IU
nr.
U, 1 U'Jd
La première colonne de chiffres donne les résultats de l'analyse tels que M. Philips les a obtenus; mais M. Murray ayant observé : 1° que la plupart du temps les sels ainsi obtenus sont produits par l'analyse et en quantité variable, suivant les procédés mis en usage ; 2° que ce sont en général les sels les plus insolubles qui puissent se former entre les diverses combinaisons des acides et des bases contenues dans l'eau minérale ; 3° enfin, que ces sels sont peu propres à expliquer les propriétés, souvent très-actives, des eaux minérales ; il a pensé qu'on représenterait bien mieux la véritable composition de ces eaux en combinant les acides et les bases de manière à remplacer les sels insolubles par des sels solubles. Par exemple, M. Philips a trouvé, dans l'eau de Bath, 1,2317 grammes de sulfate de chaux, dont 0,5200 ont pu être produits, ainsi que les 0,4616 de chlorure de sodium, pendant l'évaporation à siccité, par la réaction de 0,4243 de chlorure de calcium, sel existant primitivement dans l'eau minérale, sur 0,5474 de sulfate de soude. Or, il est certain que cette quantité de sulfate de soude, jointe à celle trouvée par l'analyse et le chlorure de calcium, est plus propre à justifier les qualités purgatives et fondantes de l'eau de Bath que le sulfate de chaux et le sel marin. Tout nous porte donc à croire que telle est en effet la composition naturelle de l'eau de Bath.
Bonnes ou Eaux-Bonnes (Basses-Pyrénées). — Village à quatre lieues de Pau, près de la vallée d'Ossau. Ses eaux sulfureuses marquent de 26 à 37 degrés. Elles sont limpides et légèrement pétillantes. Elles ont été analysées par M. Filhol, qui assigne à l'eau de la Buvette ou source Vieille, de toutes la plus importante, la composition suivante :
Pour un litre d'eau : gr.
Sulfure de sodium 0,0210
— de calcium traces.
Sulfate de chaux 0,17o0
EAUX MINÉRALES. 531
Pour un litre d'eau : gr.
Report 0,1960
Sulfate de potasse j
— de soude traces.
Chlorure de sodium 0,2640
Silicate de soude 0,0310
Silice 0,0320
Borate de soude
Iode traces.
Fer (probablement à l'état de sulfure)
Matière organique 0,0480
Bourbon-Lancy (Saône-et-Loire). — Petite ville possédant des sources thermales qui surgissent à une demi-lieue de la Loire, au pied de la colline sur laquelle la ville est bâtie. On y observe sept sources, dont la principale, nommée source du Lymbe, marque 56° centigrades. La température des autres n'est un peu moindre qu'en raison de leur volume moins considérable, qui est cause qu'elles se refroidissent davantage en traversant la couche supérieure du globe; la constance de leur température et de leur volume est d'ailleurs un indice certain qu'elles partent toutes d'une profondeur considérable. Elles dégagent à leur sortie une grande quantité d'acide carbonique; mais elles en retiennent peu. Elles
contiennent, d'après l'analyse de Berthier, „ pour 1 kilogramme d'eau (I) :
gr-
Chlorure de sodium 1,170
— de potassium 0,150
Sulfate de soude 0,130
Silice 0,020
Carbonate de magne'sie et oxyde de fer trace.
Acide carbonique 0,270
Bourbon-l'Archambault. — Petite ville distante de six lieues à l'ouest de Moulins et à soixante dix-huit lieues de Paris.
Elle contient deux sources minérales, de températures et de natures différentes. La source thermale surgit au midi de la ville, sur la place des Capucins. Elle fournit, en vingt-quatre heures, 2,400 mètres cubes d'eau, à la température de 60 degrés. Cette
(1) Berthier, Ann. de chim. et de phys.,.t. XXXVI, p. 289.
DE L'EAU
source est dans un état de bouillonnement permanent, dû à un dégagement d'acide carbonique et d'azote. Chaude, elle est inodore et limpide ; mais, en se refroidissant, elle devient un peu louche, se couvre d'une pellicule de carbonate de chaux, et prend aussi une odeur sulfureuse due à la décomposition des sulfates par la matière organique qu'elle contient en abondance. Cette eau a été analysée par plusieurs chimistes, et, en dernier lieu, par 0. Henry (1). Mais comme son analyse faite à Paris, tout en nous faisant connaître des principes nouveaux, ne me paraît pas représenter exactement la composition de l'eau à sa source, je mettrai en regard de ses résultats ceux obtenus antérieurement par M. Saladin, qui me paraissent devoir être conservés jusqu'à ce qu'un nouveau travail vienne nous fixer définitivement sur la composition de l'eau thermale.
Eau, 1 Iilre.
Acide carbonique
Sels desséchés
Carbonate de chaux....
— de magnésie.
— de soude. . . .
Sulfate de soude
— de chaux
— de potasse
Chlorure de sodium... .
— de calcium
— de magnésium.
— de potassium. .
Bromure alcalia.
Silicate de chaux
— d'alumine
— de soude
Silice
Oxyde de fer
Matière organique
u. xi cm y»
Saladin*
gr.
0ut,167 (2)
gr-
traces.
Il faut ajouter, à la liste des corps indiqués par O. Henry, dans l'eau de Bourbon, l'iode et le manganèse, trouvés par M. Boursier, l'un dans les concrétions formées dans les conduits, l'autre dans l'eau môme dans la proportion de 08r,001266 pour i litre.
La seconde source de Bourbon-l'Archambault porte le nom de source de Jonas. Elle sourd à 200 mètres environ de la première,
(1) Bulletin de l'Académie de médecine, t. VII, p. 748.
(2) Non compris celui qui convertit dans l'eau les trois carbonates en ^carbonates.
EAUX MINÉRALES
du fond d'un réservoir granitique naturel. Elle marque 10 degrés centigrades, est abondante, limpide, gazeuse, d'une saveur acidulé et fortement atramentaire. Elle forme, en coulant à l'air, un dépôt de couleur nankin, formé de carbonates et de silicates terreux, de crénate de fer, etc. Voici les résultats des analyses faites par 0. Henry et par M. Saladin, pour 1 litre de liquide :