du chlorure de potassium qui restent dans la liqueur.
Lorsque la précipitation est opérée, on porte la liqueur dans un réservoir placé à proximité de la chaudière; et, quand elle est reposée et éclaircie, on la remet dans la chaudière pour la faire évaporer de nouveau.
Cette liqueur contient alors une grande quantité de nitrate de potasse, tout le sel marin de l'eau de lessivage, du chlorure de potassium, et une certaine quantité de sels calcaires et magnésiens échappés à la précipitation par la potasse. Lorsqu'elle approche de 42 degrés, le sel marin s'en sépare : on l'enlève avec des écumoires, et on le met égoutter dans un panier placé audessus de la chaudière. Quand la liqueur est parvenue à 45 degrés, on la laisse reposer, et on la porte dans des vases de cuivre où elle cristallise : on décante l'eau-mère, on fait égoutter le sel, on le lave une fois dans l'eau de lessivage à 5 degrés ; et, après l'avoir fait sécher, on le livre à l'administration centrale sous le nom de salpêtre brut : il contient alors de 0,85 à 0,88 de nitrate de potasse, et le reste se compose de beaucoup de sel marin, d'un peu de chlorure de potassium et de sels déliquescents.
On procède au raffinage de ce salpêtre en le mettant dans une chaudière, avec le cinquième de son poids d'eau, chauffant jusqu'à l'ébullition, et entretenant toujours la même quantité d'eau dans la chaudière ; par ce moyen on ne dissout presque que les sels déliquescents et le nitrate de potasse, dont la solubilité augmente avec la température de l'eau, dans un rapport beaucoup plus grand que celle des chlorures de sodium et de potassium : ces sels se précipitent donc au fond de la liqueur, et sont enlevés avec soin ; lorsqu'il ne s'en sépare plus, on clarifie la liqueur avec de la colle, on l'étend d'eau, de manière à en compléter le tiers du poids du salpêtre employé, et on la fait cristalliser. On trouble la cristallisation pour avoir le sel dans un certain état de division ; on le lave avec de l'eau saturée de nitre, pour le priver des sels déliquescents qui s'y trouvent encore; enfin on le fait égoutter et sécher.
POTASSE SULFATÉE.
Ce sel, ainsi obtenu, sert à la fabrication de la pondre à canon ; mais celui que l'administration livre au commerce, ou n'a pas été troublé pendant sa cristallisation, ou a été redissous et mis à cristalliser de nouveau; car il est en masses considérables, formées de cristaux prismatiques longs et cannelés. Les cristaux isolés sont ordinairement des prismes hexaèdres aplatis, terminés par un biseau. Ces cristaux dérivent d'un prisme droit rhomboïdal dont les angles sont d'environ 120 degrés et 60 degrés.
Le nitrate de potasse est blanc, d'une saveurfraîche et piquante, soluble dans 4 à 5 parties d'eau froide et dans le quart de son poids d'eau bouillante. Il se fond à une douce chaleur, et se prend, par le refroidissement, en une masse blanche, opaque, nommée cristal minéral ; à la chaleur rouge il dégage du gaz oxygène, et passe à l'état de nitrite ; une chaleur plus forte décompose même l'acide nitreux, et la potasse reste à nu, mais jamais pure, cependant .
Le nitrate de potasse enflamme tous les corps combustibles à la chaleur rouge ; ïï.fuse sur les charbons ardents ; mêlé, dans la proportion de 0,730, avec 0,125 de charbon et autant de soufre, il constitue la poudre à canon.
Il sert à l'extraction de l'acide nitrique et à la fabrication de l'acide sulfurique. Son utilité, en médecine, est d'être diurétique, étant pris à petites doses ; car il ne faudrait pas le prescrire en trop grande quantité à la fois ; il pourrait alors agir comme poison .
Composition : acide nitrique 53,45, potasse 46,55.
Potasse sulfatée.
