‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de ParisChapitre 97 sur 194 · FER OXYDÉ · texte numérisé non relu

FER OXYDÉ

provenant de la modification précédente qui a atteint sa limite (I). On trouve, en outre, du fer oxydulé en masses laminaires ou compactes, d'une couleur gris d'acier, et quelquefois blanchâtre, quand il contient du quartz. Ce fer oxydulé compacte constitue Y aimant naturel, pourvu des deux pôles magnétiques, attirant le fer et pouvant en supporter un certain poids. On le taille de manière à mettre les deux pôles en opposition, et on y joint une armature d'acier.

On trouve encore du fer oxydulé terreux, d'un noir brunâtre, possédant souvent un magnétisme polaire très-énergique, et du fer oxydulé fuligineux, en poussière noirâtre qui ressemble à de la suie.

Gisements. — Le fer oxydulé forme des dépôts très-considérables dans les terrains primitifs et intermédiaires. Il s'y trouve disséminé en cristaux ou en nids ; mais le plus souvent il est en amas assez volumineux, et forme quelquefois des montagnes entières, comme à Taberg, en Suède, ou bien il constitue des bancs puissants, qui se répètent plusieurs fois dans la hauteur d'une môme montagne, comme en Suède, en Norwége, en Hongrie, dans le Piémont, aux monts Ourals, aux monts Altaï, aux États- Unis.

Fer oxydé ou Fer oligiste.

Haiïy avait anciennement formé deux espèces du fer oxydé : la première, qu'il nommait fer oligiste, se composait principalement de cristaux gris-noirâtres, éclatants et magnétiques; la seconde, qu'il nommait fer oxydé, comprenait la pierre hématite, et les oxydes de fer terreux et d'un rouge vif. Quelques chimistes avaient même appuyé et motivé celte séparation, en prétendant que le fer oligiste, cristallisé etattirable à l'aimant, n'était pas véritablement du peroxyde de fer, mais consistait en une combinaison de 2FeO-f-3Fe203. J'ai] fait1 personnellement quelques expériences qui prouvent que cette opinion n'est pas fondée. Ayant pris un poids donné de fer oligiste en poudre très-fine, l'ayant mêlé avec de l'acide nitrique, et l'ayant chauffé au rouge dans un creuset de platine, le poids de l'oxyde n'a pas subi La moindre augmentation. Pour second essai, j'ai mêlé une autre quantité d'oxyde pulvérisé avec du nitrate de potasse; j'ai chauffé fortement dans un creuset de platine ; j'ai enlevé le nitrate de potasse par l'eau, et bien lavé l'oxyde, qui n'a encore éprouvé aucune augmentation de poids. Il faut en conclure que le fer oligiste n'est rien autre chose que la forme cristalline de la pierre héma-

(l) Ces mêmes formes, appartenant au cuivre oxydulé, se trouvent représentées, pages T2b et 22G.

lite, cl que sa propriété magnétique, qui d'ailleurs esl trèsfaible, est due h une simple disposition particulière de ses particules (1).

Le fer oligiste est d'un gris d'acier éclatant et souvent irisé à sa surface. Il a une cassure raboteuse ; il donne par la pulvérisation une poudre brune, qui devient rouge parla trituration et la division avec de l'eau. Il est assez dur pour rayer le verre. 11 agit faiblement sur le barreau aimanté, et ne peut dans aucun cas enlever de la limaille de fer. Sa pesanteur spécifique, qui est de 5, 2, est remarquable en ce qu'elle est plus grande que celle du fer oxydulé, bien qu'il contienne plus d'oxygène et moins de fer.

Fer oxydulé. Fer oxydé.

Oxygène 27,35 30

Fer 72,45 70

Sa forme primitive est un rhomboïde aigu (fig. 137), dont les angles sont 86° 10' et 93° 50'. Il présente des formes secondaires nombreuses et bien compliquées, dont voici les principales : Rhomboèdre binaire (Haïiy) (fig. 138).— Rhomboïde obtus, très-

Fig. 137. — Fer oligiste. Fig. 138. — Fer oligiste.

rare à l'état de liberté ; mais la plupart des cristaux de l'île d'Elbe le présentent comme terminaison.

Rhomboèdre basé (Haiiy) (fig . 139). — Ce cristal provient de la troncature du rhomboèdre primitif par deux plans qui passent par les diagonales transversales des faces. On enlève ainsi chaque angle-sommet avec la moitié des faces qui le forment, et le reste constitue un octaèdre à base rectangle, mais tellement oblique, que les deux faces, inférieure et supérieure, sont très-rapprochées, et donnent plutôt au cristal la forme d'une lame à projection hexagonale, comme celle du rhomboèdre. Se trouve dans les volcans.

Birhomboïdal (Haûy) (fig. 140). — C'est le cristal précédent, dont les deux faces o, provenant de la troncature du rhom-

(1) Il ne serait pas impossible cependant que cetie action magnétique fût due à quelques particules de fer oxydulé interposées dans le fer oligiste, et trop faibles pour que l'augmentation du poids fut sensible à la balance.

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