EXTRACTION DU MERCURE
en Hongrie, et dans quelques endroits de la Saxe, de la Bohême et de la Silésie. Si maintenant on se rappelle que la terre a été primitivement un globe de matière fondue et d'une chaleur excessive, on comprendra, ainsi que je l'ai déjà dit, que le mercure et le soufre devaient faire partie de son atmosphère, et qu'ils n'ont pu se condenser qu'après la solidification des roches de cristal libation, telles que le granité, la syénite, la protogyne, etc. ; tandis que le micaschiste, qui se trouve au-dessus, a pu voir condenser le sulfure de mercure. Mais il faut ajouter qu'il n'y est pas resté, parce que ces couches, d'abord superficielles, ont pu, par l'abaissement du sol et par la superposition de couchesnouvelles, se rapprocher du centre et éprouver l'action d'une chaleur intense qui .en aura chassé le mercure, lui aura môme fait traverser le terrain houiller, soumis à une chaleur encore trop forte pour qu'il pût s'y arrêter, et ne lui aura permis de se condenser que dans les grès rouges et clans les schistes bitumineux superposés à la houille. C'est là, en effet, que se trouve la plus grande partie du sulfure de mercure, dans toute l'étendue du monde : à Mosche- Landsberg, à Almaden, à Idria, à San-Juan de la Ghica au Mexique, à Guanca-Véliea au Pérou. Enfin, on le trouve en filons dans le calcaire pénéen, dans la montagne de Silla-Casa, au Pérou.
On voit que presque partout les gîtes de mercure sulfuré sont circonscrits dans un espace très-limité entre le grès rouge et le calcaire pénéen. Les schistes bitumineux qui l'avoisinent offrent des empreintes de poissons qui ont quelquefois toutes leurs écailles, et qui, dans toutes les localités, paraissent appartenir à la même espèce. Dans tous les cas, le sulfure se Irouve, ou disséminé dans toute la masse du dépôt, ou réuni en petits amas isolés les uns des autres, ou en veines placées dans toutes les directions.
Extraction. — On retire le mercure de son sulfure par deux procédés principaux : ou l'on décompose le sulfure par un corps fixe qui s'empare du soufre et laisse volatiliser le mercure, ou bien on grille le sulfure de mercure avec le contact de l'air dans un appareil propre à condenser le mercure. Alors le soufre se perd à l'état d'acide sulfureux. Le premier procédé est usité dans les Deux-Ponts, le second est employé à Almaden et à Idria. Dans le duché de Deux-Ponts, on mêle la mine broyée avec de la chaux éteinte, et on la chauffe dans de grandes cornues de fonte, disposées sur une galère. La chaux s'empare du soufre, et . le mercure, volatilisé par le calorique, vient se condenser dans un pot de terre, en partie rempli d'eau, adapté à chaque cornue.