Tartre vitriolé, sel de duobus. — Ce sel ne se trouve qu'en petite quantité parmi les produits des éruptions volcaniques; il recouvre les laves récentes d'un enduit léger, ou forme dans leurs cavités de petites masses mamelonnées, quelquefois colorées en verdâtre ou en bleuâtre par des sels cuivreux. Pour le besoin des arts et pour la pharmacie, on le prépare avec le résidu de la décomposition du nitrate de potasse par l'acide sulfurique (fabrication de l'acide nitrique). Ce résidu étant du bisulfate de potasse, on le fait dissoudre dans l'eau, on le neutralise par du carbonate de potasse, on fait évaporer et cristalliser.
Le sulfate de potasse cristallisé se présente presque toujours sous la forme de dodécaèdres triangulaires formés de deux pyramides à six faces, mais dont une seule paraît. Ces pyramides approchent tellement de la régularité de celles qui dérivent d'un rhomboèdre que, pendant longtemps, on a pensé que la forme
Guibourt, Drogues, a« édition. T. I. — 3 0
primitive était un rhomboèdre. Mais l'examen des angles montre que la base de la pyramide n'est pas un hexagone régulier, et l'on admet aujourd'hui que la l'orme primitive de la potasse sulfatée est un prisme droit rhomboïdal de H8à 119 degrés.
Le sulfate de potasse pèse 2,4 ; il a une saveur amère désagréable ; il est soluble dans 10 parties d'eau froide ; il est trèsdur, inaltérable à l'air. Il décrépite au feu en raison d'une petite quantité d'eau- mère interposée, car il ne contient pas d'eau de cristallisation. Sa dissolution dans l'eau forme avec le chlorure de platine un précipité jaune grenu, et avec le nitrate de baryte un précipité blanc, insoluble dans l'acide nitrique.
Potasse et alnmiiie sulfatées.
11 existe deux composés de ce genre bien faciles à distinguer : l'un, soluble dans l'eau et doué d'une saveur acidulé et astringente, est presque toujours un produit de l'art et porte le nom d'alun; l'autre, insipide et insoluble, est une roche naturelle. que ses rapports de composition avec le sel précédent ont fait nommer alunite.
Alunite.
Alumine sous-sulfatée alcaline de Haùy. — Substance pierreuse qui se présente en masses compactes, à cassure irrégulière ou légèrement conchoïde, d'un blanc jaunâtre ou rosâtre. Quelques échantillons sont caverneux à la manière de la pierre meulière, et, dans ce cas, les cellules sont ordinairement tapissées de trèspetits cristaux qui sont des rhomboèdres presque cubiques, et qui sont presque la seule forme déterminable sous laquelle se présente l'alunite.
L'alunite pèse de 2,694 à 2,752. Elle est assez tendre lorsqu'elle est pure ; mais elle est presque toujours mélangée de quarz ou de feldspath, qui en augmentent beaucoup la dureté. Elle forme des collines entières à la Tolfa et à Piombino, en Italie, et on la trouve également en Hongrie, dans les îles grecques, en Auvergne, à la Guadeloupe ; enfin dans beaucoup de terrains volcaniques anciens et modernes, au milieu des trachytes et des ponces, et toujours accompagnée de feldspath dont les éléments ont pu contribuer à sa formation.
La composition de l'alunite n'est pas encore bien connue et peut-être n'est-elle pas constante. Pour s'en faire une idée plus juste, je crois qu'il faut la comparer à la composition de Y alun saturé d'alumine obtenu par M. Riffault, en neutralisant avec de la potasse un soluté d'alun ordinaire. Ce précipité était formé de :
ALUNITE. 467
Kapports moléculaires.
Acide sulfurique... 36,19 72,38 4
Alumine 35,17 54,75 3
Potasse 10,82 18,34 I
Eau 17,82 158,04 9
Formule : aKs8 + Ps S -f- 9 H.
Si mainlenant on suppose que, dans l'alunite naturelle, la silice qu'elle contient très-souvent en proportion considérable, soit en dehors de sa composition, on trouvera presque toujours le minéral
formé des deux mêmes sulfates Al S et Ps S, mais dans des rapports variables.
En voici des exemples